Seminar: 20 mai 2016, Marseille, MuCEM, Collecter et documenter la « nature ». Quels enjeux pour les musées de sociétés ?

Deuxième séance du séminaire

“La collecte ethnographique dans les musées de société”

Séminaire pluriannuel 2015-2018

MuCEM-Département Recherche et Enseignement

Pôle recherche-musée IDEMEC (UMR 7307 Aix-Marseille Université/CNRS)

Sous la direction de

Véronique Dassié (CNRS), Aude Fanlo (MuCEM), Cyril Isnart (CNRS) et Florent Molle (MuCEM)

Collecter et documenter la « nature »

Quels enjeux pour les musées de sociétés ?

 

Vendredi 20 mai 2016 9h00-12h30

MuCEM, I2MP, Marseille

Entrée sur inscription à i2mp@mucem.org

Le séminaire « La collecte ethnographique dans les musées de société » consacre sa deuxième séance aux objets catégorisés comme « naturels » : végétaux, animaux ou minéraux que les institutions patrimoniales de toutes sortes conservent aujourd’hui. Si des savants les ont prélevés comme témoins de différents milieux ou comme documents de certains usages culturels, leurs traitements scientifiques et patrimoniaux démontrent avant tout la fragilité de la frontière entre nature et culture. Contemporaines des enquêtes centrées sur les thématiques de l’ethnologie (parenté, organisation sociales, religion, esthétique) et touchant les espaces européens comme les Outres-Mers, les collectes de naturalia s’inscrivent par ailleurs dans une histoire longue du travail scientifique et de son exposition. Quelles ont été les conditions de telles collectes ? Comment ont-elles été utilisées pour produire un savoir sur l’homme et comment leur traitement patrimonial y contribue-t-il ? En quoi les pratiques scientifiques et patrimoniales d’hier et d’aujourd’hui ont-elles contribué à entériner ou remettre en question la dichotomie nature/culture ? Quelle est la place de cette catégorie d’objets dans les enquêtes contemporaines et dans les institutions patrimoniales ? En exposant des études de cas et des configurations institutionnelles particulières, les contributions de cette séance interrogeront les mises en culture des objets et des savoirs de la nature comme un processus social particulier dont les musées et les chercheurs peuvent se saisir aujourd’hui.

Programme

 

9h00 Introduction

Cyril Isnart (IDEMEC, CNRS/Aix-Marseille Université)

Florent Molle (Conservateur, MuCEM)

9h15-10h00

Julien Bondaz (Université Lumière Lyon 2)

« Des témoins desséchés, comme les plantes d’un herbier ». Les pratiques d’herborisation des premiers ethnologues professionnels. (1925-1943)

La création de l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris en 1925 marque les débuts de la professionnalisation de l’ethnologie française. D’importantes missions de collecte ethnographique sont organisées dans les années 1930. Mais les premiers ethnologues professionnels qui partent alors sur le terrain (Marcel Griaule, Alfred Métraux, Thérèse Rivière ou Jeanne Cuisinier, notamment) ne collectent pas uniquement des objets ethnographiques : ils récoltent également de nombreux spécimens ou échantillons botaniques : plantes, écorces, graines… Ces pratiques d’herborisation sont un aspect méconnu de l’histoire de l’ethnobotanique, dont les débuts sont habituellement datés de la parution du livre d’André-Georges Haudricourt et de Louis Hédin, L’homme et les plantes cultivées, en 1943. Elles s’expliquent par des facteurs variés qui vont des injonctions institutionnelles à l’attrait pour la beauté formelle des végétaux. La vie sociale des spécimens collectés par les ethnologues n’éclaire pas seulement un moment intéressant de l’histoire des sciences coloniales ou de la constitution des collections scientifiques. Elle invite aussi à interroger les affinités entre collectes ethnographiques et récoltes botaniques et peut donc nous permettre de mieux comprendre le « paradigme de la collecte » à l’œuvre dans les missions ethnographiques des années 1930 et le recours, par plusieurs ethnologues (Van Gennep, Lévi-Strauss ou Bastide), à la métaphore de l’herbier pour penser l’ethnologie.

Discutant : Bruno Vila

10h00-10h45

Bruno Vila (Aix-Marseille Université, Chargé de mission « Patrimoine scientifique »)

La collection du Musée colonial de Marseille. De la collecte à la production de savoirs

Les universités françaises ont accumulé, au cours de leur existence, un patrimoine considérable à la fois pour la recherche et l’enseignement et parfois même en direction du grand public. L’Université d’Aix-Marseille n’échappe pas à cette règle. Elles détient aujourd’hui le patrimoine rassemblé depuis plus de 200 ans dans des disciplines très variées (botanique, paléontologie, zoologie, astronomie, physique). Plusieurs collections uniques sont même inscrites et/ou classées au titre des Monuments Historiques. Parmi ces collections figure le Musée Colonial de Marseille dont l’objectif, à sa création, était de faire le bilan des richesses naturelles coloniales, de les étudier, de les mettre en évidence dans des collections, de les faire connaitre afin qu’elle prenne place dans le commerce et l’industrie de la métropole et de les utiliser pour instruire par la parole. A l’aide de cet exemple, nous proposons d’appréhender l’échantillon depuis sa collecte (intérêts, conditions de la collecte) jusqu’à son étude scientifique (production de savoirs) en passant par son traitement patrimonial lors de son entrée dans les collections. Nous terminerons en abordant le traitement et la perception actuels de cette collection.

Discutante : Carole Brousse

10h45-11h15 Pause

11h15-12h00

Carole Brousse (IDEMEC, CNRS/Aix-Marseille Université)

Objet-plante et objet en plante. Collecter et questionner l’item à caractère végétal

Cette présentation a pour objectif d’étudier la façon dont les ethnologues travaillent à partir d’objets ethnographiques à caractère végétal. En s’intéressant tout d’abord aux conditions de collecte de ces items, il s’agira de se demander comment des « objets en plantes » (gourde en calebasse, panier en racine de vanillier sauvage, couverture en roseau, etc.) et « objets-plantes » (plante entière, poudre végétale, sel et sucre de plantes, etc.) sont achetés ou cueillis par l’ethnologue. Une étude de cas, consacrée aux 189 échantillons de plantes médicinales conservés au musée du quai Branly, permettra ensuite de comprendre pourquoi les ethnologues ont intégré de tels objets dans leur collection et quelles enquêtes ont accompagnées ces collectes.

Discutant : Julien Bondaz

12h00-12h30 Débat collectif

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