Seminar: 1/03: “Le musée ethnographique « Barthélémy Boganda » de Bangui” (Andrea Ceriana Mayneri)

Anthropologie politique de la mémoire.

Usages postcoloniaux du colonial. Regards croisés entre Inde et Afrique.

1er, 3e et 5e vendredis du mois de 11h à 13h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 2 novembre 2018 au 19 avril 2019.

 
Séance: vendredi 1er mars 2019 (11h-13h)
Intervenant: Andrea Ceriana Mayneri (CNRS/IMAF)
Titre: Le musée ethnographique « Barthélémy Boganda » de Bangui : mémoires et violences ordinaires dans une institution publique centrafricaine”
Résumé: Parmi les « victimes collatérales » du conflit centrafricain, le musée national de Bangui a été pillé en 2013 et, au début de l’année 2019, demeure fermé au public. Mais les pilleurs se sont surtout concentrés sur des matériaux (toiture, cadres et vitres des fenêtres) qui pouvaient être revendus sur les marchés : plus tard, une poignée de fonctionnaires a retiré les collections et les archives, désormais exposées aux intempéries, dans des caisses en bois, où elles reposent depuis. Dans un futur encore incertain, l’intervention de plusieurs acteurs présents à Bangui, essentiellement étrangers, permettra peut-être de réhabiliter le bâtiment endommagé, de réaménager les différents services et de réorganiser une exposition. Ce sera alors la répétition d’une scène déjà ancienne, dans et autour de cet espace muséal créé en 1964 par un expert israélien, l’ethnomusicologue Simha Arom, et une experte française, Geneviève Dournon, et plusieurs fois réaménagé par la coopération allemande d’abord, par celle italienne ensuite.
Mon exposé s’appuiera sur deux travaux de recherche entrelacés, qui demeurent encore à l’état fragmentaire et magmatique :  la réalisation d’un film-documentaire sur le musée de Bangui d’une part, une ethnographie auprès de son personnel de l’autre. À l’aide de quelques extraits filmés, je reviendrai sur les différentes conceptions du passé et de la mémoire qui se télescopent dans ces salles, ainsi que sur le rôle que les fonctionnaires qui l’habitent semblent attribuer à cette institution fermée au public. Je voudrais ainsi, non pas porter « un autre regard » sur la crise centrafricaine et ses violences, mais commencer à saisir des moments particuliers et ordinaires dans les vies d’une institution publique centrafricaine et de son personnel, exposés comme ils le sont à la tumultueuse histoire récente du pays.
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