Grant:postdoc – Les modes d’attachements pluriels au territoire d’un espace protégé dit « de montagne »

Thématique :        Les modes d’attachements pluriels au territoire d’un espace protégé dit « de montagne ». Permanences, héritages, recompositions culturelles, sociales et organisationnelles dans le Parc régional du Vercors

Nombre de mois du contrat de post-doctorat : 12

Date de prise de fonction souhaitée :  10/2013

Equipe(s) concernée(s) : WP3 « « Territoires et expérimentation en montagne. Co-construire la relation acteurs chercheurs »

Référents :

karine.basset@gmail.com

Philippe.hanus@cpie-vercors.asso.fr

Contexte scientifique du post-doct :

Les parcs naturels régionaux, réserves et autres espaces protégés ne sont pas que des espaces de « pleine nature », des conservatoires de la biodiversité, ou des laboratoires du « marketing territorial » au service de  « visiteurs », ils sont aussi habités à l’année (par différents groupes sociaux) ou ponctuellement (résidences secondaires ou saisonnières) et donc, par voie de conséquence des espaces de négociation (et parfois de conflit) entre les différents protagonistes de la scène locale, régionale, voire nationale. En outre, depuis leur origine (journées de Lurs), les Parcs régionaux se présentent comme des laboratoires d’expérimentation sociale où s’opèrent des synthèses culturelles et non pas des réservoirs d’identités stables.

Le Parc du Vercors et le Parc du Morvan, institués tous deux le 16 octobre 1970, figurent au nombre des premiers parcs naturels régionaux français. L’ancienneté de ces institutions est certes l’occasion de porter un regard rétrospectif sur l’histoire de ces Parcs et plus largement sur l’“invention” de ces territoires (processus de patrimonialisation mis en œuvre par différentes catégories d’acteurs : forestiers, artistes, scientifiques), responsables agricoles et touristiques, décideurs politiques, en tension entre niveaux local, régional et national), mais surtout de confronter cette construction institutionnelle aux dynamiques sociales et culturelles actuelles à l’œuvre sur ces territoires labellisés.

Positionnement du post-doct dans les thématiques du Labex ITEM :

A l’issue de premières expérimentations dans le cadre d’un axe de travail du labex Innovation et territoires de montagne consacré à la recherche de nature collaborative[1], s’est imposée la nécessité de mettre en place un espace partenarial de recherche entre le CPIE-Vercors, le PNR du Vercors, la DRAC Rhône-Alpes, la Maison du patrimoine oral de Bourgogne, le PNR Morvan et les chercheurs. L’objectif est ici de produire des connaissances sur et avec le territoire et ses habitants autant que d’interroger les pratiques et les représentations au sein des institutions menant des politiques culturelles et/ou environnementales dans un espace labellisé « rural » et « de montagne ». Le post-doctorat s’inscrit dans ce cadre partenarial et sa mission sera conduite en interaction étroite avec un comité de pilotage composé des différents partenaires de la recherche action collaborative. La mission du post-doct, portera sur le territoire du Vercors. A terme, le dispositif consistera à mettre en place une recherche action collaborative similaire dans le Parc régional du Morvan (2014-2015).

Attendus :

La recherche à mener porte sur les formes d’attachements au territoire du PNR-Vercors, mobilisant notamment les modalités de “présence (et/ou absence) du passé”. On considérera tout particulièrement les articulations nature/culture et patrimonialisation/innovation dans les formes d’attachement identifiées.

A titre indicatif, quelques pistes de questionnement peuvent ici être déclinées sur deux axes :

–        L’analyse des récits unificateurs de ce territoire, de leur transmission, de leur évolution, voire de leur disparition sera un axe privilégié. Il conviendra ici d’identifier les différentes manières de raconter le Vercors,  de mettre en scène ou non l'”authenticité rurale” (Boltanski-Chiapello) autant du côté institutionnel, que du côté des professionels de l’accueil, du tourisme, que du côté des populations. Quelle place occupe les récits collectifs mobilisant le passé (« Vertacomicoriens » (peuple pré-latin quelque peu mythifié), Protestantisme, Résistance, climatisme, Jeux Olympiques…) dans la définition de ses liens avec le lieu de vie ? Quelles mémoires collectives se construisent en lien avec le territoire ? Et dans quelle mesure, de nouveaux récits unificateurs émergent-ils en continuité ou en rupture avec les “grands récits” institués?

–        En lien avec le premier axe, une attention particulière sera accordée aux espaces de sociabilité et de mobilisations politiques. Comment se construit un territoire en tension entre attachement local qui peut amener une certaine forme de repli communautaire et engagement dans des collectifs d’habitants, enfermement et distanciation basée sur le choix du lieu de vie (Debroux), voire extériorité pour des résidents « en sursis »  (Sencébé)  Quelles formes de mobilisations politiques et culturelles, institutionnalisées ou non, ont émergé, aux côtés des organisations citoyennes et professionnelles aujourd’hui fragilisées (Fédération des Amis et Usagers du Parc et professionnels, Association pour la Promotion de l’agriculture dans le Parc, etc.) ?  Qu’en est-il encore des formes de participation mises en place dans le Vercors? Ce faisant, il s’agirait d’être attentif aux zones d’ombre, aux lieux du silence et aux « sans voix » : interroger les processus de « désaffiliation sociale » (Castel) voire d’exclusion (retrait des lieux de sociabilité publique).

L’analyse de type qualitatif s’appuiera sur une enquête multi-sites, permettant d’explorer la gamme des espaces distinctifs propres au territoire du PNR-Vercors.

Le candidat sera amené à établir un protocole d’enquête qui soit transposable ensuite sur un autre terrain (PNR-Morvan et autres espaces protégés), pour permettre une analyse comparative des résultats et des processus de changement.

Les modalités d’élaboration de ce protocole comme de restitution de la recherche feront l’objet d’une réflexion approfondie du candidat qui proposera des outils pour mettre en place une dynamique permettant d’intégrer véritablement les différents partenaires de l’étude (dont les institutions et les enquêtés) à chaque étape de son déroulement.

Références citées :

Boltanski, Luc; Chiapello, Eve (1999),  “Quelle authenticité ?” in Le nouvel esprit du capitalisme, pp. 587-606.

Castel, Robert (1994) Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard

Debroux, Josette, (2011). Les « classes moyennes » et le choix  résidentiel périurbain, rapport pour le Parc naturel régional du Vercors.

Debroux, Josette, (2011).

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