Grant: Inventaires du Patrimoine culturel immatériel de la France

Les projets doivent parvenir au ministère de la Culture et de la Communication,
Direction générale des patrimoines, département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique
au plus tard le 20 septembre 2013.

 INVENTAIRES DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL de la France
I. Cadre de réalisation : la Convention de l’UNESCO de 2003 sur le patrimoine culturel immatériel

Le 6 juillet 2006, la loi n° 2006-791 du 5 juillet 2006 autorisant l’approbation de la convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été promulguée par la France. L’’UNESCO définit le patrimoine culturel immatériel (PCI), dans l’article 2 de la convention, comme l’ensemble des « pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire -ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés- que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Le “patrimoine culturel immatériel” se manifeste notamment dans les domaines suivants : les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ; les arts du spectacle ; les pratiques sociales, rituels et événements festifs ; les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ; les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel. Les buts de la convention sont la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; le respect du patrimoine culturel immatériel des communautés, des groupes et des individus concernés ; la sensibilisation aux niveaux local, national et international à l’importance du patrimoine culturel immatériel et de son appréciation mutuelle ; la coopération et l’assistance internationales. » (article 2).

Pour mettre en œuvre cette convention, « chaque État-partie doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel présent sur son territoire. Il doit s’attacher à identifier et définir les différents éléments du patrimoine culturel immatériel présents sur son territoire, avec la participation des communautés, des groupes et des organisations non gouvernementales pertinentes. Pour assurer l’identification de ce patrimoine en vue de sa sauvegarde, chaque État-partie doit dresser un ou plusieurs inventaires du patrimoine culturel immatériel présent sur son territoire. Ces inventaires font l’objet d’une mise à jour régulière. » (articles 11 et 12).

Les inventaires dressés par les États signataires permettent à l’UNESCO, sur proposition des États-Parties, de dresser des listes, soit représentatives, soit de sauvegarde urgente.

 

II. Projet

 Au sein de la Direction générale des patrimoines, du ministère de la Culture et de la Communication, le département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique (DPRPS), ayant reçu compétence pour l’ethnologie et le patrimoine culturel immatériel, a été désigné pour mettre en œuvre la convention du PCI (présentation des dossiers sur la liste représentative et la liste de sauvegarde urgente à l’UNESCO, réalisation des inventaires du patrimoine culturel immatériel). Le département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique, pour la réalisation de cet inventaire, travaille avec des centres de recherches, des associations compétentes dans le champ du patrimoine culturel immatériel et toute autre structure représentative des groupes porteurs de pratiques.

III. Moyens

  • La convention, sa définition du PCI et les textes officiels de l’UNESCO, disponibles sur le site de l’organisation, doivent servir au chercheur de fil conducteur pour la réalisation de l’inventaire.
  • Le site du ministère de la Culture et de la Communication, et plus particulièrement, les ressources consacrées au patrimoine culturel immatériel (documentation, répertoire des inventaires, inventaire en ligne du patrimoine culturel immatériel en France).
  • Le résultat prendra la forme d’une fiche d’inventaire. Le modèle de fiche est joint au présent appel à projet et est disponible sur le site du ministère de la Culture et de la Communication. Ce modèle sert également de grille d’enquête pour la réalisation du travail.

 

IV. Objectifs

– Le développement et l’enrichissement de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France sont les principaux objectifs de cette enquête. Cet enrichissement doit se matérialiser, en fin de recherche, par l’élaboration de fiches destinées à être mises en ligne sur le site du ministère de la culture et de la communication.

– Ces fiches peuvent être cependant adaptées, en fonction des difficultés ou des situations spécifiques rencontrées, tout en respectant leur économie. Par exemple, des rubriques pourront être enlevées lorsqu’elles ne correspondront pas à l’objet de l’enquête, comme la description des techniques de fabrication pour des pratiques qui ne relèvent pas du champ des savoir-faire.

– Sauf cas particulier et exceptionnel justifié par le contexte, l’inventaire portera plutôt sur des pratiques vivantes au sens de l’article 2 de la convention UNESCO (savoir-faire, manifestations festives ou rituelles etc), que sur des individus. Les objets de recherche strictement mémoriels, le recueil de témoignages oraux portant sur des événements historiques, ne rentrent pas dans le cadre du travail d’inventaire.

– L’enquête de terrain et sa restitution doivent être accompagnées d’extraits audio et/ou vidéo présentant la pratique inventoriée. Ces fiches sont transmises pour validation par le département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique au comité du patrimoine ethnologique et immatériel du ministère de la Culture et de la Communication

– Le rapport de recherche devra fournir, outre les éléments inventoriés et les documents sonores ou audiovisuels annexés, les éléments de contexte qui permettront de comprendre de quelle manière a été conduite la recherche, les difficultés rencontrées, les choix et les sélections opérés par l’enquêteur et assumés par lui. Ces informations seront communicables et permettront d’améliorer la compréhension de l’inventaire.

V. Méthode

1. Cadre méthodologique général

En visant les formes immatérielles et vivantes du patrimoine et en donnant une place essentielle à la parole humaine, la Convention de 2003 introduit un renouvellement certain dans la pratique de l’inventaire en France. Cet inventaire est un inventaire des pratiques vivantes, et non des objets matériels liés aux pratiques ou aux ressources documentaires les enregistrant. L’inventaire du PCI est une première action de sauvegarde des expressions culturelles vivantes, en perpétuel renouvellement, et non le récolement ou l’identification d’archives. Il prend place dans l’ensemble des actions définies à l’article 2 de la Convention et forme la chaîne patrimoniale destinée à assurer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Dans sa réalisation, cet inventaire devra associer recherche, documentation et action culturelle en faveur de la reconnaissance, de la transmission ou de la valorisation du patrimoine culturel immatériel. Le texte de la Convention insiste sur le fait que l’inventaire doit être réalisé avec le soutien et la participation des communautés, ou des groupes d’individus, qui sont les héritiers, ou les détenteurs, de ces patrimoines immatériels. (article 2). Ce dernier point sera un critère important de sélection des projets dans le cadre de cet inventaire.

2. Méthode d’enquête, contenu des fiches d’inventaire et archivage des données collectées

– L’inventaire doit d’abord s’accompagner d’un recensement des ressources documentaires déjà réalisé. Ce premier travail de documentation viendra enrichir le répertoire des inventaires du patrimoine culturel immatériel en France, tenu et mis à jour par le ministère de la Culture et de la Communication (département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique-DPRPS). Il se fait en lien avec le DPRPS, qui dirige cette recherche, et qui aide l’enquêteur dans sa recherche en fonction des différents domaines d’enquête. Il se fait également en lien avec les structures représentatives des groupes porteurs de pratiques identifiées comme faisant partie du PCI .

– Le département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique assure un suivi régulier de l’avancement de l’enquête, le chercheur l’informe des problèmes méthodologiques rencontrés et des adaptations à apporter à la méthode ou à la grille d’enquête. Deux réunions seront organisées avec les porteurs de projets pour assurer le suivi de l’enquête de manière collégiale.

– Les fiches devront être accompagnées d’un extrait/montage audio et/ou vidéo de 5 minutes maximum, réalisé dans le but d’une diffusion sur internet.

  • Les archives constituées au cours de l’enquête (fiches de collecte, entretiens audio dans leur intégralité, films vidéo dans leur intégralité) devront être versées au département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique, et un exemplaire donné aux personnes enquêtées.

3. Recherche-action

Les projets retenus devront également faire la preuve que, outre la réalisation de fiches mises en ligne sur le site internet du ministère de la Culture et de la Communication., ils seront accompagnés d’un volet de recherche-action importante. La recherche-action s’entend ici au sens employé par l’université Laval dans la réalisation de son inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel (IREPI), à savoir « (…) une approche qui, dans le domaine de l’ethnologie, vise « à redonner de façon organisée à leurspropriétaires les savoirs qu’ils nous ont confiés » (…). Cette méthode amène les communautés à se réapproprier les pratiques par des stratégies directes de mise en valeur : conférences, articles de journaux, soirées, expositions temporaires, émissions de télévision ou de radio communautaire, etc. La recherche-action devient elle-même une forme d’action culturelle, permet la participation des communautés locales dans les actions de mise en valeur et en facilite la réappropriation des pratiques. » (http://irepi.ulaval.ca/). Les projets retenus devront donc s’accompagner d’une restitution aux communautés enquêtées, de manière à leur permettre de se réapproprier les pratiques étudiées, et de les valoriser non pas en tant qu’outils touristiques, mais comme vecteurs de leur identité, participant ainsi de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel telle qu’envisagée par l’UNESCO.

Les projets doivent parvenir au ministère de la Culture et de la Communication, direction générale des patrimoines, département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique au plus tard le 1septembre 2012.

 

Contacts :

Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique (DPRPS)

Christian Hottin, conservateur du patrimoine, adjoint au chef du département

christian.hottin@culture.fr

01 40 15 77 37

Sylvie Grenet, chargée d’études documentaire, chargée de mission pour le patrimoine culturel immatériel et le patrimoine ethnologique

sylvie.grenet@culture.fr

01 40 15 85 76

Secrétariat du département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique :

Carole Giovannetti

Carole.giovannetti@culture.fr

Tél : 01 40 15 87 2

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