Monthly Archives: March 2016

CFP: Prix UQÀM-Respatrimoni en études patrimoniales 2016

Le Réseau des chercheurs sur les patrimonialisations (Respatrimoni), en partenariat avec la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal et les Presses Universitaires de Rennes ont le plaisir d’annoncer le lancement du Prix UQAM-Respatrimoni en études patrimoniales 2016.

Ce prix consiste à offrir la publication de sa thèse à un jeune docteur.

Le manuscrit portera sur l’étude du patrimoine et doit être issu d’une thèse rédigée en français, soutenue trois ans au maximum avant la date limite de candidature. Les candidatures sont recevables par mail ou sur un dossier partagé avant le 15 juillet 2016 (voir règlement)

Pour cette troisième édition les membres du jury seront : Jean-Yves Andrieux, Marie Bridonneau, Martin Drouin, Guillaume Ethier, Cyril Isnart.

 

Le Prix UQAM-Respatrimoni

Le Prix UQAM-Respatrimoni en études patrimoniales, attribué tous les deux ans, a été créé par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal et le Réseau des chercheurs sur les patrimonialisations (Respatrimoni), en collaboration avec la collection “Art et Société” des Presses universitaires de Rennes, afin de publier une recherche doctorale novatrice dans le champ des études patrimoniales. Sélectionné par un jury pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales, le lauréat se distingue par l’excellence de son travail, son parcours post-doctoral et sa contribution au débat sur les usages sociaux du patrimoine.

Règlement

 

Article 1. Le prix, dénommé « Prix Uqam-Respatrimoni en études patrimoniales », consiste à offrir à un jeune docteur la publication d’un manuscrit issu de sa thèse et rédigé en français, portant sur l’étude du patrimoine, aux Presses Universitaire de Rennes, dans la collection « Art et Société ».

Article 2. Le prix est financé grâce au soutien de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal.

Article 3. Le prix est décerné tous les deux ans, au mois de novembre. Le premier millésime est 2012.

Article 4. Le prix est décerné par un jury de 5 personnalités scientifiques des études patrimoniales :

– deux nommées par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Uqam,

– deux nommées par le réseau  Respatrimoni -Réseau des Chercheurs sur les Patrimonialisations, représenté par le bureau de l’association de recherche sur les patrimonialisations,

– et une nommée par les Presses Universitaires de Rennes.

Le jury est nommé pour deux éditions du prix. Après discussion, le jury vote l’attribution du prix par un scrutin à 2 tours et à la majorité des voix.

Article 5. La thèse doit avoir été soutenue au maximum trois ans avant la date limite de soumission, dans l’une des disciplines des sciences humaines et sociales ou des humanités.

Article 6. Pour proposer leur candidature, les candidats devront fournir un dossier sous forme électronique rassemblant les éléments suivants, en format PDF :

– un CV détaillé (incluant une bibliographie)

– le synopsis du livre envisagé,

– la thèse soutenue,

– le rapport de soutenance.

Article 7. La date limite de soumission des candidatures est fixée au 15 juillet de l’année millésime du prix.

Article 8. Le résultat de la sélection est annoncé en novembre de l’année millésime du prix.

Article 9. Les candidatures sont recevables par voie électronique à l’adresse prixuqamrespatrimoni@gmail.com ou sur un dossier virtuel partagé (dropbox, googledrive).

Contact et demande de renseignements : prixuqamrespatrimoni@gmail.com

 

Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal

http://www.patrimoine.uqam.ca/

Respatrimoni – Réseau des chercheurs sur les patrimonialisations

http://www.respatrimoni.wordpress.com

Presses Universitaires de Rennes

www.pur-editions.fr/

CFP: Culture et Musées – Conserver et transmettre la performance artistique

 Appel à proposition d’articles pour un numéro thématique de la revue

Culture & Musées

Sous la direction de Jean-Marc Leveratto

Conserver et transmettre la performance artistique

L’objectif du numéro est d’explorer la question de la performance artistique du point de vue de sa conservation et de sa transmission aux futures générations. L’intérêt de cette manière d’aborder la performance réside dans la prise en compte de son caractère aujourd’hui transversal aux arts du spectacle et aux arts plastiques, qui interdit de faire de la performance artistique une caractéristique technique traditionnelle des arts du spectacle vivant ou inversement une nouveauté technique propre à la danse contemporaine et à l’art contemporain (Leveratto, 2006). L’exploration et la confrontation des problèmes pratiques —matériels et techniques — mais aussi des enjeux sociaux — symboliques au sens non seulement de la préservation de la signification artistique du geste artistique, mais également de sa signification morale et politique — offriront l’occasion de réfléchir à l’évolution de la forme musée, à son application à des genres de production artistique qui se sont développés sans aucun souci intellectuel de transmission du patrimoine ni de patrimonialisation (Kapchan, 1995), ou même à des genres de production artistique conçues pour le cadre muséal, mais dans un rapport explicite d’hostilité, de refus ou de subversion, de la forme muséale (Heinich, 2014). L’exposition « Body Art, Marks of Identity » inaugurée par  l’American Museum of Natural History de New York le 20 novembre 1999 ne fait pas que contribuer à la légitimation intellectuelle du Body Art mais inaugure sa muséification.

On peut ainsi confronter la difficulté pratique que pose, pour la conception et l’organisation d’un musée du théâtre, l’attachement de l’interprétation au corps périssable de l’acteur (Leveratto, 2001), ou la transformation de l’expérience in situ de l’événement que constitue son enregistrement vidéo, et la difficulté pratique que pose, pour le musée d’art contemporain, la résurrection d’une performance célèbre d’un artiste contemporain ou la conservation d’œuvres ou d’installations conçues par l’artiste pour qu’elles se dégradent.  Bref, l’entrée par la conservation et la transmission de la performance vers une approche anthropologique de l’expérience de la performance et de ses différents sens artistiques, du comédien de théâtre au body-art, en passant par la danse, l’opéra ou le rock. La question de la construction sociale de la qualité artistique dans le double sens de l’authentification de la réalité technique de la performance, de sa distinction de la simple reproduction d’un geste traditionnel  ou d’un simple jeu sans visée artistique (Goffman, 1972) et du degré de réussite de la transmission artistique (i.e. de la situation de médiation culturelle) pourra du même coup être placée au cœur de l’observation et de la réflexion.

Cet appel d’offre comporte donc deux entrées :

La première porte sur l’activité de patrimonialisation de la performance considérée sous l’angle des pratiques professionnelles de la conservation et de la transmission. Les articles peuvent porter sur les techniques de conservation et de transmission de la performance artistique étudiées du point de vue historique (l’évolution des pratiques, les débats pédagogiques, esthétiques, éthiques et politiques), d’un point de vue ethnographique (le compte rendu d’observation d’une situation de transmission d’une performance fondatrice, de la reconstitution audiovisuelle de la danse serpentine à la réincarnation d’un groupe de rock), d’un point de vue sociologique (les relations qui s’établissent entre acteurs professionnels de la conservation et de la transmission, et usagers, spectateurs et pratiquants amateurs participant physiquement à cette transmission).

La deuxième porte sur les effets de l’innovation technologique sur l’expérience de la consommation culturelle, les pratiques d’appropriation et de transmission de la performance artistique qu’autorise la numérisation (du post d’extraits vidéo au mash-up)  et les formes d’innovation culturelle et artistique qu’elle fait naître en continuité avec Internet, ou en contraste avec lui. La numérisation favorise, d’un côté, la transformation d’une œuvre reproductible comme un film de fiction en installation d’art contemporain (Un après-midi de chien, 1975, de Sydney Lumet, dans le cas de The Third Memory, 1999, de Pierre Huyghe, par exemple). De l’autre, elle autorise la valorisation du contact avec l’artiste en personne et la constitution du travail de création en une performance locale, la résidence d’artiste constituant de plus en plus un investissement culturel privilégié par les collectivités locales pour sa valeur éducative.

 

Références

Durand (Régis). 1980. «  Une nouvelle théâtralité, la performance ». Revue française d’études américaines, n° 10, Les théâtres de l’Amérique / The Theatres of America, p. 199-207.

Goffman (Erving). 1992. Les cadres de l’expérience. Paris : Minuit.

Heinich (Nathalie). 2014. Le paradigme de l’art contemporain. Structures d’une révolution artistique. Paris : Gallimard.

Kapchan (Deborah A.). 1995. « Performance ». The Journal of American Folklore, Vol. 108, No. 430, Common Ground: Keywords for the Study of Expressive Culture, p. 479-508.

Leveratto (Jean-Marc). 2001. « Le musée du théâtre ». Utinam, n° 2.

Schechner (Richard). 2003. Performance Theory. New York : Routledge.

Souriau (Étienne). 1973. « L’œuvre d’art comme personne  », in Problèmes de la personne, Paris, sous la direction de I. Meyerson, Paris : Mouton.

 

 

Modalités de réponse à l’appel à proposition d’articles :

Merci d’adresser vos propositions d’articles (5000 signes) par courriel avant le 30 avril 2016 à Jean-Marc Leveratto, rédacteur invité de la revue (jmleverat@numericable.fr) et Marie-Christine Bordeaux, directrice adjointe de rédaction de la revue (mc.bordeaux@wanadoo.fr).

Les résumés comporteront un titre, 5 références bibliographiques ainsi que les noms, adresse électronique et qualité de leur auteur.

 

Calendrier :

30 avril 2016 : réception des propositions (résumés)

Mi-mai 2016 : réponses aux auteurs et commande des textes pour les propositions acceptées

Début septembre 2016 : réception des textes

Novembre 2016 : réponses définitives aux auteurs et propositions éventuelles de modifications

Janvier 2017 : réception des textes dans leur version définitive

Juin 2017 : publication

 

La revue Culture & Musées

La revue Culture & Musées est une revue scientifique transdisciplinaire à comité de lecture. Ses publications sont orientées vers des travaux de recherche inédits sur les publics, les institutions et les médiations de la culture. Depuis 2010, elle possède une dimension internationale car elle est indexée à l’INIST et sur les bases Arts and Humanities Citation Index  (Thomson Reuters). Les contributions, regroupées autour d’un thème, font de chaque livraison un ouvrage collectif chargé d’approfondir un thème ou une question. La revue est co-éditée par l’Université d’Avignon et les éditions Actes Sud.

 

Directeurs de la rédaction

Frédéric Gimello-Mesplomb, directeur de publication, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Yves Winkin, directeur de rédaction, Musée des arts et métiers, CNAM

Marie-Christine Bordeaux, directrice adjointe de rédaction, Université Grenoble Alpes

 

Comité de rédaction

Serge Chaumier, Université d’Artois

Jacqueline Eidelman, Direction générale des patrimoines – Département de la politique des publics, ministère de la Culture et de la Communication

Catherine Guillou, Direction des publics du Centre Pompidou

Daniel Jacobi, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Emmanuelle Lallement, Direction générale des patrimoines – Département de la politique des publics, ministère de la Culture et de la Communication

Joëlle Le Marec , Université Paris Diderot

Jean-Marc Leveratto, Université de Lorraine

François Mairesse , Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

Anik Meunier , Université du Québec à Montréal

Anthony Pecqueux, École nationale supérieure d’architecture de Grenoble

Marie-Sylvie Poli, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Dominique Poulot, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Vincent Poussou, Direction des publics et du numérique de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais

Olivier Thévenin, Université de Haute-Alsace

Éric Triquet, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

 

Comité scientifique international

José Azevedo, Université de Porto (Portugal)

Howard S. Becker, San Francisco (États-Unis)

André Desvallées, conservateur général honoraire du patrimoine

Vera Dodebei, Université de Rio (Brésil)

John Durant, directeur du Musée Massachusetts Institute of Technology (États-Unis)

Emmanuel Ethis, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse (France)

Jean-Louis Fabiani, Université d’Europe Centrale (Hongrie)

André Gob, Université de Liège (Belgique)

Holger Höge, Université d’Oldenbourg (Allemagne)

Yves Jeanneret, Université Paris-Sorbonne (France)

Raymond Montpetit, Université du Québec à Montréal (Canada)

Xavier Roigé, Université de Barcelone (Espagne)

Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, directrice générale de l’ICOM

Bernard Schiele, Université du Québec à Montréal (Canada)

Philippe Verhaegen, Université de Louvain-la-Neuve (Belgique)

Françoise Wasserman, Conservateur général honoraire du patrimoine (France)

CFP: Appel à projets sur les mémoires du XXe siècle

Nous vous informons que l’appel à projets sur les mémoires du XXe  siècle, co-organisé par la DRAC (service ethnologie) et la Région est en ligne sur le site internet de la DRAC Auvergne Rhône-Alpes.

Une seule session aura lieu en 2016, la date limite de dépôt des dossiers de demande est fixée au 20 mai 2016.

Vous trouverez toutes les informations nécessaires via ce lien :
http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Auvergne-Rhone-Alpes/Appels-a-projets/Memoires-du-XXeme-siecle-en-Auvergne-Rhone-Alpes-Appel-a-projets-2016

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information

Job: Postdoc position on “cultural transfers” (Paris)

There is a one-year postdoc position open at the Laboratoire d’anthropologie sociale, in Paris, to study “the anthropology of cultural transfers: circulation, borrowing, assimilation, appropriation, transposition”.

The call for applications is in French, and candidates are expected to have a minimal understanding of French, but their application can be written in English. The deadline is 9 May 2016.

For more information, please see the call online: http://transfers.ens.fr/article529.html

Workshop: “Collaborative dilemmas” 12-13 avril 2016 – Paris

Workshop « Collaborative dilemmas »

12-13 April 2016

EHESS (190 av. de France, salle 002)

Policymaking and implementation across state institutions, international organisations and transnational networks of civil-society organisations are expanding fields of anthropological research. The complex positionalities that anthropologists adopt in these ethnographic contexts and their implications in epistemological, methodological and ethical terms are emerging as central issues in these fields. This workshop explores different and often controversial forms of anthropological engagement with global policy worlds and the dilemmas that collaboration entails against the background of a dominant neoliberal research agenda.

Whether emerging from intention, serendipity or necessity, researchers’ commitment to the explored policy fields and their complicity with research subjects are recurrent patterns in these ethnographic situations. As interns, consultants, advocates, representatives of governmental or non-governmental organisations, experts or temporary employees, researchers become actors in the processes that they are observing. This insider status affords key opportunities for exploring the creative friction that different policy regimes bring to global governance. Inside-track and first-hand experience also prevents simplistic essentialisation of “institutional cultures”. Yet taking on a position outside the comfort zone of the “hands-off” approach exhumes anthropology’s skeletons in the closet and generates pressing methodological anxieties, evidence of the difficult relation between action and knowledge production that characterises social sciences’ worldly interventions.

Belonging to the “epistemic community” that contributes to shaping the explored policy programmes provides scholars with the opportunity to impact social and political debate, yet it also radically challenges the founding anthropological assumption of a distinction between self and other and is therefore regarded as an obstacle to genuine critique. Furthermore, while collaborative anthropology in the exploration of the worlds of the marginal, dispossessed or dominated is appreciated as a form of social responsibility, working with powerful organisations is suspected for its multiple responsibilities to institutional or political interlocutors and to the groups that are affected by their intervention. Within this context ethnographic research raises numerous methodological, political and ethical dilemmas, especially when it is directly or indirectly supported by standard-setting organisations and policy-making institutions.

As social sciences come to grips with neoliberal research models, academics increasingly live with this uneasiness. Trained to formulate questions aimed at unpacking policy apparatuses, they are expected to provide answers to policy issues and contribute to governance objectives following managerial, rather than speculative, logics. In these contexts, scholars face the challenge of disseminating their research while being aware of their interlocutors negative perception of the analytical language they use to describe policy interventions. There are clearly no easy solutions to these conundrums. This workshop sets out to interrogate collaborative dilemmas by exploring the epistemological, ethical and methodological consequences of engagement, as well as of disengagement, with governmental agendas, international organisations, and other superseding institutions

Session 1: Tuesday 12 April (14h00-18h00)

Discussant: Dominique Schnapper 

Chiara Bortolotto (IIAC/LAHIC)

Collaborative dilemmas: introduction

George Marcus (University of California, Irvine) 

Observations on Anthropologists Navigating Their Research Within the Global-Scaled  Projects of  Neoliberal Leviathans, Circa 2000-2010

Ruth Phillips (Carleton University)

From ‘Knowledge’ to “Knowledges’:  Collaborative Research and Inter-Articulation in Museums

Pascale Haag (IRIS, EHESS)

Quand le faire et le dire vont ensemble – recherche et engagement 

Session 2: Wednesday 13 April (9h30-13h00)

Kristin Kuutma (University of Tartu)

Contemplating the field, the method and accountability in the world of organisations: UNESCO apparatus from within

Christoph Brumann (Max Planck Institute for Social Anthropology)

Heritage believers, heritage atheists, and other scholars in research about the UNESCO World Heritage arena

Birgit Müller (CNRS, IIAC/LAIOS

Action research in the Committee on Food Security of the United Nations

Irène Bellier (CNRS, IIAC/LAIOS

Engaging collaborative anthropology with indigenous peoples

Session 3: Wednesday 13 April (14h00-18h00)

Discussant: Antoine Bozio

Julie Billaud (Allegra Lab, Max Planck Institute for Social Anthropology, International Committee of the Red Cross)

The humanitarian ethnographer? On the methodological challenges and opportunities of researching the ICRC from within

Maria Sapignoli (Max Planck Institute for Social Anthropology, O’Brien Fellow in Residence McGill University

Dilemmas, Insecurities, and Opportunities in Multi-Positioned Ethnography

Giulia Scalettaris (IIAC- LAUM)

The International Organisation, Academia and the Researcher in the Making. Acts 1 and 2

Chirstian Hottin (ministère de la Culture et de la Communication) 

La fabrique de l’ethnologie du patrimoine : un regard de conservateur

 

Abstracts: http://frictions.hypotheses.org/47#more-47

CFP : Colloque “Le moment du patrimoine ethnologique”, Dijon, décembre 2016


Appel à communication


Le moment du patrimoine ethnologique

 

Colloque international
organisé par le Centre Georges Chevrier et l’Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain

 

MSH de Dijon
6, 7, 8 décembre 2016

 

 

À donner du crédit à l’hypothèse, formulée par Daniel Fabre (2013), selon laquelle, à partir des années 1960, sous l’impulsion du ministère des Affaires culturelles d’André Malraux, la société française serait entrée dans un « âge du patrimoine », on serait fondé à penser que l’invention du patrimoine ethnologique en a été un moment à la fois éclairant et singulier, à la fois le point d’orgue et le moment ultime. Éclairant parce qu’il aurait été la pleine expression de cet âge : prenant le pas sur le monument, le patrimoine devenait culturel puis immatériel, et étendait au peuple et à ses œuvres le périmètre de ce qui doit être distingué, au nom de la nation en même temps qu’à celui de la connaissance savante. Singulier car il introduisait cependant une note dissonante dans le cours réglé de la « raison patrimoniale » en accompagnant sinon en orchestrant un certain débordement des institutions, la « démocratisation » de la cause patrimoniale – voire sa déclinaison démocratique –, sa diffusion et sa saisie dans les mondes sociaux. En somme, le patrimoine ethnologique serait au cœur de l’ambivalence même de l’âge du patrimoine – d’ailleurs parfois indexé sur la thèse présentiste (Hartog 2003) – où l’expérience du passé se confond avec celle de la culture et devient non seulement une affaire de tous, dans laquelle tout un chacun peut faire valoir ce qu’il a et ce qu’il est, mais un argument significatif de « développement », maître-mot performatif du local au national dont l’usage se répand au même moment. Et ainsi, il aurait été le ferment de la formation d’un « espace public » du patrimoine dont l’extraordinaire sinon monstrueux déploiement aujourd’hui dans les mondes académiques, associatifs, administratifs, politiques, économiques, etc., ne connaît guère de limites. C’est cette position singulière du patrimoine ethnologique et de sa politique que nous souhaiterions interroger avec ce colloque qui prolonge un séminaire tenu en 2010-2011, (« L’instauration du patrimoine ethnologique. Projet scientifique, catégorie d’action publique et instrument de gouvernementalité : retour sur une expérience française », IIAC-LAHIC, Paris), et en constitue l’aboutissement.

Instrument de l’action publique – celle-ci étant confiée à un service de l’État, la Mission du patrimoine ethnologique (MPE), service qui a figuré dans l’organigramme du ministère de la Culture de 1980 à 2010 – mais aussi notion théorique, la catégorie de patrimoine ethnologique, a été constituée à un point de rencontre opportun relevant de l’intéressement réciproque entre science et administration. S’agissant de la science, à la fin des années 1970, la question à l’ordre du jour est la constitution disciplinaire d’une « ethnologie de la France ». Son objet, le « proche », est au cœur de débats interrogeant sa légitimité scientifique, quand elle est en même temps confrontée à la création de lieux académiques propres, dans les établissements d’enseignement supérieur comme dans ceux de recherche. À l’œuvre dans des institutions muséales (Musée national des arts et traditions populaires et autres), elle reste contrainte par la matérialité de l’objet de musée et soumise aux motifs du témoin et de l’urgence, de la typologie et de la série. Quant à l’administration, en forme de politique publique placée sous l’égide de la direction du Patrimoine du ministère, il s’agit de réguler – dans leurs dimensions régionalistes mais pas uniquement – des activités patrimoniales désignées comme amateures qui alors foisonnent et sont souvent liées à des mouvements de contestation du centralisme étatique.

Considérer la MPE comme ensemble pratique (Foucault 2004) de régulation des activités patrimoniales suppose de s’intéresser aux particularités de sa configuration. Trois traits méritent d’être soulignés. Premièrement, une indécision de positionnement technique et politique, au profit d’une fonction de financement de la recherche, qui aura pour effet à terme d’interroger sa place et son avenir au sein du ministère de la Culture. En effet, contrairement à d’autres missions ou départements ministériels – par exemple le Département des Études et de la Prospective du ministère de la Culture, la Mission Recherche (MIRE) du ministère des Affaires sociales ou la Mission recherche au ministère de la Justice (Bezes, Chauvière et Chevallier 2005) –, il ne lui est pas originellement attribué un rôle de prospective ou d’évaluation de l’action publique. La MPE n’est pas non plus portée par une conception de l’ethnologie comme science camérale ou engagée dans un processus de mobilisation de la discipline pour participer à la planification de l’action publique comme ce fût le cas des sciences sociales dans une visée d’efficacité des politiques culturelles publiques, dans les premières années d’existence du ministère de la Culture et des politiques de planification.

Deuxièmement, une absence de point d’appui législatif, à la différence d’autres politiques patrimoniales (concernant les monuments historiques ou l’archéologie). De ce point de vue, le dispositif, institutionnalisant une volonté de contrôle, paraît relever d’une gouvernementalité pastorale procédant au guidage des pratiques patrimoniales (Barbe 2013).

Troisièmement, une modulation des actions selon les niveaux administratifs et moments politiques. En effet, un partage de « l’action patrimoniale » (Barbe 2003), de ses modalités et de la recherche s’est peu à peu opéré. Les « correspondants régionaux » dans les DRAC (d’abord dénommés « conseillers sectoriels à l’ethnologie »), dont la MPE s’est dotée dès sa création –mouvement cependant jamais achevé –, ont noué leurs pratiques aux préoccupations relatives à l’action culturelle, au développement, à des questions politiques, aux « territoires » – ce qui a entraîné une dilution de la référence disciplinaire initiale et pu produire une prise de distance avec la fameuse chaîne patrimoniale « désigner, classifier, conserver, restaurer, publiciser », voire conduire à régler une « ethnologie d’intervention » (Rautenberg 2003). Si un nouage recherche-action culturelle a pu être tenté depuis le niveau central à l’occasion de changements politiques (comme après 1981 avec l’introduction d’acteurs culturels au sein du conseil du patrimoine ethnologique) ou de configurations particulières (les groupements d’intérêt ethnologique puis les ethnopôles), sa portée heuristique et politique semble être restée marginale. La MPE s’est au final heurtée à la contestation de la pertinence du financement de la  recherche dans une perspective qui paraissait trop généraliste au regard des missions du ministère de la Culture. Aujourd’hui, cette politique s’est doublement recomposée : d’une part dans une politique du patrimoine culturel immatériel (PCI) – dont l’objectivation redouble l’opposition entre action culturelle et posture documentaire d’inventaire –, d’autre part dans une ethnologie resserrée sur le patrimoine, en lien parfois avec d’autres services patrimoniaux de l’État.

Ces points constituent autant de pistes à explorer et pourront faire l’objet de communications, qu’elles relèvent spécifiquement d’une approche institutionnelle ou qu’elles proposent plus généralement de contribuer à une mise en perspective de la notion de patrimoine ethnologique. Ils sont redistribués autour des thèmes suivants :

1) Intéressement réciproque et dispositifs de gouvernement : les liens du savoir et du pouvoir. Si la MPE apparaît comme liée à un mode de gouvernement ou à l’usage du patrimoine pour gouverner (Brossat 2008), comment les dispositifs de savoir et de pouvoir se règlent-ils dans d’autres domaines de l’intervention de l’État ou d’autres échelons des politiques culturelles (régions, départements, etc.) ? Prise autrement, du point de vue du chercheur, la question pourrait être celle des politiques de l’intellectualité et de ses visées et des relations entretenues pour les atteindre.

2) Le moment du patrimoine ethnologique comme écho au « moment de l’ethnologie de la France ». Le moment sera entendu ici dans un sens relationnel c’est à dire tout à la fois comme s’insérant dans une succession temporelle (et donc connecté à d’autres moments), et fait de relations entretenues entre des postures singulières qui tournent autour d’un problème précis et possèdent une certaine unité (Worms 2009). Quelle serait la communauté de problème entre le patrimoine ethnologique et l’ethnologie de la France ? Quelle en serait la spécificité ? Ces deux moments (du patrimoine ethnologique et de l’ethnologie de la France) n’en font-ils qu’un ou bien se distinguent-ils, par les travaux conduits, les chercheurs engagés, les postures revendiquées… ?

3) Une recherche impliquée ? Même si l’objectivisme scientiste et le principe de neutralité axiologique sont encore largement revendiqués, l’idée d’une « science impliquée » visant le partage des savoirs et la mise en discussion de l’autorité scientifique bénéficie aujourd’hui d’un certain crédit (Coutellec 2015). Dès le début des années 1990, la MPE a été le lieu d’une réflexion, certes peu publicisée, sur l’implication du chercheur – en l’occurrence le conseiller à l’ethnologie – dans des processus partagés de connaissance et de valorisation d’éléments culturels, réflexion qui s’est traduite dans un tournant réflexif (Tornatore 2004), préfigurant dans une certaine mesure le « tournant participatif » que connaît le patrimoine aujourd’hui dans le cadre d’un « effet-PCI ». On s’interrogera sur cette contribution épistémologique : sa singularité au regard du domaine d’intervention (le secteur culturel), son positionnement au sein de l’ethno-anthropologie contemporaine et par rapport à d’autres courants apparentés : sociologie publique, intervention sociologique, recherche collaborative…

4) L’expertise, entre science ethnologique et initiatives citoyennes. Dans la veine de la recherche impliquée, un des effets de l’institution-MPE a été de promouvoir l’ethnologue en expert et d’instrumenter la connaissance ethnologique en savoir d’expertise. En même temps, elle l’a mis en position d’accompagner le « tournant patrimonial » (Voisenat 2016) en favorisant la constitution de forums hybrides, des espaces de co-construction de la valeur patrimoniale, voire en attribuant au patrimoine (au motif patrimonial) une capacité d’objet-frontière. Les modalités de cet accompagnement sont sans doute à éclaircir – eu égard à la visée de contrôle de l’État –, mais l’agent-ethnologue de la MPE est confronté à des expertises et modes de connaissance non référés au monde académique. Il y aura lieu d’explorer ce déplacement de la connaissance à l’expertise ethnologique et la manière dont il a été reçu autant au sein de la discipline que par les acteurs dits « ordinaires ». En outre, il serait opportun de considérer dans quelle mesure ce processus trouverait des prolongements et une forme d’aboutissement dans les phénomènes actuels de patrimonialisation « citoyenne » : en ce sens, la MPE aurait-elle, au fil de ses actions en trente ans d’existence, contribué à la légitimation ou à la reconnaissance de formes populaires de la culture ?

5) Entre pays, régions et nation : les échelles du patrimoine ethnologique. Par échelles du patrimoine ethnologique, il faut entendre, dans une position réflexive, le rapport entre le choix du niveau pertinent et celui du lieu d’où l’on parle avec ce qu’il produit s’agissant du phénomène à analyser (Lepetit 1999). La mise en perspective du dispositif MPE et de sa singularité passera par le regard porté depuis des analyses de chercheurs étrangers – tel Herman Lebovics (2005) – ainsi que par la convocation, dans une visée comparative, des expériences étrangères de désignation, de traitement, de théorisation et de politisation du « patrimoine ethnologique ». Mais il faut aussi comprendre les échelles de mise en œuvre pratique de la catégorie de patrimoine ethnologique dans l’action publique à différents niveaux d’organisation territoriale et politique. Cela vaut tant pour les tentatives de son introduction dans les instances de désignation mises en place par l’État (Commission supérieure des monuments historiques ou COREPHAE par exemple), dans le différentiel de sa mise en œuvre entre la « centrale » et les DRAC ou de son emploi dans des politiques associatives, départementales ou régionales. Comment est-elle dans ces différents cas configurée ? Que et qui met elle en branle ?

6) Musique, danse, conte, théâtre… patrimoine ethnologique et création. Surfant sur la vague régionaliste des années 1970, la MPE a entretenu une relation ambivalente avec les formes de la créativité populaire. D’un côté, puisque le patrimoine ethnologique tendait à se confondre avec l’ethnologie de la France, il s’agissait de se départir d’une approche objectale et folklorisante ; de l’autre cependant, par la dynamique impulsée, légitimant l’ethnographie des lieux, des pays, des territoires, comme par le travail particulièrement mené en région, de transgression des frontières concourant à identifier l’action ethnologique à une action culturelle, la MPE a pu favoriser le renouveau de formes expressives populaires, du moins l’essor d’une créativité se nourrissant et mettant en valeur ces formes expressives : musique, danse, conte, théâtre… Il y aura lieu d’interroger, à la lumière de cette hypothèse, les phénomènes de renouveau du conte, de valorisation des musiques populaires souvent accompagnée par une ethnomusicologie dépoussiérée, de développement de la pratique des bals populaires, de revitalisation de fêtes, de maintien d’expression en langues régionales, ou encore d’invention d’un théâtre d’intervention ou de rue à visée transgressive sinon revendicative.

7) Après le patrimoine ethnologique. En 2004, la Mission du patrimoine ethnologique devient « Mission à l’ethnologie » avant de se fondre, dans le cadre de la « Révision générale des politiques publiques » (2007-2012) menée sous la présidence de N. Sarkozy, dans un Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique (DPRPS). De quoi l’absence de référents patrimonial puis disciplinaire, ou les termes de pilotage et de politique sont-ils le/les nom(s) ?  L’ethnologie du patrimoine n’est-elle qu’une ethnologie déployée au sein d’une direction ministérielle sans efficacité pratique ou contrairement au patrimoine ethnologique a-t-elle une portée en matière d’action publique – par exemple en termes d’infléchissement ou bien de traduction juridique ? Autrement dit, le changement est-il de posture et/ou d’action et quelle serait alors sa singularité au sein de l’appareil de l’État-culture ? Le DPRPS déploie par ailleurs une politique en matière de PCI, en tant que chargé de mettre en œuvre la convention unesquienne ratifiée par la France en 2006. On pourra mettre en contraste les deux catégories patrimoniales, la française et l’internationale, patrimoine ethnologique et patrimoine culturel immatériel, en apprécier les continuités et les ruptures (Tornatore 2011). On s’interrogera sur les formes prises par l’immatérialité culturelle, comme sur celles de leurs modalités d’objectivation en fiches d’inventaires ou en candidatures à l’inscription sur l’une des listes de l’UNESCO, et leurs portées tant scientifique que politique.

L’ambition de ce colloque est de produire une anthropologie du moment du patrimoine ethnologique. Le mot ne doit pas être compris dans une optique étroitement disciplinaire mais dans le sens, philosophique, d’une compréhension totalisante du phénomène. Aussi sont bienvenues les approches et mises en perspectives depuis diverses disciplines des sciences humaines et sociales comme depuis diverses expériences, qu’elles soient affiliées ou non au monde académique.

 

 

Références bibliographiques

Barbe, Noël, 2003, « Actions patrimoniales », Les Nouvelles de l’Archéologie, n° 93, p. 5-7.

Barbe, Noël, 2013, « Isac Chiva, ethnologie et politique patrimoniale », Terrain, n° 60, pp. 148-163.

Bezes, Philippe, Michel Chauvière, Jacques Chevallier et al. (dir.), 2005, L’État à l’épreuve des sciences sociales. La fonction recherche dans les administrations sous la Ve République, Paris, La Découverte.

Brossat, Alain, 2008, Le Grand Dégoût culturel, Paris, Seuil.

Coutellec, Léo, 2015, La science au pluriel. Essai d’épistémologie pour les sciences impliquées, Versailles, Éditions Quae.

Fabre, Daniel, 2013, « Le patrimoine porté par l’émotion », in D. Fabre (dir.), Émotions patrimoniales, Paris, MSH, p. 13-98.

Foucault, Michel, 2004, Sécurité, territoire, population. Cours au Collège de France, 1977-1978, Paris, Seuil/Gallimard.

Hartog, François, 2003, Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Le Seuil.

Lebovics Herman, 2005, « On the Origins of the Mission du patrimoine ethnologique », Ethnologies comparées, n° 8  [en ligne]. http://alor.univ-montp3.fr/cerce/revue.htm

Lepetit, Bernard, 1999, Carnet de croquis. Sur la connaissance historique, Paris, Albin Michel.

Rautenberg, Michel, 2003, « L’intervention ethnologique. Témoignage et éléments de réflexion sur les relations entre recherche et action culturelle dans une direction régionale des affaires culturelles », in P. Poirrier et L. Vadelorge, Pour une histoire des politiques du patrimoine, Paris, Comité d’histoire du ministère de la culture, MSH, p. 269-289.

Tornatore, Jean-Louis, 2004, « La difficile politisation du patrimoine ethnologique », Terrain, n° 42, p. 149-160.

Tornatore, Jean-Louis, 2011, « Du patrimoine ethnologique au patrimoine culturel immatériel : suivre la voie politique de l’immatérialité culturelle », in Chiara Bortolotto (dir.), Le patrimoine culturel immatériel. Enjeux d’une nouvelle catégorie, Paris, Éditions de la MSH, p. 213-232.

Voisenat, Claudie, 2016 (à paraître), « Le tournant patrimonial », in Christian Hottin et Claudie Voisenat (dir.), Le moment patrimonial. Mutations contemporaines des métiers du patrimoine, Paris, Éditions de la MSH, à paraître en septembre 2016.

Worms, Frédéric,  La philosophie en France au XXe siècle. Moments, Paris, Gallimard 2009.

 

 

Pilotage :

Noël Barbe, Cnrs, IIAC-LAHIC et Drac de Bourgogne-Franche-Comté

Jean-Louis Tornatore, Université de Bourgogne-Franche-Comté, Centre Georges Chevrier

 

Comité scientifique :

Nicolas Adell, Université de Toulouse – Jean Jaurès, LISST-Centre d’anthropologie sociale

Chiara Bortolotto, IIAC-LAHIC

Jacques Cheyronnaud, Cnrs, Centre Norbert Elias

Gaetano Ciarcia, Université Paul Valery, Montpellier

Aurélie  Dumain, Ethnopôle Réinventer les musées populaires (Haute-Saône), Centre Max Weber-POCO Lyon

Ellen Hertz, Université de Neuchâtel, Suisse.

Christian Hottin, direction générale des patrimoines, Ministère de la culture.

Olivier Lazzarotti, Université de Picardie-Jules-Verne, Équipe « Habiter le monde »

Véronique Moulinié, CNRS, IIAC-LAHIC

Philippe Poirrier, Université de Bourgogne-Franche-Comté, Centre Georges Chevrier

Michel Rautenberg, Université Jean-Monnet, Saint-Etienne, Centre Max Weber

Sylvie Sagnes, Cnrs, IIAC-LAHIC

Claudie Voisenat, Cnrs/MCC, IIAC-LAHIC

Les propositions de communication (autour de 700 mots) sont à adresser conjointement à Noël Barbe (noel.barbe@cnrs.fr) et Jean-Louis Tornatore (jl.tornatore@free.fr) au plus tard le 15 juin 2016.

Platform: Wanted! PhDs Working on Cultural Memory

The CulturalBase Social Platform on Cultural Heritage and European Identities is looking for PhD candidates and post-docs working on issues related to cultural memory. Specifically: difficult and contested heritages, heritage and cultural rights, subaltern and countercultural heritages, bureaucratic and policy responses to heritage, commoditisation of culture and heritage tourism, and heritage education.
The Social Platform is bringing academics and stakeholders together to co-create new research agendas and policy recommendations for Europe.
We want to engage PhDs as stakeholders in the Social Platform to help us critique the project’s outputs, and to develop sustainable networks.
If you are interested, please contact: Jasper Chalcraft jmc40@sussex.ac.uk
For more information on the Social Platform itself: www.culturalbase.eu

Symposium: Montréal 2016 “Le patrimoine, ça change quoi?” – N’oubliez pas de vous inscrire!

Le patrimoine, ça change quoi?
Redécouvrez le patrimoine au XXIe siècle.
Le congrès « Le patrimoine, ça change quoi ? » vous attend.
Montréal
3 au 8 juin 2016
Analysez les enjeux.
Six jours. Le plus grand congrès d’études patrimoniales. 99 ateliers, séminaires et tables rondes. Plus de 700 participants de 80 pays et de tous les horizons : chercheurs, professionnels, créateurs, décideurs.
Discutez des défis.
Une large gamme d’activités culturelles et sociales qui multiplient les occasions et les sujets de discussions : cinéma, expositions, promenades urbaines, concerts, évènements gastronomiques, performances et installations.
Élargissez vos réseaux.
Une association transdisciplinaire et inclusive et des dizaines de groupes de recherche et d’intervention multiplient les tribunes, la visibilité et les occasions de collaboration. Venez rencontrer vos partenaires de demain.
Inscription hâtive jusqu’au 1er avril 2016

Grant: 2016 Musée du quai Branly : Bourses doctorales et postdoctorales 2016/2017 (limite : le 04/04/16)

APPEL A CANDIDATURES
Musée du quai Branly
Bourses doctorales et postdoctorales 2016/2017
Le musée du quai Branly propose chaque année des bourses doctorales et postdoctorales destinées à aider des doctorants et de jeunes docteurs à mener à bien des projets de recherche originaux et innovants.Les disciplines concernées sont : l’anthropologie, l’ethnomusicologie, l’histoire de l’art, l’histoire, l’archéologie (à partir du néolithique), la sociologie, les arts du spectacle.

Les domaines de recherche privilégiés sont : les arts occidentaux et extra-occidentaux, les patrimoines matériels et immatériels, les institutions muséales et leurs collections, la performance rituelle, la technologie et la culture matérielle.


LES BOURSES DOCTORALES 

Trois bourses doctorales sont destinées à soutenir des doctorants en fin de thèse inscrits au moins en troisième annéepour l’année universitaire 2016-2017 (dans une université française ou étrangère).

Ces bourses sont une aide à la rédaction et excluent les recherches de terrain et d’archive. Elles concernent uniquement des thèses portant sur des terrains extra-européens.

Ces bourses doctorales sont attribuées pour une durée de 12 mois non reconductible, du 1er octobre au 30 septembre. Elles seront en 2016 d’un montant mensuel de 1300 euros net.

Aucune condition de nationalité n’est exigée.

Plus d’informations sur : http://www.quaibranly.fr/fr/recherche-scientifique/activites/bourses-et-prix-de-these/bourses-de-recherche/

LES BOURSES POSTDOCTORALES  (veuillez noter que la procédure de sélection des candidatures post-doctorales a été modifiée et comprend désormais un appel thématique annuel) :

Le musée du quai Branly propose cinq bourses postdoctorales à de jeunes docteurs pour élaborer collectivement un programme de recherche d’un an sur la thématique « valeur et matérialités ».

Les candidat(e)s peuvent solliciter cette bourse jusqu’à cinq ans après la soutenance de leur thèse, c’est-à-dire pour des thèses soutenues depuis le 1er janvier 2011

Ces bourses postdoctorales sont attribuées pour une durée de 12 mois non reconductible du 1er octobre au 30 septembre, et seront en 2016 d’un montant mensuel de 2 093,84 € brut (sous forme d’un CDD).

Aucune condition de nationalité n’est exigée.

Plus d’informations sur : http://www.quaibranly.fr/fr/recherche-scientifique/activites/bourses-et-prix-de-these/bourses-de-recherche/

MODALITÉS D’ENREGISTREMENT DES CANDIDATURES : 

Les demandes de bourses doctorales ou postdoctorales doivent être établies suivant un formulaire à télécharger sur :  http://www.quaibranly.fr/fr/recherche-scientifique/activites/bourses-et-prix-de-these/bourses-de-recherche/

Pour être enregistré, le dossier de candidature complet doit obligatoirement faire l’objet d’un double envoi avant le lundi 4 avril 2016 à minuit :

par voie électronique, à l’adresse suivante bourses@quaibranly.fr : il est demandé aux candidat(e)s de procéder au regroupement des différents documents du dossier de candidature en un seul fichier au format pdf, ne dépassant pas 5Mo. Le fichier devra être nommé sur le modèle suivant : NOM_candidatureDOCouPOST-DOC_2016.pdf

par courrier postal (avec mention ‘Candidature Bourse doctorale/postdoctorale’ portée sur l’enveloppe), avec le formulaire de candidature daté et signé, à l’adresse suivante :

Département de la recherche et de l’enseignement
musée du quai Branly
222, rue de l’Université
75343 Paris Cedex 07

La liste de l’ensemble des candidat(e)s admis à concourir sera affichée sur le site web du musée le 8 avril.

Les candidat(e)s aux bourses post-doctorales sélectionnés pour l’audition seront contactés à la mi-juin pour une audition fin juin.

La liste des lauréats sera affichée sur le site web du musée du quai Branly et diffusée durant la première semaine du mois de juillet.

 

Workshop: Vies et morts des objets du quotidien, Rendez-vous ethnologique de Salagon 21-22 avril 2016

 

Rendez-vous ethnologique de Salagon

 

2e édition

Jeudi 21 et vendredi 22 avril 2016

 Musée de Salagon

Mane 04300

http://www.musee-de-salagon.com/accueil.html

Vies et morts des objets du quotidien

Organisé en partenariat avec l’IDEMEC (Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative, Aix-Marseille Université )

et le CRIA (Centro em Rede de Investigação em Antropologia, Lisbonne)

      Longtemps, les ethnographes emplirent des musées. Ils pensaient que des collections de choses (qui pouvaient être des objets physiques mais aussi des mots : contes, légendes, etc.) étaient suffisantes pour offrir une représentation de la culture. Ces accumulations pouvaient être gardées pour des études ultérieures, inévitablement centrées bien plus sur les propriétés formelles des artefacts et des discours que sur leurs modalités de production et d’usage. Puis l’anthropologie commença, à des rythmes différents selon les pays, à considérer qu’il convenait de prêter plus d’attention au contexte d’origine, de fonctionnement et de consommation des objets, et même aux conditions de leur collecte, afin de mieux en percevoir toutes les significations, y compris celles qu’ils acquièrent lorsqu’ils intègrent des représentations muséographiques — ce qu’il est devenu habituel de désigner comme « la vie sociale des objets ».

Les musées ethnographiques furent plus lents à parcourir un chemin semblable, mais les objets eux-mêmes finirent pourtant par les guider vers les mêmes préoccupations. Les choses de la « société de consommation » dont parlait le roman de Georges Perec en 1965 n’étaient en effet plus celles de la société rurale traditionnelle ou des univers coloniaux, notamment du fait de leurs matériaux, leur production industrielle en grandes séries, souvent délocalisée, et de leurs fonctionnalités très sophistiquées. Et même les musées d’art ont dû repenser les frontières, autrefois nettes, entre l’objet d’art et l’artefact industriel, voire entre l’art et le geste d’utiliser un objet. Pour certains musées, les objets en eux-mêmes n’ont plus une importance absolument centrale. Un même intérêt à l’égard de l’usage, de la consommation, de la performance rapproche donc à nouveau muséologues et anthropologues. Et qu’il s’agisse d’écrire, de filmer, de collecter ou de faire des expositions, les uns et les autres se confrontent à de semblables difficultés de représentation. De plus, les sciences sociales manifestent une attention croissante à l’égard des objets, notamment dans certains de leurs développements théoriques récents centrés sur les réseaux d’interaction entre les humains et tous les éléments de leur environnement, soulignant la capacité que ceux-ci ont d’intervenir dans l’existence des premiers.

Un musée tel que Salagon, dont on sait qu’il fut d’abord pensé pour être un conservatoire ethnologique, n’échappe pas aux profondes incertitudes qui accompagnent ces évolutions, dont les implications sont discutées depuis longtemps : les questions soulevées par exemple dans un numéro d’Ethnologie Française (Culture matérielle et modernité, dirigé par Martine Segalen et Christian Bromberger) paru en 1996 sont toujours d’actualité 20 ans plus tard. Hésitation entre étude de l’action technique ou de l’usage ; identification des moteurs principaux des processus d’innovation ; pertinence relative des diverses échelles d’observation ; incertitude de l’idée de « contemporain » ; validité de la distinction entre l’objet comme « document » ou comme « œuvre », proposée par Jean-Claude Duclos ; paradoxe du geste muséographique qui, tel un baiser qui tue, décontextualise, voire dénature pour protéger.

Les problèmes sont nombreux et vastes, d’autant que les objets sont omniprésents dans notre vie et investis de valeurs de tout ordre. En 2015, la 1ère édition du Rendez-vous ethnologique avait abordé les collectes, collections et inventaires. En portant maintenant le regard sur les Vies et morts des objets du quotidien, il s’agit bien-sûr de poursuivre l’échange amorcé l’année dernière entre acteurs de musées professionnels et amateurs, grands et petits, connus et discrets, à propos du traitement qu’ils donnent, ou aimeraient pouvoir donner aux objets qu’ils reçoivent – objets du quotidien plutôt qu’objets exceptionnels, afin d’occuper le champ d’observation le plus habituel de l’ethnologie, mais sans oublier toutefois qu’une œuvre d’art peut détenir un rôle important dans le quotidien de son propriétaire. À son arrivée au musée, qu’il soit acquis, reçu en donation ou prêté, l’objet sera traité à l’aune d’un système très égalitaire, mais les conditions exactes de sa mort en un quotidien et renaissance en un autre ne mériteraient-elles pas, au moins dans certains cas particulièrement éclairants ou au contraire très banals, une attention plus soutenue et explicite qu’une simple mention discrète au bas de l’étiquette ? Ne sont-elles pas des facteurs importants dans l’élaboration de nouvelles significations d’une pièce, qui eux aussi mériteraient parfois d´être exposés. Quelles sont les potentialités et les limites d’une telle proposition ? Et puis la muséalisation représente-t-elle toujours nécessairement un stade terminal ? Outre que les trajectoires des objets muséalisés peuvent être très diverses, entre leur placement en réserves perpétuelle et leur mise en vedette, la possibilité de leur aliénation, qui fut longtemps un tabou au moins en ce qui concerne les collections publiques, leur ouvre la perspective de cycles de vie ultérieurs.

La resignification de tout objet, banal ou exceptionnel, qui entre au musée est inévitable mais plus ou moins profonde selon la distance le séparant de notre univers culturel. Un pot à graisse, déjà fêlé et ébréché, qu’un enfant brisa par mégarde il y a 5728 ans, devient, patiemment reconstitué après une longue dormance de ses tessons, la pièce maîtresse d’un petit musée archéologique, illustration parfaite d’une certaine typologie de céramique, confirmation d’une hypothèse de diffusion d’une technique, peut-être emblème touristique de la localité, éventuellement aussi source d’un vertigineux sentiment de proximité esthétique. Les participants du Rendez-vous pourront quant à eux partager leur expérience de l’effet de mise à distance qui se produit lorsque le musée ethnographique (ou d’art) se risque à l’exposition d’ustensiles contemporains.

Il faudrait aussi tenter de mieux distinguer, en amont de la mise en musée, la pluralité des relations qui se nouent autour des objets qui, avant même d’entrer au musée puis encore après, peuvent vivre plusieurs vies et mourir plusieurs morts puisqu’ils peuvent entretenir de nombreuses relations individualisées, être utilisés par de nombreuses personnes en simultané ou au long du temps. Cassés, perdus, volés, ils peuvent être collés, trouvés, retrouvés, vendus, réappropriés, bricolés, adaptés… Nous entendrons des ethnologues qui observent ces moments charnières de l’existence, des ruptures de l’existence que des objets mettent à profit pour s’évanouir de notre quotidien tandis que d’autres s’y glissent : séparation, voyage, deuil, déménagement… Ce sont là autant d’occasions d’évaluer la force de nos liens à certains objets familiers ou d’anticiper l’attachement à un objet convoité. Exceptionnels, ces moments sont néanmoins une part ordinaire de la vie de tout un chacun et la vie, justement, se charge de les lisser.

La rencontre avec un objet inconnu ou l’effort de ressuscitation d’un objet comateux acquièrent-ils par contre une saillance particulière pour qui est spécialiste de ce genre de situation ? En fonction de quoi les huissiers de justice, les commissaires-priseurs, les techniciens de restauration, les égoutiers, les fonctionnaires des « objets trouvés », les réparateurs… ne donnent-ils peut-être pas tous la même place dans leur vie aux innombrables objets en situation liminaire, entre mort et réanimation, qui leur passent entre les mains ?

Donner donc aussi la parole à des professionnels, ce sera respecter la tradition, déjà longue pour le Séminaire d’ethnobotanique automnal, encore jeune pour le Rendez-vous ethnologique printanier, qui veut qu’à Salagon le monde universitaire s’ouvre large aux échanges avec la société. Et ce sera permettre que ce Rendez-vous puisse être une riche leçon de choses.

Programme du jeudi 21 avril

Matin (modérateur : Isabelle Laban-Dal Canto)

09:00 – Accueil.

09:30 – Ouverture par Florence Pizzorni (Ministère de la Culture, Bureau des réseaux territoriaux) et Jean-Louis Riccioli (DRAC PACA).

10:00 – Présentation par Cyril Isnart (CNRS, IDEMEC) et Isabelle Laban-Dal Canto (Musée de Salagon).

10:15 – Les choses de la vie et les objets du musée. Jean-Yves Durand (Universidade do Minho, Centro em Rede de Investigação em Antropologia).

10:55 – Pause.

11:15 – Objets inanimés, avez-vous donc une vie ? Biographie d’objets versus objets biographiques. Véronique Dassié (CNRS, IDEMEC).

11:55 –  Histoire d’une poêle à torréfier et d’un collier de chèvre. Dominique Coll (Association Les Coll’Buissonnière).

12:35 – Pause déjeuner.

Après-midi

14:00 – Atelier.

Trois groupes seront chargés, à partir de fiches d’inventaire qui documentent trois fonds de Salagon, de réfléchir au(x) sens que l’on peut redonner aux collections ainsi qu’à la scénographie qui pourra porter ces significations. Chaque atelier sera animé par un chercheur et un responsable de collection. Les résultats seront mis en commun lors d’un débat final.

17:00 – Fin de l’atelier.

 

Programme du vendredi 22 avril

Matin (modérateur : Jean-Yves Durand)

09:00 – Accueil.

09:30 – L’objet céramique inutile. Camille Virot (artiste, céramiste).

10:10 – Les designers rêvent-ils de façon éclectique ? Frédéric Frédout (designer).

10:50 – Pause

11:15 – Des objets ressuscités ou l’incarnation de la mémoire des migrants ubayens de retour au pays. Hélène Homps (Musée de la Sapinière, Barcelonnette).

11:55 – Faire et défaire le passé du présent. La conservation des papiers de famille dans la vallée de l’Ubaye (Provence alpine). Valérie Feschet (Aix-Marseille Université, IDEMEC).

12:35 – Pause déjeuner.

 

 

Après-midi (modérateur : Cyril Isnart)

14:00 – Destins contemporains des statues habillées de la vierge. Marlène Albert-Llorca (Université Jean Jaurès).

14:40 – De décombres en souvenirs. Archéologie du déchet industriel et anthropologie de la mémoire familiale. Thierry Bonnot (CNRS, IRIS).

15:20 – Débat final. Modérateur : Antonin Chabert (Musée de Salagon).

15:45 – Clôture par Christian Hottin (Ministère de la Culture et de la Communication, Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique).

16:15 – Fin de la session

Programme et formulaire d’inscription en fichier-joint pdf