Category Archives: Call for paper

CFP: Revista MIDAS – Museus e Estudos Interdisciplinares

CALL FOR PAPERS

MIDAS 12 (numero non thématique)
Date limite: 10 octobre 2019

La revue interdisciplinaires portugaise sur la muséologie Midas. Museus e estudos interdisciplinares reçoit des propositions de publications pour le numéro 12. La revue publie en portugais, espagnol, anglais et français et plusieurs formats sont acceptés :

– articles, jusqu’à 6.000 mots
– recensions critiques de livres (publiés dans les 3 dernières années) ou d’expositions (de moins de 2 ans), jusqu’à 1.500 mots
– notes (articles courts), jusqu’à 3.000 mots

Plus d’information: https://journals.openedition.org/midas/1837

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CFP: Histoire d’objets extra-européens : collecte, appropriation, médiation

Histoire d’objets extra-européens : collecte, appropriation, médiation

L’IRHiS UMR CNRS 8529 organise une journée d’études consacrée à l’histoire d’objets et de collections extra-européennes. A l’heure où les demandes de restitutions se font toujours plus pressantes, il devient indispensable de mieux connaître l’origine des collections et de re-contextualiser les objets. Le principe de cette rencontre sera de demander aux intervenants de choisir un objet extra-européen ou une collection d’objets extra-européens et d’en raconter l’origine, la signification dans un contexte ethnographique, la situation de médiation dans laquelle les objets choisis sont placés et les améliorations possibles pour mieux valoriser les artefacts.

https://calenda.org/640935

CFP: “Patrimoines et numérique : un état de la recherche et des expérimentations”

Patrimoine du sud
N° 12, 2020
Appel à contribution
Patrimoines et numérique : un état de la recherche et des expérimentations

Dès les années 1990, aux prémices de ce qui deviendra la révolution numérique bouleversant tous les secteurs d’activité, production, échange et communication, les institutions patrimoniales ont pu paraître particulièrement bien armées. Leur mission historique de divulgation des œuvres et savoirs et leur expertise pionnière en normalisation et échanges de données dans des réseaux nationaux et internationaux les met d’emblée sur le devant de la scène numérique.

Dès les années 1990, aux prémices de ce qui deviendra la révolution numérique bouleversant tous les secteurs d’activité, production, échange et communication, les institutions patrimoniales ont pu paraître particulièrement bien armées. Leur mission historique de divulgation des œuvres et savoirs et leur expertise pionnière en normalisation et échanges de données dans des réseaux nationaux et internationaux les met d’emblée sur le devant de la scène numérique.

Le premier âge du web, à la charnière des décennies 1990-2000, a pu constituer la période la plus simple à aborder pour ces acteurs et institutions patrimoniales. Ce « Web 1.0 » reposait essentiellement sur l’offre de contenus informatifs et maintenait ainsi la logique descendante traditionnelle des institutions dans la production de savoirs « valides », dans l’émission de discours sur les biens et expressions patrimoniaux, dans la diffusion des œuvres et des collections. Les acteurs patrimoniaux français ont été très tôt mobilisés : dès 1995, le ministère de la Culture proposait sur Internet les grands catalogues et bases de données de son ressort (Mérimée, Joconde, Palissy, etc.) tandis que les bibliothèques et services d’archives constituaient d’importants gisements de données et de ressources accessibles en ligne. Dix ans plus tard, Jacques Chirac, alors président de la République, adresse une lettre à la Commission européenne pour faire de la numérisation et de l’accès en ligne au patrimoine culturel européen un objectif politique de premier plan. À compter du milieu des années 2000, on assiste à une mutation des outils et usages avec le développement du web social qui allait bousculer, interpeller ou dynamiser, selon les cas, les pratiques et stratégies numériques des acteurs patrimoniaux.

Si parfois les institutions patrimoniales n’ont pu satisfaire à diffuser et partager largement leurs collections, leurs données et leurs savoirs en ligne – butant sur des moyens et compétences technologiques qui pouvaient leur faire défaut, sur les questions de propriété intellectuelle, parfois sur l’inquiétude de voir les espaces physiques qu’elles gèrent se vider de leurs publics, grâce à la bienveillance dont jouissent globalement les institutions culturelles, elles ont majoritairement répondu aux possibilités des apports et enrichissements par les publics et furent souvent au rendez-vous des appels à participation qui se multiplient. En cela, les commémorations du Centenaire de la Grande Guerre en 2014 semblent marquer un jalon important au sein des institutions patrimoniales, dû à la large mobilisation des institutions patrimoniales dans des campagnes participatives autant qu’au succès de ces opérations auprès des publics et des médias.

Les potentiels du Web collaboratif pour renforcer les capacités mêmes des institutions dans le cœur de leurs activités et problématiques, bien connus des services d’archives et

des cohortes de généalogistes amateurs qui enrichissent leurs bases de données, ont contribué à transformer en profondeur les rapports d’autorité et les modes de fonctionnement au sein de la fabrique patrimoniale tout en accélérant les capacités des institutions et acteurs patrimoniaux à compléter et documenter leurs collections. Dans ce nouveau contexte, l’autorité et les compétences professionnelles patiemment construites et affirmées au cours de l’invention des politiques patrimoniales, appréhendent un nouveau cadre d’échange et de coopération entre les institutions, les professionnels et la société qui se saisit ainsi de « son » patrimoine. Parallèlement, l’expérience ludique s’est mise au service de la connaissance. « Expérientiel », « gaming », réalité virtuelle, approche ludique… les dispositifs et services numériques des institutions patrimoniales tendent à faire évoluer leurs missions traditionnelles au service du savoir, de l’éducation, de « l’épanouissement personnel » dans un vaste mouvement de « ludification » de la société.

L’évolution des technologies numériques ne modifient pas seulement les missions des institutions patrimoniales et leurs rapports avec la société : elles transforment le patrimoine lui-même et questionnent leur exigence première, la conservation. La numérisation de tous les secteurs de la société génère un important patrimoine contemporain nativement numérique : archives, créations, savoirs, expressions collectives, etc. Les institutions patrimoniales, en particulier celles chargées de la conservation des expressions de leur époque (bibliothèques et archives), ont en charge ce nouveau patrimoine aux enjeux technologiques, juridiques, économiques et bien sûr professionnels d’envergure. Les archivistes, spécialistes de la conservation du numérique natif, représentent un acteur majeur de cette question qui concerne toutes les institutions lancées dans la numérisation ou productrices d’archives numériques.

La révolution numérique n’en finit pas de se renouveler… Les acteurs patrimoniaux avaient-ils à peine le recul et les savoir-faire nécessaires pour maîtriser les révolutions du web social que l’on prédit déjà la révolution du web des objets. La notion même de « propriété » est aujourd’hui fortement bouleversée à l’âge numérique. Données, œuvres, monuments, collections, jusqu’ici gérées par les institutions dans la division classique et juridique privé / public sont confrontés à une approche nouvelle induite par les usages et les conceptions de leurs usagers. Par définition, tout objet ou expression patrimoniale n’appartient-elle pas à la catégorie des « Communs » ? La montée de l’open data, cette mise à disposition des données publiques pour toute réutilisation, questionne le rapport des institutions patrimoniales aux Communs et au secteur privé, potentiel réutilisateur des données publiques. L’open data, instituée par la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, intime un nouveau cadre de confiance entre le professionnel du patrimoine et le public.

L’Occitanie est un territoire où les expérimentations, les initiatives et les projets traitant d’un ou de plusieurs de ces enjeux se sont particulièrement engagés. L’écosystème numérique y est porteur. Quelques chiffres: 10 clusters du numérique, première région de France en matière d’effort de recherche et développement (dépenses rapportées au PIB : 3,7%), troisième région de France pour le nombre d’acteurs de la filière du jeu vidéo, 2 métropoles French Tech, un fort engagement des métropoles et du conseil régional dans l’Open Data. La culture numérique s’y est développée très tôt à la faveur du dynamisme des industries culturelles et créatives régionales : terre de tournages et de création cinématographique, premier pôle associé documentaire de la Bibliothèque nationale de France et parmi les plus avancés pour la numérisation de la presse ancienne, parmi les pionnières pour le développement de plateforme d’édition numérique pour les mal-voyants (PLATON) ou le prêt numérique en bibliothèque. En écho à l’appel à projet national sur les services numériques innovants, un appel à projet régional interpelle le tissu culturel et accompagne l’innovation numérique quel que soit le champ artistique ou culturel, et quelle que soit l’étape d’innovation, de l’émergence au prototype, en passant par la commercialisation de nouveaux services et leur évaluation.

En tant qu’acteur scientifique et/ou professionnel des patrimoines en Occitanie, vous menez une recherche scientifique, ou prototypez, déployez, évaluez de nouveaux services numériques appliqué au domaine patrimonial ? Vous travaillez sur l’un des enjeux déjà évoqué, ou souhaitez traiter d’un nouvel enjeu auquel vous vous êtes confrontés en Occitanie ? Cet appel à contribution a pour ambition de réaliser, sur l’ensemble du champ patrimonial régional, un état des lieux des projets remarquables, réflexions professionnelles et retours sur les usages des publics en matière de révolution numérique appliquée au secteur patrimonial.

Plusieurs thèmes sont attendus, sans ambition d’exhaustivité :

• le numérique et les enjeux de la conservation : l’apport des technologies et des données pour les actions de conservation-restauration mais aussi la question de l’archivage des données numériques ;

• le numérique au service de la connaissance patrimoniale : création et potentiels des gisements de données massives en matière patrimoniale ; les opportunités du web social pour la connaissance des patrimoines ; la transformation des méthodes de recueil des données et d’élaboration des connaissances ;

• valorisations numériques : l’évolution technologique et des usages créent-ils de nouvelles façons de raconter le patrimoine ? L’essor du ludique enrichit-il ou nuit-il à l’expérience patrimoniale ? L’évolution des dispositifs et des pratiques de la part des institutions patrimoniales entraîne-t-elle une évolution de leurs publics ?

En répondant à cet appel à contribution en vue de ce numéro dédié aux « patrimoines et le numérique : un état de la recherche et des expérimentations » de la revue Patrimoines du Sud, vous pourrez ainsi contribuer à un état des lieux des usages du numérique pour la conservation, la gestion, la connaissance et la valorisation des patrimoines régionaux. Vous participerez à diffuser l’état de la recherche actuelle sur cette thématique, et ainsi qu’aux réflexions sur les potentiels, les risques et les évolutions que les projets numériques induisent, tant du point de vue des publics que des professionnels et institutions elles-mêmes, et dans leurs relations qui constituent le moteur historique de la fabrique patrimoniale.

Modalités de soumission

Patrimoines du Sud ne publie que des contributions inédites.

Le présent appel à contributions est publié le 2 juillet 2019. Il s’adresse aux étudiants chercheurs, aux chercheurs, aux professionnels du patrimoine et aux associations. Le territoire de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée est le périmètre d’investigation de la revue Patrimoines du Sud mais les approches comparées d’une autre région géographique avec celle d’Occitanie sont les bienvenues. Il n’y a pas de limites chronologiques imposées.

Le pilotage scientifique de ce numéro est assuré par Agnès Demé, conservatrice des bibliothèques, Responsable du service Innovation, transmission et appui aux territoires, conseil régional d’Occitanie (agnes.deme@laregion.fr), et Benjamin Assié, conservateur des bibliothèques, directeur du Cirdoc, Béziers (b.assie@cirdoc.fr).

Les propositions de contribution sont souhaitées pour le 10 septembre 2019, dernier délai ; elles sont à envoyer aux responsables scientifiques de ce numéro ainsi qu’à la rédactrice en chef de la revue, Josiane Pagnon (josiane.pagnon@laregion.fr).

Le projet d’article devra être exposé en une page maximum, comporter un titre provisoire ainsi qu’une ébauche de plan. Les auteurs recevront l’avis du comité de rédaction pour le 20 septembre.

Les auteurs dont les propositions ont été retenues devront rendre leur article avant le 1er avril 2020, délai de rigueur. S’agissant d’une revue numérique, il n’y a pas de limites de caractères. Un soin particulier est attendu pour les illustrations (cf. Recommandations aux auteurs). La publication est prévue pour septembre 2020.

CFP: journées d’étude “Plateformes numériques et patrimoines : quels apports pour la recherche et la médiation ?”, Liège, 28-29 octobre 2019

Appel à communications

Journées d’étude « Plateformes numériques et patrimoines : quels apports pour la recherche et la médiation ? »

(Liège, 28-29 octobre 2019)

https://irhis.univ-lille.fr/detail-event/appel-a-communication-plateformes-numeriques-et-patrimoines-quels-apports-pour-la-recherche-et/

Dans le cadre du programme de recherche e.thesaurus, l’orfèvrerie à l’épreuve de la modélisation (Projets MESHS-Nord de France et CPER MAuVE Médiations visuelles, culture numérique et création)dont je suis le porteur avec Pierre Hallot de l’université de Liège (Laboratoire de culture numérique en architecture), nous organisons deux journées d’études, à Liège les 28 et 29 octobre 2019.

Ces deux journées seront consacrées aux apports et aux limites, pour la recherche et la médiation, des plateformes numériques de diffusion des informations associant une exploitation complète 2D ou 3D des patrimoines.

Nous serions honorés si vous pouviez proposer une intervention dans l’un des thématiques privilégiées. Nous avons bien conscience que les délais sont très courts (date limite 30 juillet).

  • Plateformes dévolues à la définition d’une sémantique commune pour le patrimoine au travers d’outils web.
  • Plateformes collaboratives d’annotation sémantique et de gestion du patrimoine en ligne.
  • Plateformes de diffusion et de partage d’informations sur le patrimoine et le numérique.
  • Questions techniques et éthiques dans l’usage des plateformes et la diffusion des données.

Organisateurs :

Marc Gil, maître de conférences en histoire de l’art du Moyen Âge (IRHiS, Univ. Lille)

Pierre Halot, chargé de cours (laboratoires LNA/DIVA-Unité de Géomatique, Univ. de Liège)

Christine Aubry, ingénieur de recherche (IRHiS, Univ. Lille)

CFP: “In Situ. Revue des patrimoines” : dossier “Patrimonialiser les musiques de l’oralité : ambitions, pratiques et expérimentations dans les structures européennes de conservation”

La revue en ligne de la direction générale des Patrimoines (DPRPS), In Situ. Revue des patrimoines, lance un appel à contributions pour un dossier thématique intitulé :

« Patrimonialiser les musiques de l’oralité : ambitions, pratiques et expérimentations dans les structures européennes de conservation »,

placé sous la direction de Jean-Jacques CASTERET (Cirdoc – Institut occitan de Cultura), Luc CHARLES-DOMINIQUE (Université de Nice Sophia Antipolis) et François GASNAULT (LAHIC-IIAC/CNRS-EHESS).

Un vaste mouvement de collecte des cultures de l’oralité s’est déployé dans le champ des musiques et des danses dites traditionnelles, en France et en Europe, généralement du début de la décennie 1970 – parfois bien plus tôt –, et jusqu’à la seconde moitié des années 2000. Avant même l’apparition et le triomphe de la patrimonialisation onusienne de l’« immatériel », des musiciens et danseurs amateurs, dont quelques-uns sont devenus des artistes professionnels, mais aussi des militants associatifs et des acteurs culturels ont mis à profit la démocratisation de l’accès aux matériels d’enregistrement pour s’adonner à l’enquête orale. Poursuivant un triple objectif de réhabilitation de la dignité des cultures musicales paysannes, de leur valorisation artistique et de leur restitution, ils ont ainsi réalisé des collectes d’une ampleur sans précédent. En France en particulier, ce mouvement s’est accompagné de la création d’associations, locales ou régionales, principalement vouées à la conservation des archives sonores ainsi constituées, et il a assez vite bénéficié d’une forte reconnaissance institutionnelle, qui s’est notamment traduite par un large subventionnement des opérations de numérisation. La « chaîne patrimoniale » qui s’est ainsi vertueusement nouée et, plus largement, l’entrée des musiques populaires dans l’« âge patrimonial » s’inscrivent cependant dans la filiation d’un discours et d’actions eux aussi traversés par les notions d’urgence et de sauvegarde : d’abord portés, en France, par la génération romantique puis par les folkloristes de la iiie République, ils ont été relayés par Claudie Marcel-Dubois et Maguy Andral, pionnières de l’ethnomusicologie du domaine français, dont il faut rappeler que le travail de longue haleine, au fil des quatre décennies centrales du xxe siècle, s’est développé sous les auspices d’un pacte passé entre le CNRS et le musée national des arts et traditions populaires. Sans doute, le « folk music revival », né dans la mouvance associative issue des réseaux de l’éducation populaire, a-t-il été par ailleurs sensible idéologiquement aux aspirations régionalistes et anti-establishment : sa posture initiale a été celle d’une ethnographie sauvage, cherchant sa voie en toute autonomie. Mais progressivement, un dialogue s’est noué avec les institutions scientifiques et davantage encore avec les sphères muséales, archivistiques et bibliothéconomiques : de la formation à l’enquête et des dépôts de sauvegarde dans des centres de ressources, on est passé à l’échange de bonnes pratiques, à la remise massive d’enregistrements aux fins de traitement, à la structuration d’une réflexion méthodologique commune ou encore à la co-construction d’initiatives de valorisation. L’analyse des interactions entre individus et organisations, comme celle des réseaux et mobilités à l’œuvre, tant aux plans local que national voire international, ont déjà tenu une place centrale dans les débats d’un colloque qui s’est récemment tenu au musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), en janvier 2019. Toutefois, elles se sont alors surtout attachées aux parcours de chercheurs, aux pratiques de collecte et à l’appréhension de l’ethnographie des « amateurs » par les instances « officielles », légitimes et légitimantes, de la recherche. Le versant patrimonial, même s’il a commencé d’être exploré, appelle des investigations plus approfondies : tel est l’enjeu du présent appel à contributions.

Date limite d’envoi des propositions :

31 juillet 2019

Texte de l’appel à contributions et modalités d’envois des propositions :

https://journals.openedition.org/insitu/22399

CFP: 145e Congrès du CTHS : “Collecter / Collectionner / Conserver”, Nantes, 22-25 avril 2020

Le CTHS lance l’appel à communications de son 145e Congrès, qui se tiendra à Nantes, du 22 au 25 avril 2020, sur le thème « Collecter / Collectionner / Conserver ».

Présentation du Congrès, texte de l’appel à communications et modalités d’inscription :

http://cths.fr/co/congres.php#

La date retour des propositions est fixée au 15 octobre 2019.

CFP: journées d’étude “Créer et transmettre : la fabrique numérique du patrimoine ! “, Paris, 17-18 octobre 2019

Dans le cadre de l’ANR www.reseed, qui traite de la digitalisation du patrimoine, deux journées d’étude prospectives, sur le thème  « Le numérique : outil d’étude de la valeur patrimoniale ! », ont rassemblé en 2018 près de 100 personnes sur des thématiques interdisciplinaires. Les vidéos des interventions sont accessibles en ligne :  https://reseed.ls2n.fr/fr/productions/journees-detudes/

Deux nouvelles journées d’étude, rassemblant les contributions ouvertes de chercheurs et de professionnels, seront organisées les 17 et 18 octobre 2019 à l’Observatoire de Paris (salle Cassini, Paris XIVe), sur le thème :  « Créer et transmettre : la fabrique numérique du patrimoine ! »

Pour témoigner de votre expérience ou participer comme auditeur-acteur, vous pouvez répondre à l’appel à contributions joint.

Date limite d’envoi des contributions : 8 juillet 2019

Entrée libre pour les communicants et les auditeurs.

Inscription requise sur Eventbrite : https://www.eventbrite.com/e/journees-detudes-2-creer-et-transmettre-la-fabrique-numerique-du-patrimoine-tickets-63372174881

CFP: JE Loto du patrimoine, 11-12 octobre 2019, Marseille

Appel à communications

 

Journées d’études

Le loto du patrimoine : logiques, acteurs et effets sociaux

11 octobre 2019

École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille

12 octobre 2019

Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Marseille

Argument

 

Le 14 septembre 2018, lors des journées du patrimoine, eut lieu le premier tirage du loto du patrimoine. La seconde édition prévoit un second tirage exceptionnel le 14 juillet et deux jeux à gratter. Le loto du patrimoine fait suite à la création de la mission de Stéphane Bern, journaliste et animateur de média, auprès du Président de la République Emmanuel Macron, pour la sauvegarde du patrimoine français.

L’objectif de cette journée, dans la continuité de l’Observatoire du loto du patrimoine [https://obslopat.hypotheses.org/], est de s’interroger sur les mécanismes du loto du patrimoine et ses effets sociaux. Le mode de financement, le retentissement médiatique, les frictions entre professionnels du patrimoine et les tenants du projet, les modalités de sélection des monuments, le succès populaire de l’appel à candidature et la superposition avec l’incendie de Notre-Dame de Paris constituent un laboratoire exceptionnel et un lieu privilégié d’observation d’un projet patrimonial en train de se faire.

Les sciences sociales qui analysent le fait patrimonial depuis plusieurs décennies fournissent d’ors et déjà de nombreux outils de lecture et de compréhension d’un tel phénomène. Mais l’analyse du loto du patrimoine appelle la mise en place de nouvelles méthodes de description du fait patrimonial, en bouleversant les pratiques disciplinaires liées à des études de cas locaux, des lectures critiques de textes réglementaires ou de biographies sociales d’objets patrimoniaux dans leur contexte.

Quatre axes seront discutés lors de ces journées d’études :

–               « Filiations » examine l’histoire, la généalogie et les antécédents du loto du patrimoine.

–               « Comparaisons » met en perspective l’expérience française avec d’autres contextes nationaux.

–               « Logiques » propose des analyses sur le fonctionnement du loto du patrimoine.

–               « Études de cas » concerne des descriptions suivies des sites choisis par la Mission Bern pour bénéficier d’un soutien.

A travers les différentes communications, il s’agira de croiser les échelles d’observation (internationale, nationale, régionale, locale), les terrains d’enquêtes (associations de sauvegarde du patrimoine, groupes professionnels, journalistes, acteurs du dispositif), les sources documentaires (articles de presse, communiqués officiels, dossiers de candidature, réactions individuelles, discours des concurrents) et les approches disciplinaires.

Cette journée d’étude se veut pluridisciplinaire et s’adresse aux chercheurs spécialistes des usages sociaux du patrimoine, mais également aux acteurs de terrain. Elle est ouverte à différents champs disciplinaires (histoire, anthropologie, sociologie, géographie, architecture) et souhaite engager un débat avec les parties prenantes du processus (ABF, représentants des services déconcentrés de l’Etat, associations).

Comité d’organisation

Jean-Lucien Bonillo, professeur en histoire de l’architecture, ENSA-Marseille, INAMA

Muriel Girard, MCF en SHS, ENSA-Marseille, INAMA

Cyril Isnart, chargé de recherche au CNRS, IDEMEC

Manon Istasse, chargée de recherche, Université Libre de Bruxelles, LAMC

Véronique Mouliné, directrice de recherche, IIAC/Équipe Lahic

Partenariat

Laboratoire INAMA (École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille)

UMR 7307 IDEMEC (Aix Marseille Université – CNRS)

UMR 8177 IIAC/Équipe Lahic (CNRS – EHESS – Ministère de la culture)

Mucem, Département de la recherche et de l’enseignement

Date limite d’envoi des propositions en fichier word comportant nom et prénom, affiliation, titre et résumé de 2000 signes, adressées à Muriel Girard muriel.girard@marseille.archi.fr et Cyril Isnart isnartc@gmail.com avant le 15 juillet 2019. L’organisation prendra en charge les déplacements et le logement des participants extérieurs dans la limite des ressources disponibles. 

CFP: colloque “Les éphémères et l’image (XVIe-XXIe s.)”, 13-14 septembre 2019

Appel à communications

Colloque PatrimEph « Les éphémères et l’image (XVIe-XXIe siècle) »

(13-14 septembre 2019)

Date limite : 15 juin 2019

« Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut » (G. Apollinaire, « Zone », Alcools, 1913).

Dans son essai Imageries. Littérature et images au XIXe siècle (2001), Philippe Hamon attire l’attention sur la place que prennent dans l’imaginaire de la modernité les nouvelles images diffusées dans l’espace public en écho à la modernité. Le phénomène de L’imagerie nouvelle à laquelle Champfleury consacre une très éphémère revue en 1870 donne une visibilité accrue à un champ de l’imprimé qui n’a pourtant pas attendu l’ère de l’industrialisation ni de la publicité pour se développer, mais qui envahit et colonise dès lors le quotidien. Ce champ, c’est celui des « vieux papiers, vieilles images » (selon le titre de l’ouvrage de John Grand-Carteret paru en 1896), des « bibelots et bilboquets » (termes de métier qui désignent les petits travaux d’imprimerie et auxquels Marius Audin consacre en 1929 le tome 4 d’une Histoire de l’imprimerie par l’image), des « canards » (cet hybride entre placards et journaux étudiés par Jean-Pierre Seguin pour les XVIe, XVIIe et XIXesiècles) de L’Ephémère, l’Occasionnel et le Non Livre, comme le nommait plus récemment Nicolas Petit (1997), ou plus largement des « ephemera » si l’on adopte, comme Philippe Martin dans Ephemera catholiques (2012), la terminologie du Centre for ephemera studies du département de typographie et de communication graphique de l’Université de Reading, pionnier dans le domaine, avec en particulier les travaux de Michael Twyman sur la technique d’impression couleur ayant fait le succès de l’imagerie populaire (Twyman, 2013).

Si le continent des éphémères n’est pas réductible à des images, c’est bien la reproduction et la circulation des images scolaires, pieuses, publicitaires ou militantes autorisées par des innovations techniques à partir du XIXe siècles qui ont rendu si familiers ces imprimés toujours présents dans notre environnement comme dans nos représentations aujourd’hui. Nés avec l’imprimerie au XVIe siècle, tous les éphémères ne sont pas illustrés, et ils se caractérisent par d’autres aspects que leurs seules données iconiques : le format, la qualité du papier, le graphisme, la typographie. Il reste pourtant indéniable qu’en plus d’accompagner des usages et de marquer les événements de la vie sociale, ils peuplent notre culture visuelle de motifs, de couleurs, d’une stylistique avec laquelle les historiens de l’art ont longtemps entretenu un rapport ambivalent jusqu’aux premiers travaux sur l’affiche et la caricature qui ont commencé à leur conférer une légitimité (Tillier, 2016). Or, si la capacité des éphémères à faire signe et à faire effet doit beaucoup aux pouvoirs des images qu’ils diffusent, inversement, les images doivent en grande partie leur visibilité, c’est à dire leur production et leur transmission, à la médiation des éphémères, support matériel pauvre, facilement produit et rapidement consommé, mais assez labile pour se transformer et se prêter à toutes sortes d’innovations et de créations, dont les mouvements artistiques d’avant-garde sauront jouer dès le début du XXe siècle.

Diffusés par les colporteurs, « criés » par les camelots, placardés sur les murs, les éphémères sont à l’intersection d’une culture de l’écrit, de l’oral, et de l’image, terme recouvrant par ailleurs un ensemble d’artefacts à catégoriser et à situer dans l’histoire des techniques, du goût, et de l’art.

Étudier les éphémères dans ses interactions avec l’image, c’est souligner le paradoxe d’une matérialité et d’une inconsistance communes, d’un rapport pluriel au temps, en lien avec l’étymologie des deux mots : « éphémères » du grec ephêmeros, « qui ne dure qu’un jour » et désignant en particulier un insecte dont la durée de vie s’étend de quelques heures à quelques jours ; « image » du latin imago, le masque funéraire, représentation du mort, de l’absent (Belting, 2004).

Le programme PatrimEph

Porté par les laboratoires Agora, LT2D et Etis de l’Université de Cergy-Pontoise et un consortium pluridisciplinaire de chercheurs et de conservateurs français et britanniques, le programme pluriannuel PatrimEph soutenu par la Fondation des sciences du Patrimoine, vise à étudier et à valoriser le patrimoine encore méconnu des éphémères, ces petits imprimés du quotidien voués au rebut, – tracts, affiches, étiquettes, prospectus, menus… – , et pourtant massivement conservés dans nos bibliothèques, archives et musées. L’objectif est également de mettre à disposition des conservateurs et chercheurs un thesaurus des éphémères en français sur le logiciel Ginco (Gestion Informatisée de Nomenclatures Collaboratives Ouvertes) du Ministère de la culture, d’optimiser l’accès aux Fonds d’éphémères à partir du Répertoire National des Bibliothèques et des Fonds Documentaires du Catalogue collectif de France (BnF), et de faire émerger les nouvelles circulations numériques des éphémères à travers la fouille et l’analyse multimédia du compte Twitter de Gallica.

Depuis 2013, Le programme PatrimEph a donné lieu à 4 journées d’études, 1 colloque international et 2 publications collectives sous la direction d’Olivier Belin et Florence Ferran : Les Éphémères, un patrimoine à construire, Fabula/Colloques, 2016 et Les Éphémères et l’événement, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2018. PatrimEph I (2013-2016), a porté sur le paradoxe que constituait la patrimonialisation des éphémères, les difficultés de nomination, de classement, de signalement que ces documents généraient, mais aussi leur rôle dans la construction de notre histoire culturelle lorsque l’on parvenait à contextualiser leurs usages dans des espaces et des temporalités variées – ceux qui leur sont propres, comme ceux de leur patrimonialisation. PatrimEph II (2016-2019) évalue l’impact du numérique sur la patrimonialisation des éphémères, que cet environnement génère de nouvelles formes d’éphémères numériques comme les tweets ou qu’à travers la politique généralisée de signalement informatisé et de numérisation des imprimés, les éphémères voient leur statut et leur perception modifiés, se prêtant à de nouveaux modes de valorisation, d’appropriation et de circulation qu’il convient d’analyser et de mettre en rapport avec ceux des éphémères imprimés, dans une perspective diachronique large (16e-21e siècles).

Axes du colloque « Les éphémères et l’image »

Les propositions (titre, résumé et brève notice bio-bibliographique) sont à envoyer avant le 15 juin 2019, conjointement à :

Olivier.Belin@u-cergy.fr

Florence.Ferran@u-cergy.fr

Bertrand.Tillier@univ-paris1.fr

Les contributions au colloque pourront s’inscrire, sans s’y limiter, dans l’un des axes suivants :

  1. Statut & techniques

La dimension technique est essentielle pour comprendre la place, l’esthétique et la circulation des images dans la production des éphémères illustrés et imprimés, qui ont bien souvent été à la pointe de l’innovation en matière graphique, et qui participent pleinement de cette ère de la « reproductibilité technique » distinguée par Benjamin et de « l’acte d’image » théorisée par Horst Bredekamp (2015). Comme le note Michael Twyman, « plus l’on étudie précisément l’imprimerie et ses branches connexes, plus il devient évident que nombre d’innovations techniques ont été conçues dans l’optique des journaux et des éphémères plutôt que des livres » (Twyman, 2016). La lithographie est, de ce point de vue, un cas exemplaire : monochrome puis en couleur, elle a permis à partir du xixe siècle de fabriquer en masse des éphémères illustrés, en autorisant la combinaison du texte et de l’image, en facilitant le dessin direct, et en s’avérant moins coûteuse pour allonger les tirages.

Il est clair que les grands procédés de reproduction de l’image (gravure en relief sur bois ou en creux sur métal, photogravure, offset, impression numérique, logiciels de PAO mais aussi des procédés plus artisanaux comme la ronéotypie, la photocopie ou le bricolage informatique à partir de logiciels libres ou payants) ont des incidences majeures sur l’esthétique de l’image, sur les conditions de possibilité de son alliance avec le texte, sur la qualité de sa reproduction, sur les sources et modèles auxquels elle peut puiser, et sur les usages, les circulations ou les appropriations, voire les détournements, dont elle peut faire l’objet. À cet égard, le numérique affecte profondément le statut même des éphémères : non seulement parce que la numérisation des éphémères papier les transforme en images intégrables à des corpus immenses, rendus mouvants par leur reconfiguration, et ouvertes à des mises en série dont le big data accroît sans cesse les potentialités renouvelées ; mais aussi parce que la production d’éphémères numériques (les tweets, en premier lieu) vient brouiller les frontières de l’image pour l’intégrer dans un dispositif ouvert aux combinaisons multimédias des réseaux sociaux.

  1. Images & textes

Numériques ou imprimés, bien des éphémères illustrés se présentent en tout cas comme des constructions sémiotiques complexes, associant d’autant plus étroitement le texte et l’image que les techniques de reproduction le permettent : le code informatique permet ainsi de convertir des signes différents en un même programme ; la lithographie permettait déjà de mêler le dessin à l’écriture, là où l’impression en relief (gravure sur bois, typographie) tout comme l’impression en creux (taille-douce) rendaient plus malaisée l’interaction entre ces deux composantes. Il n’en reste pas moins que les éphémères publicitaires, politiques, religieux ou polémiques mettent en place une véritable rhétorique visuelle, qui exploite non seulement les relations sémantiques entre mots et images (avec le jeu des titres, des légendes, des descriptions, et les effets de didactisme, de sensationnalisme ou au contraire d’humour et d’ironie qui peuvent en découler), mais aussi leur disposition graphique (c’est ici qu’entre en jeu toute la dimension de ce qu’on pourrait appeler le design des éphémères, et qui recouvre la typographie, les couleurs, le format, le support, l’alliance entre la forme des images et la plastique de l’écriture), selon des combinaisons qui empruntent à celles de la presse et du livre et qui les outrepassent largement.

Par-delà ces mécanismes, il serait ainsi possible de dessiner un continuum entre, d’un côté, des éphémères essentiellement voués à la propagation de l’écrit (livrets, brochures, tracts) et, de l’autre, des productions qui se présentent délibérément comme des images (images pieuses, cartes postales, flyers publicitaires ou cartes commerciales…), avec des équilibres à chaque fois remis en jeu selon les fonctions et les circulations assignées à ces documents labiles et mobiles.

  1. Fonctions & circulations

C’est ainsi que l’on peut mettre en évidence la multiplicité des fonctions sociales assignées aux éphémères, et à travers eux aux images qui les composent, et qui interviennent souvent pour une bonne part dans leur force de frappe, leur mémorisation et leur capacité à porter un événement en tant que construction médiatique (Belin & Ferran, 2018). L’image participe ainsi d’une communication visuelle étroitement liée à la communication verbale, aux contextes et aux usages qui les conditionnent. Elle est évidemment à l’œuvre dans la communication publicitaire et commerciale, avec toute la palette des affiches, emballages, étiquettes, prospectus qui convoquent tour à tour recherches graphiques et stéréotypes iconographiques, entre innovation et usure. Mais l’image est également essentielle à la propagande politique et militante (ce que Vincent Chambarlhac et Julien Hage ont nommé « les formes brèves de l’imprimé politique ») avec les papillons, tracts, placards, brochures, autocollants, ou tweets qui contribuent à façonner et occuper l’espace polémique de l’opinion publique ; sur un autre plan, c’est encore l’image qui s’invite avec force dans la diffusion de la piété et des usages religieux, en particulier dans le catholicisme avec les images pieuses, l’iconographie des saints ou les bulletins paroissiaux (voir Guillausseau, 2018 et Martin, 2018). Et plus largement, comment ne pas évoquer le rôle des images dans la ritualisation des pratiques sociales et la commémoration des événements d’une vie : les faire-part de naissance, de décès ou de mariage, les menus, les almanachs, les calendriers ou les cartes à jouer, sont autant de signes de cet infra-ordinaire dont parlait Georges Perec, et dont une perspective anthropologique pourrait tirer parti.

  1. Usages & valeurs

Ce que nous suggèrent également ces exemples, c’est que l’image reproduite, loin de se réduire à une copie dévaluée et vulgarisée, parvient précisément à lester les éphémères de tout un imaginaire – personnel ou collectif – qui façonne leur histoire et leur transmission par citation, répétition ou réitération : la mémoire de mai 68 se construit par exemple à travers le graphisme de ses affiches ; la diffusion des images de L’Angélus de Millet ou des gravures de Paul et Virginie sur une multiplicité de supports parfois inattendus donne lieu à ce que Jean-François Botrel nomme des « matrices littéraires et artistique » (Botrel, 2016) ; de son côté, Lise Andries montre combien les livrets de la Bibliothèque bleue de Troyes réemploient tout un matériau iconographique qui insère cette production dans le long terme culturel (Andries, 2016).

C’est également à cette puissance de l’image et de l’imaginaire – c’est-à-dire par leur agentivité (Gell, 2009) – que les éphémères doivent sans doute une bonne part de la valeur qui leur est accordée. Valeur fétichiste de ces images que les collectionneurs découpent, recueillent, assemblent et classent dans leurs albums, leur vitrines ou leurs tiroirs : les cartes postales ont ainsi très tôt fait l’objet de collections personnelles, dont quelques-unes sont demeurées célèbres comme celle de Paul Éluard. Valeur artistique, poïétique et subversive de ces matériaux visuels qui ont fait les beaux jours de pratiques avant-gardistes comme le collage (avec Höch, Heartfield ou Prévert, dans le sillage de dada et du surréalisme), le décollage (les affichistes : Hains, Villeglé, Rotella) ou le détournement (mis en pratique par les situationnistes). Valeur marchande et patrimoniale enfin, puisque la cote des éphémères tient en partie à la richesse de leur imagerie – et le terme de cote s’entend aussi bien de leur prix sur le marché que de leur classification au sein des institutions de conservation. Dans La Fabrique du patrimoine (2009), Nathalie Heinich rappelait d’ailleurs combien la dimension esthétique pouvait intervenir, consciemment ou non, dans les critères de sélection, de conservation et d’étude appliqués par les collectionneurs, les amateurs ou les responsables d’institutions muséales, d’archives et de bibliothèques. Ce critère devient d’autant plus paradoxal – et tout aussi puissant qu’implicite – lorsqu’il s’applique aux éphémères, ces produits issus en majorité de l’industrie graphique, le plus souvent destinés à une péremption par l’usage, et bien éloignés de prétendre à l’art noble ou muséal, voire au statut d’œuvre. En ce sens, les éphémères permettent de poser sur un nouveau terrain la question du philosophe Nelson Goodman (1977) : quand y a-t-il art ?

 

Bibliographie

– Andries Lise, « La Bibliothèque bleue, une littérature éphémère ? », dans Belin Olivier & Ferran Florence (dir.), Les éphémères, un patrimoine à construire, Fabula / Les colloques, 2016, en ligne, URL : http://www.fabula.org/colloques/document2919.php

– Audin Marius, Histoire de l’imprimerie par l’image, tome IV, Bibelots ou bilboquets, Paris, H. Jonquières, 1928‑1929.

– Belin Olivier & Ferran Florence (dir.), Les éphémères et l’événement, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. « 54 », 2018.

– Belting Hans, Pour une anthropologie des images, Paris, Gallimard, 2004 (éd. allemande, 2001).

– Benjamin Walter, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique [1936], Paris, Allia, 2003.

– Botrel Jean-François, « Ephemera & matrices littéraires ou artistiques : les opérations de dérivation transmédiatique », dans Belin Olivier & Ferran Florence (dir.), Les éphémères, un patrimoine à construire, Fabula / Les colloques, 2016, en ligne, URL : http://www.fabula.org/colloques/document2942.php

– Bredekamp Horst, Théorie de l’acte d’image, Paris, La Découverte, 2015.

– Chambarlhac Vincent & Hage Julien, Séminaire « Un siècle de formes brèves de l’imprimé politique en France, supports, formes, contenus, acteurs, usages, 1880-1980 », Maison des Sciences de l’homme de Dijon / Centre Georges Chevrier, 2011-2013.

– Gell Alfred, L’Art et ses agents, Une théorie anthropologique, Dijon, Les Presses du réel, 2009.

– Goodman Nelson, «Quand y a-t-il art? » (1977), dans Manières de faire des mondes, trad. Marie-Dominique Popelard, Nîmes, Éd. Jacqueline Chambon, coll. «Rayon art », 1992.

– Grand‑Carteret John, Vieux papiers, vieilles images : cartons d’un collectionneur, Paris, A. Le Vasseur et Cie, 1896.

– Guillausseau Axelle, « Quand la sainteté sature l’espace public : Étude des éphémères relatifs aux canonisations de 1622 publiés dans les royaumes de France et d’Espagne », dans Belin Olivier & Ferran Florence, Les éphémères et l’événement, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2018, p. 87-100.

– Hamon Philippe, Imageries. Littérature et images au xixe siècle, Paris, José Corti, 2001.

– Heinich Nathalie, La Fabrique du patrimoine, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009.

– Martin Philippe (dir.), Ephemera catholiques. L’imprimé au service de la religion (xvie-xxie siècles), Paris, Beauchesne, coll. « Religions société politique », 2012

– Martin Philippe, « Les ephemera au service de la sainteté capucine », dans Belin Olivier & Ferran Florence, Les éphémères et l’événement, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2018, p. 101-120.

– Petit Nicolas, L’Éphémère, l’occasionnel et le non livre à la bibliothèque Sainte-Geneviève (xve-xviiie siècles), Paris, Klincksieck, 1997.

– Seguin Jean-Pierre, L’Information en France avant le périodique, 517 canards imprimés entre 1529 et 1631, Paris, Maisonneuve & Larose, 1964.

– TILLIER Bertrand, « L’éphémère imprimé et illustré : un objet à la lisière de l’histoire de l’art du XIXe siècle », dans Belin Olivier & Ferran Florence (dir.), Les éphémères, un patrimoine à construire, Fabula / Les colloques, 2016, en ligne, URL : http://www.fabula.org/colloques/document2942.php

– Twyman Michael, « L’importance à long terme des imprimés éphémères », dans Belin Olivier & Ferran Florence (dir.), Les éphémères, un patrimoine à construire, Fabula / Les colloques, 2016, en ligne, URL : http://www.fabula.org/colloques/document3055.php

– Twyman Michael, A History of chromolithography. Printed colour for All, London, The British Library Publishing Division, 2013.

CFP: colloque “Encager le ciel : approches artistiques, historiques et anthropologiques des volières”, Rome, 6-8 février 2020

Appel à communications

Colloque « Encager le ciel : approches artistiques, historiques et anthropologiques des volières »

(Rome, 6-8 février 2020)

Présentation

Ancrées dans le temps long de l’histoire des techniques, de la construction architecturale, de la domestication et de l’acclimatation par l’homme des espèces animales, les volières constituent un objet de recherche interdisciplinaire qui offre de multiples points d’entrée pour étudier les liens, présents ou passés, qui unissent les sociétés à leur environnement, pour explorer la place des oiseaux dans les imaginaires collectifs, mais aussi apprécier l’originalité des œuvres ou des constructions dont l’une des fonctions est de représenter, de signifier ou de rendre effectivement présente la vie animale.

Conçues principalement pour l’élevage, l’exposition et la conservation des oiseaux en captivité, les volières ont été déclinées historiquement dans une multitude de formes. À la différence des cages, qui sont des objets mobiles et de plus petites dimensions, celles-ci sont de véritables constructions qui s’inscrivent dans des ensembles paysagers ou architecturaux. Ouvrages hybrides et polymorphes, elles ont pour particularité de présenter des structures fortement ajourées, ce qui leur permet de fonctionner à la fois comme des bâtiments ouverts, des lieux de captivité et des dispositifs de présentation pour les collections animales. Les volières présentent en outre d’importants volumes, adaptés au vol des oiseaux sur de courtes distances : elles érigent le vol des oiseaux en spectacle pour un regard extérieur et tendent à célébrer comme un état de « semi-liberté » la captivité animale.

Ces compositions spatiales et matérielles qui abritent, organisent et mettent en scène une communauté de vivants, sont douées en elles-mêmes d’un fort potentiel métaphorique qui en font souvent les vectrices d’une grande variété de discours, pratiques et représentations. Volières domestiques, zoologiques, cynégétiques, ornementales nous éclairent aussi bien sur les représentations de la nature et la place des humains en son sein que sur les conceptions morales, les hiérarchies sociales, les paradigmes scientifiques. Elles révèlent les dynamiques de circulation des objets, des êtres vivants, des savoirs et des idées, à l’intérieur des sociétés et entre les cultures, ainsi que les rapports de domination qui les sous-tendent.

L’objectif de ce colloque international est d’explorer les principaux axes, domaines et thématiques d’une recherche interdisciplinaire sur les volières. Il s’agira également d’en préciser les matériaux, objets et modalités d’enquête, et d’initier de nouvelles lectures à travers des travaux inédits, soutenus par des méthodologies originales.

Les participants sont invités à penser leur objet d’étude selon trois axes principaux :

1/ Structures et dispositifs : constructions, expériences sensibles et esthétiques du vivant.

Le premier axe de recherche envisage les différentes fonctions assignées aux volières – productives, ornementales, musicales, scientifiques, etc. – à partir d’une analyse serrée des techniques, des dispositifs et des modalités de fonctionnement. Il touche à la conception architecturale, aux propriétés spatiales, visuelles et acoustiques, mais aussi aux techniques du corps et aux relations entre humains et animaux qu’elles induisent, aux formes de l’expérience sensible et aux affects.

2/ Oiseaux encagés, oiseaux en collections : de la prédation des individus à la conservation des espèces animales.

Le deuxième axe s’intéresse aux oiseaux des volières en tant que cheptels mais aussi en tant qu’objets de collection. Il cherche à identifier les espèces, à analyser les techniques de chasse et de transport, à retracer la géopolitique des approvisionnements, à comprendre la logique des accumulations, classifications, catégories : oiseaux de bouche, de chant ou de proie, espèces indigènes ou exotiques, objets de délectation ou d’attachement, spécimens de science ou de patrimoine…

3/ Volières comme systèmes symboliques : conceptions du monde, allégories morales, incarnations du pouvoir.

Le troisième axe envisage les volières du point de vue des représentations, des idées et des valeurs. De conceptions spirituelles en paradigmes scientifiques, les volières au fil du temps recomposent les configurations du vivant et les conceptions de la nature : elles indiquent les bonnes façons de relier entre elles les différentes entités qui les constituent et de s’y situer en tant qu’humain. Leur étude dévoile les croyances, les cosmogonies, autant que les épistémès. Elle souligne les rapports de force au sein des sociétés et entre elles, pour l’accès et le contrôle des ressources faunistiques notamment.

Les interventions pourront prendre la forme de monographies, d’enquêtes régionales, de recherches thématisées et/ou transversales, mais aussi de propositions d’ordre technique, méthodologique ou épistémologique, dans une approche ouverte sur les sciences humaines, les sciences, la médiation des savoirs et la valorisation des patrimoines, en vue de révéler toute la puissance heuristique et la valeur didactique de ces natures en cages.

Disciplines concernées : architecture, histoire de l’architecture, des arts, du paysage et des jardins, arts décoratifs, anthropologie de la nature et du vivant, anthropologie historique, heritage studies, collecting studies, museum studies, gender studies, postcolonial studies, histoire culturelle, histoire sociale, histoire des sciences, histoire des techniques, scénographie, littérature, musicologie, archéologie du son, archéozoologie, sciences du vivant, ornithologie, éthologie, animal studies.

Mots-clés : volières – cages – oiseaux – captivité – chasse – jardins – paysages – nature.

Organisation du colloque

Les langues de communication sont l’italien, le français et l’anglais. Les interventions seront limitées à 25 minutes. Les travaux présentés au colloque feront l’objet d’une expertise en vue de leur éventuelle publication dans un ouvrage scientifique collectif.

 

Candidatures

Les propositions d’intervention devront être envoyées par courriel, avant le 4 juillet 2019, à l’adresse suivante : patrizia.celli@villamedici.it

Elles devront comporter un titre, un résumé de 2500 signes maximum (espaces compris), ainsi qu’une présentation biographique de 1000 signes.

Les candidats seront informés de la sélection aux alentours du 15 juillet 2019 par courriel.

 

Organisateurs

Francesca Alberti, Académie de France à Rome – Villa Médicis ; Flaminia Bardati, Sapienza – Università di Roma ; Julien Bondaz, Université Lumière Lyon 2 ; Emmanuel Lurin, Sorbonne Université/Centre André Chastel ; Mélanie Roustan, Muséum national d’histoire naturelle.

Coordination

Patrizia Celli, Académie de France à Rome – Villa Médicis.

 

Comité scientifique

Baudouin van den Abeele, Université catholique de Louvain/FNRS ; Adrian van Allen, California Academy of Sciences, Berkeley ; Etienne Anheim, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris ; Cyrille Bret, Haute École des Arts du Rhin, Mulhouse et Strasbourg ; Hervé Brunon, Sorbonne Université/CNRS, Paris ; Alberta Campitelli, vice-présidente dell’Associazione parchi e giardini d’Italia, Roma ; Claudia Cieri Via, Sapienza – Università di Roma ; Allen Grieco, Harvard Center for Renaissance Studies, Villa I Tatti, Firenze ; Frédéric Keck, CNRS/Laboratoire d’anthropologie sociale, Paris ; Guy Lambert, École nationale d’architecture Paris-Belleville ; Frédéric Laugrand, Université Laval, Québec ; Iris Lauterbach, Technische Universität, München ; Corinne Le Bitouze, Bibliothèque nationale de France, Paris ; Vanessa Manceron, CNRS/LESC, Paris ; Anne Monjaret, CNRS, Laboratoire IIAC-LAHIC, Paris ; Monique Mosser, Sorbonne Université/CNRS, Paris ; Mauro Mussolin, Kunsthistorisches Institut in Florenz – Max Planck Institut ; Natsumi Nonaka, Illinois State University, Normal ; Patrizia Tosini, Università degli Studi di Roma Tre ; Anne-Gaëlle Weber, Université d’Artois, Arras.