Monthly Archives: February 2014

Education: École d’été IPAC 2014

L’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval vous invite à son école d’été 2014

Les stagiaires étudiants et professionnels de tous pays sont conviés.
Pour plus d’informations, consultez la page http://www.ipac.ulaval.ca/accueil/actualites/

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Seminar: Dynamiques de patrimonialisation des sites et des rituels religieux

Prochaine séance du séminaire de centre EHESS, IIAC Équipe-LAHIC, 2013-2014

Dynamiques de patrimonialisation des sites et des rituels religieux

Sossie ANDÉZIAN, CR CNRS, IIAC-LAHIC ; Christian DÉCOBERT, DR CNRS, LEM-EPHE ; Anna POUJEAU, post-doctorante Labex HASTEC, CEIFR

Mercredi 5 mars, 13h-16h, Bât Le France, Salle du Conseil A, R-1, noyau A

Intervention d’Anna Poujeau, Des monastères en partage. Sacralisation chrétienne du territoire syrien

Publication: Julie Liard, S’affirmer Lacandon, devenir patrimoine

S’AFFIRMER LACANDON, DEVENIR PATRIMOINE : LES GUIDES MAYAS DE BONAMPAK (CHIAPAS, MEXIQUE)
Julie Liard
IHEAL Éditions
2011
Collection Chrysalides
PRÉSENTATION:
Les Lacandons, groupe indigène du Mexique méridional, sont considérés parmi les derniers survivants de la civilisation maya. Si les archéologues, ethnologues, peintres ou photographes n’ont jamais cessé d’être présents auprès de ce groupe depuis le début du xxe siècle, la découverte des ruines de Bonampak en 1946, qui recèlent les peintures murales les mieux conservées du monde maya, a considérablement accru cet intérêt et entraîné un véritable tournant dans l’histoire récente des Lacandons. En s’appuyant sur la notion de « société ethnologisée » forgée par l’anthropologue Anne Doquet dans son étude sur les Dogons du Mali, Julie Liard analyse les multiples enquêtes et missions réalisées auprès des Lacandons et en évalue l’impact sur un groupe qui a considérablement évolué au contact de la discipline ethnologique. Puisant dans un riche corpus bibliographique et dans un travail de terrain qui l’a conduite durant plusieurs mois dans l’État du Chiapas, l’auteure met notamment l’accent sur le rôle des sciences sociales dans la construction de l’imagerie occidentale, sur le processus de transformation des ruines en patrimoine et sur la mise en place d’un tourisme qui apparaît davantage comme la matrice d’une reformulation de l’identité des Lacandons que comme une machine à broyer les cultures.
SOMMAIRE:
Préface
Introduction
Sujet et contexte
   Le patrimoine des Lacandons
   Les Hach Winik : les Vrais Hommes
Conditions de terrain
   À la recherche des derniers Mayas
   Touriste ou sociologue ?
Méthodologie
   Concepts utilisés
Problématique
   Organisation du texte
CHAPITRE 1
Les sciences sociales et le monde maya
L’archéologie en Mésoamérique
   Les Mayas, « Grecs du Nouveau Monde »
   L’archéologie et la nation mexicaine
   Les indigènes et les ruines archéologiques
L’image exceptionnelle des Lacandons
   Un siècle d’études ethnographiques
   Le rôle politique d’un couple de scientifiques
   Une société « ethnologisée » ?
Bonampak et l’aventure archéologique
   La « Sixtina de América »
   La découverte : récit croisé
   L’archéologie entre science et fiction
CHAPITRE 2
Le patrimoine : des hommes et des ruines
Du vestige au patrimoine
   L’oeil de l’expert
   Une restauration instrumentalisée
Les nouveaux guides
   La participation locale
   Les excavations : une première expérience professionnelle
   Devenir guide
Du patrimoine au produit
   Revivre la découverte
   Le tourisme à Lacanja Chansayab : entre profit et conflit
CHAPITRE 3
Patrimonialisation et reformulation identitaire
L’authenticité mise en scène
   Le « réservoir symbolique » des Lacandons
Guide lacandon : un rôle multidimensionnel
   Transmettre la culture
   Éduquer les touristes
   Les représentations de l’altérité
   L’apprentissage identitaire
Jouer sa propre histoire
Branchements et reformulations identitaires
   La co-construction de « l’authenticité », ou l’identité lacandon à l’épreuve des regards
Conclusion
Des ruines et des personnes : la patrimonialisation
Science et société
Bibliographie
Télécharger le texte intégral

CFP: Carnet de recherche PCI – jeux traditionnels français

Nous avons le plaisir de vous annoncer la création d’un carnet de recherche interactif, base de données en ligne ayant pour thème le patrimoine culturel immatériel (PCI). Pour l’instant, le carnet concerne le domaine des jeux traditionnels français. Il a vocation à s’élargir par la suite aux autres domaines du PCI.

Ce carnet est un outil numérique de valorisation de l’inventaire du PCI, mené depuis 2012 à la demande du Ministère de la Culture et de la Communication. Il a été créé par l’IDEMEC (UMR 7307 CNRS et Aix-Marseille Université) et la phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme afin de valoriser et de restituer les données collectées, mais aussi pour susciter la participation des communautés de pratiquants et enrichir de manière interactive l’inventaire du PCI.

Ce carnet de recherche est accessible à l’adresse suivante : http://pci.hypotheses.org/

N’hésitez pas à diffuser largement ce lien au sein de vos réseaux, à venir enrichir les fiches de vos commentaires, ou à nous signaler d’autres jeux en suivant les indications en ligne.

Vous pouvez également nous joindre par mail : fiches.pci@gmail.com

CFP: Chamada de Artigos para a revista em linha “O Ideário Patrimonial”

“O Ideário Patrimonial” é uma publicação anual electrónica com ISSN 2183-1394, editada pelo Centro de Pré-História do Instituto Politécnico de Tomar (Portugal).
O seu objectivo é o de oferecer um fórum de investigação que é colocado numa óptica interdisciplinar ao longo do tempo. Pretendemos contribuir para alicerçar temáticas que transcendem paradigmas específicos e estanques das várias épocas das Ciências Sociais e Humanas aplicadas ao Património, como por exemplo, História, História da Arte, Arqueologia, Antropologia, Gestão do Património, Aplicações Informáticas à Arqueologia, Conservação e Restauro do Património, Museologia, Didáctica do Património, Ordenamento do Território, Comunicação Social e outras áreas afins com o intuito de promover a transdisciplinaridade, nos seus variados sub-temas e períodos cronológicos.
Aceitamos artigos para publicação na revista em linha “O Ideário Patrimonial” nas áreas de História, História da Arte, Arqueologia, Antropologia, Gestão do Património, Aplicações Informáticas à Arqueologia, Conservação e Restauro do Património, Museologia, Didáctica do Património, Ordenamento do Território, Comunicação Social e outras áreas afins com o intuito de promover a transdisciplinaridade, nos seus variados sub-temas e períodos cronológicos.
Aceitamos artigos em português, espanhol, italiano, inglês e francês.
Os mesmos serão sujeitos a revisão por pares.
A data limite de entrega é 30 de Abril de 2014.

CFP: Panel “Heritage in/of Exile”, Second Conference of the Association of Critical Heritage Studies, Canberra, dec.2-4 2014

CFP Panel “Heritage in/of Exile”,

Second Conference of the Association of Critical Heritage Studies,

Canberra, dec.2-4   2014

 

Le double panel ‘Heritage in/of Exile’ présenté par le programme Non-lieux de l’exil (FMSH) et le séminaire « L’expérience de l’exil » (Collège d’études mondiales, FMSH) a été retenu dans le cadre de la seconde conférence de l’Association of Critical Heritage Studies (ACHS) qui se tiendra à l’Australian National University de Canberra du 2 au 4 décembre 2014 ( plus d’informations ici :  ACHS’ website) dans le cadre de la thématique Multiculturalism, migration and diaspora (coordinator John Giblin) .

Les coordonnateurs du double panel ‘Heritage in/of Exile’,  Alexis Nuselovici (Nouss) Université d’ Aix-Marseille & FMSH  et Alexandra Galitzine-Loumpet, Fondation Maison des Sciences de l’Homme (Paris) ouvrent un appel à contribution pour  5  communications.

 

Les propositions de 300 mots maximum assorties d’une bio-bibliographie de 10 lignes environ sont à envoyer à l’adresse email suivante :  galitzine(at)msh-paris.fr au plus tard le 1er mai 2014 pour un dépôt en ligne le 1er juin.

 

Argumentaire

(english version below)             

 

Qu’ont en commun la Porte de l’Europe de Lampedusa et le Mémorial Walter Benjamin à Port Bou, le Tenement Museum du Lower East Side (NY) et le Bunjilaka Aboriginal Cultural Centre du Melbourne Museum ; le California African American Museum et l’appartement de Sigmund Freud à Vienne ? Les musées diasporiques  et les musées des Natives / First Nations ? Outre qu’ils appartiennent à des catégories différentes de l’Unesco, ces musées, mémoriaux et lieux de mémoire convoquent une expérience différente du déplacement et de l’exil, individuel ou collectif, intérieur ou extérieur, ainsi que des temporalités et spatialités distinctes. Dans leur grande majorité cependant, ils appartiennent à l’épistémè des sociétés d’accueil, reflétant ainsi les régimes politiques et juridiques d’assignation du sujet migrant –  étranger, immigré, émigré, migrant, déraciné,  apatride, réfugié, exclu, disparu, déplacé, déporté, clandestin, relégué, personae non gratae,  boat peoplealliensborder crossersnon-citizens, nomades…-  et, partant, de son héritage.

L’expérience de l’exil, à la fois condition et/ou conscience – exiliance -, met en en crise les dichotomies induites par un discours territorialisé  de l’origine et du devenir, de l’autochtone et de l’étranger, de l’officiel et de l’inofficiel, de l’objectif et l’affectif. Noyau existentiel commun au-delà de la multiplicité des parcours d’exil et de post-exil, l’expérience de l’exil requalifie les différents acteurs autant que les contextes, les lieux et les objets – de l’artefact à l’œuvre d’art- constitutifs de ses patrimonialisations (heritagization) éventuelles. Elle les intègre également dans un système référentiel plus vaste, à la fois discontinu, superposé et contingent, reflété par une grande diversité de supports (muséographiques, littéraires, audiovisuels, virtuels) et d’espaces publics et privés d’inscription, invitant ainsi à repenser les représentations de l’exil sous les régimes de la coexistence et de la multi-appartenance.

La potentialité heuristique du concept d’exil face aux réalités migratoires et plus généralement pour incarner une condition de l’individu post-moderne, interroge donc la notion même de patrimoine, ses hiérarchies et cloisonnements aussi bien que la dimension exilique de dispositifs mémoriaux et muséographiques, de la surabondance de représentations consensuelles aux trous noirs du déni ou de l’absence. Dans la continuation des travaux pluridisciplinaires menés dans le cadre du programme Non-lieux de l’exil (Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris), ce panel se propose de réunir spécialistes du patrimoine, de l’art, de la littérature, de la migration et de la culture matérielle pour réfléchir ensemble sur les implications théoriques d’un déplacement des paradigmes de la migration à l’exil et ainsi de contribuer à en préciser la part éthique.

 

Heritage in/of Exile 

 

Organisers : Alexis Nuselovici (Nouss) University of Aix-Marseille & Cardiff University ; Alexandra Galitzine-Loumpet, Fondation Maison des Sciences de l’Homme (Paris)

Lampedusa’s ‘Door of Europe’ monument and the Walter Benjamin Memorial in Port Bou, Spain ; the Tenement Museum of New York Lower East Side and  the Bunjilaka Aboriginal Cultural Centre in Melbourne Museum ; the California African American Museum and  Sigmund Freud’s apartment in Vienna – what do they all have in common ?  Similarly, what do share diaspora museums and Natives  museums?  Although they belong to different categories according to the classification of UNESCO, as well as to different spatial and temporal dimensions, the museums, monuments and memorials also refer to various types of experience in travel and exile – be it individual or collective, internal or external. However, from a migrant perspective, they almost all match the epistemological structures of the host societies and therefore are reproducing  the legal and political patterns through which the migrating subject is named :   foreigner ; immigrant ; rootless ;  stateless ; refugee ; missing ; vanished ; displaced ; deported, ; clandestine ; excluded ; allien ;  border crosser ;  non-citizen ; persona non grata, ; boat people,  etc. Furthermore, such a classifying system will equally define the migrant’s heritage reception.

The exilic experience which is both a mental and an empirical condition questions the territory-based discourses related to notions of origin and becoming, of autochtony and foreigness, of officiality and unofficiality, of objectivity and affectivity. As an existential kernel for all migrating subjects despite the diversity of exilic and post-exilic itineraries, the exilic experience redifines the actors as much as the contexts, the places and the objects (from artefacts to art works) which take part in its potentialheritagization. This experience includes them in a greater referential system sustained by a wide range of museological, literary, audiovisual, and virtual  supports and hosted in private as well as public spaces.  Representations of exile are consequently considered in the light of principles of co-existence and multiple belonging. 

The heuristic potential of the concept of exile for analysing migratory realities and, on a more general level, for embodying a post-modern human condition also helps to critically address the issue of heritage with its inherent hierarchies and divisions. From the profusion of consensual representations to the lack of any memory process, the exilic experience could provide a prism with which one could examine the nature of museums, memorials and lieux de mémoire. In line with the multidisciplinary research done by the ‘Non-lieux de l’exil’ (Non places of exile) programme at the Fondation Maison des Sciences de l’Homme in Paris, the proposed panel will gather scholars in heritage studies, migration studies, material culture, anthropology, art history and literary studies in order to discuss the theoretical consequences of switching from the paradigm of migration to the paradigm of exile for an ethical approach of heritage.

Seminar: Implication et participation des chercheurs dans les processus de patrimonialisation au Sud

Nouveau Séminaire Externe

Fabric-acteurs de patrimoine

Implication et participation des chercheurs dans les processus de patrimonialisation au Sud

Marie-Christine Cormier-Salem (UMR 208), Yves Girault(UMR 208), Dominique Guillaud(UMR 208), Dominique Juhé-Beaulaton (UMR 7206), Charles-Edouard de Suremain(UMR 208)

Le séminaire poursuit les réflexions sur les processus de construction (et de déconstruction) des patrimoines dans les pays du Sud en explorant le rôle et la place des chercheurs. Seront privilégiées les interventions présentant des exemples au Sud, où la patrimonialisation est induite par des institutions – qu’elles soient internationales, nationales, voire locales, et appuyées ou non par des chercheurs, sans se limiter à celles-là. Une approche pluridisciplinaire, associant notamment sciences humaines et sociales et sciences de la nature, sera appréciée pour mieux comprendre les enjeux de la patrimonialisation et répondre à un grand nombre de questions : Comment mener une recherche sur la patrimonialisation dans l’interdisciplinarité et le partenariat ? Quelles sont les différentes formes que revêt la participation des acteurs (institutionnels et individuels ; chercheurs et populations) lorsque le patrimoine est en jeu ?…

Les organisateurs du séminaire vous invitent à participer à la prochaine séance prévue

 Mardi 11 mars 2014 au MNHN – 14H30 à 17H00

« Grand Amphithéâtre d’Entomologie»
45 rue Buffon – Paris 5ème – Métro Austerlitz 

Intervention  – Julien MEYER * 

« Le rôle du chercheur dans la construction de patrimoines : réflexions sur des méthodologies de documentation et d’archivage de données linguistiques et culturelles développées au Museu Goeldi de Belém »

 Résumé :

Dans le cadre de projets de recherche commencés en 2012 sur les communications acoustiques en contexte cynégétique à la frontière Guyane-Brésil (langage, musique, imitations animales), Julien Meyer applique et étend des méthodologies de documentation qu’il a développées au secteur de linguistique du Museu Goeldi sur les langues Gavião et Surui du Rondônia. Ce séminaire propose de développer une approche réflexive sur ces méthodologies (apport, limites…) qui ont été largement inspirées par celles développées depuis 20 ans par les linguistes du Museu Goeldi.

Le Museu Paraense Emilio Goeldi est un Institut de recherche pluridisciplinaire du Ministère Brésilien des Sciences, des Technologies et de l’Innovation (MCTI) fondé en 1866 et focalisé sur l’étude des systèmes naturels et socio-culturels de l’Amazonie. Le secteur de linguistique de cette institution a pris son essor sur l’étude des langues d’Amazonie à partir de 1980. Après une vingtaine d’années de travail de description des langues, ce secteur a commencé à répondre à des demandes de documentation émanant des communautés linguistiques où il était actif et à agir en tant que consultant technique pour réaliser certaines de ces demandes. Les linguistes ont pu financer ces activités grâce à des fonds nationaux et internationaux dédiés à la documentation du ‘patrimoine national’ (IPHAN, CFDD…) et des ‘langues en danger’ (ELDP (SOAS), Dobes…). Les principales activités développées ont concerné la documentation de patrimoines oraux, l’élaboration de système orthographiques, de dictionnaires et de documents bilingues destinés à un usage scolaire ou juste communautaire (écrits ou sous forme de DVD). De plus, différentes méthodes de formation des communautés à la documentation linguistique et culturelle ont été appliquées. Afin de conserver l’ensemble de données collectées (formats audio, vidéo, photo et textes) et de les rendre accessibles aux futures générations, une archive linguistique digitale professionnelle a été montée (Acervo de Linguas Indigenas do Museu). Celle-ci contient actuellement des données sur 77 langues Amazoniennes.

* Julien MEYER  est Linguiste et Acousticien, Post-Doctorant Chercheur Invité, EURIAS – Collegium de Lyon (European Institute of Advanced Studies) à l’ENS-Lyon, France

https://sites.google.com/site/julienmeyerlab/  ______________________________________________________________________________________

Renseignements – Contact : Ludivine Goisbault –  paloc@mnhn.fr –  Tél : 01.40.79.36.70
Muséum National d’Histoire Naturelle – UMR 208 «  Patrimoines Locaux et Gouvernance » – MNHN/IRD –  Département Hommes, Natures, Sociétés –  57 rue Cuvier  – CP 26 – 75231 Paris cedex  05

Conference: Colloque Figurer l’exil, Paris, 14-15 mars

Colloque international : Figurer l’exil
Localisation : IEA-Paris | Hôtel de Lauzun | 17 quai d’Anjou | 75004 Paris
Le programme “Non-lieux de l’exil” et le séminaire “L’expérience de l’exil” s’associent avec le programme “Politiques des images” (FMSH), l’Institut d’Etudes avancée de Paris (IEA-Paris), les universités Paris 8 et Aix-Marseille pour l’organisation du colloque international  Figurer l’exil
Coordination scientifique : Alexandra Galitzine-Loumpet, Sara Guindani-Riquier, Alexis Nuselovici (Nouss).
Argumentaire
L’expérience de l’exil met en crise les dichotomies induites par un discours « territorialisé » autour de l’identité et de la différence, l’origine et le devenir, l’autochtone et l’étranger. En montrant à quel degré ces oppositions appartiennent à l’épistémè des sociétés d’accueil et à une pensée de l’appartenance nationale, elle invite justement à en déplacer les paradigmes.
Or, cette expérience, comme tout phénomène humain, n’existe et ne prend sens que médiatisée par un ensemble de codes affectifs et culturels. Sa spécificité, toutefois, tient au fait que la figuration de l’exil convoque d’emblée une multiplicité de systèmes référentiels, au minimum une dualité entre le lieu de départ et le lieu d’arrivée, entre l’avant et l’après, entre l’individuel et le collectif, entre le communautaire et le national. Cette diversité, articulée par  des temporalités et des contextes historiques distincts,  se reflète dans celle des supports et des régimes expressifs choisis.
En outre, une difficulté supplémentaire surgit dans la mesure où ces cadres jouissent rarement du même statut, soit que le sujet exilé, par nécessité ou par stratégie, privilégie l’un au détriment des autres, soit que, entre sociétés d’origine et d’accueil, le partage des pouvoirs, politiques ou symboliques, matériels ou idéologiques, ne soit pas équilibré.
Il importe alors de tenter de restituer la totalité de l’expérience exilique en en analysant les modes de figuration, tant au niveau individuel que collectif, diachronique que synchronique, selon quatre déclinaisons qui constituent autant d’espaces, concrets et théoriques, pour son accueil :
  Éprouver (le rendu du vécu) ;
  Imaginer (les images et les formes) ;
  Exposer (la scène muséale et patrimoniale) ;
  Mémorer (le temps et le souvenir).
Ce colloque invite à croiser les perspectives disciplinaires autant qu’à diversifier les champs et objets à l’étude.
Programme
Vendredi 14 mars 2014
9h Accueil des participants
9h15 Ouverture du colloque par Gretty Mirdal  (directrice de l’IEA-Paris) & Olivier Bouin (Directeur du Collège d’études mondiales, directeur du Réseau français des Instituts d’Etudes avancées)
Eprouver (le rendu du vécu)
9h30 Introduction du Président de séance Alexis Nuselovici (Nouss)(Université d’Aix-Marseille, FMSH)
9h45 Christiane Vollaire (Philosophe) :  L’exil est-il un terrain philosophique ?
10h15 Sylvain George (Réalisateur) : Figures de l’exception, brûlantes apparitions
10h45 Débat
11h15 Coffee break
11h30 Alain Brossat (Université Paris 8) :  Endurance des vaincus de l’Histoire – parcours d’exil dans « Revolution Zendj » de Tariq Teguia et « Le monde est comme ça » de Fernand Melgar
12h Eugenia Villela (Université de Porto) : Métamorphoses. La matière du cri
12h30 Débat
13h-14h Déjeuner
Imaginer (les images et les formes)
14h Introduction de la présidente de séance Sara Guindani-Riquier ( FMSH- Université Paris 8)
14h15 Boris Chukhovich (Commissaire indépendant / Université de Montréal) : L’exil de l’artiste visuel vs l’exil de l’écrivain: essai de typologie comparatiste
14h45 Philippe Bazin (Ecole Supérieure d’Art et de Design de Valenciennes) : Noir silence
15h15 Débat
15h45 Coffee break
16h Soko Phay-Vakalis (Université Paris 8) : Julieta Hanono ou la mesure de l’exil et de la désolation
16h30 Sophie Ernst (artiste conceptuelle):  HOME: Lines, Places, Stories
17h Débat
18h30-20h30 Table ronde Exils, migrations, mobilités dans l’oeuvre de Jochen Gerz
avec Jochen Gerz, Gérard Wacjman (Paris 8) et Octave Debary (Paris 5)
20h30-21h30 : Marlene Samoun, chants de l’exil
Samedi 15 mars 2014
Exposer (la scène muséale et patrimoniale)
9h00 Introduction par la Présidente de séance Alexandra Galitzine-Loumpet (FMSH)
9h15 Jordi Font Agullo (Directeur MUME) : Le Musée Mémorial de l’Exil de La Jonquera (MUME). Musée d’histoire de l’exil républicain et lieu de mémoire démocratique de référence
9h45 Xavier Roth (Musée mémorial du Camp des Milles)  : Le Camp des Milles : lieu témoin de persécutions croissantes et d’engrenages résistibles.
10h15 Débat
10h45 Coffee Break
11h Marta Craveri  (FMSH) & Anne-Marie Losonczy (EPHE) :  Remémoration tardive du vécu de l’exil en déportation :  le musée  virtuel « Mémoires européennes du goulag »
11h30 Costanza Meli (Associazione Isole) :  Le rôle de l’association Isole pour un projet de musée, d’archive et de centre de documentation à Lampedusa
12h Isabelle Roussel (Université Lille 2) et Fabienne Dorey :  Analyser l’expérience d’une exposition : pARTages. Artistes migrateurs du XXIe (Musée Le Scriptorial d’Avranches)
12h30 Débat
13h-14h Déjeuner
Mémorer (le temps et le souvenir)
14h Introduction de la présidente de séance Gretty Mirdal (IEA)
14h15  Gaetano Ciarcia (Université de Montpellier 3)  Mémoire promise et lieux d’oubli du passé de l’esclavage au Bénin
14h45 Nadège Velwachter (Purdue University/ IEA-Paris) Haiti durant la seconde guerre mondiale: entre transit et exil
15h15 Débat
15h45 Coffee break
16h Céline Masson (Université de Paris 8)  L’accent, une langue du dessous. Résistances d’exil
16h30 Lucie Campos Inscrire l’exil dans le temps de la mélancolie (sur W.G. Sebald)
17h Débat
18h Verre de l’amitié
19h00-21h  tables rondes.
 Témoigner de Lampedusa : Alessia Capasso, Michele Ciacciofera et François Koltès
 L’image et la souffrance : Philippe Bazin et Sylvain George
Fin du colloque.
Intervenants
BAZIN Philippe photographe et professeur HDR de photographie à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Valenciennes. Il développe depuis le début des années 80 un travail sur les relations avec les différents phénomènes institutionnels qui encadrent et organisent l’existence. Son travail sur les visages a été publié en 2009 dans La Radicalisation du monde par l’Atelier d’Edition et Filigranes (textes de Georges Didi-Huberman et Christiane Vollaire). Il a été Prix Niépce en 1999, lauréat de la Villa Medicis Hors-les-Murs en 2001 et allocataire d’une bourse de recherche du Centre National des Arts Plastiques en 2009. Depuis les années 2000, son travail se développe sur différents territoires du politique, comme à Chypre (2006), en Albanie (2007), en Pologne (2008), aux États-Unis autour de John Brown (John Brown’s Body, 2007-2010), ou récemment en Égypte et au Chili (2012) et en Turquie (2013). L’ouvrage Le Milieu de nulle part (avec Christiane Vollaire), explore les conditions actuelles des politiques migratoires de l’Europe. Ses photographies ont été montrées dans différents lieux comme le Musée de l’Elysée à Lausanne, la Hayward Gallery à Londres, le Centre National de la Photographie et la Maison Européenne de la Photographie à Paris, le Musée des Beaux-arts de Calais ou encore les Rencontres Internationales de la Photographie à Arles.
BROSSAT Alain, professeur émérite au département de philosophie à l’Université de Paris 8 Saint Denis. Il  a également enseigné à l’Université de Tokyo, au Japon, à l’Université Nationale Chiao-Tung à Taïwan, à l’Université de Constance (RFA), à l’Université nationale du Chili. Anciennement traducteur de l’allemand (Margarete Buber-Neumann, Günther Wallraff, Egon-Erwin Kisch…).Publications récentes: Le grand dégoût culturel (Seuil, 2008), Droit à la vie? (Seuil, 2010), Autochtone imaginaire, étranger imaginé – retours sur la xénophobie ambiante (Ed. du Souffle, Bruxelles, 2012), La démocratie (le mot qui fond dans la bouche, le concept qui fond dans la tête), Al Dante, 2013, Le plébéien enragé – une contre-histoire de la modernité (Le passager clandestin, 2013).
CAMPOS Lucie Docteur en littérature comparée,  maître de conférences au Collège de France et responsable de l’édition et du développement international de la revue La Vie des Idées. Ses travaux portent sur l’histoire de la République des lettres et celle des relations entre littérature, histoire et politique aux 19e et 20e siècles. Elle est l’auteur de Fictions de l’après. Coetzee, Kertész, Sebald, Paris, Classiques Garnier, 2012. Après avoir dirigé un numéro spécial de la revue Europe portant sur l’oeuvre de W.G. Sebald, elle en prépare actuellement un second sur Imre Kertész.
CAPASSIO Alessia  est une photojournaliste et documentariste italienne. Elle a étudié droit international et protection des droits humains. Avant de se consacrer entièrement à la photographie, elle a travaillé pour une ONG Italienne en tant qu’éducatrice et pour la supervision des volontaires. Pour son travail elle a habité dans les Pays Bas, en Kenya, en Bénin et Maroc et ses photographies ont été publiées dans des revues internationales. Depuis 2011 elle collabore avec l’association Askavusa pour l’organisation et la promotion du Lampedusa Festival, et en est la photographe officielle. Depuis octobre 2013 elle enseigne la photographie et le photojournaliste à l’école des hautes études en journalisme de l’Université LUISS Guido Carli à Rome
CHUKHOVICH Boris est historien de l’art, conservateur de musée et commissaire d’exposition. Après avoir soutenu sa thèse en sociologie de l’art  à Saint-Pétersbourg, (1992), il a travaillé en tant que  directeur d’études au département de sociologie de l’art (Académie des beaux-arts de l’Ouzbékistan)avant d’émigrer au Canada en 1998. Il a été plusieurs fois chercheur invité (MSH Paris, équipe de recherche « Le Soi et l’autre » UQAM). En 2003-2005, il est boursier du Conseil des arts du Canada et réalise le projet virtuel “Musée d’art centre-asiatique”.  Il est également conservateur-résident au Musée d’art contemporain de Montréal, chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique et à différents centres de recherche, notamment le Centre de recherche sur l’intermédialité (CRI, Université de Montréal) et le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture (LAMIC, Université Laval). Depuis 2003, il est membre permanent du groupe de recherche Poexil (Université de Montréal). En tant que conservateur, il a réalisé nombreux projets d’exposition dont notamment “Après Babel” (Université d’Ottawa, 2004) ; “Retour de Métaphore” (Biennale de Montréal, 2007) ; STILLS (Bichkek, Almaty, Douchanbé, 2009-2010) ; “Lingua franca-frank-tili” (Biennale de Venise, 2011), et récemment « Grandeur de l’Empire » (Université de Montréal 2013). Il est membre du programme “Non-lieux de l’exil” et directeur d’étude associé à la Fondation Maison des sciences de l’homme en mars 2014.
CIARCIA Gaetano est professeur d’ethnologie à l’Université Paul-Valéry-Montpellier 3. Il a mené des enquêtes en pays dogon (Mali), en Languedoc-Roussillon, à la Martinique et dans le Bénin méridional où, depuis 2005, il travaille sur la connexion patrimoniale actuelle entre le passé de l’esclavage et le “renouveau” des cultes vodun. Dans ses recherches, il s’intéresse à des espaces publics au sein desquels l’institution d’une mémoire culturelle intègre les sphères de la politique patrimoniale et des pratiques cérémonielles. Il mène également une réflexion sur l’histoire des échanges entre les chercheurs et leurs interlocuteurs locaux comme créatrice de pratiques où il nous est possible d’observer les effets sociaux de cette « oralité seconde » (suscitée par la présence des écritures) dont il est question dans les travaux du linguiste Walter Ong. Parmi ses productions récentes, la direction de l’ouvrage collectif Ethnologues et passeurs de mémoires (Karthala, 2011) et la réalisation avec Jean-Christophe Monferran du film-documentaire Mémoire Promise (IIAC/Cnrs Images/ministère de la Culture, 2014).
CIARCCIOFERA Michele,moved to Palermo as a boy, where he later graduated in Political Science. He gained his artistic formation in the studio of Giovanni Antonio Sulas, a Sardinian painter and architect. In 1990 he moved to Syracuse where he lives and works.  At present, he is reflecting on themes that deal with the human condition; torture and imprisonment, melancholy; and in parallel, he considers environmental themes.    He is a member of a work-group of architects and engineers that wins a competition organised by the Port Authorities of Palermo for an ‘artistic-architectural project to reuse two loading cranes in the harbour of Palermo as a symbolic place for the future of harbour-city interaction’. Among his last exhibitions and awards :  solo show “dessins” Galerie Luc Berthier Paris (2013) ;  group show “Endless Summer” – White Box – New York (2012);  solo show “mining memories” – Light of Creativity – Miami Beach (2011),  group show  “carta delle circostanze – frontiere liquide” – Teatro Verga Ortigia – Siracusa 2011),   solo exhibition  “no man’s land” – Museo Civico Noto (2011),  54ma Biennale di Venezia – Padiglione Italia presso Corderie dell’Arsenale – Venezia; Green Vision Prize for 2011 – teatro Ambra Jovinelli Roma;  solo exhibition “viaggio in Sicilia – omaggio a J.W. Goethe “ – Galleria La Rocca Palermo (2011); collective exhibition “Suite 13” Centro d’Arte Contemporanea Nostra
CRAVERI Marta est directrice scientifique adjointe de la Fondation maison des sciences de l’homme et chercheur associé au CERCEC depuis 2003. Elle est historienne et travaille sur l’histoire des répressions staliniennes et du travail forcé. Actuellement elle poursuit des recherches sur les trajectoires d’enfances au goulag et sur la mémoire et l’héritage de la déportation en URSS des Polonais et Baltes d’origine juive.Elle a coordonné un projet ANR contribuant à la création d’un corpus d’entretiens avec des survivants des répressions soviétiques et d’un musée virtuel « Archives sonores – Mémoires européennes du Goulag » au sein duquel elle a été la réalisatrice de plusieurs salles thématiques et biographiques et publié des articles en français, anglais et russe, un ouvrage en italien : Resistenza nel Gulag. Un capitolo inedito della destalinizzazione in Unione Sovietica en 2003 et en 2012 elle a codirigéDéportés en Urss, Récits d’Européens au Goulag, avec Alain Blum et Valérie Nivelon, publié aux éditions Autrement.
DEBARY Octave est anthropologue, maître de conférences à l’Université de Paris-Descartes et chercheur au LAHIC (CNRS/EHESS). Depuis son doctorat d’anthropologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (La Fin du Creusot ou l’art d’accommoder les restes, Eds du CTHS, 2002), il travaille sur la façon dont une société met en mémoire ou en musée son histoire, participant autant à son souvenir qu’à son oubli. Il s’intéresse aux objets et aux restes. Il travaille régulièrement avec des photographes, metteurs en scène ou conservateurs de musée. Il a publié plusieurs articles et ouvrages sur ces sujets, dernièrement Vide-greniers avec Howard S. Becker (texte) et Philippe Gabel (photographies) (Créaphis, 2011), Voyage au Musée du quai Branly, avec Mélanie Roustan, préface de James Clifford (La Documentation française, 2012), Montrer les violences extrêmes. Théoriser, créer, historiciser, exposer, avec l’historienne Annette Becker (Créaphis, 2012).   Il a été professeur invité au CELAT  (Montréal/Québec), Université Laval /Musée de la Civilisation de Québec, (« Nouveaux patrimoines ») et au  département d’Histoire de l’Université d’Umeå, (« Historical Media, Historical Education » Suède, janvier 2013).
DOREY Fabienne, diplômée en sciences de l’art et en muséologie, est directrice des musées d’Avranches depuis 2005. Commissaire d’expositions au Musée des manuscrits du Mont Saint-Michel – Scriptorial d’Avranches (Manche), à l’Espace Visitation de Romans (Drôme)…, elle privilégie le dialogue entre le patrimoine ancien et l’art contemporain.
ERNST Sophie is a visual artist based in the UK. She was born in Munich, Germany and grew up in the Netherlands. She trained as an industrial mechanic with BMW before graduating from the Rijksakademie voor Beeldende Kunst in Amsterdam. After graduation, she worked as Assistant Professor at the Beaconhouse National University in Lahore, Pakistan from 2003 to 2007, where she started the HOME project. HOME is a long-term project that explores the notion of “elsewhere” and “ideal space”. In about 40 conversations, artists, writers, academics, filmmakers, architects are remembering places and homes they or their parents left behind during the Partition of the Indian Subcontinent in 1947, the Palestinian Naqba in 1948 and the expulsion of Iraqi Jews between 1948 and 1951. The HOME project looks at personal memory of space and the political dimension of remembering.  www.sophieernst.nl
FONT AGULLO Jordi, Historien, gestionnaire culturel et commissaire d’expositions. Il dirige actuellement le Musée Mémorial de l’Exil (La Jonquera – Espagne). Il a exercé en tant que professeur associé à l’Université de Girona en 2010 et 2011. Ces dernières années, son attention professionnelle s’est centrée sur le domaine de l’histoire socioculturelle et des relations entre l’histoire et la mémoire. L’art actuel est aussi l’un de ses principaux intérêts professionnels. Parmi ses publications, le livre : ¡Arriba el campo! Primer Franquisme i actituds polítiques en l’àmbit rural nord-català [En avant la campagne ! Premier franquisme et attitudes politiques dans les campagnes du Nord de la Catalogne] (Diputació de Girona, 2001) ainsi que la direction de la publication des volumes Història i memòria. El franquisme i els seus efectes als Països Catalans [Histoire et mémoire. Le franquisme et ses conséquences dans les Pays catalans] (PUV, València, 2007) et Reflexionant l’exili: l’aproximació a l’experiència de l’exili republicà entre la història, l’art i el testimoniatge [Réfléchir sur l’exil : l’approche de l’expérience de l’exil républicain entre l’histoire, l’art et le témoignage] (Editorial Afers, València, 2010). Il a été récemment responsable de la codirection de la publication des volumes Déplacements forcés et exils en Europe au XXe siècle. Les conditions de départ et d’accueil.  Actes du 1er séminaire transfrontalier (Perpignan, 2012) etDéplacements forcés et exils en Europe au XXe siècle. Le corps et l’esprit. Actes du 2ème séminaire transfrontalier (Perpignan, 2013). Il a aussi publié différents articles dans des revues spécialisées telles que Transversal, L’Avenç, Historia social, Historia del Presente, Desafectos, Mientras Tanto, Zehar, Afers, Segle XX, Témoigner, Revue d’Histoire et Mémoire.
GALITZINE-LOUMPET Alexandra est anthropologue. Elle travaille actuellement à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme après avoir longtemps enseigné à l’Université de Yaoundé I (Cameroun). Elle étudie de la culture matérielle et des patrimonialisations, les représentations de l’altérité (épistémologiques, muséographiques), et depuis quelques années les objets de et en exil et notamment la culture matérielle des exilés.  Parmi ses publications récentes  :   “L’embarras patrimonial. Mémoires croisées Galitzine/Pouchkine dans l’oussad’ba Viaziomy (Moscou)” dans Architecture et patrimoine dans les Etats post-soviétiques, sous la dir. de Taline Ter Minassian (PUR 2013) ; Pour une typologie des objets de l’exil (2013)  http://wpfmsh.hypotheses.org/362, « Exil(Objets) » à paraitre dansGlossaire des mobilités culturelles, Zilà Bernd et Norah Dei Cas eds.  Peter Lang eds, mai 2014). Elle est co-directrice du programme “Non-lieux de l’exil” (FMSH).
GEORGE Sylvain est cinéaste, metteur en scène et écrivain. Après des études de 3ème cycle en philosophie, droit et sciences politiques, et cinéma, il réalise depuis 2006 des films radicaux, poétiques, politiques et expérimentaux, sur la thématique de l’immigration et des mouvements sociaux collaborant avec différents artistes  (Archie Shepp, William Parker, Valérie Dréville, Okkyung Lee, John Edwards, John Butcher) et intervenant dans des masterclass à travers le monde. Ses films sont projetés dans les réseaux militants, les lieux underground ainsi que dans les festivals et ont été plusieurs fois primés dans des festivals internationaux, notamment « Qu’ils reposent en révolte » (2010)  – Prix du meilleur film  Filmmaker Film Festival 2010 (Milan) ; « Les éclats : Ma gueule, ma révolte, mon nom (2011) (Torino Film festival 2011),   « Vers Madrid – The burning bright »(2013) (Prix du public au Subversive Film Festival 2013  et prix du jury au MedFilmFestival 2013).
GERZ Jochen, est un artiste conceptuel de renommée internationale. Il a étudié à Cologne, Bâle, Londres. Il réalise des installations, des performances et des oeuvres pérennes dans l’espace public depuis 1967. Parmi ses nombreuses réalisations et publications :  ATTENZIONE L’ARTE CORROMPE, Florence 1968 ; Y-A T’IL LA VIE SUR LA TERRE?, Paris 1968-1970 ; MONUMENT AGAINST FASCISM (with Esther Shalev-Gerz), Hamburg-Harburg 1986 ; 2146 STONES – MONUMENT AGAINST RACISM, Saarbrücken 1993 (Cantz/Hatje, Stuttgart 1993); THE BREMEN QUESTIONNAIRE – SINE SOMNO NIHIL, Bremen 1995 (Cantz/Hatje, Stuttgart 1995) ; LE MONUMENT VIVANT DE BIRON, Biron 1996 (Actes Sud, Arles 1996) ; LES TÉMOINS DE CAHORS, Cahors 1998 (Actes Sud, Arles 1998) ; LES MOTS DE PARIS, Paris 2000 (L’anti-Monument. Les Mots de Paris, Actes Sud, Paris 2002 ;  THE READERS OF THE DAILY AND THE PHILOSOPHER, Passau 2004 (Passavia, Passau 2005) ; THE SQUARE OF THE FUNDAMENTAL RIGHTS, Karlsruhe 2005 (Verlag für Moderne Kunst, Nuremberg 2006); 63 YEARS AFTER, Graz 2009 ; 2-3 STREETS, Duisburg, Dortmund, Mulheim an der Ruhr, 2010 (2-3 Straßen TEXT, 2-3 Straßen Making of, DuMont Verlag, Cologne 2011, ebooks, Amazon Kindle edition 2012), PLATZ DES EUROPÄISCHEN VERSPRECHENS, Bochum 2007-2015, AMAPTOCARE, Ballymun, 2003-2014. http://www.jochengerz.eu
GUINDANI-RIQUIER Sara est philosophe, spécialiste d’esthétique. Elle dirige le programme Politiques des images à la Fondation Maison des sciences de l’Homme, où elle est aussi responsable scientifique du Collège d’études mondiales. Elle enseigne la philosophie de l’art à l’Université Paris 8 et dirige avec Marc Goldschmit le séminaire Marges de la littérature – écriture et politique dans le cadre de l’Institut des hautes études en psychanalyse. Ses recherches portent sur les rapports entre images, mémoire et témoignage. Elle a notamment écrit Lo stereoscopio di Proust. Fotografia, pittura e fantasmagoria nella Recherche (Milan, 2005) et prépare actuellement un ouvrage sur la temporalité photographique.
KOLTES François, est un architecte, réalisateur de films documentaires, chef décorateur de cinénma, créateur de tapisseries, romancier au parcours éclectique et hétéroclite. Il a également publié “Petit homme, tu pleures” (Galaade, 2008 Grand prix Lions de littérature) et “Vêpres noires” (Galaade).
LOSONCZY Anne-Marie est anthropologue, directrice d’études à l’EPHE, membre de MONDESAM-CERMA et associée au CERCEC. Elle  mène des recherches autour des relations inter-ethniques, du champ rituel, du deuil et de la construction de la mémoire collective en milieu noir et indien en Colombie et Cuba. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles en français, anglais, hongrois, espagnol et portugais, en particulier La “patria” como categoria en el postcomunismo. Ensayos sobre Hungria y Romania, nouvelle édition, CEMCA, Mexico et « La muséification du passé récent en Hongrie postcommuniste. Deux mises en spectacle de la mémoire » (Revue d’études comparatives Est-Ouest,vol. 37, no 3, 2006, p. 97-112). Elle a été la coordinatrice du volet  Hongrie de l’ANR « Archives sonores du Goulag » et réalisatrice de plusieurs salles thématiques et biographiques.
MASSON Céline est Maître de Conférences en psychopathologie clinique et psychanalyse, HDR, Psychanalyste, Université Paris-Diderot, Sorbonne Paris Cité, CRPMS, EA 3522, co-responsable du Groupe de Recherches Pandora – Psychanalyse et processus de création (Création, corps et société) » Université Paris-Diderot. Parmi ses dernières publications   :  « Les images de rêve comme vestiges de la sexualité infantile », Topique, juin 2012, n°119,    pp.159-173 ;   « Les changements de nom dans la France d’après-guerre : les traumatismes de la shoah et ses conséquences sur la deuxième et troisième génération à partir de l’exemple des changements de nom », The International Journal of Psychoanalysis, février 2013, Willey, USA et (à paraître)  Sous la dir. de  C. Masson, L’accent, traces de l’exil, éds Hermann
MELI Costanza  est présidente de l’association Isole, commissaire de l’exposition “Con gli oggetti dei migranti” (« Avec les objets des migrants ») et de la résidence de l’artiste Emily Jacir (Lampedusa, juillet 2013). Avec son association, elle a participé au projet pour la constitution d’un musée et d’un centre de documentation des migrations à Lampedusa. Elle est éditrice de ma revue internationale SuccoAcido, un projet interculturel sur les langages artistiques contemporains.
MIRDAL Gretty est professeur de psychologie à l’université de Copenhague. Elle est spécialisée en psychologie clinique et psychologie de la santé. Ses recherches portent sur l’impact à long terme de la migration et de l’intégration culturelle sur la santé mentale et physique et sur la psychologie du vieillissement (« Vieillir en exil »). Elle est également impliquée dans l’administration de la recherche au niveau national et international et a notamment présidé le groupe du Conseil européen pour la recherche (ERC) sur « L’esprit humain et la complexité », le jury de l’Institut universitaire de France pour les sciences humaines à la Fondation européenne de la science (ESF)ou encore le comité scientifique pour les programmes de recherche fondamentale en sciences humaines de l’Agence nationale de la recherche.Elle est directrice de l’Institut d’Études avancées de Paris depuis 2012.
NUSELOVICI (NOUSS) Alexis est Professeur de littérature générale et comparée, Université Aix-Marseille et professeur associé à la School of European languages, Translation and Politics de l’Université de Cardiff (Royaume-Uni). Il est aussi professeur associé au Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal, où il a enseigné pendant une quinzaine d’années. Il a également été professeur invité au Brésil, en Turquie, en Espagne et en France. Membre de plusieurs équipes de recherche internationales, il a  créé et dirigé le groupe de recherche montréalais « POexil » (http://www.poexil.umontreal.ca) qui se consacre aux manifestations culturelles des expériences de l’exil et de la diaspora ainsi que le « Cardiff Research Group on Politics of Translating » qui étudie l’acte traductif sous ses aspects éthiques et politiques. Il a publié une dizaine de livres dont La modernité(Paris, PUF, collection « Que sais-je? », 1995), Dire l’événement, est-ce possible? (avec Jacques Derrida et Gad Soussana, Paris, L’Harmattan, 1997), Métissages. De Arcimboldo à Zombi (avec François Laplantine, Paris, Pauvert, 2001), Plaidoyer pour un monde métis (Paris, Editions Textuel, 2005) et Paul Celan. Les lieux d’un déplacement (Lormont, Éditions Le Bord de l’Eau, 2010). Il co-dirige le programme « Non-lieux de l’exil » et dirige depuis février 2013 le séminaire “L’expérience de l’exil” au Collège d’études mondiales (FMSH) et a publié les working papers suivants : Etudier l’exil, L’expérience de l’exil, Exiliance : condition et conscience, Exil et post-exil http://www.fmsh.fr/fr/c/1284
PHAY-VAKALIS Soko est Maître de conférences – HDR en histoire et théorie de l’art contemporain à l’Université Paris 8. Elle a écrit plusieurs articles et dirigé des ouvrages collectifs sur l’esthétique du miroir dans l’art et sur les relations entre arts et crimes de masse (Alfredo Jaar, Sarkis, Vann Nath, Séra, Rithy Panh). Elle a organisé plusieurs expositions dont Beyond Narcissus (New York, 2005) et Les Ateliers de la mémoire (Phnom Penh et Battambang 2009-2010, Paris 2010-2011) qui ont donné lieu au livre Cambodge, l’atelier de la mémoire (Sonleuk Thmey Edition, 2010). Soko Phay-Vakalis a organisé avec Pierre Bayard en 2010, 2011 et 2013 en France et aux Etats-Unis plusieurs manifestations (expositions, colloques, festivals filmiques) à l’Université de Paris 8, au Forum des images et à l’Université Columbia. Ils ont également co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs et un court-métrage :Cambodge, mémoire de l’extrême (hors série d’Art Absolument, 2010), Art et postmémoire (hors série d’Art Absolument, 2013), Cambodge, le génocide effacé (Editions nouvelles Cécile Default, 2013), Vann Nath, le peintre-mémoire, produit par la MSH Paris-Nord, le Labex Arts H2H et Bophana Production, 2013, 26 min.
ROTH Xavier est chercheur au musée mémorial du Camp des Milles, dans le cadre de la Chaire Unesco “Education à la citoyenneté, sciences de l’homme et convergence des mémoires” de l’Université d’Aix-Marseille. Spécialiste en philosophie des normes, ses travaux se situent au carrefour de l’épistémologie, des théories de l’action et de la psychologie morale. Il a présenté et annoté le Traité de logique et de morale du philosophe Georges Canguilhem, et vient de publier, aux éditions Vrin, Georges Canguilhem et l’unité de l’expérience. Juger et Agir (1926-1939).
ROUSSEL-GILLET Isabelle étudie le roman des XXe et XXIe siècles, l’esthétique de la relation et le dialogue entre les arts notamment chez Annie Ernaux, Michel Butor, Jean-Marie Le Clézio puis Salvador Dali et Maurice Béjart (avec F. Joseph-Lowery, éd. Luca Notari, 2007 et 2010). Maître de conférences à l’université d’Artois, commissaire d’exposition, membre de la revue Textes & cultures (Université d’Artois), elle accompagne le montage de projets expositifs dans le master MEM, expo-muséographie dirigé par Serge Chaumier à  l’Université d’Artois.
VELWACHTER Nadège résidente de l’IEA de Paris, est maître de conférences en littératures francophones à Purdue University aux Etats-Unis. Ses recherches portent sur la sociologie littéraire, la mondialisation culturelle et l’historiographie postcoloniale. Parmi ses publications : Littérature francophone et mondialisation (Karthala 2012) ;  “Littérature française et littératures francophones: une union inconvenante?,” Fabula – Littérature Histoire Théorie. 8 (2011) [online] ;   “Charles-Robert Ageron entre mythe républicain et mythe impérial, une histoire des mentalités manquée,” Modern LanguageNotes, 125.4 (2010): 941-960 ;   “Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé and Raphaël Confiant in English Translation: Texts and Margins,” Research in African Literatures 40. 2 (2009): 228-239.
VILELA Eugenia est professeur au Département de philosophie de la Faculté de lettres de l’Université de Porto (Portugal), docteur en philosophie de l’Université de Porto, et directrice du groupe de recherche Esthétique, Politique et Art de l’Institut de Philosophie. Auteur de conférences et textes dans le domaine de la Philosophie et des Arts, elle a publié, parmi d’autres textes dans des œuvres collectives, les livres “Du corps équivoque” (1998) et “Silences Tangibles. Corps, résistance et témoignage dans les espaces contemporains d’abandon” (2010). Son travail se développe dans l’espace d’intersection entre l’esthétique, la philosophie politique contemporaine et l’art. Elle est membre du programme « Non-lieux de l’exil » (FMSH)
VOLLAIRE Christiane est philosophe. Elle mène ses recherches sur les liens entre politique, esthétique et médecine,  est membre du Comité de rédaction des revues Pratiques, Chimères et Outis, et collabore régulièrement aux revues Lignes, Cahiers de philosophie, Transeuropéennes, Medium, Revue d’ethnologie, Symposium, Ah ! et Empan. Elle a présenté pendant six ans une série d’interventions au Collège International de philosophie sur Les Processus de désesthétisation en médecine, et intervient également à Paris 7, à Paris 8 et à l’IRI (Centre Georges Pompidou).  Elle a publié de nombreux articles sur la philosophie esthétique (photographie, chorégraphie, architecture, espace) et notamment plusieurs essais sur des artistes contemporains, la philosophie politique et la philosophie de la médecine. Parmi ses derniers ouvrages parus : Humanitaire, le cœur de la guerre, ed. L’Insulaire, Paris, mars 2007 ; Le Milieu de nulle part (en collaboration avec le photographe Philippe Bazin),ed. Créaphis, Paris, octobre 2012. http://christiane-vollaire.fr/. Elle est membre du programme « Non-lieux de l’exil » (FMSH)
WAJCMAN Gérard est écrivain, psychanalyste, maître de conférences au département de psychanalyse de l’Université Paris-VIII et directeur du Centre d’étude d’histoire et de théorie du regard. Il est l’auteur notamment de : Le Maître et l’Hystérique (Navarin/Le Seuil, 1982), L’Interdit (Denoël, 1986), L’Objet du siècle (Verdier, 1998), Collection (Editions Nous, 1999) ; Fenêtre, chroniques du regard et de l’intime(Verdier, 2004) ; L’Œil absolu (Denoël, 2010), Voix (Editions Nous, 2012) ; Les experts : la police des morts (PUF, 2012). Il est également dramaturge et a notamment  adapté (avec   Brigitte Jaques),  « L’Imposture de Bernanos » pour le Théâtre de la Ville. On lui doit aussi le livret du Jeu de Narcisse, opéra de Marc-Olivier Dupin,  et plusieurs traductions (dont « Angels in America » de Tony Kushner).

CFP: 10th International Conference of Young Heritage Researchers, Heritage and Cultural Diversity

PATRIMOINES ET DIVERSITÉ CULTURELLE

Appel à communications

Dixième rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine

Université du Québec à Montréal / 3 au 5 octobre 2014

Ville aux cent clochers, île ou métropole, Montréal n’a pas de surnom unique. La difficulté de lui  accoler une marque est symptomatique de l’identité de Montréal qui reste, par excellence, une  ville de la diversité : qu’elle recèle le seul « arrondissement historique et naturel » classé selon  l’ancienne Loi sur les biens culturels et le Lieu historique national du Canada de la Main, réputé  « corridor d’immigration », n’en est qu’un autre signe. À l’occasion de la Dixième Rencontre des   jeunes chercheurs en patrimoine, nous invitons les étudiants, les doctorants et les postdoctorants   à se laisser inspirer par l’esprit de la ville-hôte et à réfléchir sur les patrimoines dans la   diversité. La rencontre aura lieu du 3 au 5 octobre 2014 à l’Université du Québec à Montréal,   sous la tutelle scientifique de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain (Luc  Noppen, Université du Québec à Montréal), de PARVI, le groupe interuniversitaire de recherche  sur les paysages de la représentation, la ville et les identités urbaines (Lucie K. Morisset,  Université du Québec à Montréal) et de leurs partenaires.

Argumentaire

Le patrimoine national, forgé à l’époque de la naissance des grandes nations en Europe, ou le  patrimoine mondial, né d’une volonté de construction d’une appartenance universelle, sont de  plus en plus contrebalancés par des phénomènes de diversification identitaire qui promeuvent  l’hétérogénéité, la différence ou la diversité sociale et culturelle. Depuis les années 1970,  l’accroissement de la mobilité spatiale, la fluidisation des frontières entre les États nations, de  même que les technologies de communication conduisent à une reconfiguration marquante de l’identité et de son inscription dans l’espace et dans le temps (McLuhan 1967, Appaduraï 1996). Si l’on ne peut renier le lien très fort entre l’identité et le patrimoine (Morisset, Noppen 2006), la vision essentialiste des faits patrimoniaux est de plus en plus confrontée à une déclinaison plurielle à l’intérieur de laquelle l’unicité patrimoniale fait place à la diversité des patrimoines. On parle peu du patrimoine en contexte de diversité. Lorsqu’on le fait, les discours sont divisés. D’une part, les « petits patrimoines », les « patrimoines de la migration » ou encore les « patrimoines des minorités culturelles » sont qualifiés de vulnérables, d’invisibles sur la scène de la société d’accueil (Rocher 2006). Cette indifférence s’expliquerait par l’association très sensible des patrimoines des minorités culturelles à des formes de menace identitaire et territoriale pour les groupes culturels majoritaires, possédant leurs propres assises patrimoniales (Trova, Noussia 2005, Roda 2011). La cohabitation difficile entre le patrimoine et la diversité est amplifiée par les enjeux politiques, sociaux et symboliques des patrimoines en contexte de conflit, la situation de l’ex-Yougoslavie n’étant qu’un des multiples exemples qu’on puisse en donner.

D’autre part, certaines recherches plus récentes soulignent des significations et des usages du patrimoine autres que la création de frontières spatiales ou de divisions ethniques et/ou culturelles. Les patrimoines culturels et religieux peuvent être également des moyens de stabilisation des appartenances fragilisées par la migration (Moisa 2011) et de contribution au développement culturel et identitaire de la société d’accueil. Chose certaine, les patrimoines en contexte de diversité déclenchent de fortes émotions, car, malgré la mobilité spatiale accélérée et la croissance de la proximité culturelle, ils restent des clefs de voûte de l’identité, de la volonté d’appartenance et de la création d’une place à soi dans la société.

La Dixième Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine se veut une occasion d’échange, d’interrogation et de réflexion sur les diverses déclinaisons du patrimoine, sur leurs sens, sur l’harmonisation ou, au contraire, sur les divergences patrimoniales en contexte de diversité culturelle. Qu’en est-il de la rencontre ou de la coexistence des patrimoines fondés sur des références identitaires divergentes, alors que la patrimonialisation vise le plus souvent la stabilisation et l’affirmation identitaires au singulier ? Quelle est la relation entre le « grand » patrimoine (national, de la société d’accueil, etc.) et les petits patrimoines (des communautés immigrantes, des minorités) ? Comment approcher, étudier le patrimoine en contexte de diversité culturelle, ethnique, religieuse, et que nous dit-il au sujet des relations inter et intra communautaires ? Au-delà de l’identification et la polyphonie (Bakhtine 1978) patrimoniale, nous proposons donc d’interroger les défis territoriaux, sociaux, économiques, politiques et symboliques de la diversité patrimoniale sous quatre grands axes:

1. Patrimoines de la migration et mobilisation des patrimoines

2. Patrimoines et (en)jeux de la diversité culturelle

3. Patrimoines en conflit

4. Patrimoines religieux : divergences et polyphonies

Les Rencontres internationales de jeunes chercheurs en patrimoine accueillent une diversité d’approches tirées des études patrimoniales, du tourisme, de l’anthropologie, de l’architecture, de l’histoire, de la muséologie, etc. de même qu’aux réflexions à plusieurs niveaux, théorique, méthodologique et empirique (appliquée).

La direction scientifique de l’événement a été confiée à Daniela Moisa et à Jessica Roda, (Chaire de recherche en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal). L’évaluation sera faite en tenant compte de la pertinence des propositions par rapport au thème retenu pour le colloque, de l’originalité et de la rigueur scientifique de celles-ci.

La date limite pour soumettre une proposition est fixée au 30 avril 2014. Pour ce faire, veuillez envoyer le titre de votre proposition, un résumé d’un maximum de 500 mots (à prévoir pour une communication d’une durée de vingt minutes) et une courte notice biographique à l’adresse suivante : crcpatrimoineurbain@gmail.com. Les propositions seront évaluées par un comité scientifique en fonction de leur pertinence par rapport au thème et de leur originalité. Les frais de déplacement pourront être partiellement subventionnés, selon les disponibilités budgétaires. Après une évaluation scientifique, les meilleurs articles issus de la Dixième Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine feront l’objet d’une publication dans le cadre d’un ouvrage collectif.

HERITAGE AND CULTURAL DIVERSITY

Call for papers

Tenth International Conference of Young Heritage Researchers

Université du Québec à Montréal / October 3th-5th, 2014

City of one hundred spires, island or metropolis: Montreal has no one single descriptive title or nickname. The difficulty of attaching a label to the city is symptomatic of the identity of Montreal, which remains a city of diversity par excellence; the fact that it harbours the only “historic and natural district,” classified according to the former Cultural Property Act, and the National Historic Site of Canada called The Main, deemed a “corridor of immigration,” is just another sign. For the Tenth International Conference of Young Heritage Researchers, we are inviting doctoral and postdoctoral students, among others, to be inspired by the spirit of the host city and to reflect upon heritage and diversity. The conference will be held from October 3 to 5, 2014, at the Université du Québec à Montréal, under the scientific supervision of the Canada Research Chair in Urban Heritage (Luc Noppen, Université du Québec à Montréal), PARVI, the Interuniversity Research Group Concerning Landscape Representation, the City and Urban Identities (Lucie K. Morisset, Université du Québec à Montréal), and their partners.

National heritage, a phenomenon forged during the era of the birth of the great nations of

Europe, and world heritage, born of a will to create a sense of universal belonging, are more and more counterbalanced by phenomena of identity diversification, promoting heterogeneity, difference and social and cultural diversity. Since the 1970s, increasing spatial mobility, the fluidization of borders between nation states, and communication technologies have led to a significant reconfiguration of identity and its incorporation in space and time (McLuhan 1967, Appaduraï 1996). Although the very strong link between identity and heritage cannot be denied (Morisset, Noppen 2006), the essentialist vision of heritage facts is increasingly confronted by a pluralistic variation within which heritage uniqueness gives way to heritage diversity. Little has been said about heritage in the context of diversity. When spoken about in suchcontexts, the discourse is divided. On the one hand, “small-scale heritage,” “heritage of migration,” and “heritage of cultural minorities” are described as vulnerable or as being invisible on the scene of the host society (Rocher 2006). This indifference may be explained by the highly sensitive association of the heritage of cultural minorities with a threat to the identity and territory of majority cultural groups, who have their own heritage foundations (Trova, Noussia 2005, Roda 2011).

The cohabitation between heritage and diversity is made even more difficult by political, social and symbolic issues of heritage in contexts of conflict, the situations in ex-Yugoslavia and Armenia (Fourcade 2011) being only a couple of the numerous examples that come to mind. Furthermore, some of the more recent research highlights the meanings and uses of heritage other than with regards to the creation of spatial boundaries or ethnic and/or cultural divisions.

Cultural and religious heritage can also serve to stabilize a sense of belonging rendered fragile by migration (Moisa 2011) and to contribute to the cultural and identity development of the host society. What is certain is that heritage in a context of diversity triggers strong emotions, for it remains a cornerstone of identity, prompting the desire to belong and to create a place for oneself in society, in spite of accelerated spatial mobility and creeping cultural proximity. It is hoped that the Tenth International Conference of Young Heritage Researchers will provide an opportunity to exchange, question and reflect upon the various manifestations of heritage, on their meaning, and on the harmonizing or diverging of heritage in a context of cultural diversity. What happens to the meeting or coexistence of various forms of heritage based on divergent identity references, given that heritage creation often involves the affirmation of a single identity?

What is the relationship between “great” heritage (national, of the host society, etc.) and “small-scale” heritage (of immigrant communities, minorities)? How do we approach and study heritage in a context of cultural, ethnic and religious diversity, and what does it tell us about inter- and intra-community relationships? Above and beyond heritage identification and polyphony (Bakhtine 1978), we therefore propose to look at the territorial, social, economic, political and symbolic challenges of heritage diversity in relation to four major themes:

1. Heritage of migration and mobilization of heritage

2. Heritage and issues involving cultural diversity

3. Heritage in a context of conflict

4. Religious heritage: differences and polyphonies

The organizers of the International Conference of Young Heritage Researchers welcome a diversity of approaches as found in studies of heritage, tourism, anthropology, architecture, history, museology, etc., as well as reflections on various levels: theoretical, methodological and empirical (applied).

The scientific direction of the event will be provided by Daniela Moisa and Jessica Roda, (Canada Research Chair in Urban Heritage of the Université du Québec à Montréal). Evaluations will take into account the relevance of proposals in relation to the conference theme and their originality and scientific rigour. The deadline for submitting proposals is April 30, 2014. Candidates are asked to send the title of their proposal, a summary of no more than 500 words (for a 20-minute presentation), and a short biography to the following email address: crcpatrimoineurbain@gmail.com. The proposals will be evaluated by a scientific committee based on their relevance to the conference theme and their originality. Travel expenses may be partially subsidized, subject to budgetary restrictions. After a scientific evaluation, the best articles from the Tenth International

Conference of Young Heritage Researchers will be published in the form of a collective book.

 

CFP: Tour Guides as Cultural Mediators (EASA, Tallinn)

The Technologies and Techniques of Guiding: Tour Guides as Cultural
Mediators

*Convenors*

Dr Jackie Feldman (Ben Gurion University of the Negev) jfeldman@bgu.ac.il

Dr Jonathan Skinner (University of Roehampton)
Jonathan.Skinner@roehampton.ac.uk

We invite you to submit papers on the theme of tour guiding for the 13th
EASA Biennial Conference Collaboration, Intimacy & Revolution: innovation
and continuity in an interconnected world. The conference will be organized
by the Department of Social and Cultural Anthropology at the Estonian
Institute of Humanities, Tallinn University, in Tallinn, the capital of
Estonia on 31st July – 3rd August, 2014.

Please read more about the theme here:
http://www.easaonline.org/conferences/easa2014/theme.shtml and proceed then
to propose your contribution to the upcoming conference here:

http://www.easaonline.org/conferences/easa2014/cfpan.shtml

*Short Abstract*

We invite papers examining the mediators of the tourism contact zone,
especially tour guides. What are the problems and complexities of this
position as staged, played out and (mis/auto)represented by the tour guide?
How are they shaped by power relations and new technologies of
representation?

*Long Abstract*

Besides serving as a major generator of revenue in the world economy and as
a source of income for local and indigenous communities, tourism has become
a venue for significant intercultural contact. Such contacts have often
served to perpetuate power relations inherent in colonialism and
Orientalist understandings, but they may also establish relations of
intimacy, respect and mutuality. This panel examines the mediators of these
spaces, specifically the tour guide.

What, then, is the position of tour guides in this process? How do they
foster or stage this engagement? As cultural mediators, cosmopolitans,
leaders, father figures and pathfinders, the tour guide negotiates a
complex terrain of physical mobility and virtual and existential
imagination. How do they overcome the economic, psychological, social or
linguistic disjuncts between guest and hosts? How do their performances
negotiate the economic and political interests of states, tour operators,
and the guides themselves? How do recent developments in technologies and
techniques of representation – from simple ‘schtick’ and microphone use to
sophisticated use of electronic media, from company branding to indigenous
self-advertising – play out in the contact zone? And what is the impact of
the tour guide’s actions and (auto-)representations on the visitor, the
visited and themselves? The anthropological shift in conceptualizing the
tourism encounter from one of host and guest to a focus on the mediators of
tourism develops our understanding of the tourism frontier area. This panel
welcomes further scrutiny, be it structural, visual and technological,
reflexive, legal and political, sociocultural, economic or sensual.