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CFP: Patrimoine du tourisme, du thermalisme et de la villégiature en montagne, Toulouse, 21-23 octobre 2020

PATRIMOINES DU TOURISME, DU THERMALISME ET DE LA VILLEGIATURE EN MONTAGNE (XVIIIe-XXISIECLE) : HISTOIRE ET DEVENIR, Á LA CROISEE DES SCIENCES

 

 

 

Colloque international FEDER TCV-PYR, Toulouse, Université Jean-Jaurès, Maison de la Recherche, 21, 22, 23 octobre 2020

Le colloque international « PATRIMOINE DU TOURISMEDU THERMALISME ET DE LA VILLEGIATURE EN MONTAGNE (XVIIIE  – XXIE  SIECLE) : HISTOIRE ET DEVENIR, Á LA CROISEE DES SCIENCES » est organisé par l’Université Toulouse Jean-Jaurès en collaboration avec les Universités de Pau et des Pays de l’Adour, et de Perpignan-Via Domitia dans le cadre du programme de recherche européen FEDER TCV- PYR (2017-2020) qu’il vient conclure. Il fait suite à plusieurs rencontres scientifiques dont le colloque international dit intermédiaire à Pau (13 et 14 juin 2019), qui ont questionné le sujet.

 

Au moment de la découverte de la montagne en Europe, le thermalisme constitue la clé de voûte principale du développement du tourisme et de la villégiature dans les massifs. Il semble en effet s’imposer comme la véritable matrice de l’aménagement d’un réseau urbain de villes d’eau qui interagissent avec leur environnement et sont autant de traits d’union avec les paysages. Il a également favorisé le développement d’un vocabulaire architectural potentiellement commun à l’échelle du massif et ouvert aux influences extérieures, la mondanité thermale émergeant avant tout à l’échelle européenne. Enfin, il a servi de porte d’entrée à des pratiques touristiques en interaction avec la société, l’économie et la culture locale. Si sa fréquentation s’est renouvelée, si son audience a pu baisser et son offre se diversifier, le thermalisme constitue encore un héritage d’envergure.

 

Ce colloque a pour objectif de faire ressortir sur la longue durée ces différentes logiques dans leur complexité et leur éventuelle singularité régionale. Fondé sur les apports des inventaires du patrimoine culturel bâti et immatériel conduits depuis 2017 dans les Pyrénées, il souhaite ainsi d’une part mobiliser une approche pluridisciplinaire (géographie, aménagement, histoire de l’art, sociologie, histoire culturelle, économique et sociale, anthropologie et même sciences médicales) et d’autre part, tout en favorisant ce massif qui est le terrain d’étude du programme TCV-PYR, s’ouvrir à la comparaison avec des approches territoriales d’autres horizons, qui seront privilégiées aux monographies et aux études de cas.

 

Les propositions de contribution privilégieront l’une des cinq grandes thématiques de recherche suivantes :

 

  1. Urbanisme thermal et aménagement des massifs

Des cabanes provisoires de la première modernité jusqu’aux remaniements des années 1960, l’urbanisme de la station thermale tend idéalement à articuler des équipements de soin, de villégiature et de loisir tout en se conformant aux préoccupations hygiénistes. Ce modèle et, de manière générale, le déploiement géographique des stations thermales n’en demeurent pas moins largement contraints par leur environnement montagnard et leurs contingences physiques. La localisation des sources impose ainsi régulièrement d’aménager des sites excentrés et difficilement accessibles, pouvant présenter une topographie accidentée ou encore vulnérables aux risques naturels (avalanches, crues, éboulements, coulées de boues). Á ces contraintes naturelles peuvent s’ajouter celles de l’environnement socio-économique où se déploient d’autres activités, notamment agro-pastorales, extractives ou industrielles.

 

Ce thème a pour objectif d’interroger l’existence d’un ou de plusieurs types d’urbanisme de stations thermales. De quelle manière agencent-elles dans l’espace les fonctions thermales, de villégiature et de distraction, si tant est qu’elles puissent toutes les réunir ? Leur urbanisme résulte-t-il d’une création ex nihilo, d’une planification, ou bien d’un développement réalisé de manière empirique en plusieurs étapes ? La question des acteurs privés-publics engagés dans l’aménagement des stations peut s’avérer ici essentielle pour expliquer ces choix.

Ces choix et caractéristiques sont souvent largement conditionnés par les contraintes environnementales. Dans quelles mesures les facteurs naturels peuvent-ils orienter la forme et l’extension des stations ou en limiter l’essor ? Comment leur urbanisme s’articule-t-il avec d’éventuelles trames villageoises ou urbaines existantes, lesquelles sont susceptibles de générer des nuisances et des conflits d’usage dans l’exploitation des ressources de la montagne ?

Une autre piste de réflexion est la création des infrastructures nécessaires au fonctionnement des stations thermales : réseaux de communication, d’électrification ou encore dispositifs de protection face aux aléas naturels, qui ont pu être considérés par les curistes comme des externalités de la station. Leur mise en place, nécessitant souvent d’importants chantiers portés par l’intervention publique et de grandes sociétés, a pu engendrer un patrimoine plus ou moins monumental qui mérite d’être d’étudié. Comment également ses réseaux structurent-ils l’offre thermale à l’échelle des massifs et de manière générale concourent-ils, par ce biais, au désenclavement et à la mise en valeur des territoires ?

 

 

2.     Thermalisme et paysage : le processus de civilisation de la « nature » pyrénéenne

Les XVIIIe et XIXe siècles constituent des moments charnières où les montagnes, jusque-là délaissés car considérés comme empreinte d’une forme d’hostilité, deviennent une destination à part entière pour les classes dominantes, prélude à la généralisation au XXe siècle. Les stations thermales jouent un rôle pionnier dans ce processus de « civilisation » de la montagne en plaçant les visiteurs au cœur de la nature environnante.

Cet environnement naturel des stations et les paysages associés ont très généralement été valorisés comme aménités à la fois esthétiques, sensibles et même médicales, un rôle thérapeutique qui demeure encore aujourd’hui d’actualité dans un contexte de mutation de la cure thermale traditionnelle vers l’éducation à la santé. Il s’ensuit des aménagements tels que réseaux de sentiers, points de vue, etc. destinés à révéler le paysage et à inviter à le parcourir. La nature s’invite également à l’intérieur de la station avec la création de parcs urbains, tandis que les jardins privés se multiplient autour des villas. C’est alors l’occasion d’introduire des essences exogènes qui enrichissent la biodiversité locale.

 

Ainsi, tout autant que le bâti, le patrimoine naturel contribue au final à définir la station thermale. De quels rapports à l’environnement les aménagements liés à la nature sont-ils l’expression ? La station est-elle pensée comme une enclave de civilisation ou bien comme un trait d’union avec la nature environnante et la montagne ?

Les parcs et jardins et leurs nombreux arbres remarquables témoignent également d’une volonté de modeler la nature. Quelles furent les essences importées et jusqu’où se font sentir les influences exogènes en matière de biodiversité (y compris la faune) ? en matière de biodiversité (une question qui peut également se poser pour la faune) ? La question se pose pour la forêt, à la fois élément clé du paysage, outil d’aménagement et ressource disputée de matières premières. Si la volonté d’introduire l’exotisme dans la montagne est patente, certains parcs et jardins peuvent-ils avoir vocation à recréer l’environnement montagnard ? La nature thermale a-t-elle à voir avec la nature balnéaire ? De quelle manière le thermalisme a-t-il pu favoriser l’émergence des politiques de protection de la nature dans les Pyrénées et les autres massifs ?

Quant au lien entre le thermalisme et la montagne, comment la médecine peut-elle mobiliser l’environnement naturel de la station (plantes médicinales, climat, sport, promenade…) ? De quelles manières de telles approches thérapeutiques peuvent-elles être complémentaires du thermalisme ?

 

 

3.     Architecture et patrimoine de la villégiature en montagne

Dans l’imaginaire collectif, le thermalisme a développé une architecture haute en couleur avec de grands hôtels voire des palaces, un casino au moins, sinon des kiosques à musique et des buvettes, une gare et bien entendu des établissements thermaux pour accueillir une clientèle « venue au bain » se soigner et aussi se divertir, sans oublier les villas, castels ou chalets de villégiature, souvent édifiés en périphérie. Les inventaires du patrimoine révèlent cependant une production architecturale beaucoup plus variée que cela et où le panache n’est pas toujours de mise, lorsque par exemple les grands hôtels côtoient de simples pensions de famille.

Quant à l’architecture des établissements de bain, celle-ci est avant tout utilitaire et tend à s’adapter aux transformations des pratiques thérapeutiques, lesquelles peuvent se répercuter jusqu’aux équipements de villégiature : le remboursement des cures thermales par la sécurité sociale dès 1947 oblige ainsi à découper des hôtels en appartements individuels et à construire des immeubles de studios.

 

La diversité des usages, des clientèles et des maîtres d’œuvre peut concourir des formes architecturales, tour à tour, porteuses d’extravagance ou de sévérité. Il conviendra de considérer ce qui relève d’une architecture académique ou plus originale et dont le style néo-régional et le pastiche peuvent caractériser le vocabulaire. Quelle est également la place des architectures vernaculaires et des matériaux locaux face aux logiques de style et d’esthétique ? Comment ces aspects esthetico-architecturaux sont-ils conditionnés par la disponibilité des moyens humains, matériels, financiers, publicitaires, etc., ainsi que par les ressources mobilisées (locales, nationales, internationales) ?

La circulation des architectes et des modèles est une autre question intéressante dans ces territoires retranchés mais où la station, lieu d’urbanité, est pourvoyeuse de chantiers. La station est-elle dès lors une vitrine architecturale, un lieu de diffusion de formes et de techniques nationaux et internationaux ?

En matière de décor porté, d’ornements, de styles, de décorations intérieures, peut-on constater des grandes tendances dont le modèle serait parisien ou alpin ? Et s’il ne l’était pas, dès lors, caractériserait-il un style propre enclin à un monumentalisme, une simplicité et à une économie de moyens, rendant la logique constructive au seul besoin rationaliste ? Peut-on constater des caractéristiques communes dont une certaine modestie apparente sinon réelle qui serait propres aux Pyrénées ? Les préoccupations

 

stylistiques qui se posent également pour les établissements thermaux interagissent-elles avec les contraintes architecturales imposées par les transformations de la médecine ?

 

 

4.     Les stations thermales : des pratiques sociales au cœur du patrimoine culturel immatériel en montagne

La vie d’une station thermale met en synergie des acteurs venus de différents horizons géographiques et de divers milieux sociologiques, des aristocraties aux classes indigentes en passant par les notabilités régionales et les militaires. Sur place, ces clientèles composent avec toute une population qui s’active à leur service durant la saison des bains et parfois même tout au long de l’année.

Á ce brassage sociologique et géographique répond la diversité des communautés de pratiques, alors que les frontières entre thermalisme, tourisme et mise en scène mondaine tendent à se brouiller. Les casinos, hippodromes et autres théâtres édifiés au cœur des montagnes dans les stations prestigieuses témoignent d’une uniformisation des pratiques de loisirs. Cependant, les inventaires du patrimoine culturel immatériel montrent l’existence de pratiques porteuses d’une plus grande typicité locale, parfois spécialement créées pour la clientèle des stations, auxquels prennent part conjointement curistes et montagnards : fêtes patronales, spectacles folkloriques, fête des fleurs de Bagnères-de-Luchon, des Eaux-Bonnes, d’Ax-les- Thermes, de Vernet-les-Bains… Il en va de même de certaines productions locales, aujourd’hui en grande partie labellisées, que les curistes ramènent chez eux, à l’image des berlingots de Bagnères-de-Bigorre.

 

Ce quatrième thème a vocation à interroger le patrimoine culturel immatériel comme révélateur des rapports à l’Autre, qui se construisent entre les différents groupes sociaux qui se côtoient dans les stations thermales.

Pour les curistes-touristes, les pratiques festives ou sportives sont des évènements situés dans l’espace public qui permettent d’observer le local dans toute sa “typicité”, autrement dit dans sa différence culturelle et sociale. Quels regards et projections portent-ils alors sur l’autochtone ? Cherchent-ils à entretenir une distinction ou bien au contraire à acclimater leurs pratiques, voire à s’approprier celles de l’Autre ?

Concernant les résidents et les montagnards, dans quelle mesure et par quels compromis acceptent-ils de se conformer aux attentes des curistes-touristes, en mettant notamment en scène leur typicité ? Dès lors, la présence de l’Autre visiteur dérange-t-elle leurs pratiques culturelles ou bien permet-elle de se les réapproprier ? Cela revient par extension à s’interroger sur les manières dont les communautés locales peuvent adapter leurs pratiques économique et sociales afin de tirer parti des retombées économiques du thermalisme (travail saisonnier, spécialisations productives …).

 

 

5.     Valorisation des patrimoines (naturels, paysagers, culturels, immatériel)

Cet axe visera à rendre compte d’expériences ou de dispositifs de patrimonialisation en montagne. Le constat est celui d’un paysage thermal abîmé pour ne pas dire dégradé en quête d’un nouveau souffle. La problématique se pose tant pour les stations qui demeurent en activité que pour celles confrontées à des logiques d’abandon ou de reconversion. Comment le patrimoine est-il mobilisé comme atout ? Le thermalisme peut-il de nouveau jouer un rôle moteur dans le développement touristique des massifs ?

Les expériences seront révélatrices de choix et de principes susceptibles de définir un ensemble de bonnes pratiques dans ce domaine : signalétiques, applications…. Les communications privilégieront une approche critique et analytique des réalisations dont certaines font appel aux nouvelles technologies.

 

Directeurs du colloque

– Nicolas Meynen, MCF-HC, Université Toulouse-Jean Jaurès, FRAMESPA (UMR 5136-CNRS)

– Laurent Jalabert, Pr., Université de Pau et des Pays de l’Adour, ITEM (EA 3002)

– Estéban Castaner, Pr., Université de Perpignan-Via Dominici, CRESEM (EA 7397)

Avec la collaboration de Jean-Loup Gazzurelli, Docteur en Histoire contemporaine (UT2J)

 

 

Comité scientifique

Patricia Casteret

Roland Chabbert

Eric Cron
Bertrand Desailly

Steve Hagimont

Pascal Julien

Philippe Roose

 

 

Orientations bibliographiques

 

ALONSO-ÁLVAREZ Luis, « The value of water: the origins and expansion of thermal tourism in Spain, 1750–2010 », Journal of Tourism History, t. 4, 2012, p. 15-34.

« Architecture et urbanisme de villégiature : un état de la recherche », In Situ, 24/2014.

ANTOINE Jean-Marc et MILIAN Johan (dir.), La ressource montagne, entre potentialités et contraintes, Paris, L’Harmattan, 2011.

BARROS François (de) et FRUNEAU Marie-Noëlle, Pré-inventaire des parcs et jardins remarquables dans le département des Hautes-Pyrénées, DIREN, 1997.

BERDOULAY Vincent (dir.), Les Pyrénées, lieux d’interaction des savoirs (XIXe-début XXe siècle). Paris, CTHS, 1995. BORSAY Peter, « Town or country? British spas and the urban–rural interface », Journal of Tourism History t. 4, n°2, 2012, p. 155-169.

BOYER Marc, Le thermalisme dans le grand Sud-Est de la France, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2005.

BOUNEAU Christophe, « Le rôle de la Compagnie des chemins de fer du Midi dans les trajectoires d’innovation des aires touristiques du grand Sud-Ouest de 1852 à 1937 », Sud-Ouest Européen, no39, 2015, p. 13-29.

BRIFFAUD Serge, Naissance d’un paysage. La montagne pyrénéenne à la croisée des regards (XVIeXIXe siècle), Toulouse, Tarbes, CIMA-CNRS, Association Guillaume Mauran, 1994.

BRIFFAUD Serge, HEAULME Emmanuelle, ANDRE-LAMAT Véronique, DAVASSE Bernard et SACAREAU Isabelle, « The Nature of Resources », Renewable Energies and European Landscapes, p. 135-53. Springer, Dordrecht, 2015.

BRIFFAUD Serge, « Face au spectacle de la nature », in Alain CORBIN, COURTINE Jean-Jacques et VIGARELLO Georges (dir.), Histoire des émotions. Tome 2 : Des Lumières à la fin du XIXe siècle, Paris, Seuil, 2016, p. 57-78.

CARRIBON Carole, Du thermalisme mondain au thermalisme social ? Les villes d’eaux françaises dans l’Entre-deux- guerres (1919-1939), Thèse de doctorat, Université Michel de Montaigne-Bordeaux III, 2001.

CHADEFAUD Michel, Aux origines du tourisme dans les Pays de l’Adour. Du mythe à l’espace, un essai de géographie historique, Pau, Université de Pau et des Pays de l’Adour, 1987.

 

GIGASE Marc, HUMAIR Cédric et TISSOT Laurent (dir.), Le tourisme comme facteur de transformations économiques, techniques et sociales (XIXeXXe siècles). Neuchâtel, Suisse, Éd. Alphil-Presses universitaires suisses, 2014.

GRANET-ABISSET Anne-Marie et GAL Stéphane, Les territoires du risque, Grenoble, PU Grenoble, 2015. GRENIER Lise (dir.), Villes d’eaux en France [exposition, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris, 16 janvier-24 mars 1985], Paris, Institut français d’architecture, 1984.

HAGIMONT Steve, Commercialiser la nature et les façons d’être. Une histoire sociale et environnementale de l’économie et de l’aménagement touristiques (Pyrénées françaises et espagnoles, XIXeXXe siècles), Thèse d’histoire, Université de Toulouse Jean Jaurès, 2017.

HENRY Dominique, « Entre-tenir la montagne » : paysage et ethnogéographie du travail des éleveurs en montagne pyrénéenne : hautes vallées du Gave de Pau, de Campan et d’Oueil-Larboust, Mémoire sous la dir. de Jean-Paul Métailié et de Serge Briffaud, Toulouse-Jean-Jaurès, 2012.

HUMAIR (Cédric), GIGASE (Marc) et LAPOINTE GUIGOZ (julie), Système touristique et culture technique dans l’Arc lémanique. Analyse d’une success story et de ses effets sur l’économie régionale (1852-1914), Neuchâtel, Alphil-Presses universitaires suisses, 2014.

JAMOT Christian Thermalisme et villes thermales en France, Clermont-Ferrand, Institut d’Etudes du Massif Central, 1988.

JARRASSE Dominique, Les thermes romantiques. Bains et villégiatures en France de 1800 à 1850, Clermont-Ferrand, Institut d’Etudes du Massif Central, 1992.

JENNINGS, Eric Thomas, À la cure, les coloniaux ! Thermalisme, climatisme et colonisation française (1830-1962). Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.

LARRINAGA RODRIGUEZ Carlos, « Origenes del turismo en España. Las aguas de vida », Annuario de l’IEHS, t. 27, 2012, 369-91.

LARRINAGA RODRIGUEZ Carlos, « Termalismo y turismo en la España del siglo XIX »in BARCIELA Carlos, MANERA Carles, MOLINA Ramon et DI VITTORIO Antonio, La evolución de la industria turística en España e Italia, Institut Balear d’Economia., Palma de Mallorca, 2011, p. 369-391.

LASLAZ Lionel, « Renaturaliser sans patrimonialiser ». L’Espace géographique, t. 42, 2013, p. 354-69. LEVY André (dir.), Le dictionnaire des Pyrénées, Toulouse, Privat, 2000.

METAILIE Jean-Paul (dir.). Risques et aménagement dans les Pyrénées, Toulouse, GDR-ISARD, 1993.

MEYNEN Nicolas, « Des thermes militaires dans les Pyrénées au XIXe siècle : l’exemple de Barèges », ORGEIX (Emilie d’) et MEYNEN (Nicolas) (dir.), Fortifier la montagne (XVIIIXXe siècle). Histoire, reconversion et perspectives de mise en valeur du patrimoine militaire en montagne, Toulouse, PUM, 2016, p. 207-229.

MILIAN Johan, Protection de la nature et développement territorial dans les Pyrénées, Thèse de géographie, Université de Toulouse II-Le Mirail, 2004.

PENEZ Jérôme, Histoire du thermalisme en France au XIXe siècle. Eau, médecine et loisirs. Paris, Économica, 2004. POISSON Jacques, « Le voyage aux eaux. Histoire de la desserte ferroviaire des stations thermales », Revue d’histoire des chemins de fer, no31, 2011, p. 201-34.

RENDU Christine, La montagne d’Enveig : une estive pyrénéenne dans la longue durée, thèse, Lille, 2003.

SAHLINS Peter, Boundaries. The Making of France and Spain in the Pyrenees. Berkeley, University of California press, 1989.

TISSOT Laurent, Naissance d’une industrie touristique. Les Anglais et la Suisse au XIXe siècle, Lausanne, Payot, 2000. TOULIER Bernard et ROSE Caroline, Villes d’eaux. Architecture publique des stations thermales et balnéaires, Paris, Imprimerie nationale éd. et Dexia éd., 2002.

VLES Vincent, Métastations. Mutations urbaines des stations de montagne, un regard pyrénéen, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2014.

VLES Vincent et Bouneau Christophe (dir.), Stations en tension, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2016.

WALTER François, « La montagne alpine : un dispositif esthétique et idéologique à l’échelle de l’Europe »,

Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 52, 2005, p. 64-87.

 

Les propositions de communications (résumé de 1 500 signes précisant le titre de la communication, l’argumentation et les sources mobilisées), accompagnées d’un court curriculum vitae (notice de 500 signes précisant le nom sous lequel l’intervenant souhaite être cité, un contact téléphonique, un courriel, son affiliation institutionnelle et son laboratoire de rattachement le cas échéant), sont à adresser au plus tard le 29 mai 2020 conjointement aux adresses suivantes :

nicolas.meynen@univ-tlse2.fr

laurent.jalabert@univ-pau.fr

castaner@univ-perp.fr

Les propositions de poster sont les bienvenues, elles seront étudiées avec intérêt.

CFP: Politiques et pratiques culturelles dans les villes : Pour une approche comparée Europe/Amériques

Veuillez trouver ci-joint un appel à propositions pour une journée d’études qui se déroulera le 11/06 à l’Institut des Amériques (Campus Condorcet).

La JE a pour objectif de souligner l’ambivalence de la notion de culture en milieu urbain.  Elle privilégie l’hypothèse d’une tension entre les politiques culturelles en vue d’assurer l’attractivité territoriale et les pratiques culturelles des habitants.

Les propositions doivent être envoyées avant le 20 mars 2020.

Pour tout complément d’information, n’hésitez pas à nous écrire :

-Cynthia Ghorra-Gobin (CNRS-CREDA) et Diana Burgos-Vigna (Cergy Paris Université, Laboratoire AGORA).

L’annonce peut également être consultée à l’adresse suivante.

Appel à communications

 

Politiques et pratiques culturelles dans les villes :

Pour une approche comparée Europe/Amériques

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Journée d’études

11 juin 2020 – Campus Condorcet

organisée par Diana Burgos-Vigna (Cergy Paris Université-Laboratoire AGORA)

et Cynthia Ghorra-Gobin (CNRS-CREDA)

 

1-      Argumentaire scientifique

 

La culture est devenue ces dernières années l’un des axes forts de développement urbain. Historiquement définies et menées à l’échelon national, les politiques culturelles ont progressivement été captées par les autorités locales, l’échelon urbain s’imposant comme le niveau privilégié de l’action publique en ce domaine. Si en Amérique latine ce phénomène s’est renforcé avec les politiques de décentralisation et la libéralisation des économies dans les deux dernières décennies du XXe siècle, en Europe et en Amérique du Nord, l’émergence des villes comme des acteurs culturels de poids s’explique tant par des processus globaux que par des évolutions internes spécifiques à chaque pays. Sur les deux continents, la culture est désormais un volet significatif de l’agenda urbain. Elle se caractérise parfois par l’implication d’acteurs privés aux côtés d’acteurs publics ainsi que par une forte imbrication d’enjeux économiques et sociaux.

 

Aussi si le constat de la culture comme composante incontournable des politiques locales est aujourd’hui largement partagé, deux axes semblent néanmoins se détacher.  Certains chercheurs parlent de « registres de légitimation » (Saez, 2008), qui a priori apparaissent comme difficilement conciliables : d’un côté une vision de la culture comme levier de développement économique, de l’autre une préférence pour la culture comme source d’épanouissement personnel et collectif, et davantage perçu comme un outil de développement social.

 

Le premier axe s’est développé ces dernières années dans un contexte de concurrence accrue entre les villes à l’échelle mondiale : les politiques culturelles devenant des outils privilégiés pour assurer et renforcer l’attractivité territoriale. Dans les Amériques comme en Europe, les autorités locales ont ainsi mis en place des stratégies variées, allant de l’élaboration de plans de développement culturel à la construction de méga-équipements, dans la lignée de Barcelone ou de Bilbao. Ces politiques, largement influencées par les références à la « ville créative » (Florida, 2005 ; Landry 2008) ont élevé la culture au rang de « ressource économique ». Par la construction d’infrastructures spécifiques ou par l’organisation d’événements phares, elles permettent ainsi aux villes de renforcer leur « capital symbolique collectif » (Harvey, 2002). L’obtention de certaines distinctions (« capitale ibéro-américaine de la Culture », « ville créative de l’UNESCO », etc.) s’inscrit aussi dans cette logique. C’est le cas par exemple de la course au statut de « ville patrimoine de l’Humanité » qui en Amérique latine s’est accélérée à partir des années 1990.

 

Le deuxième axe repose, lui, sur l’idée de démocratisation et sur l’hypothèse que l’un des objectifs premiers de toute politique culturelle consiste à faire accéder le plus grand nombre de personnes aux biens et services culturels. Cette dynamique a été privilégiée dans certains pays européens dans les années 1970 et 1980 avec un effort conséquent dans les quartiers les plus défavorisés. Les observateurs des politiques culturelles tendent à s’accorder néanmoins sur un constat d’échec de cette stratégie, constat fondé notamment sur la persistance de fortes disparités entre les groupes de populations selon l’appartenance socio-économique.

 

De plus, dans un contexte mondial où la culture devient une « marque de distinction » pour les métropoles mais aussi pour certaines villes moyennes, le décalage entre les politiques locales officielles et les nouvelles formes de pratiques culturelles ne cesse de s’affirmer.  Ainsi, si un certain street art est désormais reconnu comme une pratique artistique à part entière, d’autres formes d’intervention dans l’espace public ou de pratiques culturelles au sens large le sont moins comme par exemple le tag, le slam, le rap, le parkour (discipline sportive urbaine) ou autres pratiques de rue fortement liées aux réseaux sociaux (flashmobs, jumpstyle, etc.)

 

La faible convergence entre la politique culturelle officielle et les pratiques culturelles de certaines populations persistent et ce malgré la multiplication des appels internationaux à favoriser la diversité culturelle. L’un des plus connus de ces derniers est l’Agenda 21 de la Culture, signé en 2004 lors du Forum des Autorités Locales de Barcelone, qui s’inscrit dans la lignée de la Déclaration Universelle de l’UNESCO sur la Diversité Culturelle (Unesco, 2001) et du Forum de Porto Alegre qui avait fait de la Culture le « 4ème pilier du développement ».

Or, qu’elles soient influencées par le modèle de la « ville créative » destiné à un public privilégié, ou davantage attirées par des programmes de démocratisation culturelle, force est de constater que les autorités locales procèdent à une hiérarchisation des pratiques et tendent à favoriser certaines formes aux dépens des autres.

2-      Objectifs et modalités de participation

 

L’objectif de cette journée d’études (ouverte à toutes les disciplines de sciences humaines et sociales) est d’illustrer et d’analyser les deux axes du registre culturel définis ici.  Il s’agit de souligner les « tensions » dans les villes des Amériques et dans les villes européennes entre d’une part des politiques culturelles ancrées dans une politique d’attractivité territoriale et les pratiques culturelles de populations d’origines et de statuts divers.

Les interventions souhaitées dans le cadre de la journée d’études s’appuieront sur des travaux empiriques mettant en scène des villes (indépendamment de leur taille) localisées dans les Amériques ou en Europe. Les discussions à l’issue de chacune des présentations seront centrées sur l’analyse des « tensions » entre politiques culturelles et pratiques culturelles dans une perspective comparée entre les villes dans les Amériques et les villes en Europe.

 

Les propositions (une page incluant le titre, le résumé et les références bibliographiques de l’intervention, le nom du chercheur.e , son affiliation institutionnelle et son adresse email) devront parvenir à Diana Burgos-Vigna (diana.burgos@u-cergy.fr) et  Cynthia Ghorra-Gobin (implementation@orange.fravant le 23/03/2020.  Les réponses seront envoyées le 20/04/2020 en vue de la journée d’études qui se déroulera le 11/06/2020 à l’Institut des Amériques (Campus Condorcet).

Institut des hautes études de l’Amérique latine
IHEAL
Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Campus Condorcet – Bâtiment de Recherche Sud
5 cours des Humanités, 93322,  Aubervilliers – bureau 5028A

Facebook : IHEAL CREDA Twitter : @IHEAL_CREDA
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CFP: deadline: 31 May LIVING WITH TOURISM | ISEG 24-25 September 2020 | Lisbon Portugal

CALL FOR PAPERS

LIVING WITH TOURISM:

PARADOXES, EMPOWERMENT AND FUTURE DIRECTIONS

Portugal, Lisbon, ISEG 24-25 September 2020 

DESCRIPTION AND THEMES 

The production and marketing of places as tourist destinations is one of the most common topics in contemporary social sciences research on tourism. Having moved beyond straightforward impact studies and adopting ethnographic methodologies of experimental immersion, social scientists have been able to grasp in the construction of tourism places in terms of sociocultural processes of actions and meanings, interconnection of local and global economic and political structures, social change, construction and performance of national and regional identities and the emergence of “other” identities, resistance and transformation of everyday practices.

Understanding tourism as an intrinsically cultural phenomenon that can best be studied not as an independent entity, but instead as a social field in which many actors engage in multiple and complex interactions across time and space (both in situ and virtually), will contribute to a new body of scholarship. This approach is interested in exploring the impacts, involvements, resilience, paradoxes and tensions, and empowerment of local communities and their interrelated practices of hosting, moving, producing and consuming, revelled in the particularities of each touristic site. Accordingly, a holistic approach should be taken regarding how tourism fits into broader and intricate sociocultural systems of meaning and actions, and how it operates at various levels, such as economic effects, emergence of new public policies, political ways of legitimacy and/or populism, power relations, sustainability and lifestyles, creativity and entrepreneurship, resources consumption, commodification of culture, social inclusion and exclusion, and inequality. In this sense, ‘places of tourism’ are privileged fields to study the marks (although transitory) of a globalised and interconnected world of transnational flows of products, capital, information, multinational organisations, people and imagery, which expose their local differences and its specific dynamics, discourses, interests and uses of space.

At the institutional level, tourism industry global success has been awakening a growing network of stakeholders involved in tourism development, including local, national, and international organisations, eager to mobilise tourism as a force for sustaining and developing culture and economy. The appeal to visitors’ senses, experiences and feelings, based on market segmentation and product differentiation of a particular place, are new tourism trends in development all over the world. Intangible heritage, food and wine, health and wellness, religious tourism, nature and ecotourism, sports and adventure, technological and virtual tourism experiences are among the raising forms of tourism activities and destinations strategies to innovate and diversify their tourism offers.

This workshop seeks paper proposals focused on interdisciplinary and empirical research on ‘living with tourism’, i.e., a rethinking of tourism economic, social and cultural impacts and its paradoxes, and its wider implications in terms of power relations towards a specific space and the communities that inhabit it. It also invites to a broader discussion on tourism future directions in line with worldwide changes of nations economic prosperity, consumption lifestyles, rising of new markets, brands and activity sectors, and cutting-edge research topics in tourism studies.

We encourage the submission of abstracts on tourism contexts and host communities research related with topics including, but not limited to, the following:

  • Social change and its paradoxes;
  • Empowerment, identity and representation;
  • Governance and public policies;
  • Direct and indirect economic impacts;
  • Innovative organizational structures;
  • Sustainability, sociocultural harmony and integration;
  • Resistance, contestation and repulsion;
  • Dynamics of local-to-global, endurance and cosmopolitanism;
  • Processes of invention of tradition and authenticity;
  • Discourses and practices of enactment, performance and agency;
  • Production and consumption of heritage;
  • Food culture and gastronomy as tourist resources;
  • Cultural festivals and corporate events;
  • New cycles, new partnerships and new opportunities.                                                           

ORGANIZATION

PhD Programme on Economic and Organizational Sociology, SOCIUS/CSG – Research Centre in Economic and Organizational Sociology and ISEG – Lisbon School of Economics & ManagementUniversidade de Lisboa

SCIENTIFIC COMMITTEE

Marisa C. Gaspar, Sofia Bento, Rafael Marques, Daniel Seabra Lopes e José Dias Lopes.                                                                          

KEYNOTE SPEAKERS

Prof. Dr. XERARDO PEREIRO

Assistant Professor, Universidade de Trás-os-Montes e Alto Douro – UTAD, CETRAD – Vila Real, Portugal.

Holds a European PhD in Social Anthropology from the University of Santiago de Compostela (Galicia, Spain) and another International PhD in Tourism from the University of La Laguna (Canarias, Spain). Assistant teacher with habilitation (tenure) of anthropology (by ISCTE, Lisbon) and cultural tourism in UTAD. Conducts research about anthropology of tourism and cultural heritage in CETRAD, Centre for Transdiciplinary Development Studies, of UTAD. Has done fieldwork research in Spain, Portugal and Panama – about indigenous guna tourism. Is the Head of Tourism First Degree Course of UTAD, and was visitor teacher in the Universities of Vigo, Coruña, Santiago de Compostela, Pablo Olavide (Seville), Salamanca, Panamá, Universidade Nova de Lisboa (Portugal), Costa Rica, UNICAMP (Brazil) and others. Awarded the 1994 Vicente Risco Award of Social Anthropology and Social Sciences; the 2007 FITUR in research tourism and the 2011 Sol-Meliá, University of Balears Islands Awards for Tourism Research. Nowadays is doing research on Portuguese Inside Way of Pilgrimage to Santiago de Compostela and about Tourism in the Douro Region. Member of Editorial Board of International Journal of Tourism and Cultural Heritage – Pasos.

 

Prof. Dr. VALERIO SIMONI

Senior Research Fellow, Graduate Institute Geneva, Switzerland.

Researcher at the Global Migration Centre and the Department of Anthropology and Sociology, at the Graduate Institute Geneva, Switzerland, and Research Associate at the Instituto Universitário de Lisboa (ISCTE-IUL), Centro em Rede de Investigação em Antropologia, in Lisbon, Portugal.

Author of the award-winning Tourism and Informal Encounters in Cuba (2016), as well as numerous contributions to edited volumes and journals in both anthropology and tourism studies including Anthropological TheoryJournal of Anthropological Research, and Journal of Tourism and Cultural Change. With ethnographic field research in Cuba and Spain, his work contributes to scholarship in the social sciences on intimacy, economic practice, morality, tourism, migration, transnationalism, and globalization.

 

ABSTRACTS GUIDELINES

All abstracts must be submitted in English.

Abstract proposals should include the title, a short abstract, with no more than 50 words, which is meant to sum up the long abstract that must not exceed 250 words in length, plus 5 keywords.

Abstracts submission deadline: 31 May 2020.

Please submit your abstracts: HERE

 

REGISTRATION AND FEES

 

The workshop registration includes, print materials, coffee breaks, access to the keynote, all the thematic sessions and fringe events. 

Standard fee: 160€

Students fee: 120€

Standard late fee (from September 1): 200€   

For further information please contact the local organization: sociuseventos@iseg.ulisboa.pt

 

 

CFP : Rendez-vous ethnologique de Salagon : “Musées et recherche : entre affinités électives et mariage de raison”, Mane (04), 18-19 juin 2020

Rendez-vous ethnologique de Salagon

18 et 19 juin 2020

Musée de Salagon, le Prieuré, 04300 Mane

http://www.musee-de-salagon.com/

Appel à communications

En collaboration avec le CRIA et

l’IDEMEC (UMR 7307 AMU-CNRS)

MUSÉES ET RECHERCHE

ENTRE AFFINITÉS ÉLECTIVES ET MARIAGE DE RAISON

« Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement, ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation. »

Statuts de l’ICOM, art 2 § 1

Dans cette définition[1] des musées donnée par l’ICOM (International Council Of Museums), la recherche apparaît deux fois à travers le terme « d’étude » qui ne s’applique plus à la culture matérielle uniquement comme dans les premières définitions, mais au « patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et (à) son environnement » : programme large et ambitieux qui montre à quel point le monde des musées cherche à élargir son horizon, au-delà des collections matérielles qui ont longtemps été l’unique centre de son activité.

Ce terme d’étude apparaît du reste deux fois, dans sa forme verbale et nominale. Avec le verbe, le musée est un acteur actif de la recherche qui est une de ses missions ; au travers du nom, il offre aux chercheurs des sujets ou des matériaux d’étude. On a vu au fil du temps de multiples partenariats entre l’Université et les musées : des chercheurs créer des musées, des laboratoires intégrés dans le projet muséal, des universitaires commissaires ou dont l’objet de la recherche est le musée et sa place dans la société.

Objet protéiforme, la recherche dans le musée se situe partout et nulle part : dans les informations] rassemblées pour préparer une exposition et les publications qui en rendent compte ; dans le travail des conservateurs qui documentent les œuvres ; dans les partenariats multiples entre Universités et musées… L’objet est insaisissable et ne répond pas aux mêmes définitions suivant la place où l’on se tient ou même le type de collection. Le rapport entre le concept et l’objet se déplace selon des gradients extrêmement variables : décrire et attribuer, est-ce faire de la recherche ? Comment dépasser un retour d’expérience pour alimenter une réflexion plus large ?

La recherche sur les collections et les objets, qui a été très étudiée et publiée – de la méthodologie aux méthodes d’investigation les plus innovantes – n’est pas l’objet de ce séminaire, ni l’amont de la recherche que sont l’acquisition ou, pour les musées d’ethnologie, la collecte – voire que furent autrefois les expéditions ethnographiques, lorsque les musées étaient encore le principal lieu d’institutionnalisation de l’anthropologie. Il s’agit davantage d’observer les différentes dynamiques à l’œuvre entre les acteurs et les objets (matériels ou conceptuels) qui gravitent autour des musées. Le séminaire vise à donner la parole aux personnels scientifiques, universitaires, scénographes, médiateurs, volontaires, publics qui investissent le champ de la recherche et se l’approprient chacun à sa manière à travers les collections et les nouveaux supports de médiation.

Préparer une exposition

Une exposition suppose un travail de recherche important : sur les œuvres ou les objets, mais aussi de façon plus large sur la problématique abordée. Les commissaires qui montent des expositions dans des musées de société organisent des enquêtes ethnologiques ou sociologiques, explorent les sources primaires des archives, des bibliothèques ou des fonds privés. Les musées scientifiques traduisent pour le public les avancées de la recherche fondamentale. Conservateurs et universitaires se partagent un terrain fécond selon des partenariats souvent singuliers, dont la richesse le dispute parfois à la rivalité. Les conseils scientifiques n’existent pas dans tous les musées : tutelle supplémentaire ou conseil à l’orientation, il joue un rôle complexe. Comment choisit-on un sujet d’exposition ? L’air du temps, l’exposition précédente, les rencontres, les nouvelles recherches, tout est susceptible de fournir une problématique qui va à son tour générer de la recherche ou permettre de synthétiser l’existant dans une présentation des théories qui forment l’état des connaissances au moment de l’exposition. Le public est avide d’expositions temporaires qui font événement, mais certaines belles endormies continuent de montrer une conception particulière du monde et de la science (pensons aux anciens muséums d’histoire naturelle). Car enfin les expositions rendent sensibles, bien plus que d’autres média, les rapports qu’entretiennent les sciences et le réel : il faut parfois le recul de l’exposition permanente vieillissante pour comprendre les récits que se jouent les sociétés dans les représentations muséographiques. Ce recul peut nous permettre aussi de comprendre les valeurs et les idéaux qui travaillent en sous-œuvre nos propres représentations.

Qu’écrit-on dans un catalogue ?

Le catalogue est le passage obligé d’une exposition qui vise un certain statut scientifique. L’objet est calibré. Il comprend des images (de bonne qualité et de taille suffisante) et du texte, et l’équilibre entre les deux le définit : trop de place pour les images, c’est un album, pas assez, un ouvrage scientifique. Le contenu des textes est extrêmement variable : parfois écrit par des scientifiques, parfois par des conservateurs, rarement par des médiateurs, il est souvent l’œuvre de spécialistes qui complètent le commissariat par des textes marquant là encore l’état de la recherche au moment de l’exposition. A qui sont destinés ces écrits ? Et qui les lit ? Les catalogues figurent souvent au rang des beaux livres qui trônent sur les tables basses, mis en valeur pour les illustrations et leur valeur symbolique plus que pour leur contenu. La fonction de ces catalogues, très appréciés du public, pose question, autant pour les institutions qui les produisent que pour ceux qui y publient des textes et ceux qui les regardent – à défaut de les lire.

 

Transmettre la recherche

Existe-t-il, dans un musée plus encore que dans le monde universitaire, des recherches non publiées, que l’on produit sans souhaiter (ou sans espérer) pouvoir les partager un jour avec le public ? Le musée est avant tout un lieu de transmission, où le public va découvrir ce que les commissaires ont considéré comme digne d’intérêt. Mais il ne s’agit plus de résumer sur des panneaux le contenu du catalogue. L’exposition devient la rencontre entre des idées et des supports sensoriels (parmi lesquels figurent les collections) qui permettent aux publics d’accéder aux concepts à travers une expérience qui mobilise l’être entier, et non seulement l’intelligence. Entre la recherche conceptuelle et l’exposition se positionnent les personnes dont la fonction va être de traduire, de différentes façons, la pensée en parcours, en images, en sons. Ce sont les muséographes, les scénographes et les médiateurs, pour qui la vulgarisation n’est pas seulement la simplification mais un transfert du discours dans un langage où sont convoqués les sens, le plaisir et la fameuse « aura » des œuvres d’art selon Walter Benjamin.

Mais, à l’époque de la reproductibilité technique de ces dernières, de la production massive et en série des objets du quotidien, de vastes flux culturels, de mouvements de populations et d’une progressive meilleure reconnaissance sociale de groupes minoritaires, qui détient l’autorité pour définir les objectifs et les modalités de la recherche – et, au fond, ce que doit être et faire un musée ? La question est particulièrement sensible en une époque où la notion de « participation » gagne une importance qui semble toujours croissante dans la vie sociale.  Nul doute que, à l’occasion de ce 5ème Rendez-vous Ethnologique, professionnels des musées et ethnologues trouveront matière à débattre autour de ce questionnement – central dans les débats actuels autour de l’élaboration d’une nouvelle définition du musée.

Isabelle Laban-Dal Canto

Conservatrice du patrimoine

Directrice du musée de Salagon

 

 

Comité organisateur

 

Jean-Yves Durand, CRIA-UMinho (Braga, Portugal)

Cyril Isnart, IDEMEC (Aix-en-Provence)

Isabelle Laban-Dal Canto, musée de Salagon (Mane)

Antonin Chabert, musée de Salagon (Mane)

 

Nous invitons ceux que le sujet intéresse, qu’ils soient universitaires, qu’ils travaillent dans un musée ou traitent de la thématique dans un autre cadre, à envoyer une proposition de communication.

 

Les propositions de communication sont à envoyer à Isabelle Laban-Dal Canto isabelle.laban-dal-canto@le04.fr et Antonin Chabert antonin.chabert@le04.fr

 

avant le 19 avril 2020

sous forme numérique (Word), maximum 2 000 signes espaces compris.

 

Les intervenants retenus seront défrayés (voyage et hébergement).

[1] Cette définition est déjà contestée dans le milieu international des musées, et la discussion qui accompagne la validation d’une définition commune montre bien les évolutions en cours :  https://icom.museum/fr/normes-et-lignes-directrices/definition-du-musee/

 

CFP: Sports, culture populaire et culture matérielle (Besançon)

Appel à contributions

Colloque « Sports, culture populaire et culture matérielle »

24-25 septembre 2020

Besançon – Université de Franche-Comté

Résumés attendus avant le 15 juin 2020 (voir line plus bas)

À l’heure où le sport s’ancre de plus en plus dans le quotidien et ses objets, ainsi qu’au sein de la culture populaire, ce colloque entend questionner les pratiques sportives et/ou ludiques productrices ou dérivant de cette culture, en se focalisant sur les biens matériels, produits et reflets d’une société donnée.  Ces journées s’intéresseront à la production, la consommation, l’usage de ces objets (du jouet aux applications mobiles, en passant par les productions médiatiques), mais aussi aux comportements, normes et rituels qu’ils mettent en jeu. Favorable aux approches pluri et transdisciplinaires, ce colloque explorera plusieurs thématiques, parmi lesquelles l’éducation, l’identité, la sociabilité, la médiatisation, la patrimonialisation, le rapport à l’imaginaire, ainsi que le rapport aux innovations et au progrès technique et technologique.

At a time when sport is increasingly anchored in our everyday lives and objects, as well as in popular culture, this symposium intends to study these sports and/or playful practices which produce – or derive from – this culture, focusing on material goods, which are both products and reflections of a given society.  This event will focus on the production, consumption and use of these objects – from toys to mobile apps and media productions), but also on the behaviors, norms and rituals they create. Favoring pluri- and transdisciplinary approaches, this symposium will explore several themes, including education, identity, sociability, media, heritage, imagination, as well as innovation, and both technical and technological progress.

CFP: Colloque Enfants et patrimoines, Carcassonne, 8-10 décembre 2020

Appel à communication 

Enfants et patrimoines

 

Colloque international et pluridisciplinaire

Ethnopôle GARAE

Carcassonne

8, 9 et 10 décembre 2020

Bénéficiaire de la médiation, mis en situation de jouer les médiateurs, éventuellement producteur de patrimoine, et lui-même (ou du moins sa culture) susceptible d’être patrimonialisé, l’enfant participe des principales étapes du processus d’institution patrimoniale. Certes, ces différents rôles supposent des angles d’approche, des objets, des problématisations sensiblement différents. Le pari n’en est pas moins de les appréhender d’un seul tenant, et travaillant ainsi à les décloisonner, d’aborder les partitions interprétées par les enfants non pas tant en fonction de leur position en amont, en aval ou au mitan de l’opération de patrimonialisation, mais au regard de l’écart possible entre répertoire assigné et composition libre, autrement dit, entre les manières adultes de concevoir ce que doit être et faire l’enfant en patrimoines et ce qui relève de l’initiative enfantine à proprement parler en ce domaine. Prenant pied dans cet entre-deux, l’on s’emploiera à user des représentations de l’enfant et de l’enfance comme d’un miroir susceptible de refléter des traits encore insoupçonnés de notre modernité du patrimoine et, parallèlement, l’on s’efforcera de saisir, à travers les façons de dire et de faire propres aux enfants, dans quelle mesure ces derniers agissent la notion de  patrimoine.

Les propositions (entre 2 000 et 3 000 signes) sont à adresser avant le 15 avril 2020 à sylvie.sagnes@bbox.fr et thierry.wendling@ehess.fr.

Elles devront comporter les précisions suivantes :

–        Nom, prénom du ou des auteurs

–        Statut(s) et institution(s) de rattachement

–        Adresse(s) de messagerie

–        Titre de la communication proposée

Texte de l’appel

http://www.garae.fr/spip.php?article496

 

CFP: “Films documentaires (anthropologie et PCI)” de la direction générale des Patrimoines

L’appel à projets 2020 « Films documentaires (anthropologie et PCI) » de la direction générale des Patrimoines (département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique) est en ligne.

Le dispositif permet d’attribuer des soutiens à la réalisation de films documentaires en vue de développer la recherche en anthropologie visuelle et/ou de sensibiliser au patrimoine immatériel par le langage audiovisuel. Les projets présentés, d’une durée de 24 mois maximum à compter de la notification, doivent concerner le territoire français (hexagone et outre-mer), soit exclusivement, soit dans le cadre d’une approche comparative.

Une demi-journée d’information et d’échanges sur le montage des projets et des dossiers techniques à l’appui est organisée, le lundi 23 mars 2020 (14h-17h), au ministère de la Culture (salle Molière, 182 rue Saint-Honoré, Paris 1er) [sur inscription préalable obligatoire].

La date-limite d’envoi des dossiers par voie électronique est fixée au jeudi 30 avril 2020 à minuit.

Tous les détails sur :

https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Patrimoine-ethnologique/Soutien-a-la-creation-audiovisuelle/Appel-a-projets-de-films-documentaires/Appel-a-projets-2020-de-films-documentaires-en-anthropologie-visuelle-et-sur-le-patrimoine-culturel-immateriel-en-France

CFP: The production of urban ambiances for tourist consumption in the contemporary city

The production of urban ambiances for tourist consumption in the contemporary city
Call for chapters for an edited volume to be submitted to Routledge’s Ambiences and Atmospheres Series or Routledge Advances in Tourism and Anthropology Series

Editors:

Iñigo Sánchez (Universidade Nova de Lisboa)
Daniel Malet Calvo (ISCTE, University Institute of Lisbon)
Daniel Paiva (Universidade Nova de Lisboa)
This book seeks to analyze the impact of tourism on the urban environment, focusing on the concept of “ambiance” as a tool to explore the physical regeneration and sensory transformation of contemporary touristic places.
Tourism-led urban regeneration initiatives have proliferated in cities across the globe, in what some authors call a process of touristification (Sequera and Nofre, 2018). The production of urban ambiances that cater to the tourists’ desire to experience the life and culture of the city has been a significant part of this process. Some authors have noted that the transformation of historic neighborhoods into thematic parks for tourism consumption, which often imply the loss of local population, along with traditional modes of social behavior and vernacular cultural practices, are some of the negative consequences of tourism, which are often expressed in the public discourse making reference to the loss of the “authenticity” and “real feel” of urban places (Zukin 2010).
In this book, we promote a critical approach to urban ambiances to question the touristified city. How do tourism and city development affect the lived ambiances in the urban context? How do sensory experiences participate in creating particular urban ambiances and places for tourist consumption? What is the role of atmospheric production in relation to the physical regeneration and marketing of contemporary touristic places? Which social actors participate globally and locally in the everyday (re)production and consumption of these ambiances of tourism?
We invite papers that explore a variety of different approaches, questions and methodologies to study the production of urban ambiances for tourist consumption in the contemporary city, including, but not limited to:
– The role of the senses in the production of ambiances for tourist consumption
– Sensory and atmospheric design in touristified shops, markets, or public space
– The experience economy in tourism spaces
– Everyday perceptions of tourism-led urban transformation
– Exclusions, marginality, and contestations of touristified ambiances
– Public debates on the authenticity/inauthenticity of the ambiances of tourism
– The role of identity and the past in the production of ambiances for tourist consumption
– Creativity and the arts in the production of ambiances for tourist consumption

We intend this collection to bring together a diverse group of scholars and case studies to present a global perspective on the production of urban ambiances for tourist consumption in urban settings. We welcome contributions from across the globe which work with ambiances from different perspectives.
The volume will be composed of 8000-word chapters (including footnotes and references), an Introduction by the editors and an Afterword.
– Deadline for submission of abstracts (300-400 words) and bionotes (100 words): 15 March 2020
– Notification of acceptance: 31 March 2020
– Book manuscript submission: 31 April 2020
– Book contracted: September 2020
– First Book chapter draft: 31 December 2020
– Book manuscript submission: March 2021

Initial expressions of interest, enquiries and/or abstracts should be submitted to editors Iñigo Sánchez (isanchez@fcsh.unl.pt), Daniel Paiva (daniel.paiva@campus.ul.pt) and Daniel Malet Calvo (Daniel.Malet@iscte-iul.pt)

 

CFP: Colonial Histories and Migration: Heritage, Narratives and Materiality, 12 ̶ 14 Au­gust, Helsingfors

Call for papers to the workshop: Colonial Histories and Migration: Heritage, Narratives and Materiality at the 20th Nordic Mi­gra­tion Research conference & 17th ETMU conference 12 ̶ 14 Au­gust, 2020, Uni­versity of Helsinki, Fin­land.
The deadline for submissions is February 29, 2020.

The starting point for this workshop is that historical colonial orders impact the way migration is represented and understood today. The idea of the Nordic countries as separate from colonial history and thus colonial knowledge production, affect the way migrants, racialized minorities, diasporic communities and indigenous peoples are encountered, narrated and acted upon in the contemporary Nordic states.

In this workshop we examine in which ways the relations between colonialism and migration are located in time and space, both locally and globally. We will address multiple spatial, temporal and material relations between coloniality and migration that has taken place both from, to and within Nordic countries, in the past as well as in the present. How does colonial history impact on Nordic migration and what role do colonial history and its processes play in understanding migration in Nordic states today?

We welcome papers that examine questions of migration and mobility in relation to colonial history, postcolonialism/decolonization/coloniality, and settler colonialism. How can we understand and think about migration studies through these prisms?

Conveners: Jenny Ingridsdotter (Umeå University, Sweden) and Anne Gustavsson (Universidad Nacional de San Martín, Argentina)

More info about the workshop (number 13) and the conference:
https://www.helsinki.fi/en/conferences/20th-nordic-migration-research-conference-and-17th-etmu-conference/call-for-papers?fbclid=IwAR0VdLr9N_lZjvbi0t48xv7hrNgkyy27e47-QtjN24XY6NY6bk7iUqy7WOE

 

 

CFP Taking part in Art and Culture. Practices, Theories and Policies in today’s Cultural Mediation

CFP
Taking part in Art and Culture. Practices, Theories and Policies in today’s Cultural Mediation

 

English below

Le colloque aura lieu à Marseille, dans l’espace « Turbulence » d’Aix-Marseille Université et au Tiers QG de Manifesta 13, du 22 au 24 octobre 2020.
Les propositions de communication devront parvenir au plus tard le 20 mars 2020 à l’adresse suivante : mediation.prendrepart@gmail.com

Le colloque international « Prendre part à l’art et à la culture. Pratiques, théories et politiques de la médiation culturelle aujourd’hui » s’intéresse à la question de la « participation » dans le champ culturel, aux facteurs de son évolution (notamment depuis les années 1970) et à la façon dont elle interroge le rôle de la médiation culturelle.

Les communications du colloque s’articuleront autour de trois axes principaux :
1) Généalogie des pratiques de médiation participative (questionnant notamment le rôle de la médiation culturelle dans le tournant éducatif au sein des pratiques curatoriales)
2) Médiation et droits culturels (interrogeant l’influence grandissante de la question des droits culturels sur la conception, l’interprétation et la réception du patrimoine artistique et culturel collectif)
3) Enseigner la médiation culturelle aujourd’hui. Quelle place pour la discussion des enjeux actuels de la médiation dans la formation des médiateurs·rices ?

Ce colloque a pour objectif de poser l’ensemble de ces problématiques au prisme de la posture du·de la médiateur·rice, posture que l’on pourrait qualifier de paradoxale, au-delà même de la précarité de son statut dans le champ culturel. Dépositaire du lien entre des publics et une proposition artistique ou culturelle, sa parole n’est jamais tout à fait assimilée ni à celle des publics, ni à celle de l’artiste, ni même à celle de la structure qui l’emploie. Il·elle doit alors lutter sans cesse pour échapper au rôle dans lequel cette posture particulière menace de l’enfermer, celle de garant·e d’un ordre des choses qu’il·elle cherche précisément à abolir, participant à construire, depuis l’intérieur des murs de l’institution, une figure de l’extériorité, celle de publics jugés inadaptés à l’espace de la culture.

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The international conference “Taking part in Art and Culture. Practices, Theories and Policies in today’s Cultural Mediation” is focusing on the issue of “participation” in the cultural field. We will be looking into the ways in which it has evolved (notably since the 1970s) and in which it influences the role of cultural mediation today.

The conference presentations will follow three main axes:
1) The genealogy of participatory mediation practices (notably interrogating the role of cultural mediation in the educational turn in curatorial practices)
2) Mediation and cultural rights (questioning the influence of the increasingly important topic of cultural rights on the conception, interpretation and reception of the collective cultural and artistic heritage)
3) What teaching cultural mediation and training cultural mediators means or (could mean) today.

The purpose of this conference is to present an overview of these issues through the particular prism of the posture of mediators, a posture that may be characterised as paradoxical, notwithstanding its precarious status in the cultural field. Mediators are the depositaries of the link existing between the public and artistic or cultural offers, and their voice can never be captured as the voice of the public, the voice of artists, nor even as the voice of their employing structures. Their ceaseless engagement is therefore to struggle out of the confining roles that may result from this posture, because these roles give foundation to an order of things they precisely attempt to abolish. In this order of things, figures of exteriority are constructed within the walls of institutions, and embodied by members of the public who are labeled as unadapted to cultural spaces.

The conference will take place in Marseille (France), in Aix-Marseille University and at the Tiers QG of Manifesta 13, from October 22nd to October 24th 2020.
The abstracts and cover letters should be sent via email before March 20th 2020 to mediation.prendrepart@gmail.com