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Workshop: Quels patrimoines pour quelles communautés? Valeur sociale du patrimoine

Quels patrimoines pour quelles communautés? Valeur sociale du patrimoine
12 mars 2012
Patrimoines et communautés religieuses

Ministère de la culture et de la communication.
182 rue Saint-Honoré. 75001 Paris
Salle Colette

Le programme “Quels patrimoines pour quelles communautés ? Valeurs sociales du patrimoine”, organisé conjointement par le Lahic et le DPRPS, a pris la forme de journées d’étude régulières destinées à nourrir la réflexion des professionnels du patrimoine sur cette question qui touche au cœur de leur action.
Devant les transformations des processus patrimoniaux au cours des dix dernières années, une réflexion est aujourd’hui devenue indispensable. Deux aspects concomitants seront pris en compte et analysés :
– le changement des échelles de désignation du patrimoine, avec une montée en puissances des échelles locales et supra-nationales et une minoration du rôle de l’Etat.
– le rôle grandissant des communautés, devenues des acteurs à part entière du processus patrimonial, mouvement entériné par la convention de Faro ou celle sur le patrimoine culturel

Ces transformations nous invitent à tenter de définir ce qu’est aujourd’hui un bien commun, ce qui fait communauté, et quels sont les critères qui, à côté des valeurs classiques de Riegel permettraient de déterminer les valeur sociales d’un patrimoine.
Ces journées d’étude permettent de mettre en place une réflexion commune aux spécialistes du patrimoine, praticiens et chercheurs, qu’ils travaillent à l’échelle locale, nationale ou supra-

Journée du 12 mars 2012

9h : Introduction

9h15-10h : Pascal Even, conservateur général des patrimoines
Les enjeux de la préservation des archives religieuses

10h-10h45 : Marie-Anne Sire, conservatrice générale des patrimoines
La valorisation des lieux de culte en France. Les enjeux et les pièges , à partir de quelques récents projets de travaux soumis à la commission nationale des monuments historiques

11h-11h45 : Gaspard Salatko
Composer une architecture mémorielle hybride ? Agencement et restauration du sanctuaire de l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville

11h45-12h30 : Discussion

14h-16h30 : Sossie Andézian, Fanny Urien, Elsa Grugeon
Analyse de l’inventaire des sites du patrimoine culturel et naturel de valeur universelle exceptionnelle en Palestine
S. Andézian : La Basilique de la Nativité à Bethléem
F. Urien : Le Mont Gerizim et les Samaritains en Cisjordanie
E. Grugeon :Les lieux saints musulmans dans les « Itinéraires de pèlerinages »

16h45-17h30 : Discussion

Publication : Les formats d’une cause patrimoniale

Les formats d’une cause patrimoniale. Agir pour le château de Lunéville
Sous la direction de Jean-Louis Tornatore et Noël Barbe,
Les Carnets du Lahic 6
, Lahic / DPRPS-Direction générale des patrimoines, 2011.

http://www.iiac.cnrs.fr/lahic/spip.php?rubrique56

Dans la soirée du 2 janvier 2003, un incendie accidentel détruit partiellement le château de Lunéville, monument de l’histoire de la Lorraine ducale. Tout comme l’incendie du parlement de Rennes quelque dix ans plus tôt, l’événement est ressenti comme une catastrophe et suscite une forte « émotion patrimoniale ». Cet ouvrage restitue une enquête collective et pluridisciplinaire (ethnologie, sociologie, histoire), menée de 2004 à 2006, qui, profitant de ce que l’événement offrait l’opportunité d’ouvrir la boîte noire du monument, a voulu prendre la mesure des attachements pluriels et pas nécessairement convergents dont « est fait » le monument et, partant, des sentiments éprouvés, des ressorts de mobilisation pour sa reconstruction. L’émotion lunévilloise est appréhendée sous différents angles : sociologie de la mobilisation à travers le suivi de réunions de l’association Lunéville, château des Lumières et une enquête auprès des associations patrimoniales locales ; approche de la dynamique émotionnelle avec l’analyse des lettres de réaction à l’incendie adressées à la mairie de Lunéville au cours des six mois qui ont suivi, ou encore via l’examen d’un corpus de propositions d’initiatives ; détermination des mobiles du don et des figures d’attachement au moyen d’une enquête auprès de donateurs ; évaluation du motif de la reconstruction au regard du motif historique de la « Lorraine, terre de douleur » ; interrogation sur une équivalence « monstrueuse » pointée par les acteurs eux-mêmes : « des pierres contre des hommes ? », via un essai de mise en correspondance de l’événement lunévillois avec un événement lorrain concomitant : la fermeture de l’usine Daewoo et son incendie, dans la banlieue de Longwy. D’où il ressort que la cause patrimoniale se construit sur une tension entre des appropriations savantes du monument et leurs instrumentations politiques (le monument comme objet d’une politique culturelle et de développement local) et des « consommations populaires » qui tissent la mémoire locale du bâtiment. Ainsi le cas lunévillois est-il exemplaire (et l’entrée par l’émotion féconde) en ce qu’il permet de comprendre à la fois les modalités de l’arraisonnement patrimonial et les débordements contemporains de l’action sur le passé. Le patrimoine est certes, historiquement, le produit d’une formule d’arraisonnement consistant en un refroidissement des objets venus du passé et en une désensibilisation à leurs effets, mais il faut se rendre à l’évidence de cette singularité contemporaine qu’est la démocratisation, annoncée voici un siècle par Aloïs Riegl, du sentiment du passé, appuyée sur son expérience sensible et non plus seulement scientifique.

Cet ouvrage est le sixième numéro des Carnets du Lahic, une collection dirigée par Daniel Fabre et Claudie Voisenat, éditée électroniquement par le Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain) et le département du Pilotage de la recherche et de la politique scientifique de la Direction générale des patrimoines (ministère de la Culture).

 

Sommaire

Jean-Louis Tornatore et Noël Barbe
Pour un château. Le patrimoine comme format et comme expérience

 Bruno Étienne
Promenade au château de Lunéville

Première partie
Éléments de sociologie politique de la mobilisation

 Anthony Pecqueux
Sociologie de la mobilisation et de l’action patrimoniales

 Thibaut Gorius
Les tribulations de l’expertise locale. Contribution à l’ethnographie de deux associations de sauvegarde du patrimoine lunévillois

Deuxième partie
Émotion, émotions

 Bruno Étienne
Écrire son émotion. Esquisse d’une conceptualisation des émotions patrimoniales à partir de l’analyse d’un corpus de lettres de réaction à l’incendie

 Anthony Pecqueux
Catalogue d’émotions patrimoniales. Le cas du château de Lunéville, de son incendie à sa reconstruction

 Sabrina Leyendecker
Ce que l’incendie du château de Lunéville fait faire

 Bruno Étienne
Portrait du donateur en co-reconstructeur

 Noël Barbe et Cécile Blondeau
Récits de dons. Les réaménagements à distance d’un château et de ses donateurs

Troisième partie
De la lorraine
Introduction à son arraisonnement patrimonial

 Luc Delmas
De la douleur aux Lumières. Une perspective historique du régionalisme lorrain

 Jean-Louis Tornatore
L’horreur patrimoniale. Lunéville-Daewoo et retour

Seminar: 30 juin 2011 – Atelier sur la collecte des archives : Pascal Geneste : “Une politique de collecte des fonds d’hommes politiques ?”

La sixième et dernière séance de l’année de l’atelier “Enquête sur la collecte” aura lieu le jeudi 30 juin 2011, aux Archives nationales, en salle d’Albâtre (Rdc du Hall du CARAN, entrée 11 rue des Quatre fils – 75003 Paris), de 16h30 à 18h30 : “Une politique de collecte des fonds d’hommes politiques contemporains ?”

Nous aurons le plaisir d’écouter Pascal Geneste, conservateur en chef aux Archives nationales (Section du XXe siècle), responsable d’une partie des fonds présidentiels, des papiers de cabinet de la Ve République et commissaire de l’actuelle exposition consacrée à Georges Pompidou aux Archives nationales.
Bien à vous,
Eléonore Alquier, Justine Berlière, Christian Hottin et Yann Potin.

ATELIER D’ANTHROPOLOGIE ET D’HISTOIRE DES ARCHIVES

4e Année

De la collecte aux versements :

le patrimoine au risque de la représentativité

Les jeudi de 16h30 à 18 h – à partir du 14 avril 2011

Archives nationales,  CARAN – 11 rue des Quatre Fils, 75003 PARIS – (salle d’Albâtre)

Atelier coordonné par Christian Hottin (Direction générale des patrimoines,  Ministère de la culture, chargé de cours à l’École nationale des chartes) et Yann Potin (Archives nationales, site de Paris, section du XIXe siècle, chargé de conférence complémentaire à l’EHESS), avec la collaboration d’Eléonore Alquier (Archives nationales, site de Fontainebleau, responsable du service des fonds) et Justine Berlière (Service interministériel des Archives de France, bureau des Missions) et  le soutien de l’École nationale des chartes, en association avec le LAHIC et l’Équipe Anthropologie de l’Écriture (IIAC – UMR 8177)

Ces rencontres se proposent de confronter les expériences des professionnels du patrimoine et de susciter une observation collective des pratiques patrimoniales et archivistiques Elles s’inscrivent dans le prolongement d’une série d’ateliers menés depuis 2008 dans le cadre du LAHIC (Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire d’Institution de la culture).

Après trois années consacrées à l’analyse de la situation de collecte des archives privées, il s’agit  de porter un même regard ethnographique sur les processus de collecte et de constitution des fonds publics au sein des institutions patrimoniales, en s’attachant à la spécificité des logiques de collectes « représentatives » ou systématiques (du CAOA à l’Inventaire général), jusqu’à l’obligation de « versement » des archives publiques.

En donnant la parole à différents acteurs de la collecte, du conservateur au chercheur, cet atelier est une invitation à un dialogue entre anthropologues, historiens et professionnels du patrimoine, qui y trouveront, pour les uns, un nouvel objet de recherches et, pour les autres, un éclairage inédit sur les sources de leur travail.

Pour plus d’informations : http://www.lahic.cnrs.fr

Date prévues : 14 avril (introduction), 28 Avril, 19 mai, 26 mai, 9 juin et 30 juin 2011

Une séance de visite du site de Fontainebleau des Archives nationales est programmée le 19 mai après-midi

Le programme des interventions sera communiqué prochainement

Contacts :

christian.hottin@culture.gouv.fr

yann.potin@culture.gouv.fr

eleonore.alquier@culture.gouv.fr

justine.berliere@culture.gouv.fr

Seminar: L’instauration du patrimoine ethnologique

La prochaine séance de notre séminaire L’instauration du patrimoine ethnologique

 

se tiendra le

Vendredi 17 juin 2011 de 14h à 17h,

au ministère de la Culture, 182 rue Saint-Honoré (Paris), salle « Petit champs », 2e étage

(se munir d’une pièce d’identité)

 

6. L’État commanditaire ? Politique des appels d’offre et ethnopôles

La « politique de l’ethnologie de la France », selon les termes du décret d’institution du Conseil du patrimoine ethnologique, en passe d’abord par le lancement d’appels d’offre de recherche, ensuite par la recherche de constitution de pôles de recherche ethnologique (ce que seront les ethnopôles). Cette séance examinera les spécificités de ces procédures et leur évolution sur les trente années d’existence de la MPE. Elle appréciera en particulier leur dimension d’emblée pluridisciplinaire… Elle s’intéressera également au pôle « central » de la MPE : comment ses agents répondent-ils à ces missions d’administration de la recherche ?

 

Interventions de :

– Denis Chevallier, conservateur en chef du patrimoine, directeur adjoint du MUCEM, ancien chargé de mission à la MPE

– Daniel Fabre, directeur d’études à l’EHESS, directeur du LAHIC


Seminar “L’instauration du patrimoine ethnologique”, Paris, Lahic

Prochaines séances du séminaire “L’instauration du patrimoine ethnologique”

(en fichier joint l’argumentaire et le programme complet).

Les séances se déroulent au ministère de la Culture, 182 rue Saint-Honoré, Paris

(se munir d’une pièce d’identité)

Noël Barbe et Jean-Louis Tornatore

_______________________

Vendredi 25 mars 2011, 14h-17h, salle « Petit champs », 4e étage

3. Amateurs et professionnels : les enjeux croisés d’une territorialisation disciplinaire et d’une politique culturelle

À la fin des années 1970, la période est à l’émergence – remontée, cristallisation – des cultures. La création de la MPE est vue comme un moyen de professionnaliser le regard sur la diversité culturelle : à ce titre, l’ethnologue est requis pour équiper et contrôler les pratiques amateurs. L’ethnologie comme discipline est alors susceptible de construire son territoire scientifique autour du patrimoine ethnologique. Quels sont les dispositifs de professionnalisation mis en place par le MPE ? Quel a été leur impact ? Parallèlement, l’enjeu du cadrage est politique : il se traduit au niveau des institutions de la culture dans le débat démocratisation de la culture/démocratie culturelle. Ce débat est-il envisagé depuis la MPE ? L’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 entraîne-t-elle un infléchissement significatif ?

Interventions de :

– Claude Rouot, ingénieur de recherche au ministère de la Culture, chargée de mission à la formation, puis au programme de recherche sur la ville et sur l’interculturalité

– Lothaire Mabru, professeur de musicologie, Bordeaux III

 

Mardi 26 avril 2011, 14h-17h, salle « Petit champs », 2e étage

4. Le patrimoine, l’ethnologie. (1) Le patrimoine

La MPE est un dispositif au croisement du savoir et du pouvoir, de la connaissance ethnologique et de la politique du patrimoine. Quels seront leurs effets réciproques ? Cette première séance sera consacrée au patrimoine : qu’a fait l’ethnologie au patrimoine – à son appréhension étatique ? Un mouvement d’extension des objets s’était amorcé avec la politique culturelle impulsée par Malraux : précisément du monument historique au patrimoine culturel. Ce mouvement semble se poursuivre avec, à la clé, l’immatérialisation du patrimoine. Dans quelle mesure, la MPE a-t-elle su concrétiser cette évolution ? Mais aussi quelles ont été ses limites ?

Interventions de :

– Christian Jacquelin, conseiller pour l’ethnologie en Languedoc Roussillon

– François Portet, ancien conseiller pour l’ethnologie en Bourgogne, puis en Rhône-Alpes

 

Vendredi 20 mai 2011, 14h-17h, salle « Petit champs », 2e étage

5. Le patrimoine, l’ethnologie. (2) L’ethnologie

Cette séance sera consacrée au second terme du couple, l’ethnologie : qu’a fait la politique du patrimoine ethnologique à l’ethnologie ? A-t-elle accompagné – comme cela a pu être pensé au départ – le développement de l’ethnologie de la France ? Il faut cependant constater que le « moment » de cette discipline aura été bref – ne franchissant pas le cap du siècle. Est-ce pour cela que la MPE a finalement suscité davantage d’intérêt comme agence de moyens que comme laboratoire de la réflexion ethno-anthropologique – en particulier sur la question de la recherche impliquée et de « l’engagement ethnographique » ?

Interventions de :

– Yvon Lamy, professeur émérite de sociologie

Christine Langlois, rédactrice-en-chef de la revue Terrain

– Gérard Lenclud, directeur de recherche au CNRS

 

Vendredi 17 juin 2011, 14h-17h, salle « Petit champs », 2e étage

6. L’État commanditaire ? Politique des appels d’offre et ethnopôles

La « politique de l’ethnologie de la France », selon les termes du décret d’institution du Conseil du patrimoine ethnologique en passe d’abord par le lancement d’appel d’offre de recherche, ensuite par la recherche de constitution de pôles de recherche ethnologique (ce que seront les ethnopôles). Cette séance examinera les spécificités de ces procédures et leur évolution sur les trente années d’existence de la MPE. Elle appréciera en particulier leur dimension d’emblée pluridisciplinaire… Elle s’intéressera également au pôle « central » de la MPE : comment ses agents répondent-ils à ces missions d’administration de la recherche ?

Interventions de :

– Denis Chevallier, conservateur en chef du patrimoine, directeur adjoint du MUCEM, ancien chargé de mission à la MPE

– Daniel Fabre, directeur d’études à l’EHESS, directeur du LAHIC

– Claudie Voisenat, chargée de mission pour la recherche détachée au CNRS, chargée de mission à la MPE de 1989 à 1998

 

 

Vendredi 16 septembre, 14h-17h, salle « Petit champs », 2e étage

7. L’expertise en région : ethnologie et action culturelle

Place centrale sera faite ici aux actions de l’agent en région – représentant le pôle déconcentré de la MPE. S’il est un lieu sur lequel le conseiller à l’ethnologie s’est singularisé, c’est sur celui de l’articulation « entre recherche et action culturelle ». Mais qu’entend-on et que vise-t-on sous cette expression plus souvent lancée comme un mot d’ordre ou comme une déclaration d’intention ? Cette séance aura pour ambition de dénouer les modalités et les enjeux d’une telle action née et développée sur le terreau de la science. Elle s’interrogera sur la visibilité et l’effectivité politiques de ce dispositif hybride, ainsi que sur sa contribution à la recherche ethnologique – et plus largement en sciences sociales.

Interventions de :

– Michel Rautenberg, professeur d’ethnologie, Université Jean Monnet – Saint-Étienne, ancien conseiller pour l’ethnologie en Rhône-Alpes

Benoît Guillemont, conseiller action culturelle, Drac de Rhône-Alpes



Seminar: L’oralisation des écrits sur les terrains des sciences sociales, Univ. de Montpellier, CERCE/MSH, Lahic et Cemaf

L’oralisation des écrits sur les terrains des sciences sociales.

Séminaire mensuel interdisciplinaire CERCE/MSH Montpellier, en collaboration avec le Lahic et le Cemaf.

Le linguiste Walter J. Ong considère l’« oralité seconde » comme une « oralité de retour »[1] encouragée par des productions écrites (imprimées mais aussi électroniques). D’après la perspective que nous voudrions développer au cours de notre séminaire, cette oralité est à la fois résiduelle et créatrice d’un rapport à la tradition où la place du mémorable (ou, si l’on veut, de l’injonction commémorative), en tant que lieu nécessaire du souvenir, de novation et d’espace de projets politiques, médiatiques et pédagogiques au sens large, est considérable. Dans des contextes « continually “overwritten” »[2], les histoires imprimées (ou à publier) investissent d’autorité la réélaboration de traditions « authentiquement » en mesure d’affirmer leur modernité performative. Le devenir contemporain d’héritages culturels interroge alors l’irréversibilité de l’avènement de l’écriture. La tradition transmise dans des contextes d’« oralité seconde » serait donc une tradition inspirée par les modes de l’écriture. La dimension épique du passé y ferait moins l’objet d’une répétition que d’une fiction. Une telle affirmation n’entend pas postuler l’absence de mise en intrigue et de transformations narratives successives dans les récits marqués par une matrice orale « primaire ». Elle vise plutôt à mettre l’accent sur les déplacements sémantiques dont l’écriture est le vecteur, à travers l’émergence d’une autre centralité créatrice et d’autres autorités interprétatives en matière de tradition et de mémoire collective.

Au cours de notre séminaire ouvert aux apports de l’ethnologie, de la sociologie, de l’histoire, de la science politique, dans une perspective comparative, nous voudrions surtout analyser les mutations que les modes de l’écriture savante apportent à la transmission orale d’un passé mis en « culture ».

 

Calendrier du séminaire pour l’année 2011.

Mardi 15 mars, 14h 30 Gaetano Ciarcia, Université Paul-Valéry-Montpellier 3/Cerce, Lahic

Les “oralités secondes” comme héritage culturel au Mali et dans le Bénin méridional.

Mardi 5 avril, 14h 30 Gino Satta, Université de Modène et Reggio Emilia,

La “tradition” du canto a tenore en Sardaigne, entre Unesco et world music.

Jeudi 12 mai, 10h 30 Paulo de Moraes Farias, Université de Birmingham,

Griots et modernité.

Octobre Éric Jolly, Cnrs/Cemaf, Paris

La culture dogon. De la version ethnologique à la vitrine électronique.

Novembre Jean-Louis Triaud, Université de Provence/Cemaf, Aix-en-Provence,

La célébration de Tierno Bocar par Amadou Hampaté Ba : de l’oral à l’écrit, de l’oral et de l’écrit.

Décembre Alain Babadzan, Université Paul-Valéry-Montpellier 3/Cerce, IUF,

Écrire la tradition orale.  Les “livres des ancêtres”  en  Polynésie française.


[1] Walter J. Ong, Orality and Literacy. The Technologizing of the Word, Londres/New York, Routledge, 1982.

[2] Paul Basu, « Palimpsest Memoryscapes : Materializing and Mediating War and Peace in Sierra Leone », in Ferdinand de Jong & Michael Rowlands, eds., Reclaiming Heritage. Alternative Imaginaries of Memory in West Africa, Publications of the Institute of Archaelogy, London ; Left Coast Press, Walnut Creek, California, 2007: 231-259.

Seminar: L’instauration du patrimoine ethnologique

La première séance du séminaire :
L’instauration du patrimoine ethnologique. Projet scientifique, catégorie d’actions publiques et instrument de gouvernementalité : retour sur une expérience française aura lieu le
Mardi 7 décembre 2010, 10h-13h, Charenton le Pont

http://www.iiac.cnrs.fr/lahic/spip.php?article824

Noël Barbe et Jean-Louis Tornatore

Workshop “Emotions patrimoniales” – Paris

Journées d’étude

Lahic / Direction générale des patrimoines, Département pilotage de la recherche et de la politique scientifique

Emotions patrimoniales

Ministère de la culture 182 rue saint Honoré, 75001 Paris Salle Malraux
Mardi 18 mai
Président : Pierre Centlivres

9h15-9h30

Pascal Liévaux (Conservateur général du patrimoine, DGP/MCC), Accueil

9h30- 10h15

Christian Hottin (Conservateur du patrimoine, DGP/MCC), Introduction

10h15-11h

Gabriele Dolf-Bonekaemper (Professeur, Institut für Stadt und Regionalplanung Hardenbergstraße, Berlin), Patrimoine perdu: perception d’absence.

11h-11h15 Pause

11h15-12h

Marc Coulibaly (Chargé d’enseignement, Université de Neuchâtel), Le festival des masques de Dédougou: du culte à l’esthétique.

Discussion

Déjeuner

14h-14h45

Berardino Palumbo (Professeur, Université de Messine), Emotions patrimoniales et passions politiques: trajectoires divergentes du processus de patrimonialisation.

14h45-15h30

Michael Herzfeld (Professeur d’Anthropologie, Université Harvard), A la recherche du temps écrasé: Patrimoine et suppression des liens sociaux d’émotion (Grèce, Italie, Thaïlande).

Discussion

16h00-16h15 Pause

16h15-17h45

Table-ronde et débat : Emotions et mobilisations

Modérateur : Christian Hottin (Conservateur du patrimoine, DGP/MCC)

Participants : Noël Barbe (IIAC/Lahic), Chiara Bortolotto (Post-doctorante, Lahic), Françoise Clavairolle (Maître de conférences, Université François Rabelais, Tours), François Goven (Inspecteur général du patrimoine, DGP/MCC), Nathalie Heinich (Directeur de recherche au CNRS, CRAL / chercheur associée au Lahic), Isabelle Longuet (Chef de la mission Unesco, DGP/MCC), Jean-Louis Tornatore (Maître de conférences, Université Paul Verlaine, Metz / Lahic).

18h

Buffet-apéritif pour célébrer la parution du livre Les monuments sont habités, dirigé par Anna Iuso et Daniel Fabre.

Mercredi 19 mai

Présidente : Gabriele Dolf-Bonekaemper

9h30- 10h15

David Berliner (Chargé de cours, Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains, Université Libre de Bruxelles), Expert et nostalgique. Une contradiction dans les termes?

10h15-11h

Anna Iuso (Professeur d’anthropologie culturelle à l’université de Rome-La Sapienza), “Salvare il possibile”. Florence inondée en 1966.

11h-11h15 Pause

11h15-12h

Pierre Centlivres (Professeur émérite de l’Université de Neuchâtel), Heurs, malheurs et résurrection du Musée de Kaboul, le patrimoine afghan en question.

12h-12h30

Discussion pré-conclusive

12h30-13h

Daniel Fabre (Directeur de recherches à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris), Conclusion.

Déjeuner.