CFP: Relations to Plants as a Heritage From Below in African Cities, African Studies Association of Africa (ASAA 2022), Université de Cape Town, Afrique du Sud, 11-16 avril 2022

Panel organisé par Saheed Aderinto (Western Carolina University, Cullowhee, United States) et Émilie Guitard, dans le cadre de la prochaine conférence de l‘African Studies Association of Africa (ASAA) à l’Université de Cape Town, en Afrique du Sud, du 11 au 16 avril 2022.
L’appel est ouvert jusqu’au 30 août et le dépôt de la proposition de communication (de 250 mots max.) doit se faire via cette plateforme : https://2022conference.as-aa.org/submit-work/call-for-abstracts/
La participation à la conférence sera possible à la fois à distance et en présentiel.

Relations to Plants as a Heritage From Below in African Cities

This double panel aims at gathering researchers in social sciences and humanities reflecting on the knowledge and forms of attachment to plants of the inhabitants of African cities, as part of the urban heritages produced from below and rarely recognised by the local and international institutions.

This double panel is built around INFRAPATRI, an interdisciplinary research programme (2021-2025) focusing on the knowledge and forms of attachment to plants of the inhabitants of Yaoundé (Cameroon), Ibadan (Nigeria), Porto-Novo (Benin Republic) and Dakar (Senegal). It will aim at discussing the first results of the programme by bringing together researchers in the social sciences and humanities working on similar topics in African cities.

The memorial relationships of city dwellers to plants, among other alternative heritage dynamics, are rarely recognised by the institutions (Cousin, Mengin 2011). However since their foundation, African cities have included multiple plants and green spaces (Sheridan and Nyamweru 2007). Today, they are often threatened by urbanisation policies, even if plants have also been recently brought back into fashion in many African cities, under the banner of the ‘sustainable city’ model put forward by international cooperation and development agencies (Myers 2016).

Plants in African cities are also daily used in a variety of ways based on practical or symbolic knowledge (Juhé-Beaulaton, 2009, Bigon and Katz, 2016). Together, these knowledges and uses belong to diverse urban communities based on family, ethnic identity, religion, neighbourhood, profession or political representation (Bondaz 2011, Ernston 2012). They are preserved and transmitted through different channels, at the basis of diverse forms of urban identification (Dorier-Apprill and Gervais-Lambony 2007). This panel will be thus an opportunity to present these plural relationships to plants and to analyse them in relation to past and present institutional attempts to manage urban nature in Africa.

Convenors:
Dr Emilie Guitard (CNRS/UMR Prodig, Aubervilliers, France)
Prof. Saheed Aderinto (Western Carolina University, Cullowhee, United States)

Publication: “KENZO TANGE – Gli anni della rivoluzione formale 1940/1970”

“KENZO TANGE – Gli anni della rivoluzione formale 1940/1970” [“KENZO TANGE – The years of the formal revolution 1940/1970”] published by Franco Angeli Edizioni.

The publication counted with the contribution of FrancoAngeli Architettura Art Design Urban Studies, Olimpia Niglio, Marco Biraghi, the Italy Japan Foundation, the Elèmire Zolla Writings Fund and Docomomo Italia.
Focusing on the period 1960/2020, the volume outlines a precise period of Tanghian research, projecting it within the Japanese cultural sphere and at the same time tracing that web of contacts and stimuli that has always been interwoven with the West. Contextualizing Tange’s work within his various critical seasons (from the symbolic language of his beginnings to the ‘megastructural’ plans of the 1960s), the book fills a fundamental gap in his studies on the architect, also making use of redesigns and unpublished materials from archive, including some photos taken by the Maestro.

To know more about the book, please go to the publisher’s website

Publication: L’impératif participatif. Institutions culturelles, amateurs et plateformes, aux éditions INA, de Marta Severo

L’impératif participatif. Institutions culturelles, amateurs et plateformes,
de Marta Sévéro, vient de paraître aux éditions INA.

Resumé
Cet ouvrage s’attache à décrire les rapports entre institutions et amateurs à
l’ère numérique en proposant un point de vue interdisciplinaire (en combinant
la sociologie, l’histoire de l’art, l’anthropologie et les Sciences de
l’Information et de la Communication) et en éclairant le phénomène de la
participation numérique dans le secteur culturel.
Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un
nouvel essor à la figure de l’amateur, notamment dans le domaine de la
culture. Face à cette nouvelle donne, plusieurs institutions ont lancé des
plateformes contributives culturelles, pour permettre à des amateurs, ou plus
généralement à des citoyens, de participer à la construction de savoirs liés à
leurs objets culturels en interaction avec l’institution. Les rapports entre
institutions et amateurs qui s’instaurent à travers ces dispositifs ne sont
pas linéaires et transparents. Si l’institution voit le besoin d’interagir
avec ces figures clés, en même temps elle a du mal à leur donner une place qui
en préserverait la liberté d’expression. Similairement, les amateurs qui
commencent leur activité en autonomie, sont souvent attirés par le cadre
institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur
action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à
l’aise.
En interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes,
entre sciences participatives et pratiques amateur, cet ouvrage a l’ambition
de proposer une nouvelle approche à l’étude des plateformes contributives en
tant que dispositifs multi-espace de dialogue entre les institutions et les
citoyens.

Marta Sévéro est Co-directrice du Département Information-Communication de
l’Université de Paris Nanterre / Directrice Adjointe du laboratoire DICEN-
idf / Coordinatrice du FabPart-Lab
http://www.martasevero.com
https://fplab.parisnanterre.fr/

Plus d’info : https://presse.ina.fr/imperatif-participatif/
En vente en librairie et prochainement en version numérique.

Publication : Rapport de recherche “Archéologie et bien commun. Figures de la propriété et du préjudice archéologiques / Mission de recherche Droit & Justice”

Nous vous informons de la mise en ligne sur le site internet de la Mission de recherche Droit & Justice du rapport de recherche Archéologie & Bien commun. Figures de la propriété et du préjudice archéologiques, sous la direction de Vincent Négri.

Vous pouvez le consulter et le télécharger via le lien suivant : Archéologie & Bien commun. Figures de la propriété et du préjudice archéologiques

Publication: Langues et patrimoine culturel, dir. Samira Moukrim, Carmen Alén Garabato, Henri Boyer, Hachem Jarmouni

LANGUES ET PATRIMOINE CULTUREL
Sous la direction de Samira Moukrim, Carmen Alén Garabato, Henri Boyer, Hachem Jarmouni

Cet ouvrage traite, à travers onze articles, plusieurs questions relatives au rapport entre langue, patrimoine culturel et patrimonialisation : comment la langue sous-tend le patrimoine culturel immatériel et comment ce dernier contribue à la protection de la langue ? Comment se concrétise le processus de patrimonialisation dans l’imaginaire collectif et dans quelles conditions ? Comment certaines langues dominées ou en voie d’extinction sont « patrimonialisées » ? Dans quelles occasions sont-elles mises en avant ? etc.
Les organisateurs du 1er colloque international « Langues et patrimoine culturel », coordonné par Samira MOUKRIM et Hachem JARMOUNI, se sont fixé l’objectif d’entamer une réflexion collective concernant cette problématique mondiale à partir de terrains, de méthodes et d’approches théoriques très divers. Ce colloque, organisé à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès par le Laboratoire Discours, Créativité, Sociétés et Religions en partenariat avec le Laboratoire DIPRALANG EA 739 (Université Paul-Valéry Montpellier 3), a réuni du 27 au 30 octobre 2019 des chercheurs dont les travaux concernent, entre autres, la langue amazighe (berbère) et ses variétés (tamazight, kabyle, rifain…), l’arabe dialectal, l’occitan, le galicien, l’asturien, le castillan, le basque, le catalan, le français dans sa diversité régionale, le sicilien, l’italien, ou encore le slavon d’église.–

CFP: Catastrophes patrimoniales Notre-Dame de Paris au risque de la comparaison 16-17 décembre 2021 Institut national du patrimoine, Paris

Appel à contribution

Catastrophes patrimoniales

Notre-Dame de Paris au risque de la comparaison

16-17 décembre 2021

Institut national du patrimoine, Paris

Chantier scientifique Notre-Dame

CNRS et Ministère de la Culture

Groupe de travail Émotions-Mobilisations

Axe 3 Approches comparatives

Le 15 avril 2019, l’incendie et la destruction de la toiture de Notre-Dame de Paris déclenche une émotion internationale dont les manifestations dépassent largement les frontières des communautés religieuses et nationales touchées par la dégradation de la première des cathédrales et de l’un des monuments majeurs du patrimoine français. L’on peut se pencher sur les effets de cette catastrophe dans sa singularité, au plus près des acteurs qui ont lutté contre l’incendie, des populations qui voisinent avec le monument et des spécialistes qui s’occupent aujourd’hui de la restauration, tout en rappelant l’inscription de Notre-Dame dans les récits nationaux français. Le groupe de travail Émotions-Mobilisations s’attelle à cette tâche en étudiant le devenir des restes de l’incendie, entre matérialités et sacralités, et les pratiques de médiation patrimoniale bouleversées par la catastrophe qui interdit la visite et le contact physique des visiteurs avec la cathédrale.

Cependant, le rappel d’autres désastres patrimoniaux, sous des latitudes et dans des contextes historiques et politiques bien différents, peut sans doute nous montrer l’incendie de Notre-Dame sous un autre jour. La comparaison ici ne consiste pas à réduire le cas particulier à la généralité d’un modèle, ni à penser chaque catastrophe comme incomparable et irréductible. Au contraire, il s’agit de penser ensemble les singularités, les divergences et les ressemblances, afin de donner à voir chacun des cas à la lumière des autres, dans un dialogue entre les structures d’un phénomène qui se reproduit et les configurations locales toujours inédites et singulières. Au sein de l’axe 3 Approches comparatives du groupe de travail Émotions-Mobilisations, sont étudiés les cas du Musée national de Rio de Janeiro (Brésil), de Coventry (Royaume-Uni) et de Notre-Dame-de-la-Merci (France, Bretagne). Ces rencontres comparatives ouvrent le paysage à d’autres lieux, d’autres moments et d’autres monuments.

En soumettant la destruction de Notre-Dame de Paris du 15 avril 2019 au risque de la comparaison, l’enjeu consiste à mettre au jour une sorte de grammaire de la catastrophe patrimoniale, en utilisant les outils de l’anthropologie des émotions patrimoniales et des catastrophes, tout en restant attentifs aux singularités dont chaque événement est porteur et qui révèlent les modalités contemporaines des sensibilités patrimoniales de nos sociétés. 

Dans le cadre d’études de cas de différentes catastrophes patrimoniales d’ampleurs variées, on pourra s’interroger sur plusieurs des thématiques suivantes.

Pratiques et réactions : registres des émotions et des mobilisations

L’événement que constitue la destruction d’un monument entraîne une série de réactions individuelles et collectives qui dessinent un large spectre d’émotions et de mobilisations. Il serait possible d’en établir l’inventaire et d’en étudier les modalités et les contextes d’apparition, tant du point de vue du parcours des individus que des temporalités et du passé collectif des groupes touchés par la catastrophe. Il est notamment possible de cartographier la diffusion numérique de la catastrophe, en étudiant l’utilisation des réseaux sociaux qui conduit à une mobilisation qui dépasse le lieu de la catastrophe, souvent dans de plus grandes proportions et à plus grande vitesse. On s’arrêtera notamment sur les mots, les gestes, les acteurs, les moyens de diffusion qui mettent au jour les émotions partagées (déploration, indignation, stupéfaction, motivation, mobilisation de la mémoire), et sur les formes d’organisation des moyens mis en œuvre pour répondre à la catastrophe (recours aux forces de l’ordre, mobilisation citoyenne, monde associatif, collecte de fonds, mise en récit et en sens). Mais on doit également pouvoir montrer de façon assez précise dans quelle mesure ces registres  d’émotions et de mobilisations participent de la construction sociale de l’événement catastrophique et modèlent en retour les manières de penser, dire et sentir les effets du désastre. Ainsi, alors que le saisissement émotionnel qui se met en scène dans l’intimité des foyers, dans les médias qui font émerger et diffusent les sentiments au niveau collectif, ou dans les prises de position publiques des responsables du monument et des hommes politiques, l’inventaire des registres des émotions et des mobilisations permettra de mieux comprendre comment la catastrophe est à la fois la cause de l’expression des émotions et de l’organisation des mobilisations, mais également le produit d’un processus social complexe qui détermine dans le même temps sa perception et son sens.

Conséquences : nature du bien patrimonial et effets sociaux et patrimoniaux du drame

Après le drame et la formulation de ses interprétations sur le vif vient le moment des tentatives de résolution du désordre et du vide que la catastrophe a pu causer. Intimement lié au premier temps de l’émotion et de la mobilisation, celui de la reprise en main du cours des choses n’en constitue pas moins une arène sociale et politique où vont s’affronter des orientations de restauration qui doivent être en cohérence avec les directives patrimoniales en vigueur, mais également des visions du futur du monument et des perspectives globales sur ce que le patrimoine représente pour l’avenir de la société. On peut émettre l’hypothèse que la nature, l’état et la notoriété de l’élément patrimonial touché par la catastrophe a une forte incidence sur la réparation et sur les représentations collectives qu’elle charrie avec elle. L’inscription du bâtiment dans l’histoire des représentations nationales ou locales, son rôle dans les rituels collectifs ou intimes, la diversité culturelle ou religieuse que le monument incarne, ses usages religieux indexés à la place des institutions confessionnelles, la valorisation touristique dont il pouvait faire l’objet doivent sans doute peser dans les choix patrimoniaux de restauration, dans l’ampleur des mobilisations collectives et dans la fabrique de la mémoire sociale du drame et du monument. À partir d’étude de cas précis, on pourra s’interroger sur les liens entre le statut social, religieux, identitaire ou culturel de l’élément patrimonial avant la catastrophe et les directions que les responsables et les acteurs de la restauration ont suivi et ainsi évaluer l’incidence de ces facteurs sur l’importance que le monument, qui peut se révéler renforcée, affaiblie ou transformée en raison des dommages qu’il a subis.

Mémoire : fabrique sociale du souvenir et modalités de narrations

Les catastrophes patrimoniales qui affectent les institutions culturelles et religieuses actualisent les mémoires, les émotions et les mobilisations avec des effets individuels et collectifs d’une grande répercussion et d’une grande puissance. Enquêter sur la manière dont les récits de ces catastrophes, produits par les acteurs sociaux, opèrent dans le jeu entre mémoire et oubli, se présente comme une voie pertinente pour élargir la compréhension de ces phénomènes sociaux.

En raison de leur caractère hautement sélectif, les récits mémoriels incarnent des perspectives singulières qui reflètent le pouvoir de la mémoire sur ce qu’il faut retenir et ce qu’il faut oublier, ce qu’il faut négliger et ce qu’il faut amplifier. La dimension rétrospective du récit n’efface donc en rien la dimension actuelle de la narration et fabrique en même temps les conditions de la remémoration. Ainsi, nous prenons le récit comme un genre discursif à travers lequel les institutions et leurs acteurs se construisent socialement à partir d’opérations de cadrage et de sélection sur leur passé en vue de façonner leur avenir. À travers l’analyse des récits, circonscrits par certaines matrices sociales, individuelles ou culturelles, les dynamiques entre  mémoires institutionnelles, collectives et personnelles de la catastrophe peuvent apparaître de façon plus nette.

Il importe alors de comprendre quelles représentations, émotions et mobilisations collectives sont mises au jour à travers des récits qui racontent la catastrophe. Ces derniers semblent d’abord pointer vers la perte et la destruction, mais ils suggèrent aussi la persévérance et la permanence, à travers les traces qu’ils deviennent ou qu’ils interprètent. Il est probable que les récits sont à l’origine de processus de résistance et de redéfinition qui consolident des formes d’appartenance collectives. On se demandera dans quelle mesure et de quelle manière les récits énoncent, évoquent ou atténuent les pertes causées par les catastrophes, s’ils opèrent des transformations de processus collectifs de résistance, s’ils contribuent à la transmission des souvenirs des catastrophes et s’ils peuvent parfois empêcher la répétition du malheur.

Crises patrimoniales : la catastrophe comme construction sociale de la fragilité du patrimoine

Le patrimoine culturel, dans sa version intergouvernementale comme dans la vision des instances nationales ou régionales qui en ont la charge, se définit en premier lieu comme un élément qui, outre sa fonction identitaire, est toujours en risque de disparaître : dégradation physique, oubli du sens par les générations actuelles, coût financier exorbitant, usage touristique dévastateur, menaces climatiques, extinction des porteurs de traditions ou prédation financière. Le paradigme de la “bibliothèque qui brûle” comme celui de l’endangerment fonctionnent comme la définition de ce qui fait patrimoine : sa valeur culturelle est indexée à sa fragilité. La catastrophe qui endommage et détruit un élément culturel peut se situer au point culminant de la liste des dangers qu’encourt le patrimoine. Survenant par négligence, par accident ou par dessein, la catastrophe vient confirmer la fragilité intrinsèque du patrimoine culturel et ravive alors la rhétorique de la perte qui est à l’œuvre dans toute entreprise patrimoniale.

A contrario, on peut constater une augmentation de l’utilisation des technologies numériques appliquées à la préservation du patrimoine et apparaissent comme des ressources importantes pour la connaissance des biens culturels. Mais il existe un certain fétichisme par rapport à ces technologies, souvent perçues comme une “salvation” : la numérisation et l’impression 3D permettraient de compenser la perte du patrimoine physique. Une réflexion sur les outils numériques remet donc en jeu des débats déjà bien connus sur l’authenticité, la valeur patrimoniale et la fragilité du statut patrimonial lui-même.

Il s’agit ici de décrire la place que tient le désastre patrimonial dans la palette des expressions, des représentations et des narrations de la fin et du danger, et d’envisager la manière dont il participe, soutient, diversifie ou amplifie le recours aux récits apocalyptiques, allant jusqu’à son insertion dans des théories du complot aux usages politiques douteux. On tentera donc de comprendre comment la fin d’un monde se retrouve en puissance dans la catastrophe patrimoniale et comment la mobilisation – y compris numérique – envers le patrimoine peut constituer, au rebours, une sorte de combat salvateur contre la perte et la fin du monde.

Temporalité et spatialité : la catastrophe comme événement dans le temps et dans l’espace

S’il est de nos jours devenu courant de citer ce vers de Shakespeare « Time is out of joint », le temps se dégonde ou est hors de ses gonds, c’est que cette formule entre en résonance avec notre actualité. On l’aborde ici par la problématique de l’événement provoqué par la destruction volontaire ou accidentelle de sites urbains emblématiques, ce qui induit la question des temporalités telles qu’elles apparaissent structurées par la catastrophe qui fait date.

Définissant un avant et un après, l’événement lui-même bref, force à s’interroger sur ce que fut avant, dans sa positivité comme dans sa négativité, sur la nostalgie de ce qui n’est plus, mais aussi sur l’espoir de ce qui sera et fera advenir « un monde meilleur », autre formule récurrente de nos jours. Le propos de ce panel est donc de considérer les temporalités à l’œuvre, la violence de la rupture, mais aussi les rémanences qui se perpétuent ainsi que les projections censées dépasser les contradictions antérieures.

Comment, dans le temps long comme à travers la diversité des sites et espaces nationaux étudiés, comment face à la catastrophe urbaine touchant en particulier des édifices patrimoniaux (religieux ou laïques comme bibliothèques, ponts, monuments divers), incarnations même de notre pérennité et stabilité ainsi que le percevait Halbwachs, cherche-t-on à sauver, réparer, reconstituer, corriger, magnifier ? Faut-il intégrer ou effacer l’événement ? Comment traces du passé et affirmation d’une continuité peuvent-elles coexister avec volonté de renaissance ? Si le traumatisme enferme dans un temps qui ne passe pas, que dire de l’émotion provoquée par la catastrophe, laquelle se dilue au contraire avec rapidité ? Et dans quelle mesure le regard anthropologique tout à la fois distant, décentré et empathique peut-il refléter ces phénomènes ?

Droit au patrimoine : reconstruction, citoyenneté et usages politiques de la culture

Habituellement classés comme « accidents » dans les sphères des enquêtes, de l’administration et des médias, les événements patrimoniaux critiques tels que les incendies peuvent se révéler comme le résultat d’un long processus de répartition inégale des risques et de vulnérabilité et, en conséquence, de vulnérabilisation des collections et des bâtiments. Dans ces scénarios, les causes de la catastrophe acquièrent une importance narrative particulière (comme les “court-circuits”, les “pénuries d’eau”, les “défaillances humaines”, la “mauvaise gestion”), les processus médiatiques et d’expertise sont ritualisés, les responsabilités administratives et les projets de reconstruction sont fortement indexés aux usages sociaux et instrumentalisations politiques de la catastrophe.

Cependant, dans un cadre comparatif qui inscrit le monument dégradé ou détruit dans une série historique d’autres drames, des distinctions significatives peuvent émerger, relatives aux investissements financiers, au positionnement de classe, de race et d’appartenance ethnique qui donnent à comprendre la position du bien patrimonial comme les politiques de sa gestion administrative et matérielle.

De la même façon, dans les zones sinistrées, à partir des rapports entre les personnes touchées et les agents de l’État et de la coopération technique et humanitaire, les politiques d’aide sont organisées, des lignes directrices patrimoniales sont imposées et superposées, et les projets de reconstruction et de mobilisation du futur sont souvent accompagnés de processus de responsabilisation et de remise en cause des compétences.

Dans ces arènes, le drame originel peut se multiplier en de nouveaux et d’innombrables drames successifs. Les communautés et les groupes affectés doivent alors organiser des formes dynamiques de solidarité, de réponse aux traumatismes et du droit à la reconstruction dans les langages de la citoyenneté, de la culture et du patrimoine.

Réflexivité : les chercheurs et les acteurs face au drame

La reconnaissance des multiples médiations par lesquelles l’anthropologie, et la connaissance scientifique en général, sont « produites » – de son financement, à l’accès au terrain et aux personnes, et même aux conditions académiques de préparation des résultats – implique une attitude réflexive, qui doit être constitutive de notre pratique. La réflexivité prend des contours particuliers lorsqu’il s’agit d’aborder les questions patrimoniales, compte tenu de la multiplicité des rôles que nous occupons dans ce domaine. Nous ne sommes pas seulement des analystes ou des spécialistes du patrimoine, mais des agents de cette politique : nous validons des demandes, par l’émission de rapports ou par élaboration d´inventaires, nous gérons des institutions, nous produisons des collections, nous sommes des exécuteurs de politiques publiques de protection des biens. Les rôles variés et le poids relatif que nous portons déterminent souvent des situations sensibles qui nous demandent de mobiliser un sens de l’action micropolitique. Ils appellent des réflexions éthico-morales sur la production de connaissances anthropologiques face aux impératifs de silence et d’engagement afin de préserver les institutions et les groupes avec lesquels nous sommes en relation et menons nos enquêtes. Pour traiter de ces aspects réflexifs, le partage d’étude de cas permettra de confronter des expériences de terrain sur les catastrophes patrimoniales qui posent des questions méthodologiques et éthiques centrales.

Les conférences d’ouverture seront prononcées par Véronique Dassié (UMR Héritages) et  Sandrine Revet (Science Po, CERI).

L’appel a été rédigé par les membres de l’Axe 3. Approches comparatives du groupe de travail Émotions-Mobilisations du Chantier Scientifique Notre-Dame (CNRS-Ministère de la Culture) :

Vivian Luiz Fonseca (Fondation Getulio Vargas et Université de l’Etat de Rio de Janeiro)

Emma Goacolou (Service de l’inventaire du patrimoine, Région Bretagne)

Elsa Grugeon (Sciences Po Aix, Aix Marseille Univ, CNRS, Mesopolhis)

Garance Girard (Service de l’inventaire du patrimoine, Région Bretagne)

Cyril Isnart (CNRS Aix Marseille Université, IDEMEC)

Renata de Castro Menezes (Museu nacional, Universidade Federal do Rio de Janeiro)

Edmundo Pereira (Museu nacional, Universidade Federal do Rio de Janeiro)

Thaís Mayumi Pinheiro (Museu nacional, Universidade Federal do Rio de Janeiro)

Diana de Souza Pinto (Universidade Federal do Estado do Rio de Janeiro)

Anne Raulin (Université Paris Nanterre)

Les propositions (300 mots, auteur(s), affiliation et email) peuvent s’appuyer sur un ou plusieurs cas de désastres patrimoniaux et sur une ou plusieurs des thématiques énoncées ci-dessus. Elles doivent être adressées à Cyril Isnart, isnartc@gmail.com, avant le 15 septembre 2021. Les participants recevront les résultats vers le 1er octobre 2021.

Si les conditions sanitaires le permettent, la rencontre se déroulera à l’Institut national du patrimoine, Paris. Les frais de déplacements seront pris en charge par l’organisation.

CFP: IUAES Panel – Ethnography of conial heritage in contemporary institutions

CALL FOR PAPERSIUAES Panel
nETHNOGRAPHY OF COLONIAL HERITAGE IN CONTEMPORARY INSTITUTIONS
Convenors:
Vinicius Kauê Ferreira (Federal University of Rio de Janeiro)
Faten Khazaei (Goldsmiths, University of London)

Short Abstract:
In this panel we suggest tackling the remnants of colonial heritage in terms of representations and discourses and the ways in which they continue to shape and influence contemporary practices of public institutions such as academia, police, hospital and social services in Europe, but also beyond it. While institutions are increasingly subject to ethnographic analysis in different national contexts, these ethnographies remain very much embodied in the micro analysis of the present. The longer historical processes of meaning making, and the coloniality of power have been less focus of the research. We invite papers which focus on the colonial heritage in different forms, and the ways in which they are reactivated and re-actualized in contemporary state-run institutional settings. Our own take on the subject is through two different theoretical frameworks. On the one hand, the link between knowledge and power runs through our investigation of contemporary Western academic institutions and the ways in which the knowledge produced in the Global South but also non-western researchers are circulated, included or excluded from the global circles of knowledge production. On the other hand, we investigate how the colonial dichotomy of the “civilized Us” versus the “backward/traditional Others” runs through the practices of public institutions in contemporary Europe and the ways in which it shapes their treatment of different social problems such as domestic violence or children at risk. In this panel we aim to open a debate on the relation between historical colonial heritage and the ethnography/anthropology of the present. The idea is to study the still colonial framework of relations between the Global South and the Global North as a necessity for the creation of new global collaborations and interconnections for creating a possible world which better faces new global challenges ahead such as climate change, new pandemics and economic crisis.See here for more detailshttps://www.iuaes2021yucatan.org/approved-panels/
Deadline for submissionsJuly 10, 2021

CFP: Raconter et exposer les minorités : médiations muséales en France et en Amérique du Nord

Raconter et exposer les minorités : médiations muséales en France et en Amérique du Nord

Telling and exhibiting minorities in France and North America: minorities and their museum mediations (English below)

Dates : Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022 (04/20/2022 & 04/21/2022 )

Lieu : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet. (Paris/Aubervilliers)

Ce colloque international est organisé par l’Institut d’Histoire du Temps Présent, UMR 8244 (CNRS-Université Paris 8) et le musée du quai Branly – Jacques Chirac,

avec le soutien de l’Université Paris Lumières, ComUE UPL, du Musée National de l’Histoire de l’Immigration, de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, du Center for Research on the English-speaking World (CREW) – EA 4399 de la Sorbonne Nouvelle, et du Labex les Passés dans le Présent.

 Nous proposons dans ce colloque de nous pencher sur les relations entre les minorités et les musées et sites patrimoniaux en Amérique du Nord et en France et d’abandonner le point de vue majoritaire, qui se décline en termes de domination et d’assignation, pour renverser le regard. En nous situant du point de vue de l’expérience minoritaire, nous pourrons envisager la minorité dans sa capacité à agir (Ndiaye, 2008 ; Chassain et al., 2016). Les minorités sont perçues et définies par le groupe majoritaire en tant que mineures selon deux principes qui ne s’excluent pas : celui du nombre, qui identifie différents traits religieux, ethniques ou culturels, et celui du statut, qui caractérise ce qui est tenu pour mineur, renvoyé à la mémoire des vaincus, à l’absence d’histoire. Dans la relation des minorités aux musées, il est possible de distinguer deux mouvements qui, bien qu’autonomes, interagissent. Le premier, sans doute le plus documenté, par lequel les musées ont essayé de « décoloniser » les récits sur l’expérience minoritaire (Chivallon, 2013). Le second par lequel les groupes minorisés ont promu l’émergence de contre-récits indépendants, sous des formes diverses, leurs actions précédant souvent la réévaluation critique des politiques muséales (Laithier et al., 2008).

Depuis la fin des années 1960, les musées et leurs professionnels ont été interpellés et appelés à participer aux débats soulevés en relation au passé esclavagiste, colonial ou à la construction nationale, construction dont ils ont été partie prenante dès le XIXe (Conklin, 2013). Les traditions muséales, longtemps marquées par l’anthropologie raciale, ont été remises en cause. Les musées dits de société ont été au centre de ces controverses. Ainsi, à la suite de l’exposition consacrée aux arts autochtones en 1987 au Glenbow Museum de Calgary, le Canada s’est engagé dans une politique d’association des peuples premiers à la gestion des musées (Dubuc, 2002, p. 31‑58). Parfois c’est au sein de l’université que naissent les projets de musée, tel le Museo de Historia, Antropología y Arte de la Universidad de Puerto Rico, fondé en 1951, qui nous rappelle aussi incidemment que la problématique coloniale peut aussi concerner les États-Unis. En France, l’exposition « les Anneaux de la Mémoire », en 1992 à Nantes, a été un moment important du retour sur le passé esclavagiste (Hourcade, 2015). Ainsi depuis les années 1970 la médiatisation des histoires minoritaires a été largement repensée par les praticiens des musées, en collaboration avec les historiennes et les historiens (Weiser, 2018). Aux États-Unis, les mobilisations africaines-américaines ont donné naissance dans les années 1960 à des musées sur l’histoire et la culture africaines-américaines, tel le Du Sable Museum à Chicago (Feldman, DuSable Museum of African American History, 1981 ; Burns, 2013). Par ailleurs depuis les années 1970 se sont multipliés différents dispositifs patrimoniaux qui « muséifient » des sites historiques : champs de bataille des guerres indiennes, camps de concentration, cimetières africains-américains (Forsyth, 2003 ; Jeanmougin, Mencherini, 2013 ; Blee, 2018 ; Faucquez, 2018 ; Spencer, 2020). La vocation de ces dispositifs mémoriaux in-situ, souvent sans collection, oscille parfois entre commémoration et conservation. Il faut rappeler que la démarche muséale demeure « critique et scientifique, [à l’inverse du] mémorial qui fait appel, exclusivement, à l’émotion et à l’adhésion, au recueillement » – l’association des deux démarches pouvant être problématique (Gob, Drouguet, 2014, p. 66). Ces sites patrimoniaux soulèvent la question des sources et de leur rareté : qu’exposer lorsqu’il n’y a pas de collection, et que montrer lorsqu’il n’y a pas d’images ? Le fait minoritaire implique souvent la rareté des sources et la longue absence d’une collecte qui témoigne du manque d’intérêt pour ces patrimoines minoritaires. D’autre part ces sources deviennent parfois le support d’un discours militant. Ces débats sont plus que jamais actuels : le congrès du Comité International pour la Muséologie (ICOFOM) en 2021 s’intitulait ainsi « Décoloniser la muséologie : Musées, métissages et mythes d’origine ».

La dimension comparatiste est essentielle tant les contextes nationaux sont différents aussi bien du point de vue de la place des minorités que de celle des traditions muséales. Dans les pays considérés, l’assignation minoritaire s’appuie sur des différences essentialisées, culturelles, religieuses, linguistiques, ou raciales, qu’une approche historique permet de relier aux passés esclavagistes, coloniaux ou issus des migrations (Teulières, 2005 ; Blanchard et al., 2006 ; Araujo, Seiderer, 2007 ; Vergès, 2008 ; Chivallon, 2012). Les situations nationales sont différentes d’abord du fait de l’histoire : Le Canada et les États-Unis sont les produits de colonisations européennes, qui ont assujetti les Amérindiens et déporté les Africains en esclavage, deux phénomènes étroitement liés –l’esclavage a été l’une des modalités du colonialisme. La France a été une puissance colonisatrice et esclavagiste, mais ses plantations se trouvaient en Amérique ou dans l’Océan indien, sur les « îles à sucre ». Ceci produit des situations différentes, selon que certaines minorités vivent au sein de la majorité, tels les Africains-Américains, les Latinos, ou les Juifs aux Etats-Unis, alors que d’autres comme les Antillais sont évidemment majoritaires en Guadeloupe et en Martinique (Gosson, 2012 ; Larcher, 2014). Si l’Amérique du Nord comme la France ont connu des phénomènes d’immigration similaires, celle-ci se fait dans un contexte différent. En France l’universalisme républicain a longtemps invisibilisé les minorités liées au passé colonial, esclavagiste, et aux phénomènes migratoires, et les minorités sont qualifiées de « visibles » lorsqu’elles revendiquent l’égalité de traitement (Scioldo-Zürcher, 2016 ; Aje, Gachon, 2018). Aux Etats-Unis, le peuplement par des immigrants de toutes origines et par les esclaves, a abouti à la perception d’une société multiculturelle au tournant des années 1960 (Takaki, 1993 ; Schor, 2009 ; Richomme, 2013). Au Canada les « minorités visibles » sont une catégorie juridique liée au recensement, alors que les populations dites « autochtones » sont, elles, classées à part (Ministère de la justice, 1995).

Par ailleurs, il est nécessaire de mettre en regard deux traditions muséales pour partie distinctes. En Amérique du Nord, les musées, le plus souvent fondés par des initiatives privées, donnent la part belle à l’histoire : ainsi les musées de société représentent près de 60% du réseau canadien (Gob, Drouguet, 2014, p. 13). En France, comme dans presque toute l’Europe, les musées ont le plus souvent été fondés par les autorités, et s’appuient sur l’héritage des pratiques de collection. L’histoire des différents peuples y a longtemps pris la forme d’un regard ethnographique qui décrivait les « Arts et Traditions Populaires », du nom du musée fondé en 1937 par George Henri Rivière, ou bien mettait en valeur les cultures locales comme le Museon Arlaten, pionnier en la matière en 1903. Quant aux peuples considérés comme « primitifs », l’intérêt que leur portaient les Européens s’inscrivait dans la quête de l’exotisme, dans la lignée du romantisme. Le contexte colonial explique que les narrations historiques proposées par les musées et les sites patrimoniaux aient longtemps ignoré les récits minoritaires, alors que dès le XIXe siècle, ils étaient partie prenante des processus d’édification nationale qui empruntaient notamment le chemin de la création d’une « communauté imaginaire » (Anderson, 2006 ; Hobsbawm, Ranger, 2012). L’historien Dipesh Chakrabarty a mis en lumière, par sa critique de l’historicisme moderne, la manière dont certains passés ont été considérés comme mineurs, alors que les « adultes » européens prétendaient prendre en charge les colonisés jusqu’à leur « majorité » (Chakrabarty, 2000).

Lors de ce colloque, nous proposons de croiser les regards entre chercheurs en sciences humaines et professionnels des musées, afin de revenir sur la manière dont les histoires des minorités ont trouvé leur place dans les musées aux États-Unis, en France et au Canada, et sur les évolutions de ces mises en récit. Comment ces groupes ont-ils cherché à ce que leur histoire soit racontée au sein des institutions muséales ? Ont-ils revendiqué des moyens propres, une prise en compte par les autorités culturelles, ou se sont-ils donnés eux-mêmes les moyens de raconter et d’exposer leur histoire dans des lieux séparés, dans lesquels ils avaient le contrôle des récits et des pièces mobilisés au service de ceux-ci ? Les récits qui préexistaient ont-ils été contestés ? Les sources et les archives mobilisées au service de cette médiation muséale doivent être aussi interrogées.

Dans cette perspective comparatiste, les axes suivants pourront faire l’objet de communications :

·         Nous proposons de réfléchir aux actions menées par les groupes minoritaires lorsqu’ils ont pour objectif d’influencer les politiques muséales, qu’ils interpellent les politiques publiques ou initient des projets de nouveaux musées. Quelles sont les revendications minoritaires, quelles formes prennent-elles, et comment évoluent-elles ? Il est souvent dit que les minorités sont plus enclines à réclamer la conservation de leur mémoire que la médiation de leur histoire, à favoriser la commémoration plutôt que la démarche critique (Teulières, 2005 ; Blanchard, Veyrat-Masson, 2008). Cette affirmation est probablement à discuter. Ces revendications, parfois considérées comme des excès de mémoire, au service de devoirs de mémoire, mettent-elles en péril l’écriture de l’histoire ? Quels sont les effets et les débats soulevés par les pièces et objets exposés ? (Faucquez, 2018). Ainsi l’appropriation des objets par la culture majoritaire pose problème et comme le note Élise Dubuc, « rien ne [peut] être changé au fait que ces objets sont collectionnés par une autre culture et interprétés selon des valeurs étrangères aussi politiquement correctes soient-elles » (Dubuc, 2004, p. 51). Les enjeux d’une nouvelle éthique ont été amplement mis en lumière récemment en France avec le rapport Sarr/Savoye, cependant ils ne se limitent pas à la question des restitutions d’œuvre d’art dans un « retour du même » : « ces objets, devenus des diasporas, sont les médiateurs d’une relation qui reste à réinventer » (Sarr, Savoy, 2019, p. 33).

·         Nous souhaitons par ailleurs interroger la place qu’occupe l’histoire des minorités dans les musées et son évolution. Cela signifie prendre en compte la manière dont les demandes sociales, les politiques muséales et publiques, et les recherches en sciences humaines et sociales dialoguent et s’articulent (Bergeron et al., 2015). Comment les muséographes, conservatrices et conservateurs d’une part, les chercheur.es et militant.es de minorités d’autre part participent-ils conjointement à la mise en forme des représentations des minorités dans les institutions muséales. Quel patrimoine est rendu visible, matériel, immatériel ? De qui parle-t-on dans quel cadre et quelle institution, dédiée à une minorité ou non spécifique ? Enfin comment les institutions patrimoniales répondent-elles aux injonctions du devoir de mémoire ?

·         Il est possible d’analyser les politiques muséales dans leurs différentes fonctions d’exposition, de conservation, d’animation et de recherche scientifique. Quels sont les discours développés, tant du point de vue du contenu que des formes ? Différents types de récit sont mis en œuvre : une forme polyphonique met en valeur une histoire multiculturelle tandis que d’autres récits sont plus linéaires. Deux approches sont parfois distinguées, une « muséologie de l’objet » opposée à une « muséologie de l’idée » (Davallon, 1992, p. 99‑123). De même, les expositions consacrées à ces thèmes semblent donner la préférence à une approche dite « situationnelle » au travers d’expositions qui présentent des situations facilement lisibles par les visiteurs, au travers de dioramas, de reconstitutions (Gob, Drouguet, 2014, p. 128, 129). Les musées nord-américains d’histoire et de société, regroupés aux États-Unis dans l’American Association for State and Local History(AASLH) ont une longue expérience du développement d’expériences immersives tout comme les musées canadiens avec par exemple en 1998 l’exposition novatrice « Nous, les premières nations » du Musée de la Civilisation du Québec en collaboration avec les 11 nations autochtones du Canada. En France les fonctions de conservation ont longtemps occupé une place plus importante.

Propositions

 Nous encourageons les chercheur.se.s de différents champs disciplinaires rattachés aux sciences humaines et sociales (histoire, histoire de l’art, civilisation, sociologie) à soumettre des propositions pour des communications en français ou en anglais.

Merci d’adresser votre proposition (environ 500 mots), en anglais ou en français, ainsi qu’une brève biographie, pour le 30 novembre 2021 à cette adresse : raconterlesminorites@gmail.com

Nom, prénom, institution de rattachement, adresse mail, et une liste de mots clés. Vous présenterez la problématique en rapport avec le titre annoncé, l’ancrage scientifique et conceptuel dans lequel vous vous situez et la méthodologie adoptée. Vous proposerez, après le résumé.

Calendrier

Date de soumission : 30 novembre 2021

Notification de sélection : 20 décembre 2021

Date du colloque : Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022

Lieu : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet.

Comité organisateur : Olivier Maheo (IHTP, UPL), Pauline Peretz (IHTP), Sarah Frioux-Salgas (musée du quai Branly – Jacques Chirac).

Comité scientifique 

•      Yves Bergeron, Professeur de muséologie à l’UQAM, Université du Québec à Montréal

•      Alice Conklin, Professeure d’histoire, Ohio State University

•      Benoit de l’Estoile, Directeur de recherche au centre Maurice Halbwachs, CNRS

•      Anne-Claire Fauquez, Maîtresse de conférences de Civilisation américaine, Paris 8

•      Ary Gordien, Chargé de recherches au LARCA, UMR 8225, CNRS/Université de Paris

•      Renée Gosson, Professeure de Français et d’Études Francophones, Bucknell University

•      Thomas Grillot, Chargé de recherches, IHTP, UMR 8244

•      Renaud Hourcade, Chargé de recherche, Arènes, UMR 6051

•      Hélène Le Dantec-Lowry, Professeure émérite de Civilisation américaine, Sorbonne Nouvelle

•     Pap Ndiaye,  directeur général de l’Etablissement public du Palais de la Porte Dorée. 

•      Fabien Van Geert, Maître de conférences en Médiation culturelle, Sorbonne Nouvelle,

•      Naïma Yahi, chercheure associée à l’URMIS, université de Nice Sophia-Antipolis.

Telling and exhibiting minorities in France and North America: minorities and their museum mediations

Dates : Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022 (04/20/2022 & 04/21/2022 )

Lieu : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet. (Paris/Aubervilliers)

In this symposium, we propose to examine the relationship between minorities and museums and sites of memory in North America and France and to abandon the majority viewpoint, expressed in terms of domination and assignment, to reframe the perspective. Situating ourselves from the point of view of the minority experience, we will be able to consider the minority’s agency (Ndiaye, 2008; Chassain et al., 2016). Minorities are perceived and defined by the majority group as minor, according to two principles that are not mutually exclusive: numerical, which distinguishes different religious, ethnic or cultural traits, and status, which characterizes what is held to be minor, referred to the memory of the vanquished, the absence of history. In the relationship of minorities to museums, it is possible to identify two movements that, although autonomous, interact. The first, perhaps the most documented, is the one by which museums have attempted to “decolonize” narratives about the minority experience (Chivallon, 2013). In the second movement, minority groups have promoted the emergence of independent counter-narratives, in various forms, their actions often preceding the critical re-evaluation of museum policies (Laithier et al., 2008).

Since the late 1960s, museums and museum specialists have been challenged and called upon to participate in the debates raised in relation to the slaveholding past, colonial past, or nation-building phenomenon, in which they have taken since the nineteenth century (Conklin, 2013). The museology traditions, long marked by racial anthropology, have been challenged. So-called social museums have been at the center of these controversies. Thus, following the exhibition devoted to Aboriginal arts in 1987 at the Glenbow Museum in Calgary, Canada embarked on a policy of involving First Peoples in the management of museums (Dubuc, 2002, p. 31-58). Museum projects were sometimes born within academia, such as the Museo de Historia, Antropología y Arte de la Universidad de Puerto Rico, founded in 1951 ―which incidentally reminds us that the United States is also concerned by the colonial question. In France, the exhibition “Les Anneaux de la Mémoire”, in 1992 in Nantes, was an important moment in the return to the slave past (Hourcade, 2015). Thus, since the 1970s, the mediatization of minority histories has been largely rethought by museum practitioners, in collaboration with historians (Weiser, 2018). In the United States, African American mobilizations gave rise in the 1960s to museums on African American history and culture, such as the Du Sable Museum in Chicago (Feldman, DuSable Museum of African American History, 1981; Burns, 2013). In addition, since the 1970s, there has been a proliferation of different heritage devices that “museumize” historical sites: Indian War battlefields, concentration camps, African American cemeteries (Forsyth, 2003; Jeanmougin, Mencherini, 2013; Blee, 2018; Faucquez, 2018; Spencer, 2020). The vocation of these in-situ memorial devices, often without a collection, sometimes oscillates between commemoration and conservation. It should be remembered that the museum approach remains “critical and scientific, [unlike the] memorial one, which appeals, exclusively, to emotion and adherence, to recollection” ―the association of the two approaches can be problematic (Gob, Drouguet, 2014, p. 66). These heritage sites raise the question of sources and that of their rarity: what could be exhibited when there is no collection, what to show when there are no images? The minority fact often implies the scarcity of sources and the long absence of collecting practices that testifies to the lack of interest in these minority heritages. On the other hand, these sources sometimes become the support of a militant discourse. These debates are more topical than ever: the 2021 congress of the International Committee for Museology (ICOFOM) was entitled “Decolonizing Museology: Museums, Miscegenation and Myths of Origin”.

The comparative dimension is essential as the national contexts are so different from the point of view of the minorities’ situations as well as that of museum traditions. In the three countries considered, the minority assignment is based on essentialized cultural, religious, linguistic, or racial differences, which a historical approach makes it possible to link to the slavery, colonial, or migratory past (Teulières, 2005; Blanchard et al., 2006; Araujo, Seiderer, 2007; Vergès, 2008; Chivallon, 2012). National situations are different first of all because of history: Canada and the United States are the results of European colonizations, which subjugated the Amerindians and deported Africans into slavery, two closely related phenomena ―slavery was one of the modalities of colonialism. France was a colonizing and enslaving power, but its plantations were located in America or in the Indian Ocean, in the sugar islands. This gives rise to different situations, depending on whether certain minorities live within the majority, such as African-Americans, Latinos, or Jews in the United States, while others such as West Indians are obviously the majority in Guadeloupe and Martinique (Gosson, 2012; Larcher, 2014). While both North America and France have experienced similar immigration phenomena, this immigration takes place in a different context. In France, republican universalism has long invisibilized minorities linked to the colonial, slave-owning past and migratory phenomena, and in French minorities are named “visible” when they claim equal treatment (Scioldo-Zürcher, 2016; Aje, Gachon, 2018). In the United States, settlement by immigrants of all origins and through slaves’ deportation, led to the perception of a multicultural society at the turn of the 1960s (Takaki, 1993; Schor, 2009; Richomme, 2013). In Canada, “visible minorities” designates a legal category linked to the census, while so-called “Aboriginal populations”, that is First Nations, are listed separately (Department of Justice, 1995).

Moreover, it is necessary to compare two partly distinct museum traditions. In North America, museums, most often founded by private initiatives, give pride of place to history: thus, social museums represent nearly 60% of the Canadian network (Gob, Drouguet, 2014, p. 13). In France, as in most of Europe, museums were most often founded by the authorities, and rely on the legacy of collecting practices. The history of different peoples has long taken the form of an ethnographic view that describes the “Arts et Traditions Populaires” tradition, named after the museum founded in 1937 by George Henri Rivière, or highlights local cultures, as it is the case with the Museon Arlaten, a pioneer in this field in 1903. As for the peoples considered “primitive”, the interest that Europeans showed in them was part of the quest for exoticism, in line with romanticism. The colonial context explains why the historical narratives offered by museums and heritage sites have long ignored minority narratives, even though from the nineteenth century onwards, they were part of the processes of national construction, which included the creation of an “imaginary community” (Anderson, 2006; Hobsbawm, Ranger, 2012). Historian Dipesh Chakrabarty has highlighted, through his critique of modern historicism, how certain pasts were considered minor, while European “adults of age” claimed to take care of the colonized until they “came of age” (Chakrabarty, 2000).

During this conference, we propose to bring together the perspectives of social science researchers and museum professionals to examine how minority history has found its place in museums in the United States, France and Canada, and the evolution of these narratives. How have these groups sought to have their own stories told within museum institutions? Did they demand their own ressources, consideration by cultural authorities, or resources or have they given themselves the resources to tell and exhibit their stories in separate venues, in which they had control over the narratives and the pieces mobilized in service of them? Were the pre-existing narratives challenged? The sources and archives mobilized in the service of this museum mediation must also be interrogated.

In this comparative perspective, the following axes could be the subject of communications:

·       We propose to reflect on the actions of minority groups whenever they aim to influence museum policies, to question public policies, or even to initiate new museum projects. What are the minority claims, what forms do they take, how do they evolve? It is often said that minorities are more inclined to demand the preservation of their memory than the mediation of their history, to favor commemoration rather than a critical approach (Teulières, 2005; Blanchard, Veyrat-Masson, 2008). This statement is probably open to discussion. Do these claims, which are sometimes seen as an excess of memory, jeopardize the writing of history? What are the effects and debates raised by the exhibits? (Faucquez, 2018). Thus, the appropriation of objects by the majority culture is problematic and as Élise Dubuc notes, “nothing [can] be changed about the fact that these objects are collected by another culture and interpreted according to foreign values, no matter how politically correct” (Dubuc, 2004, p. 51). The stakes of a new ethic in museology have been amply highlighted recently in France with the Sarr/Savoye report, however they are not limited to the question of restitutions of works of art in a “return of the same”: “these objects, which have become diasporas, are the mediators of a relationship which remains to be reinvented” (Sarr, Savoy, 2019, p. 33).

·       Furthermore, we wish to interrogate the place taken by the minorities’ history in museums and its evolution. This means taking into account the way in which social demands, museum and public policies, and humanities and social science research interact and articulate (Bergeron et al., 2015). How do museographers and curators, on the one hand, and minority researchers and activists on the other, participate together in the shaping of minorities’ representations in museum institutions? Which heritage is made visible, a material or immaterial one? Whom are we talking about, in which contexts, and in which institutions, dedicated specifically to a minority or not? Finally, how do heritage institutions respond to the injunctions of the duty of remembrance?

·       It is possible to analyze museums’ policies in their different functions of exhibition, conservation, animation and scientific research. What are the discourses developed, both in terms of content and form? Different types of narratives are used: a polyphonic form highlights a multicultural history, while other narratives are more linear. Two approaches are sometimes distinguished, a “museology of the object” opposed to a “museology of the idea” (Davallon, 1992, p. 99-123). Similarly, exhibitions devoted to these themes seem to give preference to a so-called “situational” approach through exhibitions that present situations that are easily readable by visitors, through dioramas, reenactments (Gob, Drouguet, 2014, p. 128, 129). North American history and social museums, grouped in the United States in the American Association for State and Local History (AASLH) have a long experience in developing immersive experiences as do Canadian museums with, for example, the innovative exhibition “Nous, les premières nations” (We, the First Nations) at the Musée de la Civilisation du Québec in 1998 in collaboration with the 11 Aboriginal nations of Canada. In France, curatorial functions have long held a more important place.

Proposals

 We encourage researchers from all fields of the humanities and social sciences (history, art history, American studies, sociology, anthropology) to submit proposals for papers in English or French.

Please send your proposal (500 words), in English or in French, as well as a brief CV, before the 30th of Novembre 2021 to this address: raconterlesminorites@gmail.com

Name, first name, institution of affiliation, e-mail address, and a list of key words. You will present the problematic in relation to the announced title, the scientific and conceptual background in which you are situated and the methodology adopted.

Calendar

Date of submission: 11/30/2021

Notification of selection: 12/20/2021

Symposium : 04/20/2022 & 04/21/2022

 Adresses : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet.

Organizing Committee: Olivier Maheo (IHTP, UPL), Pauline Peretz (IHTP), Sarah Frioux-Salgas (musée du quai Branly – Jacques Chirac).

Scientific Committee

•      Yves Bergeron, Professor of museology, at UQAM, Université du Québec à Montréal.

•      Alice Conklin, Professor of History, Ohio State University.

•      Benoit de l’Estoile, Research Director at Centre Maurice Halbwachs, CNRS, Professor of anthropology, ENS.

•      Anne-Claire Fauquez, Associate Professor of American History, Université Paris 8.

•      Ary Gordien, Researcher at CNRS, UMR 8225, CNRS/Université de Paris.

•      Renée Gosson, Associate Professor of French and Francophone Studies, Bucknell University.

•      Thomas Grillot, Researcher at IHTP, UMR 8244.

•      Renaud  Hourcade, Researcher at Arènes, UMR 6051.

•      Hélène Le Dantec-Lowry, Professor emeritus of American History, Sorbonne Nouvelle.

•      Pap Ndiaye,  Head of the Etablissement public du Palais de la Porte Dorée.

•      Fabien Van Geert, Associate Professor of Cultural mediation, Sorbonne Nouvelle.

•      Naïma Yahi, Researcher à l’URMIS, Université de Nice Sophia-Antipolis.

Références/references

Aje L. et Gachon N. (éd.), 2018, La mémoire de l’esclavage : traces mémorielles de l’esclavage et des traites dans l’espace atlantique, Paris, L’Harmattan.

Anderson B.R.O., 2006, L’imaginaire national: Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, Editions La Découverte, 212 p.

Araujo A.L. et Seiderer A., 2007, « Passé colonial et modalités de mise en mémoire de l’esclavage », Conserveries mémorielles. Revue transdisciplinaire, #3, .

Bergeron Y. et al., 2015, Musées et muséologies: au-delà des frontières : les muséologies nouvelles en question.

Blanchard P. et al., 2006, La fracture coloniale: la société française au prisme de l’héritage colonial, Paris, La Découverte.

Blanchard P. et Veyrat-Masson I., 2008, Les guerres de mémoires: la France et son histoire : enjeux politiques, controverses historiques, stratégies médiatiques, Paris, Découverte.

Blee L., 2018, « Struggles Over Memory: Indigenous People and Commemorative Culture », rah Reviews in American History, 46, 4, p. 597‑604.

Burns A.A., 2013, From Storefront to Monument: Tracing the Public History of the Black Museum Movement, Amherst, University of Massachusetts Press.

Chakrabarty D., 2000, Provincializing Europe: postcolonial thought and historical difference, Princeton; Oxford, Princeton university press.

Chassain A. et al., 2016, « Approches expérientielles du fait minoritaire », Tracés. Revue de Sciences humaines, 30, p. 7‑26.

Chivallon C., 2012, L’esclavage, du souvenir à la mémoire, Karthala.

Chivallon C., 2013, « Les questions posées par le discours muséographique confronté à l’expérience esclavagiste », Africultures, n° 91, 1, p. 60‑69.

Conklin A.L., 2013, In the museum of man race, anthropology, and empire in France, 1850-1950, Ithaca; London, Cornell University Press.

Davallon J., 1992, « Le musée est-il vraiment un média ? », pumus Publics et Musées, 2, 1, p. 99‑123.

Dubuc E., 2002, « Entre l’art et l’autre, l’émergence du sujet », dans Dias N., Bahuchet S., Wastiau B., Muller J.-C., Musée cannibale, Neuchâtel, Musée d’ethnographie.

Dubuc E., 2004, « Musées et premières nations », Anthropologie et sociétés, 28, 2, .

Faucquez A.-C., 2018, « Commémorer l’esclavage par l’art : le cas de l’African Burial Ground Memorial à New York », dans La mémoire de l’esclavage: traces mémorielles de l’esclavage et des traites dans l’espace atlantique, Paris, L’Harmattan.

Feldman E.P.R. et DuSable Museum of African American History, 1981, The birth and the building of the DuSable Museum, Chicago, DuSable Museum Press.

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Job: Contrats doctoraux UNITA sur l’héritage culturel

Appel pour plusieurs bourses de doctorat sur l’héritage culturel, dont une sur le patrimoine culturel immatériel,  dans le cadre d’UNITA

https://aap.univ-pau.fr/siaap/pub/appel/view/180

1.     On the circulation of religious literature between Italy and France in the 16th century : the case of the first French translation of Dante’s Paradise (manuscripts Paris, BnF, naf 4119 and 4530) (USMB-UNITO)

2.     Managing Intangible Cultural Heritage:  A Comparative Case-Study between Pays de Béarn (France) and Banat (Romania) (UPPA-UVT)

3.     Towards building a Virtual UNITA Montis Museum:Enhancing and Mediating Historical Cultural Heritage in a Plurilingual Environment (UPPA-UNITO)

  • ouverture des candidatures le 29 juin 2021 à 11:45
  • clôture des candidatures le 09 juillet 2021 à 12:00

Publication: Patrimoines et patrimonialisation Les inventions du capital historique (XIXe-XXIe siècles)

Patrimoines et patrimonialisation. Les inventions du capital historique (XIXe-XXIe siècles)
Stéphane Olivesi, Anne-Claude Ambroise-Rendu (dir.)
https://www.pug.fr/produit/1929/9782706149771/patrimoines-et-patrimonialisation