Seminar : HiPaM: “Publicisation des collections privées”, 20 mai

HiPaM – Histoire du Patrimoine et des Musées

Cycle 2014 : Théâtre(s) contemporain(s) / Collections et Collectionneurs

Séance organisée par Déborah Couette

De la publicisation des collections privées à leur « mise en boîte » : musée de collectionneurs

Mardi 20 mai 18h – 20H /  INHA, salle Demargne – n°133

Avec la participation de :

Morgan Labar, Collectionner le comique épais, une posture ?

Marie Civil, Architecture de musées de collectionneurs : reflet d’une personnalité ? Fondation Pinault / Fondation Beyeler : étude comparée.

Morgan Labar

Collectionner le comique épais, une posture ?

François Pinault est assurément l’un des hommes les plus influents du monde de l’art, et ce pour plusieurs raisons : richesses de sa collection, puissance de frappe (il peut acheter ce qu’il désire), aura dans le monde des professionnels de l’art. Il est, aujourd’hui, l’un des principaux prescripteurs du monde de l’art. Ce qui va m’intéresser dans cette communication, c’est la construction d’une figure de taste-maker de référence via la présentation et la mise en scène de sa collection, notamment au travers d’expositions.

Développant mon analyse à partir de récentes expositions itinérantes d’œuvres de la collection comme A triple tour à Paris (Conciergerie) à l’automne 2013 et L’art à l’épreuve du monde à Dunkerque (Dépoland) à l’été 2013, ainsi que sur les différentes expositions à Venise depuis 2011, au Palazzo Grassi et à la Punta della Dogana, je me propose de montrer que les expositions de la collection participent de choix stratégiques. Toute exposition comporte des choix que l’on peut qualifier d’idéologiques – même affirmer l’absence d’idéologie relève encore de l’idéologie. Cette dimension idéologique est manifeste dans les titres, les œuvres sélectionnées et la manière dont elles sont exposées. Les cartels, les textes explicatifs dans le parcours de l’exposition, les dossiers de presse et les catalogues sont autant d’occasions d’élaborer un propos, d’inscrire les œuvres dans des logiques auxquelles elles n’appartiennent pas nécessairement, contribuant à la construction d’une certaine image du collectionneur desdites oeuvres.

Exposer en France des œuvres sur le thème de l’enfermement alors que la situation des personnes détenues dans les prisons est un enjeu de société récurrent dans le débat politique, c’est se positionner. Terminer une exposition intitulée L’art à l’épreuve du monde par une section intitulée « la joie de vivre », après avoir fait état d’œuvres à forte connotation politique, voire après les avoir écartées, est encore un choix idéologique, une manière de commenter l’état du monde qui n’est rien moins que neutre.

L’un des enjeux sera donc de savoir si le collectionneur peut écrire l’histoire de l’art (celui du temps présent) à la place de l’historien, proposant non seulement une vision de sa collection mais encore une vision du monde contemporain et du rôle de l’art.

>  Doctorant contractuel en histoire de l’art contemporain à l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, ED441, HiSCA, Morgan Labar est chargé de cours à PSL*Research University.

Marie Civil

Architecture de musées de collectionneurs : reflet d’une personnalité ? Fondation Pinault / Fondation Beyeler : étude comparée.

 

Musées et collectionnisme privé sont fondamentalement liés. En devenant accessibles au plus grand nombre, les collections privées constituent un pan essentiel de l’histoire muséale. Le phénomène des musées de collectionneurs subsiste d’ailleurs de façon prégnante dans le panorama des musées du XXe siècle.

Il s’agira ici d’analyser deux cas de collections contemporaines qui, en devenant publiques, ont été détachées de leur contexte d’origine, suscitant ainsi la création de nouveaux lieux. Ernst Beyeler et François Pinault ont eu le désir commun de mandater un architecte de renom pour édifier la structure publique de leur collection : Renzo Piano pour le premier, Tadao Ando pour le second.

Mais par bien des aspects, la collection Beyeler et la collection Pinault se distinguent : la nature des objets rassemblés, l’échelle de la collecte, leur emplacement originel, les ambitions personnelles de leur propriétaire… Observer ces deux processus d’institutionnalisation bien spécifiques permet donc de brosser un tableau relativement complet des différents moyens de « mettre en boîte » une collection personnelle.

En devenant établissement public (sans qu’il soit nécessairement propriété publique), le musée personnel en acquiert-il toutes les caractéristiques ? Dans quelles mesures ces musées d’origine privée conservent-ils l’empreinte de leurs fondateurs ? Reflet d’une volonté singulière, la muséographie fixe-t-elle ou, au contraire, efface-t-elle le souvenir d’un état primitif de la collection ?

C’est ici l’analyse du processus d’élaboration des projets, ainsi que l’étude de l’architecture de ces lieux, qui seront au centre de cette communication. La personnalité de ceux qui ont collectionné ces ensembles apparaît comme un élément nécessaire à la compréhension de l’architecture contemporaine du musée de collectionneur, et réciproquement.

> Doctorante en histoire de l’art à l’université de Picardie Jules Verne et l’université de Paris-Sorbonne, Marie Civil est chargée d’études et de recherche à l’INHA.

 

 

 

 

 

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