CFP: Récits de ville. Usages de l’histoire et changement urbain

Récits de ville. Usages de l’histoire et changement urbain

Paris – Ivry-sur-Seine

6-7 juin 2019

Colloque organisé par Groupe Transversal “Usages de l’histoire et devenirs urbains” du LABEX Futurs Urbains (Université Paris-Est, France) et Instituto Universitario de Urbanística de l’Université de Valladolid (Espagne)

Calendrier de l’appel à communications 

Date limite des propositions : 15 juin 2018

Retour des évaluations et renvoi d’acceptation aux auteurs : 15 octobre 2018

Dates du colloque : 6-7 juin 2019

 

Format des propositions de communication 

Les propositions de communication attendues devront être écrites en français, espagnol ou anglais, et comporter un titre précis, une présentation d’une vingtaine de lignes minimum (750 à 1 000 signes, espaces compris). Elles seront accompagnées d’un court CV de l’auteur/auteure.

Elles seront envoyées à : recitsdeville@institutourbanistica.com avant le 15 juin 2018.

 

Présentation 

Des mythes de fondation antiques au storytelling contemporain, d’innombrables récits accompagnent le processus d’urbanisation planétaire. Le changement dans les villes n’est pas en effet un processus linéaire, et les sociétés urbaines mettent abondamment en récit ses péripéties. À ce phénomène assez bien connu, l’appel à communication qui suit ajoute l’hypothèse que de tels récits ont joué un rôle important dans l’accompagnement des mutations urbaines et qu’ils entretiennent des relations complexes et dialectiques avec les projets, plans d’aménagement, opérations de reconstruction, rénovation, politiques ou mobilisations urbaines en général c’est-à-dire toutes modalités de transformation intentionnelle ou subie des villes. L’objectif du colloque sera donc d’éclairer assez précisément le rapport entre ces narrations et les enjeux propres au changement urbain et à l’urbanisme.

En ce sens, les récits forment un usage de l’histoire, et la recherche urbaine ne peut pas simplement les considérer comme oeuvres littéraires, même s’ils révèlent de la fiction. Ils constituent une dimension de la fabrique de la ville qui s’inscrit dans des temporalités et des représentations que l’on peut rapporter aux différents protocoles de transformation urbaine, dans un cadre réglementaire ordinaire (plans d’urbanisme, régulation…) ou exceptionnel (opérations d’aménagement…), en continuité (protection patrimoniale, renouvellement urbain…) ou en rupture (expansion urbaine, rénovation…), partiel (histoire de quartier, des communautés habitantes…) ou global (de la petite ville à la métropole…). Il y a dans toutes ces situations un intérêt à rapprocher, le temps d’un colloque, les études pluridisciplinaires qui prennent pour objet ou plus simplement qui mobilisent ces récits de ville, avec la fabrique de l’urbain.

Trois entrées sont ici proposées, dans lesquelles pourront s’inscrire tout ou partie des propositions de communication :

Production, actualisation, transmission ou le récit comme consensus 

Qu’il soit produit dans le cadre d’une commande publique liée au pouvoir de bâtir ou en dehors de tout cadre institutionnel, le récit de ville vise à établir un portrait permettant d’identifier des repères, des hauts-lieux, des acteurs qui déterminent un devenir urbain. Mais quelle analyse et quelle interprétation intellectuelle et matérielle en faire ? Comment également analyser la construction sociale et politique de leur production ? Comment décrire les professionnels habilités à le produire (architectes, urbanistes, aménageurs, maîtres d’oeuvre, élus mais aussi conservateurs du patrimoine, historiens, hagiographes, écrivains, professionnels de la communication) ? Comment restituer enfin les circulations entre eux, l’entrecroisement ou la concurrence des légitimités, l’articulation entre le récit fondamental ou définitif et le récit appliqué aux opérations urbaines ? Il est donc important dans un premier temps d’identifier, à travers les convergences, comment ces récits construisent les consensus.

Conflits, effacements, oublis ou le récit comme lieu de mémoire 

Si le récit de ville contribue à sa façon au travail de mémoire, passant par le tri des événements (fondations, résistances, reconstructions, libérations, soulèvements populaires, etc.) et la sélection des lieux et des personnages qui ont fait la ville, il a pour envers et complément la discordance. Mais, au-delà de l’opposition désormais classique en sciences humaines entre discours des vainqueurs et silence des vaincus, comment restituer les processus d’effacement ou d’oubli à l’oeuvre dans certains récits de ville officiels ? À l’heure du numérique, le récit de ville ne courtil pas le risque de se confondre avec une accumulation sans fin de données factuelles qui relativisent toute forme d’histoire urbaine ? Le trop plein de passés rend le récit informe et ouvre la porte aux oublis. Travailler le récit c’est donc mettre en perspective l’avant du tournant numérique mais aussi réinterroger les modalités de l’oubli. Que, à cet égard, peuvent nous apprendre les situations d’amnésie urbaine ou urbanistique, les récits flous ou effacés ?

Enjeux, projets et appropriations ou le récit comme instrument 

L’hypothèse de départ de ce colloque est que le récit de ville forme une « narratologie articulée », c’est-à-dire tournée ou orientée vers la production urbaine. Est-ce que cependant tous les récits de ville fabriquent de l’imaginaire bâtisseur ? Les appels insistants actuellement en France à la constitution d’un « récit métropolitain » témoignent de cet enjeu : mais peut-on dire pour autant qu’il est entendu ? Et par qui ? Les récits peuvent-ils cependant s’affranchir des récits existants et que font-ils des récits antérieurs de la transformation urbaine qui ont pu aussi s’appuyer sur des infrastructures fortes (murailles, boulevards, places royales, …) ?

Ne dit-on pas par exemple des « plans d’urbanisme » qu’ils ont aussi pour fonction de donner sens au devenir des villes, de rassembler dans une charte commune les décisions prises, et en quelques sortes de contribuer à l’élaboration d’un grand récit du changement urbain ? Il y a par ailleurs la question des usages politiques de ces récits de ville, c’est-à-dire la manière dont les acteurs qui ont en charge la production des villes s’approprient le passé et le reconfigurent. Au-delà des questions épistémologiques, il y a celles de la nature des connaissances produites de leur statut et de leur assemblage, de leur rapport avec l’héritage urbain et à la mémoire collective, à l’identité des villes et aux politiques voire aux institutions qui les portent.

En soulignant la diversité des objets envisageables, nous devons aussi insister sur la variété des approches disciplinaires également possibles : tous les domaines de la recherche urbaine ont à voir avec les récits de ville : géographie, histoire, sociologie, mais aussi savoirs de l’architecture, de l’urbanisme ou de l’ingénierie… In fine, considérer le récit de ville comme instrument de transformation c’est poser la question de ce que les savoirs de l’urbain font « au » et « du » récit de ville. Le terme encore un peu confus de « diagnostic » témoigne d’une quête d’opérationnalité de l’histoire urbaine qui semble encore éloignée des pratiques d’une discipline qui privilégie la lente immersion dans les archives. Peut-on à travers la figure du récit et de ses mutations retrouver un usage social de l’histoire urbaine et des sciences humaines et sociales sur la ville ?

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