Category Archives: Seminar

Seminar: SAET L’espace au Musée (Chine

La prochaine séance du séminaire Anthropologie des espaces et des territoires
L’Asie orientale en perspective
 
aura lieu le
Lundi 15 Avril 2019
de 13h à 16h
Maison des Sciences humaines
Salle A07_37 (7ème étage)
54 bd Raspail 75006 Paris
 
Katiana Le Mentec
(Chercheuse en anthropologie au CNRS, UMR CCJ)
 
interviendra sur le sujet suivant :
 
Ethnographier un musée local.
Les représentations des espaces transformés et disparus
au musée de Yunyang (Chongqing, Chine)
 
Argumentaire introductif
En s’appuyant sur les résultats d’une enquête ethnographique portant sur le musée de Yunyang, ses fondateurs et ses visiteurs, cette communication abordera principalement trois thèmes. Une question de méthodologie d’abord : comment, en Chine contemporaine, peut-on ethnographier un espace public clôt tel un musée ouvert à tous gratuitement? Les deux autres thèmes examinés sont liés aux dispositifs de représentation de l’espace local mis en place dans les expositions d’une part et au travers de l’architecture d’autre part. 
Pour examiner les modes de représentations de l’espace mais aussi les interactions des visiteurs avec ces dispositifs lors de leur expérience muséale, le cas du musée de Yunyang, comté rural et montagneux, est particulièrement heuristique. Premier musée de l’histoire de Yunyang, il fut inaugurée en 2012 dans une ville nouvelle, déplacée dans son intégralité entre 1998 et 2004 à partir du site originel localisé 30 kilomètres en aval du Long Fleuve (Yangzi). La formation du réservoir du barrage des Trois Gorges (entre 2003 et 2009), à l’origine de ce déplacement, a impliqué une série de transformation de l’espace régional (topographie, paysage, chef-lieu, mais aussi de nombreux villes et villages) incluant l’immersion des bords du fleuve sur une altitude de près de cinquante mètres. Que ce soit sous la forme de plans, de cartes, de photographies intégrés aux expositions mais encore de motifs symboliques intégrés à l’architecture muséale, ce sont certaines manières d’envisager tant les lieux actuels que ceux précédent l’immersion des terres qui sont proposés dans cet espace public et donnés à voir aux visiteurs du musée, fréquenté principalement par des locaux. Nous verrons que, lors des visites, ces derniers peuvent ignorer certaines de ces représentations visuelles de l’espace, ou choisir d’en saisir certaines, en se les ré-appropriant.
Lien vers l’annonce : https://cecmc.hypotheses.org/52560
 

Lectures d’accompagnement pour la séance
:

John Carty, “Yiwarra Kuju, ou comment l’espace a été transformé en lieu au National Museum of Australia”, in Anthropologie et Sociétés, vol. 38, n° 3, 2014, p. 207-230.

Gérard Lenclud (1995) L’ethnologie et le paysage. Questions sans réponse”, in Voisenat [dir.] Paysage au pluriel, p2-17. accessible ici : https://books.openedition.org/editionsmsh/654

Katiana Le Mentec, « Barrage des Trois-Gorges : exposer le monde local après l’immersion. Genèse et programme du premier musée de Yunyang », Gradhiva [En ligne], 16 | 2012  accessible ici : https://journals.openedition.org/gradhiva/2469

Programme du séminaire pour la suite de l’année :

Lundi 20 mai (13h-16h, salle A07_37) – Alice Doublier : Naturaliser le patrimoine. Ressources, territoires et matériaux dans l’artisanat japonais contemporain.
Ce séminaire est organisé par Claire Vidal (Maîtresse de conférence à l’Université de Lyon 2), Mary Picone (Maîtresse de conférence à l’EHESS) et Katiana Le Mentec (chercheuse au CNRS)
Site de présentation du séminaire : https://enseignements-2018.ehess.fr/2018/ue/2785/
Contact : katianalementec(at)protonmail.com
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Seminar: Critical Heritage Studies. Épistémologie, réception, actualité 15 avril 2019

Prochaine séance du séminaire
Critical Heritage Studies. Épistémologies, réception et actualité (Europe, Asie, Monde)

Caroline Bodolec (CECMC-CCJ), Cyril Isnart (IDEMEC), Claudie Voisenat (IIAC-LAHIC)

lundi 15 avril 2019
13-16 heures

EHESS
54 bd Raspail
salle A07_51
75006 Paris

Patrimoine et communs

Jean-Louis Tornatore
Hériter, s’attacher, faire commun… un scénario contre-hégémonique du patrimoine

Marie Cornu
Genèse et présentation du Dictionnaire des biens communs, Paris, Puf, 2017.

Seminar: “Les objets et les choses en sciences sociales” au Musée du Quai Branly

La prochaine séance du séminaire “Les objets et les choses en sciences sociales : matérialités contemporaines, musées et patrimoines” aura lieu

Le mercredi 27 mars 2019 à 14 heures

Au musée du Quai Branly, sous-sol, salle 3.

Nous recevrons Claude Grin (EPHE-GSRL) qui présentera une communication intitulée : A la recherche de la planche à rêve kanak

Les cartels d’exposition nous conduisent parfois à nous questionner davantage qu’ils nous informent. Partant d’un énoncé particulièrement attractif « Planche de mezzanine à rêve divinatoire », cette communication retrace l’histoire, du début du 20ème siècle à nos jours, des conditions de collectes et de nominations de cet objet. Cette approche anthropologique permet de mettre en regard le passage de l’interprétation à visée classificatoire du statut des objets dans un processus de déshistorisation à celui d’une réappropriation dans une sacralisation contemporaine.

Thierry Bonnot, Christelle Patin et Bernard Müller

Seminar: Patrimoines et mémoires post-conflits

Une nouvelle séance du séminaire “Faire territoire, faire société” du laboratoire EVS (UMR 5600) aura lieu le 12 avril, de 9h à 12h30, 18 rue Chevreul, Lyon

autour du thème  Patrimoines et mémoires post-conflits.

Patrimoines et mémoires représentent des ressources possiblement politiques, géopolitiques, culturelles, économiques, symboliques et communicationnelles. C’est précisément la combinaison de ces liens étroits noués entre patrimoines, mémoires et territoires en situation de post conflit qui sera appréhendée dans cette séance de séminaire,  à travers plusieurs études de cas allant de l’Irlande du Nord au Liban, en passant par la Syrie, l’ex-Yougoslavie et Chypre. Quels sont plus particulièrement les significations et les enjeux de ces mises en mémoires et de ces patrimonialisations ?

La mémorialisation du conflit nord-irlandais dans l’Irlande du Nord post-conflit : quel rôle pour le musée national ?

Karine Bigand, MCF en Etudes irlandaises, Aix-Marseille Université, LERMA (EA 853)

Tourisme(s) post-conflit : patrimoines, mémoires et interprétation, le temps de la résilience

Zeid A. KASSOUHA, Chercheur associé, Université d’Avignon / UMR Espace Dev (228)

 

Mémoires et patrimoines post-conflits : le cas de la séparation chypriote.

Marie Pouillès, Doctorante en géographie, EVS (UMR 5600)

 

Patrimoine communautaire : enjeux de réconciliation au Liban ?

Racha ROYER, Doctorante en géographie, EVS (UMR 5600)

Seminar: Patrimoine & Patrimonialisation, 3, Patrimoine, Tourisme et Développement

3ème séance du séminaire Patrimoine & Patrimonialisation 

vendredi 22 mars 

Ministère de la Culture

PATRIMOINE, TOURISME ET DÉVELOPPEMENT

Avec :

Laurent Dalmas & Vincent Géronimi – Patrimoine et développement soutenable : enjeux et défis du tourisme
Virginia Cassola-Cochin – L’accord franco-saoudien de mise en tourisme de la région d’Al-Ula (Arabie-Saoudite) : une
coopération intergouvernementale au service du positionnement de l’Arabie en faveur de son patrimoine archéologique
Habib Saidi – Tourisme, patrimoine et politique en Tunisie : traces et impasses d’une révolution
Elsa Martin – La patrimonialisation d’un centre ancien (Albi) et ses conséquences pour les populations locales
Hélène Ducros – Circulation et adaptation de modèles de mise en tourisme

 

Seminar: “Patrimoine écrit en situation coloniale : un contre-exemple du grand partage ?”, Paris, INP, 21 mars 2019 (14h30-17h30)

Une séance, étendue exceptionnellement de 14h30 à 17h30, du séminaire « Archives du Patrimoine écrit » est organisée le jeudi 21 mars 2019 à l’INP (salle Champollion, 2 rue Vivienne, 75002 Paris) sur le thème :

Patrimoine écrit en situation coloniale : un contre-exemple du grand partage ? 

Cette séance particulière est consacrée à un regard croisé entre la situation et les transferts de compétences et de fonctions, entre archives et bibliothèques, dans le cadre de l’administration coloniale du moment de la production de l’information à sa mise en archives définitive.

Ann Laura Stoler, Willy Brandt Distinguished University Professor of Anthropology and Historical Studies à la New School for Social Research de New York City, auteur notamment du livre Along the Archival Grain : Epistemic Anxieties and Colonial Common Sense (Princeton, 2009), traduit en français en mars 2019 aux éditions de l’EHESS, sous le titre Au cœur de l’archive coloniale, assurera la présidence et la discussion de cette séance.

PROGRAMME

14 h 30 -17 h 30 

La Direction des archives et bibliothèques d’Indochine : patrimoine, savoir, pouvoir en contexte colonial, par Fabienne Chamelot

Cette présentation propose d’explorer l’histoire de la Direction des archives et bibliothèques d’Indochine dont l’organisation et le fonctionnement constituent un cas unique au sein du domaine colonial français. Mise en place par l’archiviste-paléographe Paul Boudet en 1917, la DABI, au fil de son développement, se déploiera en un service englobant archives, bibliothèques (administratives et publiques) et dépôt légal, et prendra la forme d’une administration ultra-centralisée aux procédures standardisées et normées implantées dans l’ensemble des services, notamment par des dizaines d’archivistes formés par Boudet lui-même ainsi que les archivistes européens travaillant sous sa supervision.
L’ambition et l’efficacité de la DABI, dès le début des années 1920, la démarquent remarquablement des autres services d’archives des colonies françaises, beaucoup plus chaotiques, sauf rares exceptions. Cela est le résultat des méthodes d’exercice du pouvoir que l’administration française mit en place pour s’imposer sur place et contrer les résistances à la colonisation. En Indochine, la méticulosité et la vocation exhaustive de la DABI, administration à vocation culturelle, trouva en effet écho dans la logique bureaucratique du pouvoir français évoluant dans un contexte où l’administration vietnamienne, préexistant à la colonisation, devait être contrôlée et où la résistance à la colonisation se fit très tôt précisément dans le domaine de l’écrit et de ses circuits de diffusion.
S’appuyant sur des sources provenant des ANOM, des Archives nationales du Vietnam et de fonds privés, cette présentation explorera les liens entre structure des archives et structure administrative. Par extension, il s’agira de s’interroger sur la spécificité ou non de « l’archive coloniale » par rapport aux autres types archives administratives dans l’exercice du pouvoir.

Fabienne Chamelot est doctorante à l’Université de Portsmouth en Grande-Bretagne. Son travail porte sur l’histoire de l’organisation des archives dans l’empire colonial français de 1894 aux indépendances, notamment en Indochine et AOF. A travers l’exploration de ces fonds d’archives, sa thèse interroge les liens entre pouvoir, souveraineté et gouvernance en contexte colonial.

L’émergence d’un service d’archives dans la colonie de Madagascar (1896-1960), par Charly Jollivet

Dès l’effondrement de la monarchie en 1896, les archives royales merina sont saisies par le colonisateur. Si leur transfert à Tananarive tarde à se concrétiser, c’est bien, quelques années plus tard, sur ce socle archivistique antérieur à la colonisation que s’appuie le tout nouveau service d’archives colonial, d’abord associé à une bibliothèque. Une réglementation ne tarde pas à apparaître de sorte à donner un cadre d’exercice et à définir des procédures de gestion d’archives, particulièrement ambitieuses. L’uniformisation des pratiques et la centralisation des archives sont demandées. Mais, si la création d’un service d’archives intervient particulièrement tôt à Madagascar, comparativement à de nombreuses autres colonies françaises, ce service d’archives demeure très fragile et disparaît rapidement avant de renaître une première fois dans les années 1930. Suivent d’autres épisodes de déclin avant qu’au milieu des années 1950 soient posées les bases des archives nationales actuelles. Que sait-on des archives de cette époque, de leur sort, de la manière dont elles sont gérées, du personnel qui est à l’œuvre, des usages qui en sont faits ? Ces questions ont été évoquées au cours d’un récent travail doctoral consacré à la question des archives des territoires issus de l’ancienne colonie de Madagascar et dépendances. Nous proposons ici de fournir quelques éclairages.

Docteur en archivistique, Charly Jollivet est l’auteur d’une thèse intitulée : Archives, archivistique et logiques d’usage dans les territoires issus de la colonie de Madagascar de 1946 à nos jours (2016). Navigant entre les archives et la recherche, il a notamment été en poste aux archives départementales de Mayotte, à l’université d’Angers et travaille désormais aux Archives nationales.

Le dépôt légal colonial à la Bibliothèque nationale de l’entre-deux-guerres aux indépendances, par Anne Leblay-Kinoshita

En 1537, François Ier signe à Montpellier une ordonnance portant obligation pour tout imprimeur ou éditeur exerçant en France de déposer à la Bibliothèque nationale ses publications. Les collections actuelles de la Bibliothèque nationale de France sont ainsi pour partie le résultat de ce dépôt. Or la consultation du catalogue général de la Bibliothèque nationale peut laisser le lecteur perplexe dès lors qu’il tente d’identifier les ouvrages ou les titres édités ou imprimés dans les colonies.
Cette présentation succincte a donc pour objet, en s’appuyant sur des documents d’archives de la Bibliothèque, d’évoquer la mise en œuvre complexe et tardive du dépôt légal des publications dans les colonies à la Bibliothèque nationale.

Anne Leblay-Kinoshita est cheffe de la mission pour la gestion de la production documentaire et des archives, Bibliothèque nationale de France.

Les Archives nationales d’Outre-Mer : partages d’archives et mémoires partagées, par Isabelle Dion

Les ANOM conservent les archives de la présence française outre-mer des origines de la colonisation française aux indépendances. Il s’agit à la fois des archives des ministères qui ont eu en charge les colonies et l’Algérie et des archives rapatriées de ces territoires. Il n’y eut jamais de coordination entre tous ces services et chacun a créé son propre cadre de classement dont les ANOM ont hérité. De fait il existe plus d’une vingtaine de cadres de classement différents aux ANOM. Les fonds d’archives tels qu’ils sont conservés à Aix sont le reflet d’une histoire mouvementée. Les archives en métropole ont suivi les aléas de l’administration coloniale et il faut attendre 1920 pour que naisse enfin un véritable service d’archives. Les archives territoriales ont longtemps eu une existence précaire . Selon les territoires de véritables service d’archives n’ont vu le jour qu’au début voire au milieu du XXe siècle, parfois juste quelques années avant les indépendances. Aujourd’hui l’accent est mis sur les relations avec les anciennes colonies, plus ou moins simples selon les territoires. La notion de “mémoire partagée”, qu’il faut définir, a émergé depuis quelques années.

Isabelle Dion est conservatrice générale du patrimoine, en charge par intérim de la direction du service à compétence nationale des Archives nationales d’Outre-mer.

A propos du séminaire de recherche Archives du patrimoine écrit / Patrimoine écrit des archives

En partenariat avec les Archives nationales et la Bibliothèque nationale de France

Avec le soutien du Labex Cap

Sous la direction d’Anne Leblay-Kinoshita, cheffe de la mission pour la gestion de la production documentaire et des archives, Bibliothèque nationale de France (BnF), et de Yann Potin, chargé d’études documentaires aux Archives nationales (AN)

Archives et bibliothèques constituent deux modes de conservation et de valorisation des documents écrits. Tout se passe comme si le patrimoine écrit et le patrimoine archivistique étaient deux entités parallèles s’ignorant mutuellement. Ce dispositif contradictoire est le produit d’une histoire que le séminaire « Archives du patrimoine écrit / Patrimoine écrit des archives » entend aborder à partir de la formation et des pratiques professionnelles, des enjeux politiques et juridiques et des fonctions assignées à la mise en archives et à la collecte des documents écrits. Dans le prolongement des séances dialoguées de l’année 2018, le séminaire élargit la comparaison des pratiques et conceptions du patrimoine écrit dans l’espace national et européen, avec un regard spécifique sur les mutations contemporaines consécutives à la numérisation des supports de description et de diffusion des archives et du patrimoine écrit. Chaque séance inclura l’analyse d’un dossier d’archives particulier ou une question historiographique, en lien avec l’histoire de la patrimonialisation de l’écrit et des archives.

Inscriptions et informations pratiques

Pour assister aux séminaires, l’inscription est obligatoire : formulaire d’inscription

Le jeudi de 14 h 30 à 17 h 30, à l’INP – Salle Champollion-Buffon – 2 rue Vivienne – 75002 Paris

Pour plus d’information, contacter Emilie Maume, chargée des manifestations culturelles et scientifiques : manifestations.scientifiques@inp.fr

Seminar: Critical Heritage Studies, 11 mars 2019, EHESS

La prochaine séance du séminaire
Critical Heritage Studies. Épistémologies, réception et actualité (Europe, Asie, Monde)

animé par Caroline Bodolec, Cyril Isnart et Claudie Voisenat
aura lieu le lundi 11 mars 2019
13-16 heures
EHESS
54 bd Raspail
salle A07_51
75006 Paris

Patrimoine et tourisme au prisme de l’interdisciplinarité

avec l’équipe de l’EIREST, Equipe Interdisciplinaire de REcherches Sur le Tourisme, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, notamment Francesca Cominelli et Sébastien Jacquot qui présenteront leur laboratoire, leurs travaux et le projet ANR Patrimondi.

Seminar: “Les objets et les choses” : éthique relationnelle et restitution du patrimoine africain, 27 février de 14h à 16h au Quai Branly

« Restitution Box – Museum Kinshasa »

Collectif d’artistes composé de Steve Bandoma, Chéri Benga, Serge Diakota, Eddy Ekete, Azgard Itambo, Eunice Kamanda, Dolet Malalu, Géraldine Tobe et Flory Sinanduku.

Exposition « Kinshasa-Megalopolis », Grassi Museum für Völkerkunde, Leipzig, 1er décembre 2018 – 15 april 2019

 

 

ENGLISH VERSION IS BELOW

 

La prochaine séance du séminaire “Les objets et les choses : matérialités contemporaines, musées et patrimoines” Séminaire dirigé par Thierry Bonnot, Bernard Müller et Christelle Patin aura lieu

Le mercredi 27 février de 14h à 16h

Au musée du Quai Branly, sous-sol, salle 3

 

Retour vers la nouvelle éthique relationnelle évoquée dans le « rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain » (Felwine Sarr et Bénédicte Savoy)

Cette séance animée par Bernard Müller reviendra sur les attendus de l’éthique relationnelle préconisée par les auteurs dans leur rapport paru en novembre 2018 et missionné par le président de la République suite à son fameux discours de Ouagadougou.

Dans la polémique déclenchée depuis la parution de ce rapport, la dimension relationnelle à refonder – qui constitue pourtant le cœur du rapport – est systématiquement évacuée au profit des seuls enjeux muséographiques de conservation, en empêchant de saisir la complexité des enjeux que cristallise la restitution des biens spoliés en Afrique aux temps coloniaux.

Felwine Sarr précise pourtant dès les premières pages du rapport que « Parler ouvertement des restitutions, c’est parler de justice, de rééquilibrage, de reconnaissance, de restauration et de réparation, mais surtout : c’est ouvrir la voie vers l’établissement de nouveaux rapports culturels reposant sur une éthique relationnelle repensée »  (page 25 du rapport en ligne : http://restitutionreport2018.com/sarr_savoy_fr.pdf ). Loin de toute logique de repentance ou d’esprit de revanche, les auteurs de ce rapport voient dans la restitution de l’objet un geste allant dans le sens de la construction d’un avenir commun. Ses implications vont bien-au-delà de la matérialité de l’objet. Ainsi, de par les inventions structurelles qu’elles impliquent, les étapes de la restitution en viennent ainsi à engendrer une dynamique de créativité politique permettant de réinventer des modes de fonctionnement participatifs, et ce faisant, de dépasser les clivages existants.

La discussion se développera à la lumière d’un cas bien précis, celui de l’impossible restitution des pouces des archers Konkombas (Togo et Ghana actuels) amputés d’abord par le conquérant allemand (1884-1914) puis, selon plusieurs sources, par les Français (1914-1939) pour mater leur résistance.

 

2e et 4e mercredis du mois de 14 h à 16 h (Musée du quai Branly, rue de l’Université 75007 Paris,

du 10 octobre 2018 au 22 mai 2019

 

Les recherches effectuées sur les rapports entre les individus et les objets matériels s’inscrivent dans une longue tradition de l’ethnologie, enracinée dans la collecte d’objets-témoins sur les terrains lointains ou dans les campagnes plus proches, collecte destinée à garnir les réserves, les collections d’étude et les vitrines des musées d’ethnographie et écomusées. Les objets, y compris les plus ordinaires, ne sont jamais des choses simples. Ils se trouvent toujours pris dans un enchevêtrement d’intérêts individuels et d’enjeux collectifs, au cœur de conflits d’appropriations et d’entrecroisements de récits. Ce sont donc les objets comme faits sociaux complexes qui retiendront notre attention. L’objectif de ce séminaire sera double : par un ensemble d’études de cas, rendre compte des enjeux politiques et symboliques qui caractérisent les situations très diverses dans lesquelles sont impliqués les objets ; décrypter les grandes notions et concepts transversaux de ce champ de recherche en dressant un panorama de la littérature spécialisée en anthropologie, sociologie, archéologie et histoire. De la sorte, nous aborderons les principaux courants scientifiques et évolutions muséales et questionnerons les enjeux épistémologiques actuels du traitement des objets par les sciences sociales. Les thèmes de la mémoire, des patrimoines et des musées seront centraux pour notre propos. Le rapport aux objets a subi d’importantes mutations depuis quelques années, qu’il convient d’analyser sans perdre de vue leur ancrage dans une histoire longue. Nous nous intéresserons au statut social des objets, objets-personnes et choses, ce dernier terme englobant les entités non strictement matérielles mais composites ou non humaines.

 

 

 

 

The next session of the seminar “Objects and things: contemporary material, museums and heritage”, directed by Thierry Bonnot, Bernard Müller and Christelle Patin

will take place on :

 

Wednesday, February 27 from 14h to 16h

 

At the musée du Quai Branly, basement, room 3

 

 

Back to the new relational ethics mentioned in the “report on the restitution of African cultural heritage” (Felwine Sarr and Bénédicte Savoy)

 

This session moderated by Bernard Müller will return on the expectations of the relational ethics advocated by the authors in their report published in November 2018 and commissioned by the President of the French Republic following his famous speech in Ouagadougou.

In the controversy sparked by the publication of this report, the relational dimension to be re-founded – which is nevertheless the heart of the report – is systematically evacuated in favor of the museographic issues of conservation, by preventing to grasp the complexity of the issues that crystallizes the restitution of stolen artifact in Africa in colonial times.

Felwine Sarr points out, however, from the first pages of the report that “To openly speak of restitutions is to speak of justice, or a re-balancing, recognition, of restoration and reparation, but above all: it’s a way to open a pathway toward establishing new cultural relations based on a newly reflected upon ethical relation (p. 29 of the report http://restitutionreport2018.com/sarr_savoy_en.pdf ). Far from any logic of repentance or of spirit of revenge, the authors of this report see in the restitution of the object a gesture going in the direction of the construction of a common future.

Its implications go well beyond the materiality of the object. Thus, by the structural inventions that they imply, the stages of restitution thus come to generate a virtuous loop of political creativity ; in order to reinvent participative modes of presenting / circulating colonial collections, and in doing so, to overcome existing divisions.

The discussion will develop in the light of a very specific case, that of the impossible restitution of the thumbs of the Konkombas archers (present Togo and Ghana) amputated first by the German conqueror (1884-1914) then, according to several sources, by the French (1914-1939) to subdue their resistance.

2nd and 4th Wednesdays of the month from 2 pm to 4 pm (Quai Branly Museum, rue de l’Université 75007 Paris,

from October 10, 2018 to May 22, 2019

 

Objects, including the most ordinary, are never simple things. They are always caught in a tangle of individual interests and collective issues, at the heart of conflicts of appropriation and interwoven narratives. It is therefore the objects as complex social facts that will hold our attention. The aim of this seminar will be twofold: through a set of case studies, report on the political and symbolic issues that characterize the very diverse situations in which objects are involved; to decipher the main concepts and transversal concepts of this field of research by drawing a panorama of the specialized literature in anthropology, sociology, archeology and history. In this way, we will discuss the main scientific trends and museum evolutions and question the current epistemological issues of the treatment of objects by the social sciences. The themes of memory, heritage and museums will be central to our purpose. The relationship to objects has undergone significant changes in recent years, which should be analyzed without losing sight of their roots in a long history. We will be interested in the social status of objects, person-objects and things, the latter term encompassing entities that are not strictly material but composite or non-human.

Seminar: 1/03: “Le musée ethnographique « Barthélémy Boganda » de Bangui” (Andrea Ceriana Mayneri)

Anthropologie politique de la mémoire.

Usages postcoloniaux du colonial. Regards croisés entre Inde et Afrique.

1er, 3e et 5e vendredis du mois de 11h à 13h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 2 novembre 2018 au 19 avril 2019.

 
Séance: vendredi 1er mars 2019 (11h-13h)
Intervenant: Andrea Ceriana Mayneri (CNRS/IMAF)
Titre: Le musée ethnographique « Barthélémy Boganda » de Bangui : mémoires et violences ordinaires dans une institution publique centrafricaine”
Résumé: Parmi les « victimes collatérales » du conflit centrafricain, le musée national de Bangui a été pillé en 2013 et, au début de l’année 2019, demeure fermé au public. Mais les pilleurs se sont surtout concentrés sur des matériaux (toiture, cadres et vitres des fenêtres) qui pouvaient être revendus sur les marchés : plus tard, une poignée de fonctionnaires a retiré les collections et les archives, désormais exposées aux intempéries, dans des caisses en bois, où elles reposent depuis. Dans un futur encore incertain, l’intervention de plusieurs acteurs présents à Bangui, essentiellement étrangers, permettra peut-être de réhabiliter le bâtiment endommagé, de réaménager les différents services et de réorganiser une exposition. Ce sera alors la répétition d’une scène déjà ancienne, dans et autour de cet espace muséal créé en 1964 par un expert israélien, l’ethnomusicologue Simha Arom, et une experte française, Geneviève Dournon, et plusieurs fois réaménagé par la coopération allemande d’abord, par celle italienne ensuite.
Mon exposé s’appuiera sur deux travaux de recherche entrelacés, qui demeurent encore à l’état fragmentaire et magmatique :  la réalisation d’un film-documentaire sur le musée de Bangui d’une part, une ethnographie auprès de son personnel de l’autre. À l’aide de quelques extraits filmés, je reviendrai sur les différentes conceptions du passé et de la mémoire qui se télescopent dans ces salles, ainsi que sur le rôle que les fonctionnaires qui l’habitent semblent attribuer à cette institution fermée au public. Je voudrais ainsi, non pas porter « un autre regard » sur la crise centrafricaine et ses violences, mais commencer à saisir des moments particuliers et ordinaires dans les vies d’une institution publique centrafricaine et de son personnel, exposés comme ils le sont à la tumultueuse histoire récente du pays.

Seminar: Séminaire Critical Heritage Studies. Épistémologies, réception et actualité 11 février

Séminaire commun
INP / Lahic/ Ehess / Ecole du Louvre
Critical Heritage Studies. Épistémologies, réception et actualité
https://enseignements-2018.ehess.fr/2018/ue/1990/

coordonné par Claudie Voisenat

Institut National du Patrimoine
2 rue Vivienne
75002 Paris

Inscription obligatoire : manifestations.scientifiques@inp.fr

Restitutions, reconnaissances, réappropriations… Ces notions complexes et parfois polémiques se retrouvent aujourd’hui de plus en plus fréquemment au cœur des débats mais aussi des pratiques patrimoniales. L’opération d’incarnation de l’histoire et de la communauté nationale dans les monuments de la nation, mise en place au XIXe siècle, a connu un succès qui l’a portée bien au-delà de ses limites. Les critères classiques de la valeur patrimoniale, ancienneté, authenticité ou exceptionnalité ont aujourd’hui tendance à s’effacer au profit de ce que l’on appelle la valeur sociale du patrimoine qui n’est pas dans l’élément lui-même mais dans les pratiques communautaires dont il est le support. On est ainsi progressivement passé du monument historique et national au patrimoine culturel et mondial, au point que culture, patrimoine et communautés semblent désormais consubstantiels. En corollaire de cette évolution, le patrimoine est devenu un des lieux où travaille la critique post-coloniale, et pèse aujourd’hui sur lui tout à la fois une forme de reconnaissance des préjudices de l’histoire et la responsabilité d’en proposer des formes de réparation, qui pour être symboliques n’en sont pas moins efficaces. C’est à l’émergence de ces préoccupations et à leurs dimensions culturelles et politiques que seront consacrées les deux séances du séminaire de cette année.

Appropriations / Réappropriations
Salle Champollion

10h-12h
Franck Mermier (IRIS, CNRS) et Anne Krebs (Musée du Louvre)
Le Louvre Abou Dhabi et les appropriations de l’universel.

13h-17h
De la réserve muséale au tukusipan wayana : restitution collaborative, réappropriation médiée et appropriation numérique – l’expérience SAWA (Savoirs autochtones des Wayana-Apalaï de Guyane).

Avec la participation de : Mataliwa Kuliyaman (membre wayana, porteur du projet), Renaud Brizard (ethnomusicologue, traitement des fonds sonores), Eliane Camargo (ethnolinguiste, spécialiste du wayana), Philippe Erikson (ethnologue, spécialiste de l’Amazonie, Université Paris Nanterre), Ghislaine Glasson-Deschaumes (responsable du Labex Les passés dans le présent), Vincent Hirtzel (ethnologue, spécialiste de l’Amazonie, CNRS), Veronica Holguin (graphiste, Miloeil), Thomas Mouzard (anthropologue, Ministère de la Culture) , Fabienne de Pierrebourg (Responsable de collection – Amérique, musée du quai Branly – Jacques Chirac, coresponsable du projet), Sara Tandar (responsable des humanités numériques Maison Archéologie et Ethnologie), Valentina Vapnarsky (ethnolinguiste, CNRS, responsable du projet).
http://passes-present.eu/…/sawa-savoirs-autochtones-wayana-…