Frédérique Pagani

Frédérique Pagani

Docteur en ethnologie,

Université Paris 10 Nanterre

J’ai soutenu ma thèse, intitulée « Servir les hommes, c’est servir le Seigneur ». Le salut par la philanthropie. Étude d’une  association  de bienfaisance sindhie (Bhopal-Inde Centrale) en janvier 2007 à Nanterre. J’y étudie la philanthropie et le don en Inde. J’ai par la suite travaillé sur la construction des identités religieuses et ai plus particulièrement étudié une population indienne en diaspora. A partir de 2010, j’ai décidé d’élargir mon horizon vers la conservation et le patrimoine et ai passé le concours de conservateur.

Depuis quelque temps, je réfléchis à la possibilité de relier ces deux parcours, ce qui me permettrait de travailler sur des thématiques qui m’intéressent depuis le début de ma formation universitaire comme le “passé dans le présent”. Par le biais de la préparation au concours, j’ai en effet pu me familiariser avec les questionnements sur le patrimoine

Depuis août 2012, je  mène une étude sur le festival de Ganesh à Paris. Cette enquête financée est par le Musée Albert Kahn de Boulogne-Billancourt. Cette enquête a été menée en collaboration avec Jean Christophe Bardot et Olivier Pasquier, photographes (Le Bar Floréal). Il s’agit en effet pour le musée d’enrichir ses collections autour de la photographie contemporaine  la considérant comme un outil  d’investigation du réel, permettant de réinterroger le projet des Archives de la planète d’Albert Kahn à l’aune du contemporain. C’est une façon de s’inscrire dans la continuité du projet des Archives de la Planète, qui traitent le proche -avec de nombreux reportage sur Paris- et le lointain -un fonds important sur l’Inde- et d’investir la question de la mondialisation, de la circulation des populations et des cultures. Mon enquête participe d’un projet photographique porté par la Fédération des Ecomusées et Musées de Société en France sur la transmission du patrimoine culturel immatériel et intitulé : « Sortez des clichés ». Des sujets aussi divers que le Carnaval de Dunkerque, les paludiers de Guérande, les courses landaises, le compagnonnage, les fêtes de Ste Maries, les fest noz, la Gay Pride sont traités. Mon enquête, qui s’est déroulée auprès des fidèles du temple de Ganesh à Paris ainsi qu’auprès des spectateurs s’achève dans quelques semaines. L’enquête ethnographique a consisté en  de nombreuses observations, conversations informelles avec les participants du festival, enregistrements de cérémonies principalement au temple, entretiens avec des partenaires représentants la Régie Immobilière de la ville de Paris, le Commissariat, la Mairie de Paris. Des entretiens enregistrés et retranscrits ont également été menés sur différentes thématiques : sur le festival lui-même notamment à partir des photographies prises par Jean Christophe Bardot, mais aussi sur le temple, l’hindouisme, la trajectoire personnelle de l’interlocuteur, etc. A l’image des photographies prises par Jean Christophe Bardot, les modalités de transmission de la tradition du festival ont été questionnées aussi bien d’un point de vue collectif que sur un registre plus intime. Pour comprendre les enjeux du festival, il nous a en effet semblé nécessaire de mener une enquête plus extensive à la fois sur le temple et sur ses fidèles. Plusieurs dizaines de personnes ont ainsi été rencontrées avant, pendant et après la fête : président du temple, noyau de fidèles du temple, participants au festival, spectateurs. Il faut à ce propos souligner ici la participation active des fidèles du temple à l’enquête. Cette enquête doit être comprise dans le contexte d’enrichissement des collections du musée Albert Kahn autour de la photographie contemporaine. Il s’agit à terme de la mettre en perspective avec le projet des Archives de la planète et à partir de cet exemple de collaboration photographe – ethnologue, d’interroger la place de la photographie dans les sciences humaines. Comment la tradition que constitue le festival de Ganesh est transmise, mais aussi réinventée au sein de la communauté diasporique des Tamouls hindous mais aussi plus largement parmi les hindous établis en France ? Quels processus d’adaptation sont à l’œuvre pour répondre au nouveau contexte urbain et culturel ? Comment l’espace public est-il investi, comment les spectateurs interagissent avec les acteurs ? Voici quelques-unes des questions qui m’ont intéressées lors de cette enquête.

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