Silvia Chiarini

Silvia Chiarini

 

Doctorante en anthropologie à l’Université d’Aix-Marseille sous la direction de Dionigi Albera.

Membre de l’Institut d’Ethnologie Méditerranéenne, Européenne et Comparative (IDEMEC, UMR 7307 du CNRS)

 

L’objectif de ma thèse est d’appréhender le processus de construction d’une identité et d’un territoire occitans dans les vallées piémontaises de langue d’oc. Adossé à l’ouest à la frontière française et convergeant à l’est vers la plaine du Pô, cet éventail de douze vallées parallèles constitue la portion la plus orientale du territoire de diffusion de la langue d’oc. Il est désigné de façon croissante par l’appellation de « vallées occitanes d’Italie » du fait de la présence d’une minorité de langue occitane reconnue depuis 1999 par l’État italien, à la faveur de la loi dite « 482 ».

Afin d’apporter des premiers éléments de réponse concernant le mode local de construction d’une identité et d’un territoire occitans, j’ai enquêté tout d’abord auprès des acteurs de la revendication occitaniste et me suis cantonnée à l’analyse de la construction militante de l’occitanité avec l’objectif d’en faire ressortir les axes forts. Si la production d’une « occitanité alpine italienne » ne peut être pensée que dans la relation à l’Occitanie, les militants se sont aussi attachés à la production d’une spécificité locale au sein de l’ensemble national en se consacrant à la recherche, la sélection et la documentation d’éléments présents sur le territoire susceptibles d’en constituer la culture. Si l’on peut observer une multiplication d’objets, pratiques et modes de vie devenant occitans par leur simple présence sur le territoire, certains éléments s’avèrent toutefois plus efficaces que d’autres. J’ai enquêté par exemple le rôle de l’écriture et de la musique dans le processus de construction et de cohésion identitaire ou encore l’investissement des patrimoines architectural et festif locaux sur lesquels les militants tentent d’opérer un renouvellement de sens. Ce travail militant – commencé voici plus de quarante ans – a permis la constitution d’un fond patrimonial, dépôt d’emblèmes identitaires et réceptacle d’une mémoire, d’un imaginaire et de contenus culturels censément traditionnels et collectifs que j’ai passés au crible du regard anthropologique.

Au fur et à mesure de l’avancement de mon travail de thèse, j’ai pris conscience que d’autres « entrepreneurs identitaires » étaient à l’œuvre sur ce territoire et mettaient à mal, ou du moins nuançaient, mon association de départ entre construction des « vallées occitanes » et occitanisme. L’observation des usages de l’occitanité – et donc en partie de sa redéfinition – à l’extérieur des groupes militants s’est donc révélée incontournable. J’ai ainsi examiné son utilisation dans la mise en œuvre d’une politique culturelle et linguistique, au sein de projets de développement local ou encore dans les tentatives de mise en tourisme d’un territoire jusqu’alors dépourvu d’éléments d’attractivité et de différenciation conséquents.

 

 

Mots clé : Anthropologie ; Construction identitaire et territoriale ; Développement local ; Ethnicité ; Langues minoritaires et régionales ; Militantisme ; Minorités linguistiques ; Mise en tourisme ; Nationalisme ; Occitan/Occitanisme ; Patrimonialisation ; Politiques culturelles et linguistiques ; Régionalisme

 

 

Publications

 

2012, « De l’ “architecture occitane” à la “nouvelle architecture occitane” ou l’inscription de l’ethnicité dans un projet de développement du territoire : le cas d’Ostana », in N. Driss (dir.), Patrimoines et développement durable. Ressources – Enjeux – Lien social, PUR, Rennes, p. 133-144.

2012, « Construire le territoire par le dialogue privé-public : le cas des “vallées occitanes d’Italie” », in Gh. Gallenga (Dir.), De la porosité des secteurs public et privé en Méditerranée. Une anthropologie du service public, PUP, coll. Travail et gouvernance, Aix-en-Provence, p. 121-136.

2012, « La “mise en marque” d’un territoire ethnique : le cas des “vallées occitanes d’Italie” », in M. Fournier, F. Van Celst (Dir.), Labellisation et « mise en marque” des territoires, Presses Universitaires Blaise Pascal (à paraître).

2010, « Writing in the construction of cultural heritage and identity in the “Occitan Valleys” of Piedmont », in D. Picard and C. Amaral (eds), Tourism and seductions of difference, Proceedings of the TOCOCU 1st Biannual Conference (Lisbon, Portugal, 9-12 September 2010), Sheffield, UK: TOCOCU, (ISBN: 978-0-9567502-0-4).

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