Seminar: 14 avril / les frontières du patrimoine / 8ème séance Hipam

Vous trouverez ci-joint et ci-dessous l’annonce de la prochaine séance du séminaire HiPaM qui se déroulera le mardi 14 avril en salle Ingres (Galerie Colbert, 2e étage) de 18h à 20h.
 
HIPAM – Histoire du Patrimoine et des musées
 Nous sommes heureux de vous convier à la 8ème séance du séminaire de l’HiPaM
 
Les frontières du patrimoine
 
Le 14 Avril 2015
 
A l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) – Salle Ingres  18h-20h
Nos invités pour cette 8ème séance, sont Laurier Turgeon, Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique à l’Université Laval, Québec et Julien Bondaz, docteur en anthropologie à l’Université Lyon 2.
De la tombe au musée : la requalification des objets européens et amérindiens dans le contexte nord-américain – Laurier Turgeon
Nous proposons de réfléchir sur le rôle transformateur du collectionneur et des collections. Loin de simplement subir les assauts du monde social ou de témoigner de son passage, les objets collectionnés agissent sur le monde social et participent activement à sa construction/reconstruction. Plus encore, les objets possèdent un pouvoir de régénération des personnes et des groupes.
Cette présentation vise à montrer comment le collectionnement devient une arène de contestation et de négociation de positions politiques et de valeurs sociales contemporaines, et un lieu de refondation de la société. Pour ce faire, je vais me pencher sur les migrations d’objets et les échanges interculturels entre Amérindiens et Francophones au Canada depuis l’époque coloniale dans une perspective comparée. Une étude de l’usage de ces objets échangés lors des premiers contacts nous montre que la vaste majorité de ceux acquis par les Amérindiens ont servi d’ornementation corporelle et de mobilier funéraire. Portés sous forme de pendentifs, de bracelets, de ceintures, ou de bagues, ces objets d’origine française sont réunis et inhumés avec leurs porteurs lors du décès, comme nous l’indiquent les récits de voyage de l’époque et les fouilles archéologiques. Les objets amérindiens suivent une trajectoire à la fois semblable et différente chez les Français. Le corps servira ici aussi de lieu d’exposition, surtout dans le cas des fourrures, mais la plupart des objets amérindiens aboutiront dans des cabinets de curiosité (objets matériels) ou des bibliothèques (relations de voyage sous forme de livres). Ces échanges se sont poursuivis aux 19e et 20 siècles par la pratique scientifique et la muséologique. En effet, les archéologues ont exhumé ces objets inhumés dans les tombes de la même manière que les ethnologues ont collectionné en surface des objets ethnographiques des derniers survivants amérindiens pour les ramener au musée. Aujourd’hui, les Amérindiens demandent la restitution de ces objets jugés sacrés ayant appartenu aux ancêtres comme un moyen de réparer les injustices du passé. Nous allons tenter de saisir le sens et les enjeux de ces pratiques d’appropriation, de désappropriation et de réappropriations, et de mieux comprendre comment ces requalifications produisent la collection, le musée et la société.
Des collectionneurs subalternes ?
Amateurs d’art et pouvoirs de la collection en Afrique de l’Ouest- Julien Bondaz
 
La requalification d’objets rituels en œuvres d’art a longtemps été perçue comme une activité spécifiquement occidentale. Etudier les pratiques locales de collection d’art africain en Afrique de l’Ouest invite cependant à remettre en question une telle idée : non seulement il existe un certain nombre de collectionneurs sur place, mais leurs pratiques, leurs discours et leurs savoirs révèlent des enjeux tout à fait intéressants pour l’anthropologie de l’art comme pour l’histoire de l’art. On interrogera ainsi la place subalterne réservée aux collections rassemblées sur place et l’ambivalence des relations que les collectionneurs entretiennent avec les masques et les statues qu’ils rassemblent (ou du moins l’ambivalence que la population locale attribue à l’activité de collection). Sur la base d’enquêtes ethnographiques conduites au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal depuis 2012, l’objectif est ainsi de montrer en quoi l’étude des pratiques de collection extra-occidentales permet de rendre mieux compte de la complexité des mondes de l’art dans le contexte contemporain.
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