Seminar: “Les objets et les choses” : éthique relationnelle et restitution du patrimoine africain, 27 février de 14h à 16h au Quai Branly

« Restitution Box – Museum Kinshasa »

Collectif d’artistes composé de Steve Bandoma, Chéri Benga, Serge Diakota, Eddy Ekete, Azgard Itambo, Eunice Kamanda, Dolet Malalu, Géraldine Tobe et Flory Sinanduku.

Exposition « Kinshasa-Megalopolis », Grassi Museum für Völkerkunde, Leipzig, 1er décembre 2018 – 15 april 2019

 

 

ENGLISH VERSION IS BELOW

 

La prochaine séance du séminaire “Les objets et les choses : matérialités contemporaines, musées et patrimoines” Séminaire dirigé par Thierry Bonnot, Bernard Müller et Christelle Patin aura lieu

Le mercredi 27 février de 14h à 16h

Au musée du Quai Branly, sous-sol, salle 3

 

Retour vers la nouvelle éthique relationnelle évoquée dans le « rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain » (Felwine Sarr et Bénédicte Savoy)

Cette séance animée par Bernard Müller reviendra sur les attendus de l’éthique relationnelle préconisée par les auteurs dans leur rapport paru en novembre 2018 et missionné par le président de la République suite à son fameux discours de Ouagadougou.

Dans la polémique déclenchée depuis la parution de ce rapport, la dimension relationnelle à refonder – qui constitue pourtant le cœur du rapport – est systématiquement évacuée au profit des seuls enjeux muséographiques de conservation, en empêchant de saisir la complexité des enjeux que cristallise la restitution des biens spoliés en Afrique aux temps coloniaux.

Felwine Sarr précise pourtant dès les premières pages du rapport que « Parler ouvertement des restitutions, c’est parler de justice, de rééquilibrage, de reconnaissance, de restauration et de réparation, mais surtout : c’est ouvrir la voie vers l’établissement de nouveaux rapports culturels reposant sur une éthique relationnelle repensée »  (page 25 du rapport en ligne : http://restitutionreport2018.com/sarr_savoy_fr.pdf ). Loin de toute logique de repentance ou d’esprit de revanche, les auteurs de ce rapport voient dans la restitution de l’objet un geste allant dans le sens de la construction d’un avenir commun. Ses implications vont bien-au-delà de la matérialité de l’objet. Ainsi, de par les inventions structurelles qu’elles impliquent, les étapes de la restitution en viennent ainsi à engendrer une dynamique de créativité politique permettant de réinventer des modes de fonctionnement participatifs, et ce faisant, de dépasser les clivages existants.

La discussion se développera à la lumière d’un cas bien précis, celui de l’impossible restitution des pouces des archers Konkombas (Togo et Ghana actuels) amputés d’abord par le conquérant allemand (1884-1914) puis, selon plusieurs sources, par les Français (1914-1939) pour mater leur résistance.

 

2e et 4e mercredis du mois de 14 h à 16 h (Musée du quai Branly, rue de l’Université 75007 Paris,

du 10 octobre 2018 au 22 mai 2019

 

Les recherches effectuées sur les rapports entre les individus et les objets matériels s’inscrivent dans une longue tradition de l’ethnologie, enracinée dans la collecte d’objets-témoins sur les terrains lointains ou dans les campagnes plus proches, collecte destinée à garnir les réserves, les collections d’étude et les vitrines des musées d’ethnographie et écomusées. Les objets, y compris les plus ordinaires, ne sont jamais des choses simples. Ils se trouvent toujours pris dans un enchevêtrement d’intérêts individuels et d’enjeux collectifs, au cœur de conflits d’appropriations et d’entrecroisements de récits. Ce sont donc les objets comme faits sociaux complexes qui retiendront notre attention. L’objectif de ce séminaire sera double : par un ensemble d’études de cas, rendre compte des enjeux politiques et symboliques qui caractérisent les situations très diverses dans lesquelles sont impliqués les objets ; décrypter les grandes notions et concepts transversaux de ce champ de recherche en dressant un panorama de la littérature spécialisée en anthropologie, sociologie, archéologie et histoire. De la sorte, nous aborderons les principaux courants scientifiques et évolutions muséales et questionnerons les enjeux épistémologiques actuels du traitement des objets par les sciences sociales. Les thèmes de la mémoire, des patrimoines et des musées seront centraux pour notre propos. Le rapport aux objets a subi d’importantes mutations depuis quelques années, qu’il convient d’analyser sans perdre de vue leur ancrage dans une histoire longue. Nous nous intéresserons au statut social des objets, objets-personnes et choses, ce dernier terme englobant les entités non strictement matérielles mais composites ou non humaines.

 

 

 

 

The next session of the seminar “Objects and things: contemporary material, museums and heritage”, directed by Thierry Bonnot, Bernard Müller and Christelle Patin

will take place on :

 

Wednesday, February 27 from 14h to 16h

 

At the musée du Quai Branly, basement, room 3

 

 

Back to the new relational ethics mentioned in the “report on the restitution of African cultural heritage” (Felwine Sarr and Bénédicte Savoy)

 

This session moderated by Bernard Müller will return on the expectations of the relational ethics advocated by the authors in their report published in November 2018 and commissioned by the President of the French Republic following his famous speech in Ouagadougou.

In the controversy sparked by the publication of this report, the relational dimension to be re-founded – which is nevertheless the heart of the report – is systematically evacuated in favor of the museographic issues of conservation, by preventing to grasp the complexity of the issues that crystallizes the restitution of stolen artifact in Africa in colonial times.

Felwine Sarr points out, however, from the first pages of the report that “To openly speak of restitutions is to speak of justice, or a re-balancing, recognition, of restoration and reparation, but above all: it’s a way to open a pathway toward establishing new cultural relations based on a newly reflected upon ethical relation (p. 29 of the report http://restitutionreport2018.com/sarr_savoy_en.pdf ). Far from any logic of repentance or of spirit of revenge, the authors of this report see in the restitution of the object a gesture going in the direction of the construction of a common future.

Its implications go well beyond the materiality of the object. Thus, by the structural inventions that they imply, the stages of restitution thus come to generate a virtuous loop of political creativity ; in order to reinvent participative modes of presenting / circulating colonial collections, and in doing so, to overcome existing divisions.

The discussion will develop in the light of a very specific case, that of the impossible restitution of the thumbs of the Konkombas archers (present Togo and Ghana) amputated first by the German conqueror (1884-1914) then, according to several sources, by the French (1914-1939) to subdue their resistance.

2nd and 4th Wednesdays of the month from 2 pm to 4 pm (Quai Branly Museum, rue de l’Université 75007 Paris,

from October 10, 2018 to May 22, 2019

 

Objects, including the most ordinary, are never simple things. They are always caught in a tangle of individual interests and collective issues, at the heart of conflicts of appropriation and interwoven narratives. It is therefore the objects as complex social facts that will hold our attention. The aim of this seminar will be twofold: through a set of case studies, report on the political and symbolic issues that characterize the very diverse situations in which objects are involved; to decipher the main concepts and transversal concepts of this field of research by drawing a panorama of the specialized literature in anthropology, sociology, archeology and history. In this way, we will discuss the main scientific trends and museum evolutions and question the current epistemological issues of the treatment of objects by the social sciences. The themes of memory, heritage and museums will be central to our purpose. The relationship to objects has undergone significant changes in recent years, which should be analyzed without losing sight of their roots in a long history. We will be interested in the social status of objects, person-objects and things, the latter term encompassing entities that are not strictly material but composite or non-human.

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