Monthly Archives: May 2016

Publication: Gradhiva n° 23 Collections mixtes

Le n° 23 de la revue Gradhiva, consacré aux collections mixtes, vient de paraître.

Voir présentation du dossier et sommaire ci-dessous, ou pdf ci-joint.

Collections mixtes

À partir de la fin du 18ème siècle, la démocratisation et la spécialisation croissante des musées ont signé la fin des cabinets de curiosité. Conjointement au développement des institutions muséales, les sciences naturelles puis les sciences sociales se sont disciplinarisées et professionnalisées. L’influence des premières sur les secondes est bien connue : le modèle naturaliste fournit en effet plusieurs paradigmes ou notions (collecte, inventaire, typologie, nomenclature) aux chercheurs en sciences sociales. L’existence de collections mixtes, regroupant à la fois des objets de la nature et des artefacts, a moins retenu l’attention. Ce dossier propose donc d’interroger les pratiques de collecte, de collection et de mise en exposition à la rencontre entre le domaine des sciences naturelles et celui des sciences sociales (archéologie, ethnologie, histoire, histoire de l’art). En focalisant sur les espaces de connexion entre collections naturalistes et collections ethnographiques, archéologiques ou artistiques, il s’agit de décrire les brouillages ontologiques, les emprunts méthodologiques et les conséquences épistémologiques de ces collectes et collections mixtes. Poser la question des pratiques plutôt que celle des modèles permet d’analyser les affinités ou les interférences à l’ œuvre sur le terrain des collectes, dans le fonctionnement des musées et dans l’ intimité des collections privées. Ce dossier propose une perspective interdisciplinaire sur les collectes et collections mixtes, en privilégiant les approches historiques et anthropologiques.

Gradhiva n°23 Collections mixtes

In memoriam. Monsieur Fabre n’est jamais là

Giordana Charuty, Michèle Coquet et Jean Jamin

DOSSIER

Coordonné par Julien Bondaz, Nélia Dias et Dominique Jarrassé

Collectionner par-delà nature et culture

Julien Bondaz, Nélia Dias et Dominique Jarrassé

Coquille et médailles. Naturalia et artificialia dans les

collections de province autour de la Révolution

Pierre-Yves Lacour

Insectes, armes et parures. Les enjeux de la collection d’Achille Raffray (Nouvelle Guinée, 1877)

Philippe Peltier

Discipliner la science de l’homme. Les collections suisses d’outre-mer (1890-1940)

Serge Reubi

Art nouveau ou art congolais à Tervuren? Le musée colonial comme synthèse des arts

Dominique Jarrassé

Les collections d’art contemporain à l’épreuve du vivant à travers quelques cas remarquables

Cyrille Bret

Ramasser le monde. Ce que les oeuvres de la nature et de la culture font aux collectionneurs contemporains

Brigitte Derlon et Monique Jeudy-Ballini

études et essais

Genèses de La Fin du monde d’Ernesto De Martino

Carlo Ginzburg

note de lecture

Leiris, singulier pluriel

Éléonore Devevey

chronique scientifique

comptes rendus

Gradhiva en ligne : http://gradhiva.revues.org

20 euros, en librairie ou sur http://www.librairie-epona.fr

 

PhD funding : Les nouveaux enjeux du patrimoine culturel religieux – approche juridique

Sujet de contrat doctoral – Faculté de droit, Université de Strasbourg

L’équipe Droits et religions de l’UMR DRES-Droit, Religion, Entreprise et Société a déposé un sujet de thèse dans le cadre de la procédure 2016 d’attribution des contrats doctoraux de l’école doctorale 101 de la Faculté de droit de l’Université de Strasbourg.

Titre : Les nouveaux enjeux du patrimoine culturel religieux : approche juridique

Le patrimoine culturel religieux connaît un régime juridique composite, qui conjugue le statut de biens publics affectés légalement au culte et celui de monuments historiques, permettant ainsi une protection matérielle étendue. Suivant en cela les transformations propres au patrimoine culturel dans son ensemble, l’on constate qu’à l’exigence initiale de conservation des monuments historiques s’est ajoutée une autre préoccupation, celle de transmettre un patrimoine à travers sa mise en valeur auprès du public, qui revêt de multiples formes. Cette mise en valeur donne lieu à un phénomène de double usage, religieux et culturel, des édifices du culte monuments historiques.
Pendant de nombreuses années, l’enjeu a consisté – et consiste toujours – à concilier la double vocation de ces édifices et à prévenir les tensions entre usages religieux et culturels. Une solution a lentement émergé en droit pour être consacrée par la loi en 2006, interrogeant le principe de l’affectation cultuelle exclusive de tout autre usage. Or, l’affectation cultuelle constitue la principale singularité du régime juridique du patrimoine culturel religieux. La question se pose alors de savoir si elle suffit encore à le caractériser. La perspective se dessine aussi d’observer une éventuelle plus grande coïncidence entre ce régime juridique et la réalité d’un patrimoine religieux pluriel.
Ce sujet de thèse invite en conséquence à revisiter la figure centrale du régime juridique du patrimoine religieux qu’est l’affectation cultuelle. Il s’agit de mettre au jour les conséquences de la fin de l’affectation cultuelle exclusive afin d’apprécier ce que recouvre exactement, en droit, le caractère religieux des biens qui composent encore aujourd’hui une part significative et surtout emblématique du patrimoine culturel. Interroger les limites de l’affectation cultuelle conduit par conséquent à s’intéresser à d’autres éléments du patrimoine culturel religieux comme les biens des communautés religieuses afin de déterminer si et dans quelle mesure cette pluralité du patrimoine culturel religieux se reflète désormais en droit.

Directeur de thèse : Anne Fornerod, Chargée de recherche au CNRS, HDR.

► Candidature

Le/la candidat(e) doit dans un premier temps prendre contact avec le directeur de thèse (Contact).

La candidature à un contrat doctoral est ensuite évaluée par l’unité de recherche avant présentation du dossier à l’école doctorale (semaine du 4 juillet 2016).

Remise du dossier de candidature au contrat doctoral par voie électronique au plus tard le 16 août 2016 à midi au secrétariat de l’ED 101 (M. Stéphane COLY : coly@unistra.fr).

Pour plus de renseignements, consulter le site de l’ED 101 : http://ed.droit.unistra.fr/1ere-inscription-en-doctorat/financer-sa-these/

Informations administratives

Établissement gestionnaire, Inscriptions
Université de Strasbourg

Rattachement
École Doctorale Faculté de droit (ED 101)
Laboratoire
UMR DRES – Droit, Religion, Entreprise et Société (UMR 7354, CNRS/Université de Strasbourg)
Equipe Droits et religions

► Durée de l’allocation doctorale de recherche : octobre 2016 – septembre 2019

► Profil du/de la candidat(e)

  • Master 2 en droit
  • Solides bases en droit public et en particulier en droit administratif
  • Intérêt pour le droit du patrimoine culturel et/ ou la thématique de l’encadrement juridique du fait religieux.

CFP: “Le moment du patrimoine ethnologique” – date limite : 15 juin

Appel à communication
Le moment du patrimoine ethnologique

Colloque international
organisé par le Centre Georges Chevrier et l’Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (Lahic)

MSH de Dijon
6, 7, 8 décembre 2016

À donner du crédit à l’hypothèse, formulée par Daniel Fabre (2013), selon laquelle, à partir des années 1960, sous l’impulsion du ministère des Affaires culturelles d’André Malraux, la société française serait entrée dans un « âge du patrimoine », on serait fondé à penser que l’invention du patrimoine ethnologique en a été un moment à la fois éclairant et singulier, à la fois le point d’orgue et le moment ultime. Éclairant parce qu’il aurait été la pleine expression de cet âge : prenant le pas sur le monument, le patrimoine devenait culturel puis immatériel, et étendait au peuple et à ses œuvres le périmètre de ce qui doit être distingué, au nom de la nation en même temps qu’à celui de la connaissance savante. Singulier car il introduisait cependant une note dissonante dans le cours réglé de la « raison patrimoniale » en accompagnant sinon en orchestrant un certain débordement des institutions, la « démocratisation » de la cause patrimoniale – voire sa déclinaison démocratique –, sa diffusion et sa saisie dans les mondes sociaux. En somme, le patrimoine ethnologique serait au cœur de l’ambivalence même de l’âge du patrimoine – d’ailleurs parfois indexé sur la thèse présentiste (Hartog 2003) – où l’expérience du passé se confond avec celle de la culture et devient non seulement une affaire de tous, dans laquelle tout un chacun peut faire valoir ce qu’il a et ce qu’il est, mais un argument significatif de « développement », maître-mot performatif du local au national dont l’usage se répand au même moment. Et ainsi, il aurait été le ferment de la formation d’un « espace public » du patrimoine dont l’extraordinaire sinon monstrueux déploiement aujourd’hui dans les mondes académiques, associatifs, administratifs, politiques, économiques, etc., ne connaît guère de limites. C’est cette position singulière du patrimoine ethnologique et de sa politique que nous souhaiterions interroger avec ce colloque qui prolonge un séminaire tenu en 2010-2011, (« L’instauration du patrimoine ethnologique. Projet scientifique, catégorie d’action publique et instrument de gouvernementalité : retour sur une expérience française », IIAC-LAHIC, Paris), et en constitue l’aboutissement.

Instrument de l’action publique – celle-ci étant confiée à un service de l’État, la Mission du patrimoine ethnologique (MPE), service qui a figuré dans l’organigramme du ministère de la Culture de 1980 à 2010 – mais aussi notion théorique, la catégorie de patrimoine ethnologique, a été constituée à un point de rencontre opportun relevant de l’intéressement réciproque entre science et administration. S’agissant de la science, à la fin des années 1970, la question à l’ordre du jour est la constitution disciplinaire d’une « ethnologie de la France ». Son objet, le « proche », est au cœur de débats interrogeant sa légitimité scientifique, quand elle est en même temps confrontée à la création de lieux académiques propres, dans les établissements d’enseignement supérieur comme dans ceux de recherche. À l’œuvre dans des institutions muséales (Musée national des arts et traditions populaires et autres), elle reste contrainte par la matérialité de l’objet de musée et soumise aux motifs du témoin et de l’urgence, de la typologie et de la série. Quant à l’administration, en forme de politique publique placée sous l’égide de la direction du Patrimoine du ministère, il s’agit de réguler – dans leurs dimensions régionalistes mais pas uniquement – des activités patrimoniales désignées comme amateures qui alors foisonnent et sont souvent liées à des mouvements de contestation du centralisme étatique.

Considérer la MPE comme ensemble pratique (Foucault 2004) de régulation des activités patrimoniales suppose de s’intéresser aux particularités de sa configuration. Trois traits méritent d’être soulignés. Premièrement, une indécision de positionnement technique et politique, au profit d’une fonction de financement de la recherche, qui aura pour effet à terme d’interroger sa place et son avenir au sein du ministère de la Culture. En effet, contrairement à d’autres missions ou départements ministériels – par exemple le Département des Études et de la Prospective du ministère de la Culture, la Mission Recherche (MIRE) du ministère des Affaires sociales ou la Mission recherche au ministère de la Justice (Bezes, Chauvière et Chevallier 2005) –, il ne lui est pas originellement attribué un rôle de prospective ou d’évaluation de l’action publique. La MPE n’est pas non plus portée par une conception de l’ethnologie comme science camérale ou engagée dans un processus de mobilisation de la discipline pour participer à la planification de l’action publique comme ce fût le cas des sciences sociales dans une visée d’efficacité des politiques culturelles publiques, dans les premières années d’existence du ministère de la Culture et des politiques de planification.

Deuxièmement, une absence de point d’appui législatif, à la différence d’autres politiques patrimoniales (concernant les monuments historiques ou l’archéologie). De ce point de vue, le dispositif, institutionnalisant une volonté de contrôle, paraît relever d’une gouvernementalité pastorale procédant au guidage des pratiques patrimoniales (Barbe 2013).

Troisièmement, une modulation des actions selon les niveaux administratifs et moments politiques. En effet, un partage de « l’action patrimoniale » (Barbe 2003), de ses modalités et de la recherche s’est peu à peu opéré. Les « correspondants régionaux » dans les DRAC (d’abord dénommés « conseillers sectoriels à l’ethnologie »), dont la MPE s’est dotée dès sa création –mouvement cependant jamais achevé –, ont noué leurs pratiques aux préoccupations relatives à l’action culturelle, au développement, à des questions politiques, aux « territoires » – ce qui a entraîné une dilution de la référence disciplinaire initiale et pu produire une prise de distance avec la fameuse chaîne patrimoniale « désigner, classifier, conserver, restaurer, publiciser », voire conduire à régler une « ethnologie d’intervention » (Rautenberg 2003). Si un nouage recherche-action culturelle a pu être tenté depuis le niveau central à l’occasion de changements politiques (comme après 1981 avec l’introduction d’acteurs culturels au sein du conseil du patrimoine ethnologique) ou de configurations particulières (les groupements d’intérêt ethnologique puis les ethnopôles), sa portée heuristique et politique semble être restée marginale. La MPE s’est au final heurtée à la contestation de la pertinence du financement de la  recherche dans une perspective qui paraissait trop généraliste au regard des missions du ministère de la Culture. Aujourd’hui, cette politique s’est doublement recomposée : d’une part dans une politique du patrimoine culturel immatériel (PCI) – dont l’objectivation redouble l’opposition entre action culturelle et posture documentaire d’inventaire –, d’autre part dans une ethnologie resserrée sur le patrimoine, en lien parfois avec d’autres services patrimoniaux de l’État.

Ces points constituent autant de pistes à explorer et pourront faire l’objet de communications, qu’elles relèvent spécifiquement d’une approche institutionnelle ou qu’elles proposent plus généralement de contribuer à une mise en perspective de la notion de patrimoine ethnologique. Ils sont redistribués autour des thèmes suivants :

1) Intéressement réciproque et dispositifs de gouvernement : les liens du savoir et du pouvoir. Si la MPE apparaît comme liée à un mode de gouvernement ou à l’usage du patrimoine pour gouverner (Brossat 2008), comment les dispositifs de savoir et de pouvoir se règlent-ils dans d’autres domaines de l’intervention de l’État ou d’autres échelons des politiques culturelles (régions, départements, etc.) ? Prise autrement, du point de vue du chercheur, la question pourrait être celle des politiques de l’intellectualité et de ses visées et des relations entretenues pour les atteindre.

2) Le moment du patrimoine ethnologique comme écho au « moment de l’ethnologie de la France ». Le moment sera entendu ici dans un sens relationnel c’est à dire tout à la fois comme s’insérant dans une succession temporelle (et donc connecté à d’autres moments), et fait de relations entretenues entre des postures singulières qui tournent autour d’un problème précis et possèdent une certaine unité (Worms 2009). Quelle serait la communauté de problème entre le patrimoine ethnologique et l’ethnologie de la France ? Quelle en serait la spécificité ? Ces deux moments (du patrimoine ethnologique et de l’ethnologie de la France) n’en font-ils qu’un ou bien se distinguent-ils, par les travaux conduits, les chercheurs engagés, les postures revendiquées… ?

3) Une recherche impliquée ? Même si l’objectivisme scientiste et le principe de neutralité axiologique sont encore largement revendiqués, l’idée d’une « science impliquée » visant le partage des savoirs et la mise en discussion de l’autorité scientifique bénéficie aujourd’hui d’un certain crédit (Coutellec 2015). Dès le début des années 1990, la MPE a été le lieu d’une réflexion, certes peu publicisée, sur l’implication du chercheur – en l’occurrence le conseiller à l’ethnologie – dans des processus partagés de connaissance et de valorisation d’éléments culturels, réflexion qui s’est traduite dans un tournant réflexif (Tornatore 2004), préfigurant dans une certaine mesure le « tournant participatif » que connaît le patrimoine aujourd’hui dans le cadre d’un « effet-PCI ». On s’interrogera sur cette contribution épistémologique : sa singularité au regard du domaine d’intervention (le secteur culturel), son positionnement au sein de l’ethno-anthropologie contemporaine et par rapport à d’autres courants apparentés : sociologie publique, intervention sociologique, recherche collaborative…

4) L’expertise, entre science ethnologique et initiatives citoyennes. Dans la veine de la recherche impliquée, un des effets de l’institution-MPE a été de promouvoir l’ethnologue en expert et d’instrumenter la connaissance ethnologique en savoir d’expertise. En même temps, elle l’a mis en position d’accompagner le « tournant patrimonial » (Voisenat 2016) en favorisant la constitution de forums hybrides, des espaces de co-construction de la valeur patrimoniale, voire en attribuant au patrimoine (au motif patrimonial) une capacité d’objet-frontière. Les modalités de cet accompagnement sont sans doute à éclaircir – eu égard à la visée de contrôle de l’État –, mais l’agent-ethnologue de la MPE est confronté à des expertises et modes de connaissance non référés au monde académique. Il y aura lieu d’explorer ce déplacement de la connaissance à l’expertise ethnologique et la manière dont il a été reçu autant au sein de la discipline que par les acteurs dits « ordinaires ». En outre, il serait opportun de considérer dans quelle mesure ce processus trouverait des prolongements et une forme d’aboutissement dans les phénomènes actuels de patrimonialisation « citoyenne » : en ce sens, la MPE aurait-elle, au fil de ses actions en trente ans d’existence, contribué à la légitimation ou à la reconnaissance de formes populaires de la culture ?

5) Entre pays, régions et nation : les échelles du patrimoine ethnologique. Par échelles du patrimoine ethnologique, il faut entendre, dans une position réflexive, le rapport entre le choix du niveau pertinent et celui du lieu d’où l’on parle avec ce qu’il produit s’agissant du phénomène à analyser (Lepetit 1999). La mise en perspective du dispositif MPE et de sa singularité passera par le regard porté depuis des analyses de chercheurs étrangers – tel Herman Lebovics (2005) – ainsi que par la convocation, dans une visée comparative, des expériences étrangères de désignation, de traitement, de théorisation et de politisation du « patrimoine ethnologique ». Mais il faut aussi comprendre les échelles de mise en œuvre pratique de la catégorie de patrimoine ethnologique dans l’action publique à différents niveaux d’organisation territoriale et politique. Cela vaut tant pour les tentatives de son introduction dans les instances de désignation mises en place par l’État (Commission supérieure des monuments historiques ou COREPHAE par exemple), dans le différentiel de sa mise en œuvre entre la « centrale » et les DRAC ou de son emploi dans des politiques associatives, départementales ou régionales. Comment est-elle dans ces différents cas configurée ? Que et qui met elle en branle ?

6) Musique, danse, conte, théâtre… patrimoine ethnologique et création. Surfant sur la vague régionaliste des années 1970, la MPE a entretenu une relation ambivalente avec les formes de la créativité populaire. D’un côté, puisque le patrimoine ethnologique tendait à se confondre avec l’ethnologie de la France, il s’agissait de se départir d’une approche objectale et folklorisante ; de l’autre cependant, par la dynamique impulsée, légitimant l’ethnographie des lieux, des pays, des territoires, comme par le travail particulièrement mené en région, de transgression des frontières concourant à identifier l’action ethnologique à une action culturelle, la MPE a pu favoriser le renouveau de formes expressives populaires, du moins l’essor d’une créativité se nourrissant et mettant en valeur ces formes expressives : musique, danse, conte, théâtre… Il y aura lieu d’interroger, à la lumière de cette hypothèse, les phénomènes de renouveau du conte, de valorisation des musiques populaires souvent accompagnée par une ethnomusicologie dépoussiérée, de développement de la pratique des bals populaires, de revitalisation de fêtes, de maintien d’expression en langues régionales, ou encore d’invention d’un théâtre d’intervention ou de rue à visée transgressive sinon revendicative.

7) Après le patrimoine ethnologique. En 2004, la Mission du patrimoine ethnologique devient « Mission à l’ethnologie » avant de se fondre, dans le cadre de la « Révision générale des politiques publiques » (2007-2012) menée sous la présidence de N. Sarkozy, dans un Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique (DPRPS). De quoi l’absence de référents patrimonial puis disciplinaire, ou les termes de pilotage et de politique sont-ils le/les nom(s) ?  L’ethnologie du patrimoine n’est-elle qu’une ethnologie déployée au sein d’une direction ministérielle sans efficacité pratique ou contrairement au patrimoine ethnologique a-t-elle une portée en matière d’action publique – par exemple en termes d’infléchissement ou bien de traduction juridique ? Autrement dit, le changement est-il de posture et/ou d’action et quelle serait alors sa singularité au sein de l’appareil de l’État-culture ? Le DPRPS déploie par ailleurs une politique en matière de PCI, en tant que chargé de mettre en œuvre la convention unesquienne ratifiée par la France en 2006. On pourra mettre en contraste les deux catégories patrimoniales, la française et l’internationale, patrimoine ethnologique et patrimoine culturel immatériel, en apprécier les continuités et les ruptures (Tornatore 2011). On s’interrogera sur les formes prises par l’immatérialité culturelle, comme sur celles de leurs modalités d’objectivation en fiches d’inventaires ou en candidatures à l’inscription sur l’une des listes de l’UNESCO, et leurs portées tant scientifique que politique.

L’ambition de ce colloque est de produire une anthropologie du moment du patrimoine ethnologique. Le mot ne doit pas être compris dans une optique étroitement disciplinaire mais dans le sens, philosophique, d’une compréhension totalisante du phénomène. Aussi sont bienvenues les approches et mises en perspectives depuis diverses disciplines des sciences humaines et sociales comme depuis diverses expériences, qu’elles soient affiliées ou non au monde académique.

Références bibliographiques

Barbe, Noël, 2003, « Actions patrimoniales », Les Nouvelles de l’Archéologie, n° 93, p. 5-7.

Barbe, Noël, 2013, « Isac Chiva, ethnologie et politique patrimoniale », Terrain, n° 60, pp. 148-163.

Bezes, Philippe, Michel Chauvière, Jacques Chevallier et al. (dir.), 2005, L’État à l’épreuve des sciences sociales. La fonction recherche dans les administrations sous la Ve République, Paris, La Découverte.

Brossat, Alain, 2008, Le Grand Dégoût culturel, Paris, Seuil.

Coutellec, Léo, 2015, La science au pluriel. Essai d’épistémologie pour les sciences impliquées, Versailles, Éditions Quae.

Fabre, Daniel, 2013, « Le patrimoine porté par l’émotion », in D. Fabre (dir.), Émotions patrimoniales, Paris, MSH, p. 13-98.

Foucault, Michel, 2004, Sécurité, territoire, population. Cours au Collège de France, 1977-1978, Paris, Seuil/Gallimard.

Hartog, François, 2003, Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Le Seuil.

Lebovics Herman, 2005, « On the Origins of the Mission du patrimoine ethnologique », Ethnologies comparées, n° 8  [en ligne]. http://alor.univ-montp3.fr/cerce/revue.htm

Lepetit, Bernard, 1999, Carnet de croquis. Sur la connaissance historique, Paris, Albin Michel.

Rautenberg, Michel, 2003, « L’intervention ethnologique. Témoignage et éléments de réflexion sur les relations entre recherche et action culturelle dans une direction régionale des affaires culturelles », in P. Poirrier et L. Vadelorge, Pour une histoire des politiques du patrimoine, Paris, Comité d’histoire du ministère de la culture, MSH, p. 269-289.

Tornatore, Jean-Louis, 2004, « La difficile politisation du patrimoine ethnologique », Terrain, n° 42, p. 149-160.

Tornatore, Jean-Louis, 2011, « Du patrimoine ethnologique au patrimoine culturel immatériel : suivre la voie politique de l’immatérialité culturelle », in Chiara Bortolotto (dir.), Le patrimoine culturel immatériel. Enjeux d’une nouvelle catégorie, Paris, Éditions de la MSH, p. 213-232.

Voisenat, Claudie, 2016 (à paraître), « Le tournant patrimonial », in Christian Hottin et Claudie Voisenat (dir.), Le moment patrimonial. Mutations contemporaines des métiers du patrimoine, Paris, Éditions de la MSH, à paraître en septembre 2016.

Worms, Frédéric,  La philosophie en France au XXe siècle. Moments, Paris, Gallimard 2009.

Pilotage :

Noël Barbe, Cnrs, IIAC-LAHIC et Drac de Bourgogne-Franche-Comté

Jean-Louis Tornatore, Université de Bourgogne-Franche-Comté, Centre Georges Chevrier

Comité scientifique :

Nicolas Adell, Université de Toulouse – Jean Jaurès, LISST-Centre d’anthropologie sociale

Chiara Bortolotto, IIAC-LAHIC

Jacques Cheyronnaud, Cnrs, Centre Norbert Elias

Gaetano Ciarcia, Université Paul Valery, Montpellier

Aurélie  Dumain, Ethnopôle Réinventer les musées populaires (Haute-Saône), Centre Max Weber-POCO Lyon

Ellen Hertz, Université de Neuchâtel, Suisse.

Christian Hottin, direction générale des patrimoines, Ministère de la culture.

Olivier Lazzarotti, Université de Picardie-Jules-Verne, Équipe « Habiter le monde »
Gérard Lenclud, Directeur de recherche honoraire au CNRS, LAS

Véronique Moulinié, CNRS, IIAC-LAHIC

Philippe Poirrier, Université de Bourgogne-Franche-Comté, Centre Georges Chevrier

Michel Rautenberg, Université Jean-Monnet, Saint-Etienne, Centre Max Weber

Sylvie Sagnes, Cnrs, IIAC-LAHIC

Claudie Voisenat, Cnrs/MCC, IIAC-LAHIC

Les propositions de communication (autour de 700 mots) sont à adresser conjointement à Noël Barbe (noel.barbe@cnrs.fr) et Jean-Louis Tornatore (jl.tornatore@free.fr) au plus tard le 15 juin 2016.

Seminar: Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie, Marseille, “The innovation of tradition: reflections on the ebb and flow of the tides of cultural heritage safeguard in Fiji”

Séminaire du CREDO
Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie

2015-2016
Actualité de la recherche en Océanie

Le séminaire a lieu le vendredi de 10h à 12h30 à Marseille,
Campus St Charles, Université d’Aix-Marseille, Espace Yves Mathieu, salle LSH 409

Pour vous y rendre
http://www.pacific-credo.fr/index.php?page=acces-au-site

27 mai 2016

Guido Carlo Pigliasco

“The innovation of tradition: reflections on the ebb and flow of the tides of cultural heritage safeguard in Fiji”

Abstract

My paper emerges mainly from a reflection about a couple of recent publications: At home and in the field: ethnographic encounters in Asia and the Pacific islands (S. Finney, M. Mostafanezhad, G. C. Pigliasco and F. Young, eds. Hawai‘i University Press 2015) and Tides of innovation: value, materiality, aesthetics (A. Paini and L. Gnecchi-Ruscone, eds. ANU Press, forthcoming).

The paper examines the relevance of anthropology to the articulation of the complexity of property relations in relation to cultural heritage policies acquiring a new social and political value in Fiji and in the Pacific Island region. Just a decade ago, traditional knowledge and expressions of culture were not regarded as proper concerns of intellectual property laws. Today, Fiji and other Pacific Island countries are seeking a model that will influence government decision making towards explicit guidelines to regulate intellectual property and the management of cultural heritage in the service of positive nation-building and the development of cultural and creative industries. Drawing upon long term fieldwork and applied work in the region, my research shows howiTaukei (ethnic Fijian) notions of material and immaterial possessions, and kinship relationships are challenging notions of “ownership” and relations of culture and power in Fiji and Oceania.

Biosketch

GUIDO CARLO PIGLIASCO is Adjunct Professor of anthropology at the University of Hawai‘i and a National Fellow of the Explorers Club, New York. He has practiced international law, has written ten documentary films on contemporary Oceania for the Italian television, published the ethnographic novel Paradisi inquieti, and directed The Sawau project (A ituvatuva ni vakadidike e Sawau) a multimedia digital storytelling and cultural mapping pilot supported by a grant from the Ministry of Fijian Affairs. His recent, co-edited book At home and in the field: ethnographic encounters in Asia and the Pacific islands examines the predicaments and politics of undisciplining ethnography in twenty-first century productions of knowledge, moral economies, ontologies, place, and temporalities. Combining academic with applied work, his current research and publications focus on Pacific Islanders’ rights in cultural heritage.

Workshop: Riflessioni, esperienze e confronti sul patrimonio culturale immateriale, Calgari, 30 maggio 2016

GIORNATA DI STUDI DEMOETNOANTROPOLOGICI
RIFLESSIONI, ESPERIENZE E CONFRONTI SUL PATRIMONIO CULTURALE IMMATERIALE
FESTE, MUSICHE, GIOCHI TRADIZIONALI
30 MAGGIO 2016
Facoltà di Studi Umanistici
via is mirrionis 1, Cagliari
Aula BacchisioMotzo
I: ANALISI E CONFRONTI SUI PROCESSI DI PATRIMONIALIZZAZIONE
Ore 10:00 – 13:00 Saluti del Direttore del Dipartimento di Storia, Beni Culturali e Territorio: Francesco Atzeni
Laurent Sébastien Fournier (Idemec – Aix-Marseille Université)
Patrimonializzazioni e inventari in Francia
Chiara Solinas (Università di Sassari)
I Candelieri di Sassari. Identità locale come patrimonio universale
Ignazio Macchiarella (Università di Cagliari)
Patrimonializzare l’efmero?
Alessandra Broccolini (Università “la Sapienza” – Simbdea)
Le politiche del patrimonio culturale immateriale in Italia tra comunità, mediazione e antropologia critica
Paolo Piquereddu (Icom Italia)
Beni immateriali e musei in Sardegna. Alcune esperienze
Discussant: Elisabeth Euvrard (Idemec – Aix-Marseille Université)
II: RIFLESSIONI ED ESPERIENZE RELATIVE AL PATRIMONIO CULTURALE IMMATERIALE
Ore 15.30 – 18.30
Giovanni Kezich – Antonella Mott (Museo degli Usi e Costumi della Gente Trentina)
Giovannin dell’Erpice alle porte dell’Unesco. La candidatura dell ‘Egerman Umzug di Tramin an der Weinstrasse
Claudia Sias (Università di Cagliari)
Raccontare e rappresentarsi. Breve ricognizione tra alcune feste della tradizione sarda attraverso l’occhio del portale Sardegna-visuale
Nando Cossu (Museo del giocatolo di Ales)
Il Museo del giocattolo di Ales
Paolo Sirena (Museo Sa Corona Arrubia)
La collezione di giocattoli tradizionali del Museo Sa Corona Arrubia
Francesca Tocco (Liceo Siotto di Cagliari)
Erasmus-Wegame. Dai giochi della tradizione all’educazione curricolare
Discussant: Felice Tiragallo (Università di Cagliari)

Publication: World Heritage on the Ground. Ethnographic Perspectives

World Heritage on the Ground. Ethnographic Perspectives

Edited by Christoph Brumann and David Berliner

Berghahn Books

336 pages, 16 illus., bibliog., index

The UNESCO World Heritage Convention of 1972 set the contemporary standard for cultural and natural conservation. Today, a place on the World Heritage List is much sought after for tourism promotion, development funding, and national prestige. Presenting case studies from across the globe, particularly from Africa and Asia, anthropologists with situated expertise in specific World Heritage sites explore the consequences of the World Heritage framework and the global spread of the UNESCO heritage regime. This book shows how local and national circumstances interact with the global institutional framework in complex and unexpected ways. Often, the communities around World Heritage sites are constrained by these heritage regimes rather than empowered by them.

Christoph Brumann is Head of the Urban Anthropology Research Group at the Max Planck Institute for Social Anthropology in Halle, Germany, and Honorary Professor of Anthropology at Martin Luther University Halle-Wittenberg.

David Berliner is Associate Professor of Anthropology at the Université libre de Bruxelles, Belgium


Contents

List of Illustrations

Introduction: UNESCO World Heritage – Grounded?
Christoph Brumann and David Berliner

PART I: CITIES

Chapter 1. Affects and Senses in a World Heritage Site: People–House Relations in the Medina of Fez
Manon Istasse

Chapter 2. ‘UNESCO is What?’ World Heritage, Militant Islam and the Search for a Common Humanity in Mali
Charlotte Joy

Chapter 3. Heritage-making in Lijiang: Governance, Reconstruction and Local Naxi Life
Yujie Zhu

Chapter 4. Multiple Nostalgias: The Fabric of Heritage in Luang Prabang (Lao PDR)
David Berliner

PART II: ARCHAEOLOGICAL SITES

Chapter 5. Thinking Globally and Acting Locally in the Angkor World Heritage Site
Keiko Miura

Chapter 6. One List, a World of Difference? The Dynamics of Global Heritage at Two Neighbouring Properties
Noel B. Salazar

Chapter 7. Civilization and the Transformation of Xiaotun Village at Yin Xu Archaeological Site, China
Shu-Li Wang

Chapter 8. The Business of Wonder: Public Meets Private at the World Heritage Site of Chichén Itzá
Lisa Breglia

PART III: CULTURAL LANDSCAPES

Chapter 9. Decolonizing the Site: The Problems and Pragmatics of World Heritage in Italy, Libya and Tanzania
Jasper Chalcraft

Chapter 10. The Values of Exchange and the Issue of Control: Living with (World) Heritage in Osogbo, Nigeria
Peter Probst

Chapter 11. Mapungubwe Cultural Landscape: Extractive Economies and Endangerment on South Africa’s Borders
Lynn Meskell

CODA

Conclusion: Imagining the Ground from Afar: Why the Sites are so Remote in World Heritage Committee Sessions
Christoph Brumann

Fwd: Seminar: Passeurs de Mémoire/3 – Musée de l’Histoire de l’Immigration – Paris, 25 mai

Les Mercredis du film ethnographique
Cycle L’AUTRE et LE SACRE
PASSEURS DE MEMOIRE / 3
Esclavage, abolitions, commémorations
Mercredi 25 mai 2016 à 19h
Projection du film “Mémoire promise” (Bénin, 2014)
Gaetano Ciarcia, Jean-Christophe Monferran, 76′
Auditorium Philippe Dewitte
Au Musée de l’Histoire de l’Immigration – Palais de la Porte Dorée
293 avenue Daumesnil – 75012 Paris

Workshop: La Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel Dix ans après, quel bilan ?

La Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Dix ans après, quel bilan ?

Adoptée en 2003, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, n’est entrée en vigueur qu’en 2006, après que trente États l’aient ratifiée.

Dix ans après, quel bilan dresser de l’impact de cette convention ? A-t-elle atteint tout ou partie des objectifs qu’elle s’était fixés ?

Le fonctionnement de la Convention, ses organes, les listes représentative et de sauvegarde, le registre des meilleures pratiques, les inventaires, le rôle des États, des individus, des communautés, les actions de sensibilisation, d’éducation et de renforcement des capacités, feront partie, entre autres, des sujets abordés lors de la table-ronde du dimanche 29 mai 2016.

La table ronde, animée par M. Jean-Louis Tornatore, anthropologue et professeur à l’université de Bourgogne et à laquelle participera M. Timothy Curtis le nouveau Chef de la Section du Patrimoine culturel immatériel à l’Unesco et Secrétaire de la Convention, réunira des personnalités qui, à des titres divers, ont participé à l’élaboration de la Convention et l’ont suivie depuis.

Par ordre alphabétique :

Mme Noriko Aikawa-Faure, ancienne Directrice/Chef de l’Unité du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco, a développé ce programme depuis sa création en 1992 et suivi tout le processus qui a conduit à la création de la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel. Elle a été  ensuite Professeure invitée à l’Institut National des Etudes Politiques (GRIPS) à Tokyo et elle est actuellement conseillère pour le PCI auprès de l’Agence des Affaires culturelles du Gouvernement du Japon.

Mme Cécile Duvelle, anthropologue, a été, de 2008 à 2015 Chef de la Section du Patrimoine culturel immatériel à l’Unesco et Secrétaire de la Convention

Marc Jacobs, historien et ethnologue. Directeur de FARO. Interface flamand du patrimoine culturel et professeur à la Vrije Universiteit Brussel, chair UNESCO pour les études critiques du patrimoine et la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (Bruxelles, Belgique).

Chérif Khaznadar, président de la Maison des cultures du monde/Centre français du patrimoine culturel immatériel, a suivi, en tant qu’expert et Président du comité culture de la Commission nationale française pour l’Unesco (de 1997 à 2014) le processus qui a conduit à la création de la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du PCI et participé à sa rédaction. Il a été Président de la 2ème Assemblée générale des États parties à la Convention (2008– 2010) .

Ahmed Skounti, anthropologue, professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine à Rabat, a participé à la rédaction de la Convention du patrimoine culturel immatériel et représente le Maroc à ses organes depuis 2007. Il est membre de l’Organe d’évaluation du Comité intergouvernemental de la Convention de 2015 à 2017.

Rieks Smeets, ethnolinguiste, professeur des langues du Caucase à l’université de Leiden, a été de 2003 à 2008 Chef de la Section du Patrimoine culturel immatériel à l’Unesco et Secrétaire de la Convention pour la sauvegarde du PCI (de 2003 à 2008). Depuis 2008, il est consultant en PCI et politiques linguistiques.

 

Dimanche 29 mai 2016

De 16h à 18h

Théâtre de l’Alliance

101 Bd Raspail, Paris 6ème

 

Entrée libre

Seminar: Séminaire postdoctoral commun du Labex CAP, 2016. Création et transactions patrimoniales

Séminaire postdoctoral commun du Labex CAP 5

2016

Création et transactions patrimoniales

19 mai, 25 mai et 9 juin 2016

PROGRAMME

SEANCE 1 – Plateforme 1 : Création, patrimoine et politique

Jeudi 19 mai 2016, 14h-19h – Musée du Quai Branly, Paris 7ème – Salle de cours 2

« Politiser le culturel, et inversement : situations, performances et subjectivités »

Dans le cadre de la plateforme 1 : Création, patrimoine et politique

Org. Anne-Sophie Aguilar, Stéphanie Khoury et Julie Métais

Cette séance propose d’interroger l’articulation entre culture et politique au regard de contextes sociaux, politiques et historiques distincts, en France, au Cambodge et au Mexique. Elle permettra notamment de questionner d’éventuels régimes historiques de la politisation de l’art, de l’expression culturelle de la contestation, et d’en examiner les acteurs, les modalités et les moyens.

Une série de questionnements guidera nos discussions quant aux intrications complexes qui se jouent entre art et politique : et par exemple, comment appréhender les dimensions subjectives des expressions culturelles de la contestation ? Quels en sont les apports pour nourrir notre analyse du politique ? Comment penser ensemble ces dimensions subjectives, émotionnelles, et ce que nous pouvons saisir –  par l’ethnographie ou le travail sur archives – des performances publicisées ? Enfin, de quelle(s) manière(s) les normes – tant « officielles », « populaires », que contestataires – concernant l’art et le patrimoine circulent-elles, sont-elles diffusées, réappropriées, détournées ?

Nous apporterons des éclairages contrastés sur les modalités différenciées de l’activité de médiation politique des artistes, sur les appropriations distinctes des registres et des formes culturels et artistiques par le politique – et inversement. Attentives aux dimensions subjectives de ces processus, ce sont ainsi non seulement les déclinaisons en jeu de la dialectique privé / public qui nous intéressent, mais encore les outils dont nous disposons pour les appréhender.

 

14h15-14h45 : Introduction

14h45-15h45 : Anne-Sophie Aguilar, post-doctorante Labex CAP (INHA/CRAL) :
Comment penser les relations entre art et syndicalisme intellectuel dans la France de l’entre-deux-guerres ? Le cas de Frantz (1847-1935) et Francis (1876-1958) Jourdain.
Discutants : JulietteLavie,post-doctorante(HiCSA/MAM), Gwenn Riou, doctorant(UniversitéAix-Marseille/INHA)

15h45-16h45 : Julie Métais, post-doctorante Labex CAP (IIAC-LAHIC/musée du quai Branly) :
La Guelaguetza d’Oaxaca. Fenêtres ethnographiques sur les scènes ¬– et les coulisses – de la représentation ethnique au Mexique.
Discutante : Hélène Combes, chargée de recherche (Sciences-Po/CERI,CNRS)

16h45–17h15 : pause-café

17h15-18h15 : Stéphanie Khoury, post-doctorante Labex CAP (musée du quai Branly/IIAC) :
Entre rituel, patrimoine et création contemporaine, comment se reconfigure la place et le rôle de l’artiste de théâtre ‘classique’ en contexte d’après-guerre ? L’exemple du Cambodge.
Discutant : Véronique Bénéï, Directrice de recherche (IIAC, CNRS)

18h15-19h : table ronde.

 


 SEANCE 2 – Plateforme 4 : Expositions et création : pratiques sociales et expériences du musée »

Mercredi 25 Mai 2016, 14-19h – EHESS, salle Lombard, 96 bd Raspail, Paris 6ème

Org. Cécile Guillaume-Pey et Pénélope Patrix

Les espaces muséaux, qui peuvent être considérés comme des « zones de contact » plus ou moins asymétriques, jouent aujourd’hui un rôle crucial dans la mise en valeur de pratiques et d’objets considérés comme mineurs ou marginaux. Le processus de reconnaissance et de valorisation d’éléments choisis de la culture matérielle ou immatérielle s’accompagne d’une reconfiguration des savoirs et des discours qui leurs sont associés. Il s’agira donc de s’intéresser à la constitution de nouvelles connaissances, savoir-faire et expériences dans l’espace muséal, ainsi qu’aux récits – parfois contradictoires – qui légitiment leur exhibition. La patrimonialisation et l’« artification » engageant des acteurs multiples aux intérêts souvent divergents, on sera particulièrement attentifs aux stratégies discursives déployées par les uns et les autres et à leurs éventuelles dissonances quant à ce qui est jugé « authentique » et méritant d’être conservé et exposé, et ce qui est à l’inverse disqualifié et rejeté dans l’oubli. Outre les modalités de constructions mémorielles opérées par la mise en musée, on prendra en compte les éventuels remodelages « hors les murs » des pratiques que les institutions muséales entendent préserver et le reformatage des relations sociales, des hiérarchies et des valeurs qui leur sont associées.

14h-14h15 : Introduction

Session 1 (14h15 – 16h15) / Mise en musée d’objets et de performances rituelles de groupes tribaux de l’Inde (Adivasi)

14h15 : Alice Tilche, Leverhulme Early Career Fellow (London School of Economics and Political Sciences)
Arts of the everyday: curating the museum, the body, the home and the landscape. Reflections from the Adivasi Museum of Voice, Gujarat, India

15h : Cécile Guillaume-Pey, post-doctorante Labex CAP (IIAC / MQB)
From sacred groves to digital media. The construction of tribal art in three museums of Bhopal, Madhya Pradesh, India

15h45 : réponse et discussion

Discutante : Lidia Guzy, lecturer in Contemporary South Asian religions (School of Asian Studies, University College Cork)

16h15 – 16h30 : pause

Session 2 (16h30 – 18h30) / Patrimonialisation et muséification des musiques populaires au Portugal

16h30: Alcina Cortez, curatrice, doctorante à l’Universidade Nova de Lisboa (INET/MD)
Curating Popular Music Heritage: Reasoning on Making Museum Studies and Music Studies Know Each Other

17h15 : Pénélope Patrix, post-doctorante Labex CAP (CRAL / IIAC)
Exposer la chanson populaire : le cas du Musée du Fado de Lisbonne (Exhibiting popular song: a case study of the Museu do Fado in Lisbon)

18h : réponse et discussion

Discutant : Thierry Bonnot, chargé de recherche CNRS (IRIS, EHESS)

18h30 : synthèse

 


 

SEANCE 3 – Plateformes 2 et 3 : Représentations, transmission. Séries, copies, multiples/Numérique, art et archives : collaboration, outils et partage

« Questionner les ‘Processus’ »

Jeudi 9 juin 2016, 14h-19h – INHA, Salle Jullian

Org. José-Luis Besada Portas, Juliette Lavie et Élodie Voillot

La troisième séance de ce séminaire du Labex CAP considérera des objets aussi divers que la création musicale contemporaine, la mise en récit(s) de la photographie dans la seconde moitié du XXE siècle en France et la production de bronzes au XIXE siècle sous l’angle de leurs processus créatifs.
La notion de processus créatif a bénéficié ces dernières années d’un large engouement dans le domaine de sciences humaines, au point même de susciter la critique. En envisageant l’œuvre d’une manière dynamique et en offrant à l’étude une temporalité complexe, cette notion ouvre des champs d’interprétation plus larges à des objets déjà étudiés. Sa méthode permet de développer une démarche généticienne appliquée à « rebours », c’est-à-dire de retrouver l’origine de l’œuvre, l’idée première, et de décomposer le feuilleté d’expériences dont elle est constituée. Ou, au contraire, de suivre la création dans son « événement », de documenter ses aléas jusqu’à son achèvement, sa diffusion, sa réception. En suivant le fil de la réalisation de l’œuvre via ses processus de conception, c’est le « monde » de la création dans son ensemble que l’on considère, l’étude des œuvres dépasse leur unicité et leurs singularités pour s’ouvrir à leur dimension relationnelle.
Cette séance du séminaire du Labex CAP s’articule en trois sessions associant chercheurs et créateurs afin de mettre en perspective approches théoriques et créatrices dans les domaines de la photographie, de la musique et de la sculpture.

14h-14h20 Introduction
Daniel Ferrer (ITEM-CNRS)

14h30 Session 1 : Photographie 
Juliette Lavie (post-doctorante, HiCSA/MAM)
Quelles mises en récit(s) pour la photographie ?
Quels sont les ressorts d’écriture des photographes qui se proposent depuis 1945 de mettre en récit(s) la photographie ? Existe-t-il une « cuisine », un modus operandi de recettes et d’ingrédients qui renseigneraient sur la manière dont ces praticiens-historiens écrivent l’histoire de la photographie ? En interrogeant la notion de « processus », en détaillant les conditions d’écriture de cette catégorie d’auteurs qu’apprenons-nous des méthodes de travail et des étapes mises en œuvre pour écrire sur la photographie.

Invité : Daniel Challe, photographe, enseignant (École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne)
Pères primitifs
Photographe paysagiste, adepte de la chambre photographique, Daniel Challe évoquera le dialogue qu’il a instauré dans son travail avec les photographes du XIXème siècle. Il nouera des liens entre le travail d’écriture et de recherche qu’il a mené autour de ses « pères » et ses propres images.

Discussion

16h30Session 2 : Musique 
Invité : Hèctor Parra, Compositeur (Enseignant à l’IRCAM)
La science dans ma pensée compositionnelle
Hèctor Parra montrera l’impact de la science –notamment la physique et la biologie– dans ses pratiques compositionnelles. A cet égard, il évoquera ses principaux parallélismes structurelles et modèles pour la composition.

José L. Besada, Post-doctorant Labex CAP (IRCAM/CRAL)
Collaborations musique/science(s). Enjeux cognitifs
Maints compositeurs actuels trouvent leur inspiration dans un large éventail de modèles
scientifiques – plus ou moins formels, plus ou moins spéculatifs –, et les inscrivent dans une grande diversité de pratiques. Ces pratiques découlent parfois d’un processus de rétroaction entre l’artiste et un ou plusieurs collaborateurs. Quels sont les mécanismes cognitifs permettant un tel échange vers la création d’un objet sensible ?

Discussion

16h30-17h00 Pause

17h00Session 3 : Sculpture
Élodie Voillot (post-doctorante, INHA/BnF)
Le bronze en action : créer, recréer et interpréter les modèles
À l’instar des autres arts du multiple, la sculpture en bronze questionne le rapport entre la création d’un modèle et son exécution. La tension dans ce phénomène s’accrut significativement quand, au XIXe siècle, l’industrialisation des processus de fabrication et l’apparition d’un marché de l’édition éloignèrent encore plus la main du créateur de sa production. À travers l’étude de la conception, de la circulation, de même que de la transformation des modèles, nous interrogerons les notions d’originalité et d’authenticité telles qu’elles s’élaborent au XIXe siècle.

Invité : Julien Perrier (sculpteur, fondeur)

Discussion

18h00-18h20 : Conclusion et questions de synthèse
Jacques Theureau (IRCAM-CNRS)

Discussion

Seminar: Séminaire Doctorants du CRAL – Mardi 17 Mai -15h-19h : Séance Spéciale Musique et Patrimonialisations

Séminaire international des doctorants du CRAL (EHESS)

INTERNATIONAL CRAL GRADUATE STUDENT SEMINAR (EHESS)

Site: http://enseignements-2015.ehess.fr/2015/ue/1115/

Axe III. Musique et Patrimonialisations

Séance 12. Double séance Musique et Patrimonialisations

Mardi 17 Mai 2016 (15h-19h) – Salle M. & D. Lombard (96 Bd Raspail, 75006, Paris).

  • 15h-17h  :

IRINA KIRCHBERG (DPMQ/OICRM, Québec)

irinakirchberg@hotmail.fr

Superviseur de recherche : Michel DUCHESNEAU

ALEXANDRE ROBERT (Université Paris IV – Sorbonne/IReMUS)


alexandre.vpr@hotmail.fr

Directeurs de recherche : Hyacinthe RAVET et Danièle PISTONE

Manières alternatives de patrimonialiser des musiques dites populaires

D’En Languedoc au Final boss !

Cette présentation à deux voix se propose, à partir d’une perspective sociomusicologique, d’interroger certaines procédures concrètes des patrimonialisations musicales. À partir de quand peut-on parler de patrimonialisation musicale ? Qui patrimonialise et à partir de quelle position ? Quelles opérations concrètes – indissociablement matérielles et symboliques –, quels déplacements, quelles transformations conduisent à la mise en patrimoine d’un objet musical ? Quels sont les effets de la patrimonialisation sur les producteurs de patrimoine ?

Afin de répondre à ces questions, il s’agira pour nous de faire dialoguer deux recherches distinctes, consacrées à deux processus de patrimonialisation musicale bien différents à première vue. La première, consacrée à l’activité créatrice de Déodat de Séverac (1872-1921), se penche assez classiquement sur la façon dont un compositeur participe de l’invention « savante » d’une tradition en domestiquant un matériau musical « populaire » et « régional » pour le mettre en œuvre (littéralement). Immobilisant des chansons « traditionnelles » en les pliant à des procédés scripturaires, Séverac les constitue en objets de célébration esthétique d’une race méridionale. La seconde, plus inédite, observe la constitution d’un répertoire de musiques de jeux vidéo par un orchestre de musiciens amateurs réunis autour d’une nostalgie commune pour leur pratique de gamers. Perdant leur fonction d’accompagnement de l’action vidéoludique les morceaux de jeux « cultes » sont autonomisés et arrangés pour exister à travers une exécution en concert.  Ces musiciens-gamers  prennent appui sur ce répertoire pour affirmer leur identité collective.

Répondant – Discussant : CYRIL ISNART ( IDEMEC/CNRS)

 

  • 17h – 19h : Patrimoines musicaux et identités nationales

ISTVÁN G. NÉMETH (Université de Musique Ferenc Liszt, Budapest)

nmthgi@gmail.com

Directeur de recherche : Tibor TALLIÁN

L’examen du patrimoine d’une école de composition :

les œuvres d’un groupe de compositeurs transylvaniens (1958–1990)

Ma proposition est reliée à ma thèse de doctorat intitulée « L’influence de Béla Bartók sur les compositeurs transylvaniens », une historiographie de l’école de composition du Cluj/Kolozsvár, surtout celle de la génération des compositeurs née entre 1930 et 1939. Environ 30 compositeurs sont concernées : Boldizsár Csíky, Max Eisikovits, Gábor Jodál, Tiberiu Oláh, György Orbán, György Selmeczi, Péter Szegő, Ede Terényi, Sigismund Toduţă, Cornel Ţăranu, Péter Vermesy, Aladár Zoltán, etc.

Le statut spécial de ces compositeurs (pour la plupart issus de la minorité ethnique hongroise de la Roumanie) explique pourqui Bartók a eu une telle influence sur eux, mais aussi pourquoi seulement une fraction de leur travail est disponible en partitions publiées ou enregistrements commerciaux. Au cours des années de recherche archivistiques et des rencontres personnelles, je suis parvenu à constituer une collection de sources primaires. Disponible à l’Institut de musicologie, cette collection rend possible la recherche et l’analyse du patrimoine culturel fourni par les compositeurs transylvaniens.

Les sujets que je voudrais présenter au CRAL sont les suivants : a/ les modalités individuelles selon lesquelles ces compositeur ont « répondu » à la tradition du Bartók (compositions de type hommage à Bartók, citations et autres moyens stilistiques bartókiens employés) ; b/ l’inspiration de la musique folklorique utilisée d’une manière similaire à Bartók pas seulement dans les arrangements folkloriques ; c/ une comparaison avec la situation en Hongrie ; le cas spécial des « immigrés réputés » ou devenus internationalement connus  (Veress, Ligeti, Kurtág, Eötvös).

KATIA SOFIA HAKIM (Université Paris IV – Sorbonne/IReMUS)

ks.hakim@gmail.com

Directeurs de recherche : Jean-Pierre BARTOLI et Yvan NOMMICK

Manuel de Falla : de la sauvegarde du patrimoine ibérique

« Un musicien de qualité étouffe dans l’ambiance espagnole lorsqu’elle n’est pas rafraîchie

par quelque souffle européen »

À une époque où l’Espagne est à la mode depuis le XIXe siècle, dans le courant de l’orientalisme et de l’exotisme, Manuel de Falla ne cherche pas à composer « à l’espagnole» pour son public notamment français, mais à composer « en espagnol », pour reprendre la distinction qu’il fait lui-même en opposant George Bizet à Claude Debussy. Cette démarche répond au besoin d’une « renaissance » du patrimoine espagnol à un moment où les artistes de la péninsule prennent violemment conscience de la décadence politique et culturelle du pays avec la perte de ses dernières colonies en 1898. Ce processus de « création d’une identité nationale »  agit en Europe comme un puissant moteur d’inspiration pour les artistes et donne naissance à des œuvres d’une très grande originalité. Paradoxalement, cette « renaissance » nationale passe chez Falla par une forte conscience de l’Europe culturelle. Falla entretient des échanges enrichissants avec des compositeurs phares de l’esthétique « néoclassique » de renouvellement du langage musical, par opposition aux excès du wagnérisme et de l’impressionnisme, comme Igor Stravinsky, ou des membres du « Groupe des Six », tels que Georges Auric, Arthur Honegger, Darius Milhaud ou Francis Poulenc. Manuel de Falla est bien plus qu’un compositeur espagnol. Son œuvre est véritablement un reflet et un vecteur du patrimoine artistique européen de la première moitié du XXe siècle.

Répondant – Discussant : CYRIL ISNART ( IDEMEC/CNRS)