CFP: Journee d’etude Fabiq’am “Territoires et identites” – 13 mai 2015

Appel à communications

Journée d’étude Fabriq’am du 13 mai 2015

 

Territoires et identités : une approche patrimoniale

organisée par V. Boyer et E. Stoll

Bondaz, Graezer Bideau, Isnart et Leblon[1] soulignent que ce qui est en jeu dans le champ contemporain du patrimoine est « la mutation d’un bien ordinaire en bien distingué » (2014: 11). Le déploiement par les États de politiques territoriales nous semble susceptible d’être appréhendé en ces termes. En effet, ces politiques « distinguent », c’est-à-dire cherchent à valoriser certains espaces en leur conférant un statut administratif spécifique, en les affectant à un usage particulier (parc naturel, réserve indienne ou écologique, etc.) et leur attribuant des moyens humains et financiers propres. En d’autres termes, la mosaïque territoriale que l’on observe sur les représentations cartographiques correspond à un découpage juridique réel ou désiré, lequel se négocie à différentes échelles (du local à l’international) et entre différents acteurs (populations, tiers secteur, institutions publiques, intérêts privés, organisations professionnelles, etc.).

Certains de ces territoires sont constitutionnellement corrélés à une identité ethnique (Indien par exemple) tandis que d’autres sont associés à une activité spécifique (extraction de latex) ou au maillage administratif (município). Or, dans un contexte où « penser patrimoine » est devenu un leitmotiv pour cet ensemble très diversifié d’acteurs, l’appartenance territoriale tend à être essentialisée dans des termes « identitaires », même si elle a été conçue au départ sous une autre modalité : une réserve « écologique » abrite des « populations traditionnelles », donc spécialistes d’un artisanat; un município est “indien” parce que c’était autrefois une « républica de indios ». L’inscription spatiale et l’énoncé de l’identité semblent ainsi imbriqués dans des raisonnements circulaires.

Pour s’imposer comme des acteurs dont l’action patrimoniale est “légitime” ou qui sont “dignes” de patrimonialisation, les populations locales et leurs relais élaborent des récits sur le passé et “la tradition” qui se veulent spatialement ancrés et incontestablement singuliers. Le processus de traduction, de négociation et de transformation est fonction de leur insertion dans un champ politique local et leur interlocution avec divers acteurs externes, institutionnels ou pas. Il vise à rendre incontestables leurs prétentions territoriales, et la « distinction » de leur espace de vie vis-à-vis de voisins proches qui ne sont pas toujours des « étrangers ».

Cette journée d’étude entend examiner les rapports entre identité et territoire qui se jouent autour de la patrimonialisation en partant d’exemples ethnographiques latino-américains, et dans une perspective qui s’attache à restituer les conditions de l’émergence de tels phénomènes

Nous proposons deux axes de réflexion :

1) Acteurs du champ politique et négociations patrimoniales

2) Lectures de l’espace, objets du patrimoine, territorialités

Merci de nous envoyer vos propositions par retour de mail, à em_di_sto@yahoo.com et/ou veronique.boyer@ehess.fr

 

[1] BONDAZ, Julien, GRAEZER BIDEAU, Florence, ISNART, Cyril, LEBLON, Anaïs, « Relocaliser les discours sur le « patrimoine » »,in : Les vocabulaires locaux du « patrimoine » : traductions, négociations et transformations, Berlin, Lit, 2014, p. 9-30. Le livre a été présenté lors de la journée Fabriq’am du 7 janvier 2015.

 

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