CFP: Devant l’arrêt de monde(s), derrière les ruines, sous les déchets : explorations, traces, fuites / Before the Ceasing of World(s), Behind the Ruins, Beneath the Waste: Explorations, Traces, and Escapes – ACHS 2016 Montréal

Call for papers / Appel à communications

Association of Critical Heritage Studies

Troisième Congrès bisannuel / Third bisannual conference
Le patrimoine, ça change quoi ? / What does heritage change ?

Montréal, 7-10 juin 2016

Devant l’arrêt de monde(s), derrière les ruines, sous les déchets : explorations, traces, fuites
Before the Ceasing of World(s), Behind the Ruins, Beneath the Waste: Explorations, Traces, and Escapes

Session organisée par / organized by

Octave Debary (université Paris Descartes, IIAC-LAHIC) et Jean-Louis Tornatore (université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier)

Dans un texte majeur, « L’arrêt de monde », D. Danowski et E. Viveiros de Castro explorent le thème de la fin du monde tel qu’il se déploie aujourd’hui « dans l’imaginaire de la culture mondialisée ». Entre fiction, philosophie et anthropologie, ils déroulent la scène sombre de nos futurs d’espèce humaine devenue force géologique et autodestructrice vivant non plus sur mais dans une planète considérée comme un être vivant et une puissance menaçante (Gaïa). Si le spectre de la catastrophe est partout agité, diffère l’imagination de ce que sera le monde d’après la catastrophe : un univers terrifiant qui n’en finit pas de se consumer ne laissant qu’une fuite sans espoir aux spécimens d’humanité restante (La Route de C. MacCarthy, 2008) ; la lente mais sûre reprise ou reconquête du monde par la « nature » débarrassée de nous (Homo disparitus d’A. Weisman, 2007). La ruine absolue pour l’un, l’arrêt de la ruine ou sa transfiguration pour l’autre.
Le déchet, reste d’objet, reste d’homme, voire déchet social, est dans l’errance, le mouvement. Il n’est pas à sa place, parfois n’a pas de place. Il constitue une limite incertaine entre l’être et le non-être, entre ce monde et un autre. Cette limite trace celle de la culture ; la culture se sépare de ses déchets, de ses « déchets culturels ». En ce sens, la saleté ouvre à la culture (M. Douglas). Le nettoyage et l’exclusion des déchets sont une (re)mise en ordre de la culture, comme affirmation de son système et de son classement (M. Thompson). La culture maintient en vie ses productions, ses objets, et au seuil de leur non recyclabilité, les congédie comme déchets (ultimes). L’impureté est le privilège de la culture. Il s’agit de dire sa propre finitude, son risque de perte. Et de cette perte, la culture souhaite se défaire. Au centre de cette logique, le déchet permet de dire le temps qui passe et l’horizon d’une fin ; la pourriture ou la salissure est déperdition de la vie. L’eschatologie contemporaine liée au risque écologique trouve ici sa place. A force de vivre, de produire des déchets, on pollue le monde, le risque environnemental dit le risque de la culture. La ruine, elle, se tient au seuil, celui de la fin de la culture, du retour de la nature ou de la promesse d’un futur. Comment faire usages de la ruine ? Lire dans les entrailles d’une ville détruite son destin possible (Jouannais).
Nous voudrions placer notre session sous le signe du mouvement radical, celui qui suppose l’arrêt de mondes, et mettre en regard la pluralité des approches qu’il suscite. La ruine est un motif contemporain associé à la ville (D. Scott). Si l’humanité est devenue majoritairement urbaine, c’est donc de la ville que viennent les images fortes de son anéantissement. Voire, la ville a commencé à se désagréger de l’intérieur, à l’occasion de petites fins de monde, arrêts d’usines par exemple, suscitant le parcours de leurs abandons et de leurs décombres, générant des pratiques, artistiques et/ou déambulatoire, l’urbex, un voyeurisme de la décrépitude, le ruin porn… Nous voudrions mettre en balance, en confrontation la perspective attendue ou redoutée de la ruine de notre monde avec ces petites ruines qui parsèment nos vies quotidiennes, sur lesquelles ces pratiques veulent attirer nos attentions. Dans quelle mesure celles-ci préfigurent-elles, exorcisent-elles celle-là ? Et puis, dans quelle mesure la ruine et le déchet n’entrent-ils pas en concurrence avec nos patrimoines, le patrimoine urbain, le patrimoine industriel ?
Cet atelier est ouvert aux interventions qui interrogent le reste, ruine ou déchet, dans la construction du rapport au temps et à l’histoire. De la poubelle au musée ou à l’espace sanctuarisé, en passant par la ruine, le reste, par la manifestation de ce qu’il n’est plus et de ses diverses occurrences, permet non seulement de dire le temps qui passe mais constitue un indice de nos conceptions du futur. Sa valeur mémorielle, patrimoniale, testimoniale se construit sur les ruines de son histoire, comme sur les perspectives des catastrophes à venir.

 

 

In a major text entitled “L’arrêt de monde”, Déborah Danowski and Eduardo Viveiros de Castro explore the theme of the end of the world as it is deployed today “in the imagination of globalized culture”. Using fiction, philosophy, and anthropology, they unfurl the somber scene of our future as a human species, which has become a living geological and self-destructive force no longer on but in a planet that is considered a living being and a menacing power (Gaia). While the specter of catastrophe is uniformly raised, the world that is imagined after the catastrophe varies, seen alternately as a terrifying universe that endlessly consumes itself, leaving the remaining specimens of humanity with the only option of a hopeless escape (The Road by Cormac MacCarthy, 2008), or a slow but sure reprisal or reconquering of the world by “nature”, which has been freed from us (The World Without Us by Alan Weisman, 2007). It represents the absolute ruin for some and the ceasing of the ruin or its transfiguration for others.
Waste—remnant of the object, remnant of man, and even social waste—lies in the act of wandering and movement. It is not in its place, nor does it sometimes have a place. It constitutes an uncertain limit between being and non-being, between this world and another. This limit delineates that of culture; culture is separated from its waste, its “cultural waste”. In this sense, dirt unlocks culture (Mary Douglas). The cleaning and the exclusion of waste is a (re)ordering of culture as an affirmation of its system and its classification (Michael Thompson). Culture keeps what it produces—its objects—alive and dismisses it as (supreme) waste when it is on the brink of not being recyclable. Impurity is the privilege of culture and concerns the enunciation of its own finiteness and its risk of being lost. Culture wants to be rid of this loss. At the center of this logic, waste makes it possible to speak of passing time and the horizon of an end; decomposition and dirt are the loss of life. The modern eschatology linked to ecological risk finds its place here. The act of continually living and producing waste pollutes the world; the environmental risk articulates the risk of culture. As for the ruin, it remains on the threshold, that of the end of culture, the return of nature, and the promise of a future. The ruin can be used to prognosticate the possible destiny of a destroyed city (Jean-Yves Jouannais).
We would like our session to focus on the radical movement that presupposes the ceasing of worlds and to compare the various approaches it raises. The ruin is a contemporary motif associated with the city (Diane Scott). Since humanity has for the most part become urban, the strongest images of its annihilation come from the city. The city has even begun to disintegrate from within during small instances of the end of the world—such as the shutting down of factories, leading people to peruse their abandonment and ruins and generating artistic and/or ambulatory practices, urbex, voyeurism into decrepitude, ruin porn, and so on. We would like to weigh and confront the expected or dreaded perspective of our world’s ruin with the small ruins scattered throughout our daily lives and to which these practices seek to draw our attention. To what extent do the former prefigure and exorcise the latter? And to what extent do ruin and waste begin to compete with our heritage, both urban and industrial?
This workshop is open to interventions interrogating remains, ruins, and waste in the construction of a relationship to time and history. From the garbage heap to the museum and the sanctuarized space via ruins, remains, and the manifestation of what something no longer is and its various occurences, all this not only makes it possible to speak of passing time, but constitutes a clue to how our future can be conceived. Its memorial, patrimonial, and testimonial value is built on both the ruins of its history and the various perspectives surrounding the catastrophes to come.

Les propositions (un résumé de 600 mots) peuvent être soumises en français ou en anglais sur le site du congrès / Submissions (a 600 words abstract) can be made either in English or French through the conference website : https://achs2016.uqam.ca/secure/submitAbstract.php

Date d’échéance de l’appel à communications : 1er novembre 2015 / The deadline for the call for papers is 1st November 2015.

Toutes les propositions seront évaluées par le comité scientifique du congrès / All papers submitted will be peer reviewed through a process managed by ACHS2016 scientific committee.

Pour tout renseignement, merci de contacter les organisateurs de la session / Should you have

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