CFP: Ex-situ : faire vivre l’archéologie au musée et dans les expositions

Ex-situ : faire vivre l’archéologie au musée et dans les expositions

Colloque – 20 et 21 octobre 2017

 

Comité organisateur : Dominique Poulot (Paris 1), Felicity Bodenstein (Musée du Quai Branly), Delphine Morana Burlot (Paris 1)

 

Le développement de l’archéologie fondée sur l’étude du site a permis de mobiliser un imaginaire porté sur un passé matériel d’une grande diversité. Dans les galeries princières et les cabinets d’antiquaire, les objets anciens représentaient depuis la Renaissance les éléments transmis et précieux d’une antiquité idéalisée. Porteurs de normes esthétiques et d’un sens historique interprété à l’appui des textes classiques, ils s’offraient au regard, la plupart du temps, sans provenance exacte. Avec la découverte d’Herculanum et de Pompéi au xviiie siècle, se révèlent la puissance du site et le désir de redécouvrir une antiquité tangible. Ces sites figés dans le temps ont fourni des éléments relevant de tous les aspects de la vie quotidienne, jusqu’au corps de leurs habitants matérialisés par les célèbres moulages réalisés à l’initiative de Fiorelli (1863).

La possibilité de retrouver le passé dans toute sa matérialité et un nouveau goût pour le spectacle public président à l’idée d’évoquer les découvertes archéologiques loin des sites mêmes, ex situ donc, pour le plus grand plaisir des curieux cosmopolites. La transposition et la traduction des matériaux et des données du site en ville imposèrent des défis importants. Si l’exposition avait souvent été critiquée comme l’éloignement définitif et mortifère des objets de leur milieu d’origine, le fait archéologique incita à surmonter ou à suppléer à cette perte par des stratégies diverses permettant d’activer l’imaginaire des visiteurs et d’évoquer les mondes perdus en lien avec des collections extraites du sol.

L’imaginaire à la fois poétique et politique de la découverte archéologique, transparaît dans de nombreuses présentations proposées dans les musées et les expositions temporaires à visée archéologique ou marchande. En mêlant la présence d’objets plus ou moins restaurés avec des dispositifs scénographiques divers, comprenant notamment des décors peints, le visiteur est invité à entrer dans un passé rematérialisé à partir des traces du terrain. Cette invitation au voyage se retrouve également dans le développement concomitant du roman archéologique. Une volonté de monumentalité croissante, et une politique d’expansion archéologique amène à une échelle d’exportations toujours plus grande, portant sur des ensembles monumentaux, décors sculptés ou architecturaux. Les restaurations de groupes sculptés fragmentaires privilégient souvent l’aspect esthétique d’ensemble plutôt que l’exactitude archéologique.

Au cours du xxe siècle, on assiste à l’abandon progressif des grands décors et un respect croissant pour le fragment « authentique », mais aussi à la volonté d’une restitution des processus scientifiques de l’archéologie avec des dispositifs pédagogiques plus spécifiques. Toutefois, le goût du spectaculaire ne disparaît pas et conduit jusqu’à la création de dispositifs immersifs pour les visiteurs qui évoluent dans une présentation à 360°, reproduisant un paysage de l’Antiquité avec ses monuments restitués. Les dioramas, à la mode au xixe siècle, réapparaissent aujourd’hui avec des procédés numériques, panoramas digitaux (Panoramas de Yadegar Asisi : 2006 Rome 312 et 2011 Pergamon ; Exposition « sites éternels », 2016) ou projection de photographies sur les murs (Expo Pompéi, Montréal 2016).

Plusieurs thèmes peuvent désormais être mis en avant par rapport à cette expérience du passé ex situ :

–       l’histoire matérielle des mises en scène qui visent à évoquer un contexte archéologique et leur réception par le public,

–       la présence de l’humain au musée (mannequins, momies, performances ou spectacles) et notamment les questions que ces présentations peuvent éventuellement soulever,

–       enfin, les phénomènes plus contemporains d’immersion du spectateur dans des sites archéologiques disparus par l’intermédiaire de dispositifs pédagogiques analogiques (plans, maquettes, décors reconstitués) et le rôle des nouvelles technologies numériques.

 

Les propositions de communication seront en lien avec les thèmes proposés et n’excéderont pas 3000 signes. Elles seront accompagnées d’un CV d’une page et seront envoyées sous format Word avant le 15 avril 2017 à l’adresse suivante : exsitu.antiquities@gmail.com

 

 

 

Ex-situ : bringing archaeology to life in museums and exhibitions

Conference – 20 -21 October 2017

 

Organising committee: Dominique Poulot (Paris 1), Felicity Bodenstein (Musée du Quai Branly), Delphine Morana Burlot (Paris 1)

 

The development of archaeology as a discipline based on fieldwork was accompanied by a new vision of the past in all its material diversity. Since the Renaissance, ancient objects that could be found in princely galleries and antiquarian cabinets represented an idealized past through elements that had mainly been handed down from generation to generation. Generally devoid of specific provenance, they provided aesthetic norms and were interpreted with the aid of classical texts. The discovery of Pompeii and Herculaneum revealed the power of the site itself and fuelled the desire to discover a more tangible antiquity. Frozen in time, they provided elements relevant to all aspects of daily life, and even the bodies of those who died were materialized thanks to casts made by Fiorelli (1863).

The ambition to recreate this past ex situ, far from the original sites for a curious cosmopolitan audience, was encouraged by this possibility of recovering the past in all its diverse materiality as well as by a new taste for commercial public spectacle. But the transposition and translation of site materials and field results presented significant challenges. Exhibitions and museums, often criticized for the manner in which the detach objects from an original context, and the deadening effect that this can produce found a resource in archaeology to help overcome or make up for the loss of meaning incurred by displacement. A wide range of strategies were developed to activate the visitor’s imagination and to evoke the lost worlds related to the collections extracted from the ground.

The multitude of presentations provided by museums and temporary exhibitions illustrate the poetics and politics involved in imagining the past through the lens of archaeological discoveries. They combine the presence of more or less heavily restored and manipulated objects with diverse kinds of scenic strategies, that seek to amplify the visitors experience of the traces provided by fieldwork. A similar invitation to travel back in time can be found in the development of archaeological novel. A growing desire for monumentality and a strong policy of archaeological expansion led to the extraction of materials at an ever larger scale with groups of sculptures and even major architectural ensembles making their way into museums.

However over the course of the Twentieth century, one observes a steady decline in such monumental ensembles and decors and the establishment of a form of reverence for the “authentic” fragment. But another trend also attempted to bring the science of archaeological work into the museum with a more specifically pedagogical approach. The desire for the spectacular also continued to flourish and can be found again in recent 360° digital creations that seek to immerse the visitor in antique landscapes and recreated monuments. The principal of the panorama, so fashionable in the Nineteenth century has indeed been experiencing something of a comeback (Yadegar Asisi Panoramas : Rom 312 (2006) and Pergamon (2011) ; sites éternels (2016) with the use of large scale photography (Pompei exhibition, Montréal 2016).

Several themes can potentially be dealt with in this examination of archaeology ex situ :

–       the material history of presentations that seek to evoke and archaeological context and their public reception.

–       the presence of the human body (mannequins, mummies, or indeed performances) and the specific ethical problems that they increasingly raise.

–       contemporary efforts to produce immersive environments with digital media but also pedagogical tools such as the use of maps, models etc.

Abstracts of no more 3000 characters, with a one page C.V. should be sent to exsitu.antiquities@gmail.com before the 15th of April, 2017.

 

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