Seminar: Séminaire Doctorants du CRAL – Mardi 17 Mai -15h-19h : Séance Spéciale Musique et Patrimonialisations

Séminaire international des doctorants du CRAL (EHESS)

INTERNATIONAL CRAL GRADUATE STUDENT SEMINAR (EHESS)

Site: http://enseignements-2015.ehess.fr/2015/ue/1115/

Axe III. Musique et Patrimonialisations

Séance 12. Double séance Musique et Patrimonialisations

Mardi 17 Mai 2016 (15h-19h) – Salle M. & D. Lombard (96 Bd Raspail, 75006, Paris).

  • 15h-17h  :

IRINA KIRCHBERG (DPMQ/OICRM, Québec)

irinakirchberg@hotmail.fr

Superviseur de recherche : Michel DUCHESNEAU

ALEXANDRE ROBERT (Université Paris IV – Sorbonne/IReMUS)


alexandre.vpr@hotmail.fr

Directeurs de recherche : Hyacinthe RAVET et Danièle PISTONE

Manières alternatives de patrimonialiser des musiques dites populaires

D’En Languedoc au Final boss !

Cette présentation à deux voix se propose, à partir d’une perspective sociomusicologique, d’interroger certaines procédures concrètes des patrimonialisations musicales. À partir de quand peut-on parler de patrimonialisation musicale ? Qui patrimonialise et à partir de quelle position ? Quelles opérations concrètes – indissociablement matérielles et symboliques –, quels déplacements, quelles transformations conduisent à la mise en patrimoine d’un objet musical ? Quels sont les effets de la patrimonialisation sur les producteurs de patrimoine ?

Afin de répondre à ces questions, il s’agira pour nous de faire dialoguer deux recherches distinctes, consacrées à deux processus de patrimonialisation musicale bien différents à première vue. La première, consacrée à l’activité créatrice de Déodat de Séverac (1872-1921), se penche assez classiquement sur la façon dont un compositeur participe de l’invention « savante » d’une tradition en domestiquant un matériau musical « populaire » et « régional » pour le mettre en œuvre (littéralement). Immobilisant des chansons « traditionnelles » en les pliant à des procédés scripturaires, Séverac les constitue en objets de célébration esthétique d’une race méridionale. La seconde, plus inédite, observe la constitution d’un répertoire de musiques de jeux vidéo par un orchestre de musiciens amateurs réunis autour d’une nostalgie commune pour leur pratique de gamers. Perdant leur fonction d’accompagnement de l’action vidéoludique les morceaux de jeux « cultes » sont autonomisés et arrangés pour exister à travers une exécution en concert.  Ces musiciens-gamers  prennent appui sur ce répertoire pour affirmer leur identité collective.

Répondant – Discussant : CYRIL ISNART ( IDEMEC/CNRS)

 

  • 17h – 19h : Patrimoines musicaux et identités nationales

ISTVÁN G. NÉMETH (Université de Musique Ferenc Liszt, Budapest)

nmthgi@gmail.com

Directeur de recherche : Tibor TALLIÁN

L’examen du patrimoine d’une école de composition :

les œuvres d’un groupe de compositeurs transylvaniens (1958–1990)

Ma proposition est reliée à ma thèse de doctorat intitulée « L’influence de Béla Bartók sur les compositeurs transylvaniens », une historiographie de l’école de composition du Cluj/Kolozsvár, surtout celle de la génération des compositeurs née entre 1930 et 1939. Environ 30 compositeurs sont concernées : Boldizsár Csíky, Max Eisikovits, Gábor Jodál, Tiberiu Oláh, György Orbán, György Selmeczi, Péter Szegő, Ede Terényi, Sigismund Toduţă, Cornel Ţăranu, Péter Vermesy, Aladár Zoltán, etc.

Le statut spécial de ces compositeurs (pour la plupart issus de la minorité ethnique hongroise de la Roumanie) explique pourqui Bartók a eu une telle influence sur eux, mais aussi pourquoi seulement une fraction de leur travail est disponible en partitions publiées ou enregistrements commerciaux. Au cours des années de recherche archivistiques et des rencontres personnelles, je suis parvenu à constituer une collection de sources primaires. Disponible à l’Institut de musicologie, cette collection rend possible la recherche et l’analyse du patrimoine culturel fourni par les compositeurs transylvaniens.

Les sujets que je voudrais présenter au CRAL sont les suivants : a/ les modalités individuelles selon lesquelles ces compositeur ont « répondu » à la tradition du Bartók (compositions de type hommage à Bartók, citations et autres moyens stilistiques bartókiens employés) ; b/ l’inspiration de la musique folklorique utilisée d’une manière similaire à Bartók pas seulement dans les arrangements folkloriques ; c/ une comparaison avec la situation en Hongrie ; le cas spécial des « immigrés réputés » ou devenus internationalement connus  (Veress, Ligeti, Kurtág, Eötvös).

KATIA SOFIA HAKIM (Université Paris IV – Sorbonne/IReMUS)

ks.hakim@gmail.com

Directeurs de recherche : Jean-Pierre BARTOLI et Yvan NOMMICK

Manuel de Falla : de la sauvegarde du patrimoine ibérique

« Un musicien de qualité étouffe dans l’ambiance espagnole lorsqu’elle n’est pas rafraîchie

par quelque souffle européen »

À une époque où l’Espagne est à la mode depuis le XIXe siècle, dans le courant de l’orientalisme et de l’exotisme, Manuel de Falla ne cherche pas à composer « à l’espagnole» pour son public notamment français, mais à composer « en espagnol », pour reprendre la distinction qu’il fait lui-même en opposant George Bizet à Claude Debussy. Cette démarche répond au besoin d’une « renaissance » du patrimoine espagnol à un moment où les artistes de la péninsule prennent violemment conscience de la décadence politique et culturelle du pays avec la perte de ses dernières colonies en 1898. Ce processus de « création d’une identité nationale »  agit en Europe comme un puissant moteur d’inspiration pour les artistes et donne naissance à des œuvres d’une très grande originalité. Paradoxalement, cette « renaissance » nationale passe chez Falla par une forte conscience de l’Europe culturelle. Falla entretient des échanges enrichissants avec des compositeurs phares de l’esthétique « néoclassique » de renouvellement du langage musical, par opposition aux excès du wagnérisme et de l’impressionnisme, comme Igor Stravinsky, ou des membres du « Groupe des Six », tels que Georges Auric, Arthur Honegger, Darius Milhaud ou Francis Poulenc. Manuel de Falla est bien plus qu’un compositeur espagnol. Son œuvre est véritablement un reflet et un vecteur du patrimoine artistique européen de la première moitié du XXe siècle.

Répondant – Discussant : CYRIL ISNART ( IDEMEC/CNRS)

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