Soutenance de thèse: Ballet national du Mali. créer un patrimoine, construire une nation

Soutenance de thèse d’Elina Djebbari,

Le Ballet National du Mali : créer un patrimoine, construire une nation.

Enjeux politiques, sociologiques et esthétiques d’un genre musico-chorégraphique, de l’indépendance du pays à aujourd’hui

Elle se tiendra le lundi 25 mars 2013 à 13h à l’EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, en salle 9 (2ème étage).

Elle sera suivie d’un pot à 17h, en salle 2 (1er étage).

Composition du jury : 

–  Esteban BUCH, musicologue, directeur de recherches à l’EHESS, CRAL    (codirecteur)

–  Jean-Paul COLLEYN, anthropologue, directeur de recherches à l’EHESS, CEAf

–  Monique DESROCHES, ethnomusicologue, professeur à la la Faculté de musique de Montréal

–  Jean-Paul FOURMENTRAUX, sociologue, maître de conférences à l’université Lille 3     (rapporteur)

–  Gilles HOLDER, anthropologue, chargé de recherches au CNRS, CEMAf

–  Emmanuelle OLIVIER, ethnomusicologue, chargée de recherches au CNRS, CRAL     (codirectrice)

– Georgiana WIERRE-GORE, anthropologue de la danse, professeur à l’université Blaise Pascal Clermont 2     (rapporteur)

 

Résumé de la thèse : 

Cette thèse porte sur le Ballet National du Mali et ses différents espaces de médiatisation et de transmission, à travers les troupes privées et la Biennale Artistique et Culturelle. Elle analyse comment les processus de spectacularisation et de patrimonialisation des musiques et des danses « traditionnelles » au Mali s’articulent autour de la construction de l’identité nationale depuis l’indépendance du pays en 1960. Survivant aujourd’hui difficilement dans un contexte économique globalisé, le Ballet National révèle la faillite d’une conception de la nation malienne fondée sur la patrimonialisation de ses traditions. À travers l’analyse des « mises en » – « mise en tradition », « mise en ethnie », « mise en patrimoine », « mise en discours », « mise en scène » – , cette thèse soulève un certain nombre de questions historiques, politiques, sociologiques et esthétiques : Que le répertoire du Ballet révèle-t-il des enjeux et des stratégies de la construction identitaire nationale ? Quel est le rôle des politiques culturelles dans l’avènement de ce genre musico-chorégraphique ? Quels imaginaires de la nation et de la société malienne sont véhiculés par les spectacles du Ballet depuis plus de 50 ans ? Quels processus de transformations sont mis en œuvre pour adapter les pièces issues de pratiques sociales locales à une mise en scène globalisée ? Comment la « tradition » est-elle mobilisée par les danseurs et les musiciens pour servir la « création » ? Quelles conceptions locales du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle traversent ce domaine artistique fortement régi par le « vol » des pas et des rythmes ? Qu’en est-il enfin aujourd’hui de ce modèle du Ballet National, soumis à la concurrence des troupes privées qui se réapproprient son répertoire en y intégrant d’autres sources d’inspiration ? Au final, il s’agit de comprendre comment le genre musico-chorégraphique du Ballet s’est développé au point d’être devenu une « tradition » malienne et une référence artistique internationale, qui a fait école dans toute l’Afrique et essaimé dans le monde entier, pour être aujourd’hui concurrencée, et même supplantée, par la world music et la danse contemporaine africaine.

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