Renaud Chantraine

Renaud Chantraine a étudié en premier cycle l’histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, avant de s’orienter en deuxième cycle vers l’ethnologie et la muséologie. Son mémoire de recherche, dirigé par la muséologue Marie Clarté O’Neil et le sociologue et politiste Massimo Prearo portait sur une étude de cas de patrimonialisation des minorités sexuelles en France, à Montréal, Amsterdam et Bologne.

Il poursuit en thèse de doctorat à l’EHESS (LAHIC) cette ethnographie de la construction du patrimoine LGBT (lesbienne, gay, bisexuel, trans), à partir d’une comparaison entre Berlin, Amsterdam et la France. Les deux premières villes disposent d’institutions communautaires (Schwules Museum à Berlin, Archives LGBT à Amsterdam), ainsi que d’un fort engagement de la part des musées vers une meilleure représentation de ces minorités au sein de leur collection (Amsterdam Museum et Museum Europäischer Kulturen de Berlin). En France, la mise en place d’un centre d’Archives LGBT à Paris n’a jamais abouti, et il n’existe aucune politique au niveau national pour sauvegarder la mémoire ou valoriser d’aucune chaine patrimoniale ce qui commence pourtant à être péniblement reconnu comme l’un des grands mouvements sociaux de la seconde partie du XXème siècle. Il y existe néanmoins, depuis la fin des années 1990, un intérêt marqué pour la patrimonialisation de la lutte contre le sida, qui se retrouve aussi bien au MuCEM (ancien MNATP) qu’aux Archives Nationales (dépôts des archives de l’association Aides et plus récemment d’Act Up Paris). Or il est évident que ces deux “nouveaux” patrimoines entretiennent des relations sinon de dépendance, du moins de proximité. Ce champ de recherche, qui croise des problématiques issues  de l’anthropologie sociale, de la sociologie politique et de la muséologie, est aujourd’hui en France très embryonnaire, à l’inverse du monde anglo-américain ou de l’Europe du Nord, où il connait de passionnants développements.

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