Conference: Du moment du patrimoine ethnologique, Dijon, 7-9 décembre 2016

7-9 décembre 2016 – uB – Amphithéâtre de la MSH de Dijon
(accès/informations pratiques ici)


Colloque international :
Du moment du patrimoine ethnologique

Organisateurs : Noël Barbe (CNRS, IIAC et DRAC de Bourgogne-Franche-Comté) et Jean-Louis Tornatore (Centre Georges Chevrier – UMR CNRS uB 7366)

[Colloque organisé en partenariat avec l’Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, avec le soutien de la Direction régionale des Affaires culturelle de Bourgogne-Franche-Comté]

 

À partir de l’hypothèse selon laquelle, à partir des années 1960, la société française serait entrée dans un « âge du patrimoine » (Fabre), on serait fondé à penser que l’invention du patrimoine ethnologique en a été un moment à la fois éclairant et singulier, à la fois le point d’orgue et le moment ultime. Éclairant parce qu’il aurait été la pleine expression de cet âge : prenant le pas sur le monument, le patrimoine devenait culturel puis immatériel, et étendait au peuple et à ses œuvres le périmètre de ce qui doit être distingué, au nom de la nation en même temps qu’à celui de la connaissance savante. Singulier car tout en relevant d’une gouvernementalité pastorale procédant au guidage des pratiques patrimoniales (N. Barbe) et d’un intéressement partagé entre science et administration (J.-L. Tornatore), il introduisait cependant une note dissonante dans le cours réglé de la « raison patrimoniale » en accompagnant sinon en orchestrant un certain débordement des institutions, la « démocratisation » de la cause patrimoniale et son instrumentalisation, sa diffusion et sa saisie dans les mondes sociaux et économiques. Ainsi, le patrimoine ethnologique serait certes au cœur d’un âge du patrimoine, mais cependant profondément ambivalent : l’expérience du passé se confond avec celle de la culture et devient non seulement une affaire de tous, dans laquelle tout un chacun peut faire valoir ce qu’il a et ce qu’il est, mais un argument significatif et contradictoire et du « développement de local » et « l’empowerment ». En somme, il aurait été le ferment de la formation d’un « espace public » du patrimoine dont l’extraordinaire et parfois jugé monstrueux déploiement dans les mondes académiques, administratifs, politiques, économiques et associatifs ne connaît aujourd’hui guère de limites.
C’est cette position singulière du patrimoine ethnologique, tout à la fois instrument de l’action publique, argument de développement de l’ethnologie de la France dans lequel s’origine le domaine de l’ethno-anthropologie du patrimoine, élément moteur d’un intérêt ou d’un goût renouvelé pour les cultures populaires, et indice prémonitoire de la construction du patrimoine comme ressource territoriale, que ce colloque entend questionner, tant dans certains de ses moments fondateurs, dans ce qui fut son actualité, que dans les institutions ou développements qu’il a permis ou autorisés. Variant les focales et les situations observées (de l’État aux régions, en comparaison avec d’autres pays), interrogeant l’articulation entre production des savoirs et établissement des pouvoirs et suivant les fils qui, du patrimoine ethnologique, conduisent ou ne conduisent pas au patrimoine culturel immatériel, on se demandera in fine : que faire de cette expérience ? Mais d’ailleurs, faut-il en faire quelque chose ?
Au regard de ces questions limites, le programme qui suit est issu d’un appel à communication dont le texte est disponible ci-après. Leur mise en contraste en manifeste les écarts, les points aveugles et les saillances.

Programme

[en téléchargement au format pdf ici]

Mercredi 7 décembre

9 h 30 – Accueil des participants

  • 10 h 00 – Ouverture du colloque, Bernard Falga, Directeur régional des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté
  • 10 h 15 – Introduction, Noël Barbe (CNRS, IIAC et DRAC de Bourgogne-Franche-Comté) et Jean-Louis Tornatore (Université de Bourgogne, CGC)

10 h 45 – 12 h 30 – Modération : Nicolas Adell (Université de Toulouse Jean Jaurès, LISST – CAS)

  • 10 h 45 – Berardino Palumbo (Université de Messine)
    Le manque de l’État : la construction institutionnelle du patrimoine en France vue de l’anarchisme polycentrique italien

11 h 30 – Pause

  • 11 h 45 – Michel Rautenberg (Université Jean Monnet – Saint-Etienne, CMW)
    Ethnologie impliquée, engagement et sociologie publique

14 h 00 – 17 h 45 – Modération : Philippe Poirrier (Université de Bourgogne, CGC)

  • 14 h 00 – Claudie Voisenat (CNRS, IIAC-LAHIC)
    Retour d’expérience : du patrimoine ethnologique au PCI, deux terrains et deux postures de recherche à trente ans d’intervalle
  • 14 h 45 – Véronique Moulinié (CNRS, IIAC – LAHIC)
    L’ethnologue, l’ethnopôle et le terrain : retour sur vingt ans d’expérience(s)

15 h 30 – Pause

  • 16 h 00 – Gaetano Ciarcia (CNRS, IMAF)
    La pesanteur de l’immatériel. Retour sur deux rapports d’étude (2006-2007)
  • 16 h 45 – Ce que la politique du patrimoine ethnologique rend visible. Projection du film de Samir Abdallah, Raffaele Ventura, Maurizio Lazzarato et Angela Melitopulos (1990) « Voyage au pays de la Peuge », présenté et commenté par Noël Barbe.

Jeudi 8 décembre

9 h 30 – Accueil des participants

10 h 00 – 12 h 30 – Modération : Gérard Lenclud (CNRS, LAS)

  • 10 h 00 – Jacques Cheyronnaud (CNRS, Centre Norbert Elias)
    Ethnomusicologie de la France et Mission du patrimoine ethnologique au « tournant » des années 1980
  • 10 h 45 – François Gasnault (IIAC-LAHIC)
    Variations administratives sur des thèmes anthropologiques ou la crise de conscience des musiciens revivalistes

11 h 30 – Pause

  • 11 h 45 – Christian Hottin (INP)
    Qu’a fait du patrimoine ethnologique l’administration du patrimoine ? Libres propos d’un ancien chef de la « Mission »

14 h 00 – 17 h 45 – Modération : Aurélie Dumain (Ethnopôle Réinventer les musées populaires, CMW)

  • 14 h 00 – Mériaux Maëlle (CRBC, Université Rennes 2)
    Une valorisation patrimoniale venue d’en bas : les archives sonores et audiovisuelles de Bretagne
  • 14 h 45 – Thomas Mouzard (DAC de Guyane)
    Encore un moment, patrimoine ethnologique en Guyane

15 h 30 – Pause

  • 16 h 00 – Nolwenn Pianezza (UAPV et UNIRIO)
    Le chercheur indigène et le positionnement réflexif lors de la documentation audiovisuelle – l’inventaire du patrimoine immatériel Guarani (Brésil)
  • 16 h 45 – Le Théâtre des Origines : Perrin Alranq, Marie Gaspa, Anna Wasniowska
    Peteta d’Oc, conférence théâtralisée sur le théâtre occitan, ses filiations et ses devenirs

Vendredi 9 décembre

9 h 30 – Accueil des participants

10 h 00 – 12 h 30 – Modération : Sylvie Sagnes (CNRS, IIAC-LAHIC)

  • 10 h 00 -– Tiphaine Barthélémy (Université de Picardie-Jules verne, CURAPP-ESS) et Manon Istasse (CURAPP-ESS)
    Mais où est donc passé le patrimoine ethnologique ? Une enquête en Picardie
  • 10 h 45 – Ouiza Galleze (CNRPAH – Alger)
    Le patrimoine culturel immatériel en Algérie : inventaires et éléments classés

11 h 30 – Pause

  • 11 h 45 – Grégoire Mayor (Musée d’ethnographie de Neuchâtel)
    Vertiges de l’humour et bouillonnements métaphoriques. Autour de « Bruits, Hors Champs et Secrets », trois expositions du MEN accompagnant le processus de construction du patrimoine culturel immatériel helvétique entre 2010 et 2015

14 h 00 – 16 h 00 – Modération : Vincent Chambarlhac (Université de Bourgogne, CGC)

  • 14 h 00 – Jean-Louis Tornatore (Université de Bourgogne, CGC)
    Comment hériter de la Mission du patrimoine ethnologique ? Concours intellectuel et politique
  • 14 h 45 – Noël Barbe (CNRS, IIAC, Drac de Bourgogne-Franche-Comté)
    Pour une épistémologie politique du patrimoine. De quelques points d’hérésie dans l’exercice
    patrimonial
  • 15 h 30 – Gérard Lenclud (CNRS, LAS)
    Conclusions

Les participants

  • Nicolas Adell, professeur d’anthropologie à l’université de Toulouse – Jean Jaurès, Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires – Centre d’anthropologie sociale
  • Perrine Alranq, comédienne, auteur, chercheuse, co-fondatrice du Théâtre des Origines
  • Noël Barbe, chercheur à l’Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain et conseiller à l’ethnologie à la DRAC de Bourgogne-Franche-Comté
  • Tiphaine Barthélémy, professeure d’anthropologie, Université de Picardie-Jules verne, Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique – Épistémologie et sciences sociales
  • Vincent Chambarlhac, maitre de conférences en histoire contemporaine, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Jacques Cheyronnaud, directeur de recherche honoraire au Cnrs, Centre Norbert Elias
  • Gaetano Ciarcia, directeur de recherche au Cnrs, Institut des Mondes Africains
  • Aurélie Dumain, chargée de mission à l’Ethnopôle Réinventer les musées populaires, Département de Haute-Saône/Centre Max Weber, Lyon
  • François Gasnault, conservateur général du patrimoine, Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain – Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture
  • Marie Gaspa, comédienne, auteur, chorégraphe, co-fondatrice du Théâtre des Origines
  • Ouiza Galleze, maître de recherche en anthropologie, Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques, Alger
  • Christian Hottin, directeur des études (conservateurs), Institut national du patrimoine
  • Manon Istasse, chargée de recherche contractuelle au Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique – Épistémologie et sciences sociales
  • Gérard Lenclud, directeur de recherche honoraire au CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale
  • Grégoire Mayor, conservateur adjoint au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, Suisse
  • Maëlle Mériaux, doctorante, Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Rennes 2
  • Véronique Moulinié, directrice de recherche au Cnrs, Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain – Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture
  • Thomas Mouzard, conseiller à l’ethnologie, Direction des Affaires Culturelles de Guyane
  • Berardino Palumbo, professeur d’anthropologie sociale, Département COSPECS, Université de Messine, Italie
  • Nolwenn Pianezza, doctorante à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse et l’université de Rio (Brésil)
  • Philippe Poirrier, professeur d’histoire contemporaine à Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Michel Rautenberg, professeur de sociologie, Université Jean Monnet – Saint-Etienne, Centre Max Weber
  • Sylvie Sagnes, chargée de recherche au Cnrs, Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain – Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture
  • Jean-Louis Tornatore, professeur d’anthropologie à l’Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Claudie Voisenat, chercheure à l’Institut Interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain – Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture
  • Anna Wasniowska, auteur, metteur en scène, comédienne, co-fondatrice du Théâtre des Origines

Entrée libre, sans inscription,
dans la limite des places disponibles

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