Seminar: Collectionner l’Autre et l’Ailleurs : de la curiosité à la reconnaissance ? Paris, 24 juin 2014

Collectionner l’Autre et l’Ailleurs : de la curiosité  à la reconnaissance ?

Journée d’études organisée par Dominique Poulot (Hicsa – Université Paris I Panthéon-Sorbonne) et Mercedes Volait (Laboratoire InVisu – CNRS/INHA)

Mardi 24 juin 2014, Salle Jullian, 9h-17h30

Galerie Colbert, Paris, 75002 : entrée par le 2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs

Cette journée d’études veut considérer d’abord les différents profils d’amateurs que le goût des exotica a successivement mobilisés depuis le XVIIIe siècle. Une telle prédilection a pu se révéler en effet affaire de spéculation, de distinction, d’érudition, de goût ou de création – ou participer de l’ensemble de ces dispositions à des degrés divers. La journée tentera d’en préciser les contours et d’en démêler les ressorts en portant attention à des fondateurs de collections extra-européennes en contextes très variés.

Un second volet examine la place (re)donnée aujourd’hui par les musées français à certaines de ces manifestations passées d’un goût exotique. Comme en témoignent des expositions récentes, les objets de « haute-curiosité » ne sont plus seulement traces et témoins de civilisations éloignées dans le temps et dans l’espace, mais constituent désormais autant d’indices révélateurs de sensibilités et de pratiques collectionneuses.

À ces occasions, les dispositifs d’exposition ont dû travailler sur une histoire de la vie sociale des objets, et la confronter avec nos  intérêts présents. Les conduites excentriques ou marginales d’autrefois courent alors le risque d’y figurer autant de décisions opportunes et de stratégies pionnières. Y-a-t-il moyen d’éviter que la patrimonialisation se joue encore et toujours sous la forme d’un  lissage des contrastes, d’une respectabilité obligée des démarches, d’une absorption des singularités ? Tel est assurément l’un des défis que les commissaires ont à relever, à l’image du péril téléologique pour l’historien.

La journée essaiera de rendre compte de ces jeux de distances anciennes et de proximités nouvelles et de leur éventuelle mise en abyme au sein du nouveau mot d’ordre de la mondialisation des patrimoines.

 

9h – Dominique Poulot et Mercedes Volait : « Introduction »

Du dilettante au spécialiste : figures du dépaysement extra-européen

9h30 – Dominique Poulot, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, « Antiquaires, artistes et excentriques à  l’origine des musées américains »

10h –  Paola Cordera, Politecnico di Milano, « L’altérité intégrée: art à exposer (et à vendre) chez Frédéric Spitzer »

10h30 – Élodie Baillot, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, « De l’objet de curiosité à l’objet d’étude : le baron Davillier et son Histoire des faïences hispano-moresques à reflets métalliques (1861) »

11h –  Pause

11h30 – Mercedes Volait, Laboratoire InVisu (CNRS/INHA), « La collection comme style de vie : le musée oriental de Gaston de Saint-Maurice au Caire (1872-1882) »

12h – Daniel Sherman, University of North Carolina, Chapel Hill/Institut d’Études Avancées de Paris, « « Un fonctionnaire ‘grincheux’ »? Louis Poinssot et la vie de l’archéologie en Tunisie, 1901-1942 »

13h –  Déjeuner

Exposer le goût européen pour l’Autre et l’Ailleurs

14h30 – Paz Nunez-Regueiro, Musée du Quai Branly, « La collection  mapuche de l’exposition ibéro-américaine de Séville (1929) et sa  présentation à Paris (1930): regards croisés du Chili et de la France sur un patrimoine en construction »

15h – Aline Pighin, Université Paris 7, « Quand le colon collectait. Mémoires ambiguës du Musée africain de Namur »

15h30 – Pause

16h – Amina Taha-Hussein Okada, Musée national des arts asiatiques – Guimet, « Le goût de Georges Clemenceau pour l’art asiatique : genèse et partis pris d’une exposition »

16h30 – Mireille Jacotin, MuCEM – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, « Le Goût de l’Orient, Collections et collectionneurs de Provence (2013), retour sur une exposition et sur son livre d’or »

17h – Léon Buskens (Université de Leyde) et François Pouillon (EHESS), « Conclusions »

 

For further details :

http://hicsa.univ-paris1.fr/page.php?r=3&id=702&lang=fr

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