Seminar: L’institution de la culture : le temps du patrimoine, Patrimoine et anthropologie, quoi de neuf ?, Dijon, 12 décembre 2014

Patrimoine et anthropologie, quoi de neuf ?
 Actualité d’un domaine de recherche

Séminaire du Centre Georges Chevrier, Université de Bourgogne

Sous la direction de Jean-Louis Tornatore

La première séance :

L’institution de la culture : le temps du patrimoine

aura lieu vendredi 12 décembre 2014 de 14h à 17h dans la salle de séminaire de la MSH de Dijon

(6, esplanade Érasme, 21000 Dijon)

avec

Anath Ariel de Vidas (Cnrs, CERMA-Mondes Américains, Paris)
Voyage en patrimonologie amérindienne : « Le projet FABRIQ’AM »

Le projet Fabriq’am –  La fabrique des “patrimoines” : Mémoires, savoirs et politique en Amérique indienne aujourd’huiconcerne les processus de mise en patrimoine dans des sociétés amérindiennes. Ces processus induisent des formes d’inculcation de schèmes, formulées en dehors de ces sociétés, qui font que celles-ci transforment aujourd’hui certaines de leurs pratiques quotidiennes en éléments d’un patrimoine culturel objectivable, transmissible et conservable. Mais au sein de ces groupes, les conceptions de ce qui doit être conservé ou être oublié, les manières de transmettre les connaissances et les savoirs, les modes d’historicité semblent parfois aller à l’encontre de l’idée même de la patrimonialisation telle qu’on l’entend dans le monde occidental. Le projet se propose d’analyser les points de rencontres, d’interactions et/ou de divergences entre les différentes approches, internes et externes, du « patrimoine ». L’analyse de cette mise en patrimoine fait ressortir différentes conceptions du passé et de la culture ainsi que les motivations internes qui les mettent en exergue.

Anath Ariel de Vidas est anthropologue, directrice de recherche au CNRS et membre du CERMA-Mondes Américains (UMR 8168 EHESS-CNRS). Andiniste au départ, elle a travaillé sur le rapport entre la tradition textile andine, le tourisme international et les mouvements ethno-politiques. Mexicaniste par la suite, ses travaux ont porté notamment sur les représentations de la marginalité auprès des Indiens teenek, l’anthropologie comparative et les modes d’identifications ethniques de groupes amérindiens situés dans des processus de modernisation. Pour aborder ces thèmes, ses analyses situent toujours les processus historiques de la modernisation tout comme les contacts interethniques dans les visions du monde propres au monde autochtone.

et

Sylvie Sagnes (Cnrs, IIAC-LAHIC, Paris)
Au miroir de la médiation : le présent du patrimoine

Indissociable de toute expérience patrimoniale, la médiation est devenue si évidente qu’on ne la voit plus et c’est d’ailleurs à l’aune de cette invisibilité que l’on mesure son efficacité. Aussi est-on enclin à passer son chemin et à rester aveugle à ce qui ce joue là, à savoir la rencontre, le dialogue, ou la collision de différentes représentations du patrimoine, celles des spécialistes et celles des profanes. Se définissant fondamentalement comme acte de partage, la médiation, non content de donner à voir toutes ces représentations, les travaille aussi pour en produire de nouvelles. De fait, elle nous tend un miroir dans lequel le présent de notre patrimoine se reflette dans toutes ses nuances.

Sylvie Sagnes est ethnologue, chargée de recherches au CNRS, membre de l’IIAC, UMR 8177 – Équipe LAHIC (EHESS, CNRS, MCC). Elle a consacré ses premières recherches à la question de l’autochtonie et montré comment le lien au lieu, loin de se dissoudre dans la globalisation, est actuellement réinventé par chacun. Ses travaux ultérieurs prolongent ses investigations initiales sur différents terrains du patrimoine (archéologie, musée, romans de mémoire, etc.). Les médiations, qu’elle aborde comme un observatoire idéal des nos représentations du patrimoine, retiennent pour l’heure plus spécialement son attention. En contrepoint, elle explore les XIXe et XXe siècles pour dresser la généalogie d’une catégorie singulière de territoire, celle des petits pays. Elle s’intéresse par ailleurs à la construction des identités savantes, notamment sous l’angle des parentés intellectuelles et des mémoires disciplinaires.

Au plaisir de vous y rencontrer,

Jean-Louis Tornatore

— Pr. Jean-Louis Tornatore Université de Bourgogne – Dijon Centre Georges Chevrier (UMR 7366 CNRS) (33)6 82 26 34 73

Rappel des prochaines séances

30 janvier – Culte et patrimoine

Sossie Andézian (Cnrs, IIAC-LAHIC, Paris)
Lecture anthropologique de l’inscription au patrimoine mondial d’un site religieux : l’Église de la Nativité à Bethléem (2012)

Cyril Isnart (Cnrs, IDEMEC, Aix-en-Provence)
Culture et « culture » religieuses. Manuela Carneiro da Cunha chez les Catholiques

20 Février – Les patrimoines à l’heure du numérique

Michel Rautenberg (Université de Saint-Etienne, Centre Max Weber)
et Sarah Rojon (Centre Max Weber)
La production du patrimoine par les amateurs à l’heure du numérique.

Laurier Turgeon (Université Laval, Québec, Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique)
La médiation du patrimoine culturel (immatériel et matériel) à l’aide des nouvelles technologies : à propos de l’application mobile « Découvrir Québec ».

20 mars – Un patrimoine de l’immigration ?

Noël Barbe (Drac de Franche-Comté et Cnrs, IIAC-LAHIC)
Figures de l’immigré et démocratie patrimoniale.

Hélène Bertheleu (Université François Rabelais, Tours, CITERES-CoST)
et Véronique Dassié (Cnrs, IDEMEC)
Un patrimoine de l’immigration ? Entre engagements mémoriels et enjeux politiques.

10 avril – Que faire du patrimoine culturel immatériel ?

Olivia Angé (SDCG, Université de Wageningen, Pays-Bas) (sous réserve)
Entre misère économique et merveille culturelle. Le troc comme patrimoine immatériel dans les hautes terres andines.

Ellen Hertz (Institut d’ethnologie, Université de Neuchâtel, Suisse)
Reconnaissance, ambivalence, vengeance : le patrimoine culturel immatériel est une relation. L’expérience suisse.

29 mai – Le patrimoine devant le vivant

Isabelle Arpin (IRSTEA, Labex Innovation et territoires de montagnes, Grenoble)
La patrimonialisation des espèces dites remarquables. L’exemple du bouquetin.

Elise Demeulenaere (Cnrs, UMR Eco-anthropologie et Ethnobiologie, MNHN, Paris)
Patrimonialiser un paysage culturel vivant. Le cas des terrasses agroforestières konso (Ethiopie)

12 juin – Art, mémoire et patrimoine

Octave Debary (Université de Paris Descartes, IIAC-LAHIC)
L’art de se passer des objets : travail de mémoire et art contemporain.

Ariela Epstein (LISST-CAS, Université de Toulouse 2)
De la peinture murale à la ruine industrielle, un parcours en anthropologie politique des paysages uruguayens.

Renseignements : Jean-Louis Tornatore, jl.tornatore@free.fr, 06 82 26 34 73              / Éloïse Dreure, Eloise.Dreure@u-bourgogne.fr, 03 80 39 57 17

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