Category Archives: Call for publication

Call for manuscripts: Ethnologie de la France

collections « Ethnologie de la France » et « Cahiers d’ethnologie de la France »

Appel à manuscrits

Dans le cadre de son partenariat avec les Éditions de la Maison des sciences de l’homme, le ministère de la Culture et de la Communicationlance un appel à manuscrits pour ses collections dédiées à l’ethnologie.

Les collections

Fondées en 1983 au sein de la Mission du patrimoine ethnologique du ministère de la Culture, les collections « Ethnologie de la France » et « Cahiers d’ethnologie de la France » comptent respectivement 34 et 28 titres. Elles sont coéditées par le département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique (dprps) de la direction générale des Patrimoines et les Éditions de la Maison des sciences de l’homme.

Collections de référence pour la discipline, elles rassemblent des études monographiques sur l’ethnologie de la France, sans s’interdire des regards comparatifs, ainsi que des travaux, plus réflexifs, sur la culture, le patrimoine et les politiques qui s’y rattachent. Elles interrogent toutes deux la France comme terrain ethnographique, dans sa diversité culturelle et sa dynamique historique, et comme espace d’élaboration d’une anthropologie générale renouvelant des thèmes classiques de la discipline.

La collection « Ethnologie de la France » réunit des ouvrages présentant des études de terrain sur des sujets susceptibles d’intéresser un large public tout en constituant une avancée pour la discipline. Les « Cahiers d’ethnologie de la France » sont des publications collectivesd’approche pluridisciplinaire proposant la synthèse des programmes de recherche thématiques ou de séminaires sur les pratiques et les usages de la culture et du patrimoine dans la société contemporaine.

Parmi les titres publiés ces dernières années, on peut citer pour la collection « Ethnologie de la France » : Des hommes de Devoir,L’Esprit de corps, La Fabrique du patrimoine, En Corse ; et pour les « Cahiers d’ethnologie de la France » : Imaginaires archéologiques, Les monuments sont habités, L’Immigration aux frontières du patrimoine (catalogue complet en ligne : http://www.editions-msh.fr/collections/?collection_id=5).

Les volumes sont distribués en librairie ou sur le site du Comptoir des presses universitaires (lcdpu). Ils sont également disponibles en versions numériques sur le portail OpenEdition (html en Open Access, pdf et ePub sous certaines conditions et sur les sites des libraires partenaires).

Appel à manuscrits

Les auteurs sont invités à adresser leur manuscrit au ministère de la Culture (direction générale des Patrimoines). Les manuscrits (monographies et ouvrages collectifs) devront être soumis en version imprimée, en fichiers .rtf et pdf. Un accusé de réception sera délivré.

Les projets devront s’inscrire dans la ligne éditoriale générale des collections, telle qu’elle est définie dans les paragraphes ci-dessus, et se conformer aux « Recommandations aux auteurs » disponibles à l’adresse suivante :

http://urlz.fr/3Meu

Les projets incomplets ou ne respectant pas le cahier des charges éditorial ne seront pas pris en compte. Les projets complets seront expertisés et sélectionnés par le comité de lecture des collections.

Le comité de lecture se réunit deux fois par an. Les auteurs sont invités à envoyer leur manuscrit avant le 15 mars (pour une évaluation au comité de printemps) ou avant le 15 septembre (pour une évaluation au comité d’automne).

Les manuscrits sont à adresser à :

Isabelle Chave
département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique
direction générale des Patrimoines
6 rue des
Pyramides
75 001 P
aris
l : 01 40 15 87 24
isabelle.chave@culture.gouv.fr

Pour toute question complémentaire :

Laurent BRUEL
département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique
direction générale des Patrimoines
6 rue des
Pyramides
75 001 P
aris
l : 01 40 15 87 46
laurent.bruel@culture.gouv.fr

 

CFP: Objetos e Museus: Biografias, Narrativas e Vínculos Identitários/Objects and Museums: Biographies, Narratives and Identity Bonds

Encontra-se aberto o call for papers para o 8.º número da revista MIDAS – Museus e Estudos Interdisciplinares, a ser publicado em Junho de 2017. Este número é subordinado ao tema: “Objetos e Museus: Biografias, Narrativas e Vínculos Identitários” e é coordenado por Alice Semedo (Universidade do Porto), Olaia Fontal (Universidade de Valladolid) e Alex Ibanez (Universidade do País Basco).
Os artigos para o dossier temático serão selecionados pelos editores convidados. Todos os artigos seguem o processo de arbitragem por pares e sob duplo anonimato.
Os textos devem ser enviados até 15 de março de 2017 para revistamidas@gmail.com
Os artigos não devem ultrapassar as 6 000 palavras (sem bibliografia incluída), ou cerca de 40 000 caracteres (incluindo espaços). Deve ser seguida a estrutura clássica de um artigo académico. Os artigos incluem resumo e abstract, palavras-chave e biografia do(s) autor(es).
Mais informações sobre as normas de publicação: http://midas.revues.org/361
Nota: Em Março de 2017 a MIDAS abre novo call for papers direccionado para o 9.º número (“Varia”) a publicar ainda em 2017 e um call for papers para propostas de dossiers temáticos (publicação em 2018).
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Objects and Museums: Biographies, Narratives and Identity Bonds
MIDAS – Museum Interdisciplinary Studies is launching a call for papers for issue 8 for publication in June 2017. This issue is a thematic dossier under the theme “Objects and Museums: Biographies, Narratives and Identity Bonds” with Alice Semedo (University of Porto), Olaia Fontal (University of Valladolid) e Alex Ibanez (University of the Basque Country) as guest editors.
All accepted articles will undergo a double peer-review. Articles should not exceed 6 000 words (without bibliography) or ca. 40 000 characters (with spaces). It must follow the classical structure of an academic paper. Articles should include abstract, keywords and the biography of the author(s). More information at: http://midas.revues.org/390?lang=en
Deadline: March 15th, 2017. Send your text to: revistamidas@gmail.com
Note: In March de 2017 MIDAS launches a new call for papers for issue 9 (“Varia”) for publication in 2017 and a call for papers for proposals for thematic issues (for publication 2018).

CFP: Prix UQÀM-Respatrimoni en études patrimoniales 2016

Le Réseau des chercheurs sur les patrimonialisations (Respatrimoni), en partenariat avec la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal et les Presses Universitaires de Rennes ont le plaisir d’annoncer le lancement du Prix UQAM-Respatrimoni en études patrimoniales 2016.

Ce prix consiste à offrir la publication de sa thèse à un jeune docteur.

Le manuscrit portera sur l’étude du patrimoine et doit être issu d’une thèse rédigée en français, soutenue trois ans au maximum avant la date limite de candidature. Les candidatures sont recevables par mail ou sur un dossier partagé avant le 15 juillet 2016 (voir règlement)

Pour cette troisième édition les membres du jury seront : Jean-Yves Andrieux, Marie Bridonneau, Martin Drouin, Guillaume Ethier, Cyril Isnart.

 

Le Prix UQAM-Respatrimoni

Le Prix UQAM-Respatrimoni en études patrimoniales, attribué tous les deux ans, a été créé par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal et le Réseau des chercheurs sur les patrimonialisations (Respatrimoni), en collaboration avec la collection “Art et Société” des Presses universitaires de Rennes, afin de publier une recherche doctorale novatrice dans le champ des études patrimoniales. Sélectionné par un jury pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales, le lauréat se distingue par l’excellence de son travail, son parcours post-doctoral et sa contribution au débat sur les usages sociaux du patrimoine.

Règlement

 

Article 1. Le prix, dénommé « Prix Uqam-Respatrimoni en études patrimoniales », consiste à offrir à un jeune docteur la publication d’un manuscrit issu de sa thèse et rédigé en français, portant sur l’étude du patrimoine, aux Presses Universitaire de Rennes, dans la collection « Art et Société ».

Article 2. Le prix est financé grâce au soutien de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal.

Article 3. Le prix est décerné tous les deux ans, au mois de novembre. Le premier millésime est 2012.

Article 4. Le prix est décerné par un jury de 5 personnalités scientifiques des études patrimoniales :

– deux nommées par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Uqam,

– deux nommées par le réseau  Respatrimoni -Réseau des Chercheurs sur les Patrimonialisations, représenté par le bureau de l’association de recherche sur les patrimonialisations,

– et une nommée par les Presses Universitaires de Rennes.

Le jury est nommé pour deux éditions du prix. Après discussion, le jury vote l’attribution du prix par un scrutin à 2 tours et à la majorité des voix.

Article 5. La thèse doit avoir été soutenue au maximum trois ans avant la date limite de soumission, dans l’une des disciplines des sciences humaines et sociales ou des humanités.

Article 6. Pour proposer leur candidature, les candidats devront fournir un dossier sous forme électronique rassemblant les éléments suivants, en format PDF :

– un CV détaillé (incluant une bibliographie)

– le synopsis du livre envisagé,

– la thèse soutenue,

– le rapport de soutenance.

Article 7. La date limite de soumission des candidatures est fixée au 15 juillet de l’année millésime du prix.

Article 8. Le résultat de la sélection est annoncé en novembre de l’année millésime du prix.

Article 9. Les candidatures sont recevables par voie électronique à l’adresse prixuqamrespatrimoni@gmail.com ou sur un dossier virtuel partagé (dropbox, googledrive).

Contact et demande de renseignements : prixuqamrespatrimoni@gmail.com

 

Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal

http://www.patrimoine.uqam.ca/

Respatrimoni – Réseau des chercheurs sur les patrimonialisations

http://www.respatrimoni.wordpress.com

Presses Universitaires de Rennes

www.pur-editions.fr/

Publication: Le devoir de mémoire Une formule et son histoire, de Sébastien Ledoux

Sebastien Ledoux :
Le devoir de mémoire Une formule et son histoire
 
CNRS Editions
Présentation :
D’où vient l’expression « devoir de mémoire » ? Comment s’est-elle imposée dans notre langage courant ? À partir de nombreux entretiens, d’archives inédites et de sources numériques massives, Sébastien Ledoux retrace la trajectoire de cette formule qui éclaire la relation souvent douloureuse que la France entretient avec son histoire récente. Forgé à l’orée des années 1970, le terme investit le débat public dans les années 1990, accompagnant le « syndrome de Vichy » et la réévaluation du rôle de la France dans la mise en œuvre de la Solution finale, avant d’être repris pour évoquer les non-dits de la mémoire coloniale. Doté d’une forte charge émotive, il traverse les débats sur la recomposition du récit national, la place du témoin, le rôle de l’historien, la patrimonialisation du passé ou la reconnaissance des victimes, qui traduisent un tournant majeur et accouchent de nouvelles questions dont l’actualité est toujours brûlante. Ce sont les mutations de la société française des cinquante dernières années qui sont ici analysées par le biais de ses nouveaux rapports au passé que le « devoir de mémoire » est venu cristalliser.
Préface de Pascal Ory

CFP: Call for book manuscripts, NEW book series “Asian Heritages” – IIAS/AUP

This book series explores the notions of heritage as they have evolved from European based concepts, mainly associated with architecture and monumental archaeology, to incorporate a broader diversity of cultural forms and value. This includes a critical exploration of the politics of heritage and its categories, such as the contested distinction ‘tangible’ and ‘intangible’ heritages; the analysis of the conflicts triggered by competing agendas and interests in the heritage field; and the productive assessment of management measures in the context of Asia.

The book series is jointly published by the International Institute for Asian Studies and Amsterdam University Press. For more information: http://www.iias.nl/asian-heritages-series

CFP: RESET – Appels à contributions: n°6 – Patrimoine et patrimonialisation numériques

Appels à contributions: n°6 – Patrimoine et patrimonialisation numériques

Numéro coordonné par Francesca Musiani et Valérie Schafer

La notion de « patrimoine numérique » promue par l’Unesco en 2003 dans sa Charte sur la conservation du patrimoine numérique désigne aussi bien le patrimoine numérisé que des ressources « d’origine numérique » (« qui existent uniquement sous leur forme numérique initiale »). Cette double acception implique d’emblée de penser le patrimoine numérique autant dans la continuité et la longue durée, que dans la rupture. Elle invite en effet à saisir en quoi le numérique peut faire patrimoine, mais aussi la manière dont le patrimoine est saisi par le numérique, et à prolonger des réflexions en sciences sociales sur la « question patrimoniale » et sur ce que constituent aujourd’hui la notion de patrimoine elle-même et sa « réinvention »Au moyen d’analyses empiriques, ce numéro souhaite contribuer à éclairer les politiques de construction, de gestion et de développement du patrimoine numérique, les acteurs et enjeux de sa patrimonialisation.
 

Les propositions de contributions sont attendues pour le 15 décembre 2014.

Digital Heritage and Heritagization
Issue edited by Francesca Musiani and Valérie Schafer 

The notion of ‘digital heritage’ outlined by UNESCO in 2003, in the frame of its Charter for the Preservation of Digital Heritage, designates both “digitized” and “born digital” resources (the latter being defined as resources for which “there is no other format but the digital object”). This dual meaning entails a reflection on digital heritage that is able to encompass continuity and long-term processes, as well as ruptures and breakdowns. Indeed, it calls for reflections about the ways in which digital resources can become or be qualified as heritage, but also about the ways in which heritage is ‘appropriated’ by the digital world. It therefore invites to pursue reflections, grounded in the social sciences, such as those on the ‘heritage question’ and what constitutes today the notion of heritage itself, as well as its ‘reinvention’By means of empirical investigations, this issue of RESET wishes to contribute to shed light on the policies that shape, manage and develop digital heritage, as well as the actors and the issues underlying processes of heritagization.

 


Deadline for abstract submission: December 15, 2014.

Lien: http://www.journal-reset.org/index.php/RESET/announcement/view/8

 

CFP: “Politiques de la culture et cultures du politique dans l’Ouest saharien”

Politiques de la culture et cultures du politique dans l’Ouest saharien

La région ouest-saharienne est aujourd’hui souvent décrite comme un espace « endémiquement » anarchique et hostile. La fragilité des modèles étatiques, la pérennité de systèmes sociaux très hiérarchisés (parfois qualifiés d’« esclavagistes » ; Bullard 2005), ou la récente pénétration d’écoles théologiques qui remettent en question les traditions islamiques propres à cette région, peut favoriser ce genre de lecture, par ailleurs encore largement héritière de la tradition orientaliste, qui nourrit, jusqu’à présent, la qualification de l’Ouest Saharien d’« espace de dissidence » (« blâd alsiba »).

Cette lecture, amplement relayée et entretenue par les médias internationaux – qui semble en dire beaucoup plus sur les représentations et autres fantasmagories occidentales de cet Autre, Saharien, forgées notamment depuis le XIXème siècle (Claudot-Hawad 2006) –, oblige d’abord à faire le point sur la façon dont les changements politiques actuels dans la région (Mauritanie, Sahara occidental, Mali, Maroc et Algérie) s’opèrent dans des univers culturels définis, à examiner ensuite s’ils s’inscrivent en continuité ou en rupture avec des dynamiques politiques plus anciennes, à examiner enfin la façon dont les pratiques collectives et individuelles du pouvoir se réinventent et se redessinent avec l’émergence de nouveaux acteurs dans un contexte régional effectivement troublé (Zunes et Mundy 2010, Casajus 2011, Galy et Badie 2013), où la culture semble revêtir de nouveaux enjeux politiques.

Ce projet portera tout autant sur les mobilisations de la culture, ou de ce qui fait culture (représentations, pratiques, normes partagées), par le politique, dans ses déclinaisons classiques (élus, représentants de l’Etat, institutions politiques diverses, arsenal législatif, politiques publiques) et nouvelles (société civile, cyberactivisme, réseaux sociaux), dans le cadre de projets de contestation, d’émancipation ou de gouvernement, que sur les cultures du politique en tant qu’ensembles de « manières de faire » de la politique (codes, normes, valeurs, savoir-faire, dispositifs matériels, usages rhétoriques). Pour interroger ces interactions entre culture et politique, on privilégiera les questionnements thématiques et transversaux ci-dessous, qui constitueront une grille d’analyse commune, sans être pour autant exclusifs d’autres interrogations ou approches.

1) Critiquer, contester, résister par les arts

La poésie et la chanson occupent une place très importante dans les mouvements politiques ouest sahariens (Claudot-Hawad et Hawad 1996, Belalimat 2008, Deubel 2011), tant lorsqu’il s’agit de contester le pouvoir en place que lorsque l’on souhaite au contraire affirmer sa position dominante (Taine-Cheikh 1994). Dans cet axe, il s’agira de documenter cette question, en montrant notamment en quoi les changements de contextes politiques ont pu faire évoluer cette production artistique partisane, ses registres, donné naissance à des figures de la chanson engagée (groupes d’artistes, individualités), et permettre par exemple la démocratisation de la musique auprès de groupes sociaux « traditionnellement » dépourvus de griots. Réciproquement, on s’intéressera à la capacité de transformation sociale et politique de la littérature (orale, écrite, chantée), à sa portée mobilisatrice ou dissuasive, et ceci depuis la fin de la période coloniale jusqu’à nos jours. Tout autant que la dimension créatrice de ces productions, c’est aussi leurs modalités de circulation transfrontière et la diversité de leurs réceptions selon l’endroit où l’on vit et le groupe auquel on appartient, qui retiendront notre attention. On tentera également de repérer des ruptures, des continuités, des influences entre des répertoires utilisés par des artistes appartenant à différents mouvements politiques ouest-sahariens, ainsi que l’apparition de nouvelles formes d’expression de revendications sociales et/puis politiques comme le rap dans les grandes villes (Tauzin 2013), ou comme l’écriture de messages politiques sur des murs, qui sont ensuite filmés et postés sur le web
(Anderson 2011). Une attention particulière sera accordée aux dimensions linguistiques de ces messages politiques. Dans quelle(s) langue(s) les artistes décident-ils de s’exprimer, selon le medium utilisé, pour toucher quel public (local, régional, international) et pour quelle représentation de soi et de sa culture ?

2) Histoire, mémoire et patrimoine

Dans cet axe, on interrogera les utilisations contemporaines du passé (Hartog 2003) dans l’écriture et/ou la contestation de l’histoire de la nation (Bonte et Mohameden Meyine 2010), des formations politiques et des groupes sociaux (Brhane 1997). On verra notamment comment les récits d’origine et de migration (Bonte 2008, Bonte et alii 1991) nourrissent et renouvellent l’identité des groupes, comment la mémoire des rencontres et des contacts entre cultures est réinterprétée aujourd’hui (Freire 2011a et 2011b) dans le cadre de positionnements ou de revendications politiques ou économiques, et ceci dans des contextes définis. Le recours de plus en plus important à l’écrit et aux supports numériques semble avoir suscité depuis quelques années un certain foisonnement dans cette réécriture de la mémoire collective.

Ces usages du passé consistent parfois aujourd’hui en la production et/ou la valorisation de patrimoines culturels mis au service de démarches d’émancipation, lorsqu’elles sont portées par des groupes revendiquant davantage de place et de visibilité dans les sphères politiques locales ou nationales, mais aussi de domination, lorsque les élites politiques au pouvoir et les Etats usent du patrimoine pour donner une légitimité à leur projet politique sur un territoire donné (organisation de festivals culturels, politiques muséales, promotion par le tourisme). Au-delà des enjeux de conservation et « de développement » qu’elle présente, la reconnaissance d’un patrimoine culturel (ou naturel) à l’échelle globale est souvent aujourd’hui un sésame indispensable pour s’inviter dans certaines sphères de pouvoir. Quand les Etats disposent de législations et de cadres internationaux de conservation et de mise en valeur du patrimoine bien identifiés, quelles sont les marges de manoeuvre en la matière des groupes minoritaires ou contestataires dans ce domaine et des sociétés civiles qui les représentent et portent leurs revendications ?

Bien évidemment, la langue (Taine-Cheikh 2000) mais aussi la culture matérielle cristallisent souvent des enjeux collectifs accrochés à des quêtes de légitimité ou de souveraineté sur un territoire. Défendre et conserver sa langue dans un contexte de marginalité ou de domination culturelle est souvent une modalité majeure d’expression d’une autonomie politique localisée. De même, les signes matériels renvoient à des « styles » (Hincker 2005), à des spécificités culturelles qui servent souvent de base à des discours d’émancipation sociale ou politique. Dans la société maure, monter sa tente, installer un campement, c’est d’emblée clamer son existence et sa place dans la société (voir la symbolique du récent campement de protestation de Gdeïm Izîk au Sahara occidental). Aujourd’hui, les « traditions » sont souvent mobilisées par des groupes socialement stigmatisés, dont les projets d’émancipation reposent notamment sur la valorisation des signes culturels (chants et danses des Hrâtîn; savoirs techniques et naturalistes; publication de généalogies, notamment en contexte urbain) attachés à leur situation de sujétion, au risque de contribuer à reproduire celle-ci.

3) Mises en scène et technologies du pouvoir

Cet axe de réflexion portera en premier lieu sur les transformations culturelles associées à des « technologies du pouvoir » (Foucault, 1984) dans des contextes politiques très changeants, traversés par l’imposition de normes exogènes (démocratie, multipartisme, droits humains, bonne gouvernance) et sur le rôle des élites ouest-sahariennes (Caratini 2009) dans ces adaptations et dans leur formation. On s’intéressera à la façon dont les alliances politiques se nouent et se dénouent, à la mobilité des élites entre les mouvements politiques et les projets qu’ils portent, aux discours que ces alliances et mobilités déclenchent. On accordera un intérêt particulier aux expressions matérielles du politique qui ont aujourd’hui toute leur importance dans les compétitions entre les individus et les groupes.

Au plan local, gouverner une municipalité, un district, une commune, souvent aux côtés d’élus porteurs d’autres cultures politiques suppose un savoir-faire, des compétences, une culture du compromis, qui s’inventent à l’interface entre les conceptions « traditionnelles » de l’autorité et les nouvelles exigences des populations administrées et des électeurs à l’égard de leurs édiles. A quelles nouvelles pratiques du politique ces changements donnent-ils lieu ? En quoi la place croissante des femmes, mais aussi de représentants de groupes sociaux jadis exclus du champ politique (Ahmed Salem 2009), parmi les élus locaux et nationaux, et au sein des organisations de la « société civile », a-t-elle changé la façon de gouverner ? Quel rôle jouent les artistes et les griots en particulier dans les rivalités politiques, leur mise en scène, en lien avec le monde des affaires et celui des médias ? Comment les codes autour de la parole politique et plus largement les valeurs liées au pouvoir et à son exercice ont évolué, et comment les élites politiques locales ont réajusté leurs pratiques ? Enfin, la profonde imbrication de l’islam dans la culture ouest-saharienne est une donnée de base dans toutes les recherches centrées sur cette région. Il est donc important aujourd’hui de reconsidérer le rôle des confréries, des associations caritatives, des partis politiques dans les transformations du paysage islamique ouest-saharien (Ahmed Salem 2013 ; Mandaville 2011 ; Soares et Otayek 2007), qui s’opèrent notamment sous l’effet des programmes des chaînes de télévision satellitaires ou de l’internet, mais aussi de l’intensification des circulations de lettrés ouest-sahariens au Moyen-Orient. Dans un contexte de fragilisation des autorités et des institutions étatiques « démocratiques », l’ordre islamique est souvent invoqué comme l’ultime forme de légalité face au désordre et à l’anarchie traditionnellement imputés aux cultures tribales et nomades sahariennes
(Cheikh 2011). L’islam politique apparaît alors tantôt comme un concurrent, tantôt comme un nouveau partenaire des acteurs et instances politiques en place.

Questionnements transversaux attendus :

· Une attention particulière sera accordée aux échelles auxquelles les individus et les groupes se situent – par rapport à d’autres lieux auxquels ils sont connectés (Scheele 2012) –, agissent et interagissent, se mettent en réseaux, afin de bien saisir la façon dont les trajectoires politiques contemporaines se déclinent, entre le local et le global, entre le singulier et le cosmopolite (Brachet 2009), les sphères nationales ou internationales constituant souvent des espaces privilégiés de défense d’intérêts et de projets très localisés (Appadurai 1996).

· Une approche résolument diachronique sera privilégiée, consacrant les aspects dynamiques et la profonde historicité régionale. On se propose de dépasser l’influence centrale de la période coloniale dans la compréhension de l’Ouest saharien, mais aussi les « grands récits » qui localement structurent l’histoire de la région autour de versions officielles du passé bien connues (islamisation, mouvement almoravide, arabisation, guerres et migrations des groupes influents, développement du commerce caravanier…). Cette approche nous permettra d’accueillir des propositions qui incorporent des lectures d’un passé plus « composite », soulignant les interfaces culturelles et sociales développés à une échelle régionale élargie (Austen 2010, Lydon 2009, Scheele 2012).

· Le rôle des médias et des technologies de diffusion des messages politiques et des productions culturelles retiendra tout particulièrement notre attention : rôle des premières radios nationales dans les années qui ont précédé et suivi les indépendances ; la presse écrite et l’édition face au pouvoir ; importance de la circulation d’enregistrements sonores pour la diffusion d’une poésie et d’une chanson engagée ; l’internet comme nouvel espace de militantisme et d’activisme au Sahara (Anderson 2011, Najar 2013a & 2013b)

· La question de l’implication des chercheurs et de leurs travaux dans ces dynamiques politiques devra également être posée. Quelle articulation entre l’engagement citoyen du chercheur et son nécessaire souci d’objectivité ? Quels risques d’instrumentalisation des recherches en sciences sociales sur le monde ouest-saharien ? Quelles précautions méthodologiques et interprétatives s’imposent aux chercheurs sur ces questions politiques et ces « terrains » sensibles ?

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Ce projet collectif sera proposé à un éditeur académique français en mesure de garantir des délais de publication assez courts. Les textes peuvent être proposés en français, en anglais, en espagnol, en portugais.

Calendrier : l’actualité politique de la région étant particulièrement mouvementée en ce moment, nous proposons aux contributeurs un calendrier relativement serré :
· Lancement de l’appel à contributions : 15 décembre 2013
· Envoi aux éditeurs scientifiques des propositions sous la forme de résumés (moins de 2000 caractères) : 30 janvier 2014
· Envoi des textes (entre 30 000 et 40 000 caractères espaces compris) : 30 juin 2014
· Dépôt du manuscrit chez l’éditeur : novembre 2014

Contacts :
· Sébastien Boulay, Université Paris Descartes : sebastien.boulay@parisdescartes.fr
· Francisco Freire, CRIA/Faculdade de Ciências Sociais e Humanas da Universidade Nova de Lisboa : francisco.s.freire@gmail.com

Références bibliographiques

Ahmed Salem, Z. O. 2009. « Bare-Foot Activists: Transformations in the Haratine Movement in Mauritania ». pp. 156-177 in Ellis S. & Kessel I.V. (Eds.).Movers and Shakers: Social Movements in Africa. Leiden, Brill,.

Ahmed Salem, Z. O. 2013. Prêcher dans le Désert: islam politique et changement social en Mauritanie. Paris, Karthala

Anderson J.W. 2011. « Electronic Media and New Muslim Publics ». pp. 648-660 in Hefner R.W. (Ed.). New Cambridge History of Islam. Volume 6.

Appadurai, A. 1996. Modernity at large : cultural dimensions of modernity. London & Minneapolis, University of Minnesota Press

Armbrust, W. 2000. Mass Mediations: New Approaches to Popular Culture in the Middle East and Beyond, Berkeley & Los Angeles, University of California Press

Austen, R.A. 2010. Trans-Saharan Africa in World History. New York, Oxford University Press

Belalimat, N. 2008. « La guitare des Ishumar : émergence, circulations et évolutions », Volume !, 6 (1-2) : 95-112

Ben Hounet, Y. 2009. L’Algérie des tribus: le fait tribal dans le Haut Sud-Ouest contemporain, Paris, L’Harmattan

Boilley. P. 2012. Les Touaregs Kel Adagh. Dépendances et révoltes: du Soudan français au Mali contemporain, Paris, Karthala

Bonte, P. 2008. L’émirat de l’Adrar mauritanien. Ḥarîm, compétition et protection dans une société tribale saharienne, Paris, Karthala

Bonte, P., Conte, E., Hamès, C. et Ould Cheikh, A.W., 1991, Al-Ansab, la quête des origines. Anthropologie historique de la société tribale arabe, Paris, Editions de la Maison des sciences de l’Homme et Cambridge University Press

Bonte, P., Conte, E. et Dresch, P. 2001. Emirs et présidents. Figures de la parenté et du politique en islam, Paris, CNRS Editions

Bonte, P. et Meyine, M. O. 2010. « La Mauritanie au passé (re)composé », The Maghreb Review, 35 (1-2) : 27-63

Brachet, J. 2009. Migrations transsahariennes. Vers un désert cosmopolite et morcelé (Niger), Paris, Editions du Croquant

Bullard, A. 2005. « From colonization to globalization: the vicissitudes of slavery in Mauritania », Cahiers d’études Africaines, 45 (179-180): 751-769

Brhane, M. 1997. Narrative of the Past. Politics of the Present. Identity, Subordination and the Haratines of Mauritania, PhD, University of Chicago

Caratini, S. (ed.) 2009. La question du pouvoir en Afrique du Nord et de l’Ouest. 2 Volumes, Paris: L’Harmattan.

Casajus, D. (dir.), 2011, « Sahara en mouvement », L’année du Maghreb, VII, Paris, CNRS Editions

Claudot-Hawad, H. et Hawad, 1996. ‘Tourne-tête, le pays déchiqueté’. Anthologie des chants et poèmes
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Claudot-Hawad, H. (dir.), 2006. Berbères ou Arabes ? Le tango des spécialistes, Paris, Non lieu

Cheikh, A.W. O. 2010. ‘Une Armée de Tribus ? Les Militaires et le Pouvoir en Mauritanie’, The Maghreb Review, 35 (3), 339-362

Cheikh, A.W. O. 2011. « Théologie du désordre. Islam, ordre et désordre au Sahara », pp. 61-77 in D. Casajus (dir.), 2011, « Sahara en mouvement », L’année du Maghreb, VII

Deubel, T. 2011. « Poetics of Diaspora : Sahrawi poets and postcolonial transformations of a trans-Saharan genre in northwest Africa», Journal of North African Studies, 17 (2): 295-314

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Galy, M. & Badie, B. 2013. La guerre au Mali. Comprendre la crise au Sahel et au Sahara : enjeux et zones
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Zunes S. & Mundy J., 2010, Western Sahara. War, Nationalism and Conflict Irresolution, Syracuse University Press

CFP:Museum Worlds. Advances in Research

Museum Worlds: Advances in Research is a new annual journal, published by Berghahn, co-edited by the University of Leicester’s Sandra Dudley and the Australian National University’s Kylie Message and with Jack Lohman (Director of the Royal British Columbia Museum) and Howard Morphy (Director of ANU’s Research School of Humanities and the Arts) as its advisory editors. The list of contents is at: http://journals.berghahnbooks.com/air-mw/
We are now accepting research article submissions for the 2014 issue, as well as reports on events, new developments, book reviews etc. Please see the CFP (attached) and brief description (below), and don’t hesitate to contact me if you have any queries.

Publication:La restauration des peintures à Paris (1750-1815)

La restauration des peintures à Paris (1750-1815)

Pratiques et discours sur la matérialité des œuvres d’art

Noémie Etienne

Presses Universitaires de RENNES, 2012

En restituant avec précision une période essentielle de l’histoire de la restauration de peinture, ce livre ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche en histoire de l’art et souligne que les œuvres sont perpétuellement transformées et instables. Chaque modification invite à redéfinir ce qu’est un tableau, au gré des époques et des pays. L’activité de restauration s’apparente alors à une forme de réception mais aussi de recréation des peintures, dans laquelle le geste est inséparable de la pensée, et la pratique de la théorie.

Avec une préface de Mauro Natale et une postface de Dominique Poulot.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=2996

CFP: Culture and Development: Call for Proposals

New Book Series: Call for Proposals

 

Routledge Studies in Culture and Development

 

There is a burgeoning interest among academics, practitioners and policy-makers in the relationships between ‘culture’ and ‘development’. This embraces the now well-recognized need to adopt culturally-sensitive approaches in development practice, the necessity of understanding the cultural dimensions of development, and more specifically the role of culture for development. Culture, in all its dimensions, is a fundamental component of sustainable development, and throughout the world we are seeing an increasing number of governmental and non-governmental agencies turning to culture as a vehicle for economic growth, for promoting social cohesion, stability and human wellbeing, and for tackling environmental issues. At the same time, there has been remarkably little critical debate around this relationship, and even less concerned with the interventions of cultural institutions or creative industries in development agendas. The objective of the Routledge Studies in Culture and Development series is to fill this lacuna and provide a forum for reaching across academic, practitioner and policy-maker audiences.

The series editors welcome submissions for single- and jointly-authored books and edited collections concerning issues such as the contribution of museums, heritage and cultural tourism to sustainable development; the politics of cultural diplomacy; cultural pluralism and human rights; traditional systems of environmental management; cultural industries and traditional livelihoods; and culturally-appropriate forms of conflict resolution and post-conflict recovery.

Series Editors

Paul Basu, University College London: paul.basu@ucl.ac.uk

Wayne Modest, Tropenmuseum: w.modest@kit.nl

Tim Winter, University of Western Sydney: t.winter@uws.edu.au