Seminar: Collecter les collections vivantes

La prochaine séance du séminaire “Les collections vivantes au prisme des SHS” (CAK & PALOC) aura lieu mercredi 8 janvier au Muséum national d’Histoire naturelle (14h30 à 17h30, amphithéâtre de la Galerie de Paléontologie).

 

Pour cette séance « Collecter les collections vivantes : des serres de voyage au protocole de Nagoya », nous aurons le plaisir d’écouter :

 

Dominique Juhé-BeaulatonHistorienne (UMR 8560 CAK)

 

Voyages de plantes autour du monde

ou comment conserver des collections végétales vivantes (XVIIe – XIXe siècles)

Les collections botaniques se sont constituées à partir non seulement des voyages des naturalistes en Europe et aux quatre coins du monde, mais aussi de ceux des navigateurs et voyageurs souvent anonymes et qui ont largement contribué à leur enrichissement. La préoccupation constante des naturalistes et des gouvernements a été d’améliorer les conditions de transport des plantes car beaucoup se perdaient au cours des voyages (longueur des traversées maritimes, écarts de température…) et de donner des instructions pour assurer leur conservation. Au XIXè siècle, la création d’une école pour les “jeunes naturalistes destinés à voyager” (1819) et la mise au point des serres de voyage par un anglais, M. N. Ward (1829) contribuent à améliorer la survie des plantes lors des voyages. Un réseau de jardins s’est développé à partir du XVIe siècle non seulement en Europe mais aussi sous les tropiques, dans les colonies et comptoirs commerciaux, qui servaient à la fois de relais pour les transferts et de centre d’essais d’acclimatation et de multiplication de plantes.  Les jardins situés dans les principaux ports des côtes françaises avaient aussi pour fonction de servir de relai au jardin de Paris. L’exemple du jardin des apothicaires de Nantes montrera l’organisation de ce réseau.  Cette mise en collection des plantes, vivantes ou en herbier, avait pour objectif de développer des savoirs sur la flore, mais elle s’inscrivait aussi dans le contexte de l’expansion coloniale européenne et la recherche de nouvelles ressources économiques.

&

Claire BouillotAnthropologue (doctorante EHESS, Centre Norbert Elias)

 

La collecte et la circulation des « spécimens et objets naturels » à l’épreuve du droit :

composer avec le Protocole de Nagoya et la CITES. Interrogations, limites et prolongements.

Convention de Washington (dite CITES) et le Protocole de Nagoya adoptés en 1973 et en 2010 régissent en partie la collecte et la circulation de « spécimens et objets naturels » dédiés à la recherche scientifique. La première s’applique aux espèces menacées de disparition, le second à l’utilisation des ressources génétiques et aux connaissances traditionnelles associées. Dans une volonté de synthèse, agrémentée d’exemples tirés de mes recherches en anthropologie, seront évoqués la genèse ainsi que les grandes lignes de ces législations qui contraignent les possibilités de collecte, notamment dans l’objectif de « décoloniser » la recherche, tout en favorisant la conservation de la biodiversité. Quelques exemples dans l’environnement du MNHN pointeront les tensions et limites de cet objectif en interrogeant notamment les valeurs à l’œuvre dans la rédaction des dispositions. La question de la transformation des pratiques de collecte sous-tendra le propos. Enfin, le thème de la collecte de certains spécimens, tels que les fossiles, et des collectes réalisées dans le cadre de recherche en sciences humaines et sociales « pures » permettront de prolonger et renouveler les questionnements quant au périmètre d’application de ces législations.

Bien cordialement,

 

Mélanie ROUSTAN
Maître de conférences – Muséum national d’histoire naturelle
Département Homme et environnement
Directrice adjointe UMR208 PALOC (IRD-MNHN)
43 rue Buffon – CP135 – 75005 Paris

Contact : melanie.roustan@mnhn.fr – 06.83.81.91.57

 

Mathilde GALLAY-KELLER

Doctorante EHESS

Direction Frédéric Keck, co-encadrement Mélanie Roustan

Projet CoViLab : http://www.dim-map.fr/projets-soutenus/covilab/

LAS – Paloc

Contact : mgallaykeller@gmail.com & mathilde.gallaykeller@ehess – 06.16.81.56.84

 

Dominique JUHÉ-BEAULATON

Directrice de recherche CNRS

UMR8560 CAK (Centre Alexandre Koyré, CNRS-EHESS-MNHN)

Département Homme et environnement

43 rue Buffon – CP135 – 75005 Paris

 

Serge REUBI

Maître de conférences – Muséum national d’histoire naturelle

Département Homme et environnement

UMR8560 CAK (Centre Alexandre Koyré, CNRS-EHESS-MNHN)

27 rue Damesme – 75013 Paris

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