Seminar: Lieux et acteurs de l’ethnologie de la France (1945-1975) : archives et réseaux, entre recherche et patrimoine 8 février 2016

La première séance du du séminaire « Lieux et acteurs de l’ethnologie de la France (1945-1975) : archives et réseaux, entre recherche et patrimoine » (Archives nationales, MCC/DPRPS et programme BEROSE) aura lieu ce lundi 8 février, au Ministère de la Culture (salle du foyer), 182 rue Saint-Honoré, 75001 Paris (il faut vous munir d’une carte d’identité).

Cette première séance est consacrée à un tableau des institutions de recherches et musées ethnologiques à l’issue du second conflit mondial. Nous aurait le plaisir d’écouter deux intervenants, dans un dialogue croisé :
– Christine Laurière (chargée de recherches au CNRS, IIAAC/LAHIC) :  « Le musée de l’Homme dans la tourmente de la guerre et de l’Occupation. Conséquences pour la reconstruction d’après-guerre »

– Arnauld Chandivert (maître de conférences en Ethnologie, Université de Montpellier, CERCE): « “L’histoire en parallèles: du musée de l’Homme au “musée français” (1937-1952) »

Les prochaines séances. auront lieu les 21 mars, 11 avril, 2 mai, 30 mai et 27 juin prochains.

L’ensemble du séminaire sera dédié à la mémoire de Daniel Fabre, brutalement disparu le 24 janvier dernier.
Lieux et acteurs de l’ethnologie de la France (1945-1975) : 
archives et réseaux, entre recherche et patrimoine
Pour la seconde année consécutive, les Archives nationales (Département Education, Culture et Affaires sociales), la mission du patrimoine ethnologique et immatériel (Direction générale des patrimoines, département du pilotage de la recherche) et le programme BEROSE (CNRS/IIAC) s’associent pour développer un séminaire d’échanges et de réflexion sur les archives et l’histoire de l’ethnologie de la France au cours du vingtième siècle. Il s’agit de prolonger une enquête socio-historique collective, menée jusqu’ici pour l’essentiel jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, avec comme principale ligne de mire, la fracture entre le folklore et l’ethnologie1.
Le séminaire de l’an passé, dédié à la mise en question de la conservation et de la dispersion des archives publiques et privées, administratives ou scientifiques, de ce qui se dit ou s’assemble sous le vocable « d’ethnologie de la France » a permis de circonscrire un cadre plus précis d’analyse, en vue d’identifier et de cartographier les « réseaux » savants de l’ethnologie « française », et leur modalités variables d’institutionnalisation. Dans le cadre du programme BEROSE (Encylopédie en ligne sur l’histoire des savoirs ethnographiques en Europe), http://www.berose.fr/), il s’agira donc cette année d’élaborer une prosopographie dynamique et relationnelle des réseaux d’appartenance à l’ethnologie de la France entre 1945 et 1975, avec une attention particulière pour le division sociale et sexuelle du travail savant.
Entre la refondation du CNRS en 1945, la création de la Société d’Ethnologie française en 1946 et l’ouverture du bâtiment du Musée des Arts et Traditiosn populaires en 1972, avant le rapport pessimiste de Jacques Soustelle en 1975 et le premier projet de Mission du patrimoine ethnologique portée par Isaac Chiva dès 1976, la période 1945-1975 correspond aux fameuses « Trentes glorieuses » économiques, sinon sociales. Ces trois décennies sont aussi la période de formation d’au moins deux, voire trois générations « d’ethnologues » et la persévérance de figure tutélaires, de Georges-Henri Rivière à Marcel Maget, d’André Varagnac à André Leroi-Gourhan.
Il s’agit enfin d’une phase de déruralisation accélérée de la population française qui suscite une nostalgie latente pour un monde qui semble s’effacer sous les yeux mêmes des enquêteurs. Si une partie des ethnologues « sociaux » du début des années 1950, à l’instar de Paul-Henry Chombart de Lauwe, deviennent peu à peu des sociologues de la ville et du travail, l’ethnologie de la France semble ne pas parvenir à se libérer d’un paradigme fondamentalement ruraliste. A peine assise sur des bases institutionnelles visibles, sinon solides, au Centre d’ethnlogie française comme au Laboratoire d’Anthropologie sociale à Paris, mais aussi dans certaines capitales régionales, de Dijon à Toulouse, l’ethnologie de la France semble vouloir croire à la disparition d’un objet qui lui échappe, y compris auprès du grand public : en 1975, les succès éditoriaux colossaux du Cheval d’Orgueil et de Montaillou, semblent déborder la démarche ethnographique sur ses marges littéraires et historiographiques. Tout ceci accompagne et provoque un veritable « tournant patriomonial » de l’ethnologie de la France, qui circonscrit peu à peu une autre chronologie et d’autres logiques institutionnelles, en lien direct avec l’administration des « affaires culturelles ».
Ce moment de patrimonialiation durable de l’ethnologie marque le terme provisoire de notre enquête prosopographique : initiée dans le cadre des collectes suscitées par la création du Musée des Arts et Traditions populaires après 1939, démulitpliée sur le territoire par la création de l’Inventaire général du patrimonie culturel 1964, approfondi par celui du patrimoine industriel à partir de années 1970, la superposition entre logiques de conservation et de recherche culmine en effet avec la création d’une mission permanente du « patrimoine ethnologique » en 1979.
Les six séances proposées cette année consistent à prendre la mesure de cette périodisation, entre institutionnalisation scientifique et patrimoniale, à travers la confrontation des réseaux et des appartenances, sinon de nouveaux statuts professionnels pour les « ethnologues ».
Lieu : Ministère de la Culture et de la Communication, salle du foyer, 182 rue Saint Honoré.
Dates : 8 février, 21 mars, 11 avril, 2 mai, 30 mai et 27 juin. (14h30-17h30).
Christian Hottin et Yann Potin
1. Du folklore à l’ethnologie, Christophe, Jacqueline ; Boël, Denis-Michel ; Meyran, Régis (éd.), Paris : Ed. de la Maison des sciences de l’homme, 2009.
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